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« Elle se plaît bien ici », la patate douce s’impose désormais comme un produit local de La Drôme

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« Apprenez moi à pécher plutôt que me donner du poisson » , ce vieux proverbe paysan prend tout son sens quand on voit paysannes et paysans, maraichères et maraichers, jardinières et jardiniers s’ évertuer à cultiver de nouvelles variétés, semer des semences résistantes et récolter les fruits de leur travail. Une « souveraineté alimentaire » par, pour et avec les producteurs.trices. Nous n’aurons jamais assez  de place pour dénoncer les procédures d’infantilisation et de dépendance  pour celles et ceux qui « donnent » à manger aux plus démunis. « L »émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux même » . Ne compter jamais sur celles et ceux qui vous tiennent en laisse, associations caritatives, aides diverses et croquettes à volonté comme si vous étiez des animaux domestiqués ou des chardonnerets en cage.  Nous sommes des travailleurs.euses de la terre avec fierté et robustesse. Solidarité et entraide. Jamais les soumis aux distributeurs de croquettes !

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Bruno Jurrus, agriculteur pionnier de la culture de la patate douce en France

Bruno Jurrus, agriculteur pionnier de la culture de la patate douce en France
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10/10/2025

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La patate douce est un légume-racine exotique qui a pris racine dans la Drôme. Le légume-racine venu d’ailleurs s’est complètement acclimaté. La patate douce s’impose désormais comme un produit local.

C’est un légume-racine exotique qu’on ne s’attend pas à trouver dans la Drôme. Pourtant, sur ces terres d’oliviers et de lavande, toutes les conditions sont réunies pour cultiver la patate douce avec succès. Ce tubercule probablement originaire d’Amérique du Sud et d‘Amérique Centrale pousse naturellement dans les pays tropicaux. Mais ce département dispose de tous les atouts pour sa culture. C’est début d’octobre qu’on trouve la patate douce, à la chaire orangée, sur les étals des marchés. C’est même la variété la plus répandue.

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Patate douce : un pionnier

La patate douce qui se récolte à la main, au petit matin, à la fraîche, en raison de sa fragilité. « Si on la laisse trop longtemps au soleil, elle va se creuser, ça va noircir. Esthétiquement, ça ne sera pas beau », explique le producteur Bruno Jurrus. Dans la Drôme, toutes les conditions climatiques semblent bel et bien réunies pour cette culture exotique. « La terre lui convient bien ici. On a une terre relativement sableuse, sablo-argileuse, mais sableuse. On a aussi un climat qui lui convient bien. De la chaleur avec maintenant des automnes tardifs et beaux. Ici, elle se plaît bien », ajoute l’agriculteur.

Patate douce, une culture qui a pris racine dans la Drôme .
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Bruno Jurrus a eu le nez creux il y a dix ans. Il a été l’un des premiers agriculteurs à avoir fait pousser de la patate douce en France métropolitaine. Et ce pionnier ne cache pas sa fierté. Grâce à lui, la petite commune de Montmeyran, près de Valence, est ainsi devenue le berceau de la patate douce drômoise. Un pari un peu fou au départ. « C’était la grande aventure, il n’y avait aucune information pour savoir comment les planter, les arroser. On a tout inventé nous-même », résume Bruno Jurrus.

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La Drôme : la culture de la patate douce fait son chemin dans ce département
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Ses 800 tonnes de patates douces bios cultivées chaque année sont ensuite lavées, triées puis envoyées chez des grossistes. Si l’agriculteur de Montmeyran a été le premier à s’intéresser à la patate douce, ils sont désormais nombreux dans la Drôme à la cultiver.

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À toutes les sauces ?

Les restaurateurs aussi misent sur ce produit devenu local. Considéré comme un féculent, ce légume-racine à la chair sucrée est très apprécié des consommateurs. Riche en vitamines, en minéraux et antioxydants, ce produit que l’on peut travailler de multiples façons séduit aussi pour ses qualités nutritionnelles. Sa chair se rapproche de celle de la châtaigne avec une texture farineuse et plutôt onctueuse, aux notes sucrées. Les consommateurs ont définitivement adopté la patate douce. Son mode de préparation assez proche de celui de la pomme de terre

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C’est super simple à travailler. Comme une pomme de terre, on peut en faire un gratin, une purée, des chips, des frites aussi. Je pense qu’elle peut plaire aux enfants avec son côté sucré.

Aurélien Schelpe, Chef de l’Auberge d’Allex
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À l’Auberge d’Allex, la patate douce figure forcément au menu. Cet automne, le chef Aurélien Schelpe la décline aussi bien en purée qu’en chips. Mais les possibilités sont infinies aux dires du professionnel. « Ce qui est intéressant dans la patate douce, c’est ce côté un peu sucré, qui se marie bien avec le magret de canard », précise le chef.

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La patate douce, un accompagnement idéal pour le magret de canard, selon le chef de l’Auberge d’Allex 
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Si l’histoire de la patate douce française a commencé dans la Drôme, elle se cultive désormais presque partout en France, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Nouvelle-Aquitaine. La production est estimée à 10 000 tonnes en France.

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Reportage de C.Lepape et H.Chapelon sur FR3 

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