Les détenus palestiniens libérés par Israël «sortis de l’enfer» !
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Dans le cadre du cessez-le-feu, près de 2000 prisonniers palestiniens ont été libérés par l’État hébreu. Beaucoup ont enduré des violences et des privations de nourriture.
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Ahmad parle doucement, sa voix fluette se perd dans le tourbillon de discussions animées de la dizaine d’oncles, cousins, frères et amis qui partagent le thé dans le salon de la maison familiale. Ses yeux bleus balaient la pièce, un étrange sourire adoucit son visage émacié par la privation et tuméfié par les coups. Ahmad n’est que l’ombre de celui qu’il fut. Au-dessus de lui, un immense portrait le rappelle cruellement. Ahmad y est représenté tel qu’il était vingt-trois ans plus tôt, quand il avait 19 ans et qu’il était un fougueux combattant de la branche armée du Fatah, le principal parti politique palestinien de Cisjordanie.
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Tribune de Genève
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Otages palestiniens torturés et exécutés : « l’Occident civilisé » détourne le regard
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Alain Marshal
21 octobre 2025
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Preuves accablantes de tortures brutales : l’état des corps palestiniens provenant des prisons israéliennes exige une enquête internationale urgenteEuro-Med Human Rights Monitor, le 16 octobre 2025 Traduction et note de fin par Alain Marshal Territoire palestinien — Euro-Med Human Rights Monitor se déclare profondément choqué par l’état effroyable des corps palestiniens remis par l’armée israélienne après leur détention durant la guerre génocidaire menée contre la bande de Gaza. Des preuves manifestes démontrent que nombre de ces victimes ont été soumises à des actes de torture et à des sévices délibérés et brutaux, leur infligeant d’immenses souffrances, tandis que plusieurs semblent avoir été exécutées après leur détention, autant de violations graves du droit international. Ces conclusions exigent sans délai l’ouverture d’une enquête internationale indépendante afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ces crimes, d’en poursuivre les auteurs et de garantir justice aux victimes, dans le respect du principe de non-impunité. L’équipe de terrain d’Euro-Med Monitor a suivi la remise, par les autorités israéliennes et par l’intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), des corps de 120 Palestiniens originaires de la bande de Gaza, livrés en trois lots successifs : 45 mardi, 45 mercredi et 30 jeudi, dont des dizaines demeurent non identifiés. . Les examens médicaux, rapports médico-légaux et observations recueillis sur le terrain apportent la preuve irréfutable que de nombreuses victimes ont été tuées après leur détention. Leurs corps portaient des marques visibles de pendaison, des empreintes de corde autour du cou, des blessures par balles tirées à bout portant, les mains et les pieds liés par des attaches en plastique, et des bandeaux sur les yeux [photos insoutenables accessibles ici et ici — âmes sensibles s’abstenir]. Certains cadavres avaient été écrasés sous les chenilles de chars, d’autres présentaient de graves traces de torture physique, des fractures multiples, des brûlures et des plaies profondes. Le Dr Munir Al-Bursh, directeur général du ministère de la Santé à Gaza, a déclaré : « Les corps que nous avons reçus étaient ligotés comme des animaux, les yeux bandés, et portaient d’horribles marques de torture et de brûlures révélant l’ampleur des crimes commis dans le secret. Ils ne sont pas morts naturellement : ils ont été exécutés après avoir été ligotés. Ces personnes n’ont pas été enterrées ; elles ont été conservées dans les réfrigérateurs de l’occupant pendant de longs mois. » . Un médecin légiste a confirmé la réception de 120 corps, dont seulement six ont pu être identifiés. Il a décrit l’état de la plupart des dépouilles comme catastrophique, citant de nombreux exemples de torture et d’exécution parmi les détenus. Ainsi, le corps n° H32 NMC 14/10/2025 présentait des signes évidents d’exécution par pendaison après ligotage et bandage des yeux, avec des marques de torture visibles sur tout le corps. D’autres cadavres portaient de graves brûlures et des liens en plastique autour des poignets et des chevilles. Le médecin a déclaré : « Je n’ai jamais vu de telles scènes auparavant, même après des années d’expérience dans ce domaine. » Compte tenu de la situation actuelle dans la bande de Gaza, aucun mécanisme efficace ne permet d’identifier les victimes ni d’enquêter sur les conditions de leur détention, de leur torture et de leur assassinat, ce qui prolonge les souffrances des familles et accroît l’incertitude et la douleur de celles dont les proches demeurent portés disparus, d’autant que des dizaines de corps restent non identifiés. Euro-Med Monitor appelle au déploiement immédiat de missions médico-légales et médicales indépendantes, ainsi que d’experts en analyse ADN, en coordination avec le CICR, afin d’accélérer l’identification et la restitution des corps à leurs familles. L’organisation demande également la mise en place de procédures d’urgence pour préserver et documenter les preuves avant qu’elles ne se dégradent, et pour fournir un soutien humanitaire et psychologique aux familles des victimes. . Les éléments disponibles révèlent un schéma terrifiant d’exécutions sommaires et de torture systématique des détenus et prisonniers palestiniens, laissant penser à une politique délibérée visant à infliger le maximum de souffrances physiques et psychologiques aux personnes détenues, jusqu’à leur mise à mort (et y compris celle-ci). Ces actes témoignent d’un recours systématique au meurtre et à la torture comme instruments du génocide contre les Palestiniens dans la bande de Gaza, où la souffrance extrême et la liquidation délibérée des détenus s’inscrivent dans un processus organisé de destruction physique et psychologique du groupe national palestinien. Ces pratiques constituent des violations graves et multiples : meurtres intentionnels, torture (une pratique interdite de manière absolue par le droit international), traitements cruels et dégradants, et atteintes à la dignité humaine. Elles appellent une enquête internationale immédiate et des poursuites pénales au plus haut niveau. . La majorité des victimes dont les corps ont été remis demeurent non identifiées, et les circonstances de leur arrestation, détention, disparition forcée, torture ou exécution restent inconnues. Tuer des personnes menottées, entravées et les yeux bandés ne peut être justifié en aucune circonstance : un tel acte constitue un crime au regard du droit international, quel que soit le statut de la victime après sa détention, qu’il s’agisse d’un civil ou d’un combattant capturé. L’état des corps restitués démontre clairement qu’Israël a traité les prisonniers et détenus palestiniens en dehors de tout cadre juridique ou humanitaire, agissant comme une puissance affranchie de toute contrainte du droit international. En procédant à des exécutions et à des actes de torture sans s’attendre à devoir rendre de comptes, les autorités israéliennes ont manifesté une logique de vengeance et d’extermination plutôt qu’un attachement aux principes de droit et d’ordre. . La rhétorique officielle, militaire et médiatique, qui a déshumanisé les Palestiniens et banalisé leur représentation comme une population méritant d’être exterminée, a créé un climat propice à l’incitation et à l’acceptation de leur meurtre et de leur torture. Cette incitation s’est traduite sur le terrain par des pratiques qui ont dégénéré en une brutalité sans précédent, privant prisonniers et détenus de toute protection fondamentale et conduisant à des arrestations arbitraires, des disparitions forcées, des tortures et des exécutions. Ces schémas constituent des indicateurs clairs d’une intention génocidaire visant à la destruction partielle ou totale d’un groupe, ce qui correspond aux éléments constitutifs du crime de génocide tels que définis par la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide et les normes internationales pertinentes. . Voir Institutionnalisation du viol des détenus Palestiniens : le vrai visage d’Israël . Euro-Med Monitor appelle à ce que des équipes médicales et de défense des droits humains indépendantes soient autorisées à entrer à Gaza afin de mener les examens nécessaires pour identifier les corps et documenter les causes des décès. L’absence actuelle de mécanismes de vérification efficaces prolonge l’agonie des familles, suspendues entre espoir et deuil, et viole leur droit fondamental de connaître le sort de leurs proches et de leur faire leurs adieux dans la dignité. La disparition continue de leurs proches et l’incertitude entourant leur sort constituent une forme de torture psychologique et une souffrance permanente, qui exigent une intervention urgente afin d’y mettre un terme et de garantir la vérité et la réparation. Euro-Med Monitor exhorte également la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien occupé à inclure ces crimes dans le champ de son enquête en cours sur l’attaque israélienne contre Gaza, et à leur accorder la priorité, compte tenu de leur caractère systématique et de l’intention génocidaire manifeste qu’ils révèlent. . La Cour pénale internationale est par ailleurs invitée à étendre son enquête en cours pour y inclure ces incidents en tant que crimes de guerre et crimes contre l’humanité, en les replaçant dans le contexte plus large du génocide en cours à Gaza. Les actes documentés, allant du meurtre délibéré de détenus et des tortures physiques et psychologiques les plus graves à la disparition forcée de corps et à l’imposition de conditions mettant la vie en danger, constituent les éléments d’un processus organisé visant à la destruction partielle ou totale d’un groupe. Euro-Med Monitor appelle en outre la communauté internationale, les Nations unies et leurs organes compétents, en particulier les procédures spéciales, à garantir la responsabilité et à rejeter toute forme de clémence ou de dissimulation à l’égard des auteurs. Le silence, ou de simples condamnations verbales face à de tels actes, vident le système judiciaire international de son sens et sapent la confiance des victimes à son égard. Enfin, Euro-Med Monitor réaffirme que, quelle que soit l’identité des victimes, qu’il s’agisse de civils ou de combattants capturés durant les hostilités, rien ne peut justifier un comportement aussi barbare, qui viole les protections fondamentales garanties par le droit international humanitaire à toute personne privée de liberté. .
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Citons encore, dans un article récent de Joseph Confavreux, l’auteur de la pépite de déshumanisation ci-dessus, un biais récurrent consistant à reprendre sans les remettre en cause les affirmations de l’armée israélienne génocidaire (alors qu’ils ne devraient plus avoir le moindre crédit), sans les démentir (même lorsque la preuve en est faite, comme pour nombre des atrocités alléguées le 7 octobre), et à toujours mettre en doute les affirmations du Hamas, même les plus évidentes :
– « Alors que l’armée israélienne annonce, dimanche 19 octobre au matin, avoir frappé Rafah après que des hommes armés ont attaqué ses troupes au sol » tels sont les premiers mots de l’article, qui valident un énième viol du cessez-le-feu par Israël en l’imputant à des « hommes armés » (palestiniens), sans mettre ces affirmations en doute ni même évoquer le démenti du Hamas ou les dizaines de victimes palestiniennes ; précisons que plusieurs journalistes (The American Conservative, Drop Site News, le journaliste palestinien Younis Tirawi…) ont affirmé que les deux soldats israéliens tués ce jour-là l’ont été lorsque leur bulldozer a roulé sur une bombe enfouie de longue date qui n’avait pas explosé, une version des faits pour le moins plausible, le responsable du service antimines de l’ONU pour les territoires palestiniens ayant lancé un avertissement à ce sujet ;
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– au sujet des dépouilles israéliennes que le Hamas a du mal à localiser, Joseph Confavreux affirme « S’il ne peut être exclu que le Hamas temporise en attendant de mieux cerner les contours extrêmement flous de la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu et la manière dont pourraient être remplis les blancs du plan Trump, il est probable que la situation apocalyptique de l’enclave rende effectivement difficile la localisation de certaines dépouilles, remontant parfois à plus de deux ans. » L’auteur tire de son chapeau (ou de celui de Netanyahou) une allégation grotesque (la rétention de cadavres par le Hamas, une pratique israélienne documentée depuis des décennies) qui servirait de prétexte commode aux violations israéliennes du cessez-le-feu, voire à la reprise du génocide, et la place en début de phrase, avant de concéder seulement comme « probable » le fait que même avec la meilleure volonté du monde, il soit difficile de localiser des cadavres dans une enclave pulvérisée à 95% où des milliers voire des dizaines de milliers de morts restent enfouis sous les décombres, dans un état de décomposition plus ou moins avancé.
Après deux ans de génocide, il est temps de mettre fin à la ségrégation des mots qui déshumanisent les Palestiniens, aux récits sélectifs et à l’occultation (c’est-à-dire à la banalisation) des crimes israéliens qui leur permet de se perpétuer impunément.
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Alain Marshal
21 octobre 2025
