« C’est une eau en recirculation permanente » : comment ces agriculteurs font pousser leurs légumes grâce à la pisciculture
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Dans la Drôme, des agriculteurs font pousser des légumes et des plantes aromatiques grâce à l’eau des poissons. C’est ce que l’on appelle l’aquaponie. Cette ferme est la première du département à miser entièrement sur ce mode de production.
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Faire pousser des fruits et légumes sans terre, c’est possible. Manuel Perez et Marion Garnier, deux agriculteurs drômois, se sont lancés dans l’aventure de l’aquaculture. À La Baume-d’Hostun, ils ont ouvert en mars 2024 une ferme d’aquaponie.
“C’est un principe de polycultures d’élevage. Certains font naître des animaux sur un champ, les plantes y poussent et nourrissent les animaux. Ici, c’est pareil sauf que le socle, ce n’est pas la terre, mais l’eau”, explique Manuel, cofondateur de La ferme intégrale, première ferme aquaponie à grande échelle installée dans le département.
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L’eau remplace la terre
Concrètement, l’eau des cultures de poissons est récupérée pour servir d’engrais aux légumes et plantes aromatiques. Manuel et Marion élèvent plus de 25 000 sandres dans 11 bassins de 10 à 30 mètres cubes chacun, soit 250 mètres cubes au total. L’eau utilisée pour remplir ces grandes cuves est issue d’un forage qui prélève dans la rivière Isère et de la récupération des eaux de pluie.
“Cette eau va se charger progressivement, avec les déchets des poissons, en ammoniaque. C’est une forme d’azote qui va donner des nitrates”, explique l’agriculteur. Le liquide part ensuite dans les plantes afin d’être épuré avant d’être utilisé sous la forme d’engrais pour les fruits et légumes.
Explications en images
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Un circuit court et fermé
“C’est une eau qui est en recirculation permanente dans les bassins”, souligne Manuel. Ce circuit court, fermé, permet à l’entreprise d’économiser 90 % de sa ressource en eau.
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Il s’inscrit dans la démarche de l’aquaponie, et tout particulièrement de La ferme intégrale, qui a réduit de 50 % sa consommation énergétique grâce à la puissance hydraulique.
« Si l’on regarde tous les bassins de la pisciculture, ils sont tous semi-enterrés avec des niveaux différents. Ça nous permet d’avoir un flux naturel de l’eau qui va nous permettre d’économiser des pompes”, explique Manuel.
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« L’agriculture a plusieurs facettes »
Ce projet est onéreux. Manuel et Marion ont dû débourser 3 millions d’euros pour le financer. Mais pour les deux agriculteurs, cela en vaut la peine. « L’agriculture a plusieurs facettes. C’est aussi possible de la faire comme ça, sans avoir recours à la chimie, sans avoir besoin d’engrais chimiques, sans avoir besoin de pesticides”, affirme Manuel.
“On peut travailler de façon vertueuse, avec de l’imagination, sachant que l’aquaponie a quand même 5 000 ans, donc on n’a pas tout inventé”, ajoute le Drômois, faisant référence à la permaculture chez les Aztèques ou encore dans les rizières en Chine.
Depuis un mois, l’établissement ouvre ses portes au public afin de sensibiliser à ce type de production, attentive à l’utilisation de l’eau et des sols.
Les légumes de la ferme sont vendus aux particuliers et aux restaurateurs tandis que les sandres, ce poisson goûtu à chair blanche que l’on ne trouve pas dans les rivières fraîches de la Drôme ou de l’Ardèche, son vendus à des chefs renommés.
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Tania Gomes et Ozlem Unal à suivre sur FR3 : https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/valence/c-est-une-eau-en-recirculation-permanente-comment-ces-agriculteurs-font-pousser-leurs-legumes-grace-a-la-pisciculture-3200190.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=auvergne-rhone-alpes&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20250811&at_recipient_id=726375-1585338911-1e7efcc8&at_adid=DM1133382&at_highlight=
