Le Vercors à bout de nerfs face aux nuisances des deux-roues, la surfréquentation des motards exaspère élus et habitants
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Stationnements sauvages, nuisances sonores, irrespect de lieux symboliques : dans le parc naturel régional du Vercors, la surfréquentation des motards exaspère élus et habitants. Entre pédagogie, réglementation et solutions dissuasives, les communes cherchent un équilibre.
Le Vercors, ses virages sinueux et ses paysages à couper le souffle : ce paradis des motards est devenu le cauchemar de ses habitants. Entre nuisances sonores, comportements à risque et stationnements sauvages, pour les élus et les habitants du territoire, la coupe est pleine. “Hier, je suis monté au col du Rousset, j’ai été doublé par 45 motos”, raconte Michel Vartanian, vice-président du parc naturel régional du Vercors.
À Vassieux-en-Vercors, un week-end ensoleillé, c’est le centre du village qui est envahi par les motards. Par dizaines, les motos s’alignent devant le monument aux morts.
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Le ras-le-bol de la population
“C’est la répétition qui fait que ça agace”, résume Thomas Ottenheimer, maire de Vassieux-en-Vercors, qui vient d’envoyer un courrier à la Fédération des Motards en Colère de Drôme-Ardèche (FFMC 07/26) pour dénoncer le phénomène. Car face au ballet continu des motos, ses habitants expriment un profond désarroi. Et ce n’est pas seulement une question de décibels ou de flux : “je me fais le relais de la population, qui est dans l’incompréhension face à un stationnement qui défie toute logique. Nul ne peut ignorer l’aspect symbolique de cet emplacement, qui est en plus un trottoir”, ajoute l’élu.
Le martyrologe est un lieu emblématique de la mémoire résistante du Vercors. “Ça heurte les habitants, il y a encore des gens qui ont grandi dans le souvenir de ces évènements. Ce monument a une dimension sentimentale”.
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Des villages saturés
Au-delà du symbole, c’est aussi la saturation des cœurs de village qui pose problème. “Comme tous les villages de France, on cherche à sortir les véhicules des centres-bourgs”, explique le maire de la commune qui, malgré un “espace contraint” a aménagé un grand parking au pied du village. “On peut y accueillir facilement jusqu’à 150 motos, mais dans le centre, on n’a tout simplement pas la place”.
“Les motards aiment voir leur machine quand ils font une pause, c’est peut-être ce qui peut expliquer ce stationnement devant le monument”, reconnaît Nicolas Fleury, coordinateur adjoint de la FFMC 07/26, qui a répondu à l’appel du maire. “Mais ce n’est pas parce qu’on est motard qu’il faut se comporter autrement”.
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La prévention avant la verbalisation
Sensible à la problématique, la fédération a immédiatement relayé la protestation du maire sur site internet et sur les réseaux sociaux. “On ne représente pas l’ensemble des motards de passage, mais on a communiqué très clairement à nos adhérents et nos followers”, souligne Nicolas Fleury.
“Le Vercors est un endroit extraordinaire, et un lieu de mémoire. Il faut respecter cela. Ces valeurs sont d’ailleurs inscrites dans nos statuts”, rappelle-t-il. Chaque année, des relais « motards calmos » sont par ailleurs organisés au col du Rousset pour sensibiliser à la sécurité et au respect du cadre.
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Bruits de moteurs, bruits de fond
“Insuffisant”, pour Michel Vartanian, qui est aussi le maire de Chamaloc, commune voisine. Car si la problématique n’est pas nouvelle, depuis la fin du Covid, l’afflux de motos s’est encore intensifié dans les 80 communes du parc du Vercors.
Et le vrombissement des moteurs qui, avant tout, cristallise les tensions sur le territoire. “Le problème, ce n’est pas qu’il y a un motard, mais 600 dans la journée”, ajoute l’édile.
Face au manque de données concrètes, le parc a lancé une étude pluriannuelle baptisée Paysages sonores, en collaboration avec le CEREMA, un organisme public français qui fournit des expertises techniques et scientifiques aux collectivités et à l’État. Objectif : quantifier objectivement les nuisances à l’aide de balises acoustiques, et passer de doléances subjectives à des éléments scientifiques. “Aujourd’hui, on parle surtout de ressenti, mais avec cette étude on aura des bases solides pour entamer la discussion”, espère Michel Vartanian.
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Des solutions plus radicales
En attendant, les collectivités envisagent des solutions plus radicales. À Vassieux, le maire n’exclut pas un “volet coercitif”. Pas question de “clôturer l’espace”, mais l’élu dit réfléchir à des aménagements dissuasifs, comme des bordures physiques ou du mobilier urbain, voire à redoubler les contrôles et donc “la verbalisation”. Du côté du Parc, on évoque même la possibilité de “rendre le col moins attractif en pavant les épingles”, voire d’aller vers des restrictions de circulation ciblées, comme c’est le cas dans d’autres pays, même si légiférer en la matière reste compliqué en France.
Mais l’affaire est complexe – et sensible. “On a un territoire attractif, il faut qu’il le reste, mais il faut trouver un équilibre”, avoue Michel Vartanian. “La verbalisation ne va toucher que les gens de passage. Il faut faire un travail de fond”, plaide Nicolas Fleury de la FFMC 07/26. Sans interdiction brutale, ni laisser-faire : les élus du Vercors avancent donc à tâtons pour préserver un équilibre entre fréquentation et respect des lieux.
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01/07/2025
