Le 8 septembre, l’Assemblée nationale a tranché : avec 194 pour et 364 contre, François Bayrou et son gouvernement sont tombés. Ce résultat n’a rien d’un hasard, et en rien ne peut nous étonner. C’est la conséquence d’une politique dangereuse, imposée sans légitimité démocratique, et d’un Premier ministre qui, pendant neuf mois, n’a cherché d’alliés qu’auprès de lui-même et de l’extrême droite.
Je ne crois pas que ce jour fut un jour de joie. Il devait tomber, il est tombé, et il n’aurait sans doute jamais dû être même nommé. Mais ce qui importe désormais, c’est le jour d’après : celui où nous construirons une alternative enthousiasmante et juste, celui où la République sera consolidée et honorée plutôt que malmenée, celui où nous affronterons le défi climatique avec courage plutôt que de l’ignorer, celui où nous respecterons la parole citoyenne au lieu de la contourner, celui où nous avancerons ensemble, dans la concorde et l’apaisement. Celui, en bref, de la rupture sur la méthode et sur le fond
Et pourtant, dès le lendemain, le choix de nommer Sébastien Lecornu à Matignon est venu encore une fois, enfoncer le clou de la continuité des politiques Macronistes, et non de la rupture.“La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent”. Et cette nomination a été vécue pour moi comme pour beaucoup comme une provocation la veille du 10 septembre. Alors même que notre pays traverse une crise démocratique profonde, le Président de la République continue d’ignorer les résultats des dernières élections législatives et la défaite de son camp et nomme de nouveau un proche à Matignon.
Cette crise s’illustre aussi dans le traitement réservé à la parole citoyenne. Le 11 mars, l’Assemblée Nationale avait adopté à l’unanimité une résolution pour rendre accessibles les cahiers de doléances du Grand Débat National. Le 9 septembre, nous avons appris l’annulation sine die des travaux du comité de pilotage, dont je suis membre, chargé de définir les modalités de cette publication. C’est grave parce que l’attente des citoyennes et des citoyens est immense. Grave parce qu’il s’agit là du seul héritage concret d’un débat promis par le président de la République, et qu’un gouvernement, même démissionnaire, ne peut se soustraire à un vote unanime du Parlement. Nous exigeons la reprise immédiate des travaux : il est temps, enfin, d’écouter la parole citoyenne !
L’impasse n’est pas dans une Assemblée Nationale certes diverse mais élue il y a un an, avec plus de 75% de participation, donc extrêmement légitime où doit aujourd’hui siéger le pouvoir, mais bien à l’Élysée. Emmanuel Macron s’obstine dans une voie rejetée par les urnes : casse des services publics, inaction climatique, fracture territoriale. Dans ce contexte, il nous revient de dire haut et fort que nous ne nous résignons pas. Moi et mon groupe continuerons à dire que nous devons essayer la gauche aux responsabilités, que nous devrons construire demain des compromis mais que nous avons besoin de partenaires qui l’acceptent. Nous nous tiendrons prêts, et nous ne lâcherons rien.
Non à la déviation de Saint-Péray !
Vendredi matin, aux côtés de l’élue régionale Maud Grard, je me rendais à Saint-Péray où les fouilles archéologiques sont en cours sur le site des travaux de la déviation. Un projet de déviation qui ne limitera pas le flux de véhicules dans la commune, mais qui impacte lourdement sur le foncier agricole et naturel ainsi que sur la biodiversité. À l’heure de l’effondrement du vivant, des changements climatiques, des soucis de mobilité, de la disparition des terres agricoles, c’est un enjeu central !
Pourtant, malgré une décision du Tribunal Administratif enjoignant à une étude quatre saisons et une dérogation espèces protégées, le démarrage de ce chantier constitue un passage en force, niant la décision de justice qui doit s’imposer.
J’ai pu à cette occasion échanger avec les « écureuils » qui occupent le site, et également avec les policiers présents. Il était important pour moi ce vendredi, à l’heure de la reprise du chantier et de la montée des tensions, de rappeler que l’Etat de droit passe par le respect des procédures judiciaires en cours, que les projets territoriaux doivent passer par le dialogue entre élus et citoyens et que la sécurité des personnes concerne toutes les personnes, policiers et manifestants compris. Bien sûr je condamne tout acte de violence, quelle qu’en soit l’origine. Je souhaite que les relations s’apaisent, et que les procédures soient respectées, et je crois que ce doit être là la préoccupation de tou-tes les élu-es.
Une semaine dans la Drôme : une semaine un peu particulière, à votre écoute, dans nos campagnes !
Après le vote de confiance de lundi à L’Assemblée nationale, j’étais de retour dans la Drôme dès mardi où je partais sur les routes pour une tournée de terrain sur le thème “Entendez-vous dans nos campagnes ?”
Je retrouvais donc mardi matin Nicolas Aumage, gérant d’une entreprise de taxis et ambulance à Rémuzat et président du syndicat des taxis de la Drôme, auprès de qui j’ai embarqué pour une course avec un patient de Cornillon-sur-l’Oule qu’il avait emmené chez le dentiste à Nyons. Ce fut l’occasion de rappeler que les taxis en zone rurale ne se limitent pas à du transport classique : ils assurent le lien vers les soins, le transport scolaire, les déplacements des personnes handicapées, ou encore des trajets à la demande. Ce métier de service public est pourtant trop peu valorisé par les décideurs, que je continuerai à défendre dans nos campagnes !
J’ai ensuite visité le micro-abattoir de Saint-Auban-sur-l’Ouvèze, créé par des éleveurs locaux regroupés en CUMA. En travaillant à petite échelle, ils évitent des trajets interminables vers Sisteron, garantissent des conditions plus respectueuses pour les bêtes, et renforcent les circuits courts. C’est un exemple de ce que peuvent produire la coopération et le dialogue entre agriculteurs, élus et services de l’État. Mille mercis à Madame la Maire, et également à Alexandre Reynier, pour ce beau projet de territoire, permettant le maintien de l’élevage pastoral dans les Baronnies Provençales !
Mardi soir, enfin, je vous retrouvais nombreuses et nombreux à Buis-les-Baronnies , pour la première réunion publique inversée de la semaine : merci infiniment pour ces échanges !
Le lendemain, mercredi, j’étais à Grignan pour accompagner Anne-Marie Lame, infirmière à domicile, sur une partie de sa tournée dans les villages alentours. J’ai mesuré combien son métier dépasse le soin médical : pour nombre de patients isolés ou en perte d’autonomie, sa visite est aussi un moment d’écoute et d’humanité. C’est un travail exigeant, physiquement et émotionnellement, souvent invisible, mais qui incarne la solidarité de notre système de santé. Je souhaiterais ici la remercier et me tiens aux côtés des infirmières à domicile qui tiennent nos campagnes avec si peu de moyens, et sans qui je ne sais ce qu’on ferait.
Par la suite, j’échangeais avec Carole et Carine Sourdon à la pharmacie de Grignan . Elles m’avaient interpellée en juin au sujet de la baisse de la remise sur l’achat de médicaments génériques par les pharmaciens et leur crainte quant à une possible faillite, interpellation suite à laquelle j’avais interpellé le Gouvernement, sans réponse à ce jour. Selon les syndicats, ce seraient près de 6 000 officines sur 20 000 qui pourraient fermer suite à cette mesure prise par décret cet été, ce qui engendrerait la disparition de l’essentiel maillage de pharmacies rurales que notre pays possède.
À Saint-Restitut , j’ai visité l’entreprise Descombes Precimeca, qui fabrique depuis 1971 des machines-outils de précision destinées à la construction métallique. Leur savoir-faire unique permet de fournir aussi bien des machines neuves que des modèles rénovés, participant ainsi à un véritable marché de la seconde main industrielle. C’est une illustration forte du rôle de nos industries rurales : créatrices d’emplois, gardiennes de savoir-faire, et actrices de notre souveraineté économique. Merci infiniment de m’avoir reçue, et à vos côtés pour la suite !
Au troisième jour, jeudi, donc, à Eurre, j’ai rencontré l’association Agri Court, qui joue un rôle clef dans l’approvisionnement des cantines scolaires, hôpitaux et structures médico-sociales en produits bio et locaux. En structurant des filières, en accompagnant producteurs et cuisiniers, et en conseillant les collectivités, Agri Court prouve qu’on peut concilier alimentation de qualité, revenu digne pour les agriculteurs et circuits-courts efficaces.
À Chabeuil , j’ai découvert les coulisses de la brasserie artisanale de la Pleine Lune, devenue en quelques années une véritable fierté drômoise. Avec ses 19 salarié-es, elle s’approvisionne localement, innove dans ses procédés, optimise sa consommation d’eau et résiste aux crises. Une belle démonstration qu’on peut développer une entreprise durable, ancrée dans la ruralité, et en même temps performante !
Dans le Royans, plusieurs communes ont choisi de mutualiser leur police municipale pour embaucher trois agents. Je suis allée les rencontrer sur les communes de Saint-Jean-en-Royans et de Rochechinard . Cette initiative apporte une présence de proximité rassurante, soulage les maires dans leurs responsabilités de police parfois lourdes à assumer, et complète l’action des gendarmes. C’est une réponse concrète aux besoins de sécurité et de lien de confiance dans nos villages. Mille mercis pour leur accueil, juste avant ma réunion publique inversée qui avait lieu, ce soir-là, à Saint-Jean-en-Royans.
Enfin, vendredi, après mon passage sur le chantier de la déviation de Saint-Pérayje me rendais à Châtillon-en-Diois, où j’ai rencontré les sapeurs-pompiers, qui cet été ont mené de dures opérations de lutte contre les feux de forêt notamment dans le hameau de Menée où nous nous sommes rendus ensemble. Nous avons parlé des difficultés liées au dépérissement des forêts et aux conséquences du changement climatique, mais aussi du défi permanent de recruter et fidéliser des volontaires en milieu rural. Leur engagement mérite un soutien sans faille, et ils me savent à leurs côtés !
A Saint-Nazaire-le-Désert , j’ai suivi le camion itinérant des Restos du Coeur du Diois. Depuis un an, il a distribué 7000 repas aux habitants en situation de précarité qui, sans voiture ni moyens, ne pouvaient rejoindre Die. Ce camion n’apporte pas seulement de l’aide alimentaire, il recrée du lien, écoute, accueille sans jugement. C’est un outil précieux pour ne laisser personne au bord du chemin, et je les remercie infiniment pour tout cet engagement !
Je terminais ce tour de la circonscription par une dernière réunion publique inversée à Divajeu .
De ce tour, il est difficile de ne retenir qu’une chose. Mais cela me convainc qu’on ne mesure la grandeur d’une société à la manière dont elle considère, et prend soin, des plus vulnérables, et que nos territoires regorgent de le force immense de l’engagement de ses habitant-es, de ses professionel-les et de ses bénévoles, qui se donnent sans compter pour les autres. Je souhaiterais remercier chacune et chacun d’entre eux pour le temps qu’ils m’ont accordé, pour la confiance donnée pour réaliser toutes ces vidéos dans une volonté de partage avec vous toutes et tous de ces engagements essentiels; et réaffirmer mon attachement à porter toutes leurs voix à Paris. On continue !
Les permanences à venir : venez échanger avec moi !
Voilà le calendrier des prochaines permanences parlementaires décentralisées pour la fin de l’année 2025 :
Vendredi 26 septembre de 10h à 12h à Die(et non plus Taulignan)
Vendredi 3 octobre de 10h à 12h à Taulignan(et non plus Die)
Vendredi 10 octobre de 10h00 à 12h00 dans le secteur de Chabeuil
Vendredi 31 octobre de 10h00 à 12h00 à Séderon
Vendredi 7 novembre de 10h00 à 12h00 à Crest
Vendredi 14 novembre de 10h00 à 12h00 à La Chapelle-en-Vercors
Vendredi 21 novembre de 10h00 à 12h00 à Suze-la-Rousse
Vendredi 28 novembre de 10h00 à 12h00 à Dieulefit
Vendredi 5 décembre de 10h00 à 12h00 à Montoison
Vendredi 12 décembre de 10h00 à 12h00 à Nyons
Vendredi 19 décembre de 10h00 à 12h00 à Saint-Paul-Trois-Châteaux
Lundi, j’étais à Laval pour une journée parlementaire du Groupe de Travail transpartisan sur les déserts médicaux.
Mardi, toute la journée, j’étais en séminaire de mon groupe parlementaire Écologiste et Social à Paris.
Mercredi, je participerai à l’émission “En quête de politique” sur LCP avant un rendez-vous avec le mouvement national des chasseurs et pêcheurs progressistes, en plus de plusieurs réunions.
Jeudi, de retour dans la Drôme, je participerai aux mobilisations intersyndicales à Die à 10h et à Valence à 14h, et ce week-end, au delà des Journées du Patrimoine partout en Drôme, j’aurai grand plaisir à vous retrouver à la remise des prix de la Drômoise à Die