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Assassinat du frère d’Amine Kessaci : le militant écologiste engagé contre le narcotrafic était « sous protection policière et exfiltré de Marseille depuis un mois »

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Assassinat du frère d’Amine Kessaci : le militant écologiste engagé contre le narcotrafic était « sous protection policière et exfiltré de Marseille depuis un mois »

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Le petit frère d’Amine Kessaci, jeune militant écologiste marseillais, connu pour son combat contre le narcotrafic, a été tué par balles jeudi soir à Marseille. L’hypothèse d’un assassinat d’avertissement est privilégiée et pourrait faire basculer la France un peu plus vers ce qui définit les narco Etats. C’est ce que craignaient les sénateurs de la commission d’enquête sur le narcotrafic. Le sénateur écologiste de Marseille Guy Benarroche, proche d’Amine Kessaci a pu s’entretenir avec lui, ce matin.

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Simon Barbarit

 14/11/2025

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« J’ai eu Amine au téléphone ce matin, il est complètement détruit. C’est son second frère qui est victime du narcotrafic et il a l’impression d’en être responsable ». Le sénateur écologiste de Marseille, Guy Benarroche est un proche d’Amine Kessaci. Après la mort de son frère aîné, Brahim, en 2020, le jeune garçon avait fait de la lutte contre le narcotrafic, le cœur de son engagement. Avec son association « « Conscience » », il est l’un des porte-voix des familles endeuillées de cette ville régulièrement secouée par des narchomicides. Amine Kessaci a aussi porté son combat sur le terrain politique et était candidat aux dernières élections européennes et législatives sous la bannière écologiste.

Jeudi 13 novembre 2025, c’est le petit frère d’Amine Kessaci, Mehdi, qui a été tué par balles. Le procureur Nicolas Bessone n’exclut pas l’hypothèse d’un assassinat d’avertissement visant à atteindre Amine Kessaci.

« Si tel devait être le cas, on aurait franchi une étape supplémentaire. Ça rappelle un certain nombre de périodes terribles connues dans notre pays, où vous allez assassiner des gens, simplement parce qu’ils sont membres d’une famille avec laquelle vous avez des problèmes », a-t-il estimé sur franceinfo.

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« Il avait reçu des menaces depuis la sortie de son livre »

« Amine était sous protection policière et avait été exfiltré de Marseille depuis un mois. Il avait reçu des menaces depuis la sortie de son livre « Marseille, essuie tes larmes » (Ed. Le Bruit du Monde 2 octobre 2025). Cette protection s’inscrit aussi dans le contexte du procès des assassins de son frère aîné qui se déroulera dans les prochains mois. Amine et sa mère, qui est présidente de l’association Conscience, avaient prévu de rappeler que la justice ne devait pas uniquement sanctionner les petites mains, mais aussi le haut du spectre. C’est d’ailleurs ce que nous avons dit au cours des travaux de notre commission d’enquête sur le narcotrafic. Nous nous étions d’ailleurs déplacés à Marseille notamment pour rencontrer des membres de l’association « Conscience » », explique Guy Benarroche.

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« On est en train de connaître un changement de nature du crime »

Etienne Blanc, sénateur LR qui était rapporteur de la commission d’enquête, ne cache pas son inquiétude sur les implications de cet assassinat qui s’est déroulé en plein jour, alors que Mehdi venait de déposer en voiture sa mère à la pharmacie « Soit c’est une erreur sur la personne et les assassins ont confondu la victime avec son frère. Soit, ils s’en sont pris à un membre de la famille d’une personne qui gêne le narcotrafic pour le terroriser. Et à ma connaissance, c’est inédit en France. C’est ce qui se passe dans les narco-Etats. C’est très révélateur d’un fonctionnement des réseaux mafieux, c’est d’une gravité extrême. On est en train de connaître un changement de nature du crime et ça prend des proportions non maîtrisées. On remplit de plus en plus les critères d’un narco Etat, soit un Etat dans lequel les trafiquants font régner la terreur ».

« Je ne dirais pas que la France est devenue un narco-Etat, mais qu’on a passé une étape, car jusqu’à présent, les victimes sont toujours liées de près ou de loin au trafic », complète Guy Benarroche.

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Ce crime intervient moins d’un an après l’adoption de la proposition de loi transpartisane du Sénat sur la lutte contre le narcotrafic. « Je pense qu’aujourd’hui les moyens sont mis. Il y a aussi la volonté du garde des Sceaux de regrouper les plus gros narcotrafiquants dans des prisons de haute sécurité. Mais nous avons affaire à une hydre », constate Etienne Blanc.

Le combat d’Amine Kessaci contre le narcotrafic est le sujet du documentaire « Marseille, des larmes au combat », Anaïs Merad, à revoir sur Public Sénat. voir ci-dessous.

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https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/assassinat-du-petit-frere-damine-kessaci-revoir-le-documentaire-sur-le-combat-contre-le-narcotrafic-du-militant-marseillais

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Simon Barbarit à suivre sur Public Sénat

 14/11/2025

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Marche blanche en mémoire de Mehdi Kessaci : ces nombreux politiques qui vont y participer

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues à Marseille pour rendre hommage au jeune homme de 20 ans tué sur fond de narcotrafic.

Amine Kessaci, le frère de Mehdi Kessaci, assassiné à Marseille, appelle à « se lever » contre le narcotrafic et espère une marche blanche d’ampleur, samedi.
La gauche, dans son ensemble, sera présente en masse à l’appel du militant écologiste engagé contre le trafic de drogue.
Le gouvernement devrait lui aussi être représenté, avec la porte-parole Maud Bregeon et le ministre Vincent Jeanbrun.

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Une forme d’unité nationale. Ce samedi 22 novembre, plusieurs dizaines de milliers de personnes défileront côte à côte dans les rues de Marseille. À l’appel de sa famille, une marche blanche est organisée en mémoire de Mehdi Kessaci, 20 ans, tué sur fond de narcotrafic. « Levons-nous ensemble », exhorte son frère, Amine Kessaci, militant écologiste et opposant féroce à la criminalité organisée. Il appelle à ce que « la révolte face au narcotrafic soit durable ». « N’ayez pas peur », dit-il aussi.

Plusieurs responsables politiques ont annoncé participer à cette marche blanche, dont les chefs des principaux partis de gauche. Olivier Faure (Parti socialiste), Manuel Bompard (La France insoumise), Marine Tondelier (Les Écologistes) et Fabien Roussel (Parti communiste) défileront dans les rues de Marseille. « C’est très important que la population marseillaise montre qu’elle ne se laisse pas faire, qu’elle montre son soutien et sa solidarité à la famille de Mehdi Kessaci », a affirmé Manuel Bompard sur franceinfo.

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La gauche présente en masse

Olivier Faure, lui, a annulé sa participation à une réunion de l’aile droite du PS à Lyon, où seront notamment réunis François Hollande et Raphaël Glucksmann. Faire le déplacement à Marseille est une évidence : « J’estime que la présence de tout le Parlement est indispensable. Il faut que les narcotrafiquants aient le sentiment qu’il n’y a pas d’interstice [dans la société] », exprime-t-il dans Libération.

Le maire de Marseille Benoît Payan enjoint à tous ceux « qui refusent le règne de la peur, qui refusent de baisser la tête, qui veulent se battre contre le narcotrafic » de descendre dans la rue. Fabien Roussel y sera pour « demander vérité et justice, dans la solidarité ». « La violence du narcotrafic ne fera jamais reculer la République, a ajouté l’ex-député du Nord. La France est aux côtés de Marseille ». Les deux candidats à la primaire de la gauche Clémentine Autain et François Ruffin seront également dans la cité phocéenne, tout comme Benjamin Lucas (Génération.s).

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Pour ce camp, il y a bien sur l’enjeu de ne pas laisser le terrain à la droite et à l’extrême droite. Ces derniers mois, des figures comme Bruno Retailleau ou Gérald Darmanin sont apparues très mobilisées dans la lutte contre le narcotrafic, liant trafic de drogue, insécurité, autorité de l’État… Des sujets sur lesquels la gauche n’est pas toujours très à l’aise mais dont elle s’empare ces dernières semaines.

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Le gouvernement sera représenté

Mais ils ne seront pas les seuls à faire le déplacement à Marseille. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé sur TF1 qu’elle se joindrait aux manifestants. Sa présence illustre, selon elle, le « soutien de l’État » à la famille endeuillée. « Le gouvernement sera présent et je serai à Marseille en compagnie de mon collègue Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement », a-t-elle déclaré. Précisant le faire « humblement, avec la modestie et la pudeur que cet événement nécessite, sans communication sur place ». Le patron de Renaissance Gabriel Attal réfléchit encore. Il prendra sa décision en fonction de l’avancée des débats budgétaires à l’Assemblée, selon Politico.

Dans ce contexte, force est de constater que les dirigeants de droite et d’extrême droite sont plus discrets. Marine Le Pen et Jordan Bardella n’ont pas prévu de se rendre à Marseille. Le député RN local, Franck Allisio, n’a pas non plus communiqué sur une éventuelle participation. Quant aux Républicains, ils seront représentés par le vice-président du parti, François-Xavier Bellamy. La candidate LR à la mairie de Marseille Martine Vassal a aussi prévu d’être dans la rue, tout comme le président Renaissance de la région PACA Renaud Muselier. L’ex-Premier ministre Dominique de Villepin devrait également être là. De quoi donner, samedi, des images d’union nationale, voire d’union sacrée par-delà les étiquettes politiques.

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Marceau Taburet à suivre sur le https://www.huffingtonpost.fr/
( A MCD 100% de nos articles sont signés, sourcés, vérifiés et  recoupés )

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