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Projection du Film « Château Rouge », Documentaire d’Hélène Milano, 107 minutes

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Dimanche 30 novembre  : 20h, au Pestel

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Un e proposition de l’Université Populaire du Diois (UPDD)

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Quartier de la Goutte d’Or à Paris, métro Château Rouge, collège Georges Clémenceau. Chargés de leur insouciance et de leurs blessures, les adolescents  doivent grandir. Ils construisent leurs personnalités, se perdent, se cherchent. Les adultes tentent de les guider malgré la violence du système. 

Mais ici, élèves, professeurs, assistants d’éducation, parents, créent du commun malgré les essoufflements d’un système qui trop souvent assigne à une place et percute brutalement les imaginaires. La question du possible, et à travers elle, celle de l’émancipation des carcans scolaires, sociaux, familiaux, et de la capacité à désirer encore des échappées, traverse le film. On est impressionnés par la lucidité des jeunes qui dévoilent leurs doutes, leurs rêves, leurs renoncements, sous le regard fin et inspirant de la réalisatrice. On est saisis par l’énergie et la persévérance des adultes. On est émus par la teneur de la résistance commune.

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«  »Être extraordinaire, c’est qu’on est tous différents et qu’on peut tous amener quelque chose. Tu es un élève extraordinaire, au même titre que les autres. » explique la principale du collège à Bilal. L’extraordinaire de chacun, Hélène Milano l’intensifie en nous plongeant dans l’ordinaire d’un établissement scolaire du nord de Paris, où la vie de très jeunes gens se dessine. Ici, élèves, professeurs, assistants d’éducation, parents, se débattent malgré les essoufflements d’un système qui trop souvent assigne à une place et percute brutalement les imaginaires. « C’est comme dans les films, peut-être y a moyen. Mais en vrai, non… » rétorque Bilal, alors qu’il s’interroge sur son avenir. La question du possible, et à travers elle, celle de l’émancipation des carcans scolaires, sociaux, familiaux, et de la capacité à désirer encore des échappées, traverse le film.

Et quand, à la beauté lumineuse des visages silencieux succède la prise de parole des corps dans l’esquisse d’une danse, on rit, on pleure, on reprend confiance. Peut-être qu’au-delà des films, et grâce à eux aussi, « y a moyen ». »

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J’ai vu ce formidable documentaire en avant -première pendant le week end de l’ACID et j’ai été immédiatement conquise par la justesse de l’observation. Hélène Milano a suivi pendant un an des élèves de 3e d’un collège parisien en REP+ qui sont confrontés aux choix d’orientation. L’accompagnement d’une équipe éducative bienveillante leur permet de se confronter à leurs difficultés comportementales, scolaires ou familiales.

Hélène Milano signe avec Château Rouge un film captivant et profondément humain, dans la lignée de « Le Monde est à eux » de Jérémie Fontanieu. À travers une pédagogie positive et bienveillante, le film met en lumière l’importance de recentrer l’élève au cœur de l’enseignement, en valorisant ses capacités et son potentiel.

Un film ultra sensible, qui donne la parole à celles et ceux qui ne l’ont jamais. Un bonheur, et une bulle dans la periode qu’on vit.

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(Clara Teper, Laure Vermeersch et Reza Serkanian, cinéastes de l’ACID)

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La journée commence au collège Georges Clemenceau, le film aussi. Il s’achèvera à la fin de l’année scolaire, temps pendant lequel Hélène Milano va accompagner des élèves de 3ème, année décisive, puisque la fin du collège, c’est, déjà, faire le choix d’une orientation, d’un avenir. 

Les films en milieu scolaire sont presque devenus une tradition française, mais dans ce genre balisé, Hélène Milano trouve sa voie, son originalité. Entre autres, parce qu’elle évite tout systématisme formel. Du côté des élèves, elle alterne entretiens posés, caméra immergée et captations bienveillantes, avec parfois des bulles de respiration bienvenues (un superbe moment de danse entre deux garçons par exemple). Mais, elle ne met pas moins en lumière les autres interlocuteurs, enseignants, encadrants, qui se démènent pour tenter de faire exister les valeurs de l’éducation telles qu’elles devraient être célébrées, car, eux, semblent encore y croire. Pourtant, l’avenir de ces adolescents, tous issus d’un quartier très défavorisé, paraît en partie joué d’avance. Dans ce moment charnière de leur vie, ce que l’on entend, à travers leurs mots, ce sont espoirs déçus et rêves brisés. Mais jamais le film ne se résigne : avec finesse et obstination, Hélène Milano ne baisse pas les bras, provoquant ainsi des moments inoubliables dans lesquels son écoute attentive nous permet d’accéder à une parole, lucidement implacable et d’une grande intelligence, qui parvient rarement à nos oreilles. « C’est comme s’ils nous avaient éteints. C’est comme s’il avaient éteint notre imagination avec ce système » dit l’un des protagonistes, une telle véracité aurait-elle pu être captée par une fiction ? Pas sûr. Et si cette parole s’exprime depuis le collège, elle reflète également tout un contexte social qui dépasse largement le cadre de l’établissement scolaire ; c’est aussi pour cela que Château rouge est indispensable. »

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Jean-François Pelle, Les Studios, Tours

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