Je vous prie de trouver ci-dessous et en pièce-jointe le communiqué de Marie Pochon à la suite de l’adoption de la proposition de loi Duplomb par l’Assemblée nationale.
Restant à votre disposition.
Bien cordialement,
Clothilde Baudouin
Collaboratrice parlementaire de Marie Pochon
Députée de la Drôme
Communiqué de presse de Marie Pochon : Adoption de la proposition de loi “Duplomb” : la droite, l’extrême droite et le gouvernement sacrifient la santé des Françaises et des Français pour satisfaire les lobbies de l’agro-industrie, au mépris des vrais enjeux des agriculteurs et de la santé humaine
Ce mardi 8 juillet restera comme un jour noir pour la santé des Françaises et des Français, et les maigres avancées que nous avions acquis en matière de protection de la biodiversité. Le texte réautorisant des néonicotinoïdes toxiques, et levant les réglementations sur les élevages ICPE ou les méga-bassines, a été adopté par l’Assemblée nationale à 316 voix contre 223, contre l’intérêt général.
Marie Pochon s’exprime à l’issue de ce vote : « Ce soir, nous sommes profondément choqués. Les députés de droite, du RN, du camp présidentiel, soutenus par le Gouvernement, ont acté leur entêtement à poursuivre un modèle agricole anachronique, destructeur et qui ne protège en aucun cas celles et ceux qui nous nourrissent : un modèle agricole qui ne correspond en rien à l’agriculture française qu’ils prétendent défendre, qui la menace même.
Pour les intérêts de la filière betterave, et de moins de 6% des agriculteurs, on menace des dizaines de filières, d’agriculture biologique, de colza, d’apiculture…, on menace la biodiversité dans son ensemble. Alors que nous voyons une hausse dramatique des cas de cancers pédiatriques, alors que les cancers représentent désormais la première cause de mortalité dans notre pays, alors que chaque année 450 enfants décèdent à cause de tumeurs plongeant des familles dans une détresse infinie, alors que la dangerosité des produits phytosanitaires est prouvée on nous vend des solutions chimiques toujours plus destructrices. Les député-es qui ont voté en faveur de ce texte porteront sur leurs épaules le poids des maladies qui toucheront les agriculteurs, nos enfants et les prochaines colères agricoles qui ne seront certainement pas calmées par ces propositions – d’autant plus alors que ces mêmes élus qui se disent défendre les agriculteurs sont en train de négocier l’accord UE-MERCOSUR et refusent les prix rémunérateurs et la transparence des marges. » L’opposition continue et une pétition sera lancée dès demain pour montrer l’opposition majoritaire des concitoyennes et concitoyens.
Contact presse :
Clothilde Baudouin : 06
ADOPTION DE LA LOI DUPLOMB
Faisons savoir à nos députés que nous n’oublierons pas les choix qu’ils et elles ont fait ce 8 juillet !
Pour ou contre la loi : nos députés ne peuvent ignorer ce que leur vote veut dire !
Le 8 juillet 2025, l’Assemblée nationale a adopté par 316 voix contre 223 la proposition de loi Duplomb visant à « lever les contraintes au métier d’agriculteurs ». Cette adoption s’est faite malgré l’opposition massive de la société civile, des paysans, des médecins et des scientifiques. Le texte autorise notamment des dérogations à l’interdiction des néonicotinoïdes, ces pesticides interdits depuis 2016 en raison de leur dangerosité pour les abeilles et l’environnement. Cette loi constitue un « cadeau à l’agrobusiness » qui évite de s’attaquer aux vrais enjeux agricoles (transition écologique, adaptation climatique, régulation foncière).
Nous dénonçons la campagne de désinformation menée autour de cette loi et tout particulièrement de l’article relatif aux néonicotinoïdes et tout particulièrement les propos de la ministre de l’Agriculture. Face à ce renoncement total en matière de santé publique, Générations Futures compte bien contester le texte devant les tribunaux.
Comment vos députés ont voté ce 8 juillet ?
Vous avez été nombreux et nombreuses à vous mobiliser en amont de ce vote et nous vous en remercions vivement car malgré l’adoption de la loi, toutes vos actions ont fait basculer des élu.es du bon côté ! Ci-dessous les statistiques globales par groupe !
Vous souhaitez interpeller vos élu.es pour les remercier ou au contraire leur faire part de votre mécontentement ?
Pour ce faire rien de plus simple ! Rendez-vous sur notre outil Shaketonpolitique !
Comme lors de tous les rassemblements nationaux et locaux, Générations Futures est restée mobilisée très fortement. Ce mardi 8 juillet, l’équipe de Générations Futures était présente comme il se doit à proximité de l’Assemblée nationale afin de dénoncer une nouvelle fois les dangers de la loi Duplomb. Retour en images !
Rejoignez et soutenez Générations Futures, l’association qui protège votre environnement, votre santé, celle de vos proches, contre les polluants chimiques !
Loi Duplomb : sur quoi porte le compromis trouvé entre les députés et les sénateurs ?
En commission mixte paritaire, députés et sénateurs sont parvenus à un accord, en début de soirée, sur la proposition de loi controversé du sénateur LR, Laurent Duplomb et du centriste, Franck Menonville qui vise à « libérer la production agricole des entraves normatives », notamment par la réintroduction des pesticides. La gauche s’y est opposée.
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Simon Barbarit
01/07/2025
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C’est dans le huis clos d’une salle au Sénat que c’est décidé le sort du texte, ô combien clivant, de Laurent Duplomb (LR) et Franck Menonville (centriste) visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », par la réintroduction des pesticides, le néonicotinoïde, l’acétamipride. Au vu des équilibres politiques au sein de la commission mixte paritaire qui réunissait cet après-midi, 7 députés et 7 sénateurs, le compromis trouvé sur cette proposition de loi n’est pas vraiment une surprise puisque la gauche et les écologistes étaient en minorité. Le compromis a été adopté avec 10 voix pour et 4 contre, parmi lesquels deux élus socialistes, un LFI et un écologiste. Dans la matinée, Les élus écologistes s’étaient d’ailleurs réunis près du Sénat à l’occasion d’un banquet paysan organisé pour s’opposer à la loi Duplomb.
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« Les débats ont été riches mais se sont déroulés sans un esprit apaisé et courtois »
Quelques heures plus tard, après l’issue conclusive de la CMP, la majorité sénatoriale de droite est satisfaite. « Les débats ont été riches mais se sont déroulés sans un esprit apaisé et courtois. On partait du texte du Sénat mais les travaux de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale n’ont pas été balayés », s’est félicitée la présidente de la commission des affaires économiques du Sénat, Dominique Estrosi-Sassone (LR).
L’interrogation portait effectivement sur la nature du compromis. En janvier dernier, l’adoption du texte avait fortement divisé la gauche et la droite dans l’hémicycle. A l’Assemblée fin mai, la proposition de loi avait fait l’objet « d’un mur d’amendement (3 500) en provenance de LFI et les écologistes. Mais l’examen avait tourné court puisqu’une motion de rejet a été adoptée dès les premières minutes du débat. Cette motion avait eu comme particularité d’être déposée et adoptée par la droite et le bloc central pourtant partisans de ce texte. En l’absence de texte voté à l’Assemblée nationale, les débats de la CMP ont donc porté sur la version du Sénat. Certaines mesures sont perçues y compris dans le camp présidentiel comme des reculs environnementaux. Si pour la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard (LR) , il s’agit d’un texte « essentiel » pour les agriculteurs, pour la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, le retour des néonicotinoïdes, est une « fausse solution ».
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Était ici en jeu, l’article 2 du texte tel qu’adopté par les sénateurs qui prévoit la réautorisation de l’usage d’un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, l’acétamipride, pour certaines cultures. Autorisée par l’Union européenne de façon provisoire, jusqu’en 2033, la substance a été interdite par la France en 2018, avec une dérogation accordée par le Conseil constitutionnel pour les exploitations de betteraves sucrières.
Dans sa version du Sénat, l’autorisation de l’acétamipride était possible uniquement par voie de dérogation, pour une substance active approuvée dans l’Union européenne, pour des produits et dans les cas où il n’existe pas d’alternatives ou insuffisamment et s’il existe un plan de recherche d’alternatives au produit dans la filière. Dans la version sortie de la CMP, la durée de la dérogation est prévue dans un premier temps pour trois ans après, puis pour un an dans un second temps, afin de vérifier que les critères d’autorisation sont toujours remplis.
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« On a rappelé que l’acétamipride ne concerne pas que les agriculteurs mais tout le monde. Malheureusement, nos arguments n’ont pas porté leurs fruits. Je suis terriblement déçu que les questions de santé aient été absentes des débats. C’est un produit dont on trouve des traces dans les fœtus, dans le liquide céphalorachidien. On ne peut pas justifier son retour sous l’argument de la compétitivité car on devra toujours faire face à plus gros que nous, le blé ukrainien ou les fermes aux 1 000 vaches américaines », se désole le sénateur socialiste, Jean-Claude Tissot, agriculteur de formation qui rappelle également que ce texte est censé être une réponse « à la colère des agriculteurs l’année dernière leurs difficultés à vivre de leur métier. Or ce texte n’apporte rien en termes de revenus ».
« C’est un texte utile pour le monde agricole. Il est certes perfectible car il ne pouvait pas aborder tous les sujets car il est d’origine parlementaire », répond, Dominique Estrosi Sassone.
En matière de pesticides, la proposition de loi prévoit également de revenir sur une autre règle en vigueur : la séparation des activités de vente et de conseil aux agriculteurs sur l’achat de produits. Dans une recherche de compromis avec les députés, la séparation de la vente et du conseil de produits phytosanitaires est maintenue pour les fabricants de ces produits afin de pallier le risque de conflit d’intérêts. Mais la vente et le conseil sont de nouveaux autorisés pour les distributeurs, afin de tenir compte d’un effet contre-productif, celui de l’agriculteur livré à lui-même dans l’utilisation de ce produit.
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Bâtiment d’élevages
L’article 3 permet lui de relever les seuils d’autorisations environnementales des bâtiments élevages. En effet, à partir d’un certain seuil, les élevages sont soumis à des règles pour des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Au-delà d’un certain seuil, la construction de bâtiments d’élevages est conditionnée à deux réunions publiques conformément à la loi Industrie verte. Le texte les remplace par de simples permanences en mairie afin de soutenir la concurrence européenne.
En CMP, le député écologiste, Benoît Biteau a fait valoir, en vain, que l’ICPE n’empêchait pas l’élevage mais comportait des garanties en matière de pollution, de bien-être animal. La demande de moratoire des écologistes sur l’élevage des saumons a également été rejetée malgré son vote en commission des affaires économiques de l’Assemblée.
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Le rôle de l’Anses
C’était « une ligne rouge » pour le sénateur RDSE, Henri Cabanel. Le texte sorti du Sénat prévoyait la possibilité pour le gouvernement d’imposer des « priorités » dans les travaux de l’agence sanitaire nationale, mandatée depuis 2015 pour évaluer la dangerosité des pesticides mais aussi autoriser ou non leur mise sur le marché. Cette disposition a été retirée dans le cadre d’un compromis avec les députés, ce qui a permis à Henri Cabanel de voter les conclusions de la CMP. ». Désormais les agriculteurs ne sont pas soumis à d’autres réglementations que celles de l’Union européenne. On a enlevé les surtranspositions qui pesaient sur les agriculteurs. Tout ce qui est autorisé pour les Européens l’est pour les Français », résume-t-il
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Mégabassines
La proposition de loi consacre un caractère « d’intérêt général majeur » aux retenues d’eau. Une façon, pour les auteurs du texte, de sécuriser l’usage agricole de la ressource. Pour rendre la disposition conforme au droit européen, seuls les stockages d’eau « qui visent spécifiquement à répondre à un enjeu de stress hydrique pour l’agriculture » et qui ont été « décidés localement, dans un cadre concerté », pourront être déclarés d’intérêt général majeur. Afin de parvenir au compromis, une mesure sur la définition des « zones humides » a été retirée.
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OFB
Enfin, la proposition de Laurent Duplomb et Franck Menonville prévoit que les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) exerceront leurs missions sous l’autorité du préfet. Ils sont ainsi invités à privilégier « la procédure administrative, pour éviter autant que faire se peut des procédures judiciaires ». Cette mesure doit, selon les auteurs, « favoriser l’acceptabilité de la police environnementale au sein du monde agricole ».
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Les conclusions de la commission mixte paritaire seront examinées au Sénat mercredi 9 juillet à 16h30 au Sénat et la semaine prochaine à l’Assemblée nationale.