Jane Goodall (1934-2025), éthologue et défenseure de l’environnement
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Jane Goodall (1934-2025) est reconnue pour ses observations sur la vie sociale des chimpanzés en milieu naturel, ainsi que pour sa défense des droits liés à l’environnement. Ancrant son action dans une logique de développement durable des communautés locales, l’engagement de Jane Goodall en faveur de la protection des espèces menacées, en particulier de primates, lui a conféré une popularité internationale.
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Éthologue de renommée mondiale, Jane Goodall est décédée à Los Angeles âgée de 91 ans, lors d’une tournée de conférences organisée aux États-Unis. En tant que scientifique, elle a contribué à l’instauration de protocoles d’observation comportementale des primates, notamment par les études de long terme sur les chimpanzés d’Afrique de l’Est effectuées au parc national de Gombé en Tanzanie. Ses observations sur la vie sociale des chimpanzés en milieu naturel lui ont valu l’attention et le respect scientifique des primatologues du monde entier.
Fille aînée du pilote de course Mortimer Morris-Goodall et de l’écrivaine Margaret Joseph (connue sous son nom de plume de Vanne Morris-Goodall), Jane Goodall se passionne durant son enfance pour la faune sauvage à la lecture des aventures du Doctor Dolittle et de Tarzan. Sa mère étant divorcée, les revenus familiaux ne permettent pas de financer un cursus universitaire : sur son instigation, Jane Goodall s’inscrit en mai 1953 au Queen’s Secretariat College du district de South Kensington où elle obtient un diplôme technique de secrétariat. Au printemps 1954, elle est engagée par la clinique de sa tante, puis occupe un emploi de secrétaire à l’Université d’Oxford, enfin travaille à Londres pour une agence produisant des films documentaires.
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La ferme africaine
En 1956, suite à l’invitation de Clo Mange, une amie d’enfance dont le père possède une ferme dans les White Highlands1 aux environs de Nairobi, Jane Goodall revient au domicile familial dans le Dorset pour travailler à la station balnéaire de Bournemouth comme serveuse, économisant ainsi le montant d’un aller simple en bateau pour la colonie britannique du Kenya, où elle débarque à Mombasa en avril 1957. Elle est engagée comme secrétaire par le paléoanthropologue Louis Leakey, alors conservateur du Coryndon Natural History Museum de Nairobi, qui l’initie aux techniques de pistage, lui permettant d’affûter ses dons d’observation. Louis Leakey intègre Jane Goodall à la campagne de fouilles annuelles des gorges d’Olduvaï située au Tanganyika, où la paléoanthropologue Mary Leakey, son épouse, exhume en juillet 1959 le crâne d’un australopithèque, le Zinjanthropus boisei2, du nom de John Boise, mécène des Leakey.
Persuadé que le Rift africain constitue le berceau de l’humanité, Louis Leakey pense que l’une des clés pour comprendre l’évolution vers la lignée humaine est d’étudier le comportement des grands singes africains. Il forme le projet d’organiser une expédition dans une zone forestière en bordure nord-est du lac Tanganyika connue pour abriter une population de chimpanzés communs, espérant que cette jeune secrétaire, motivée par sa passion pour la vie sauvage, puisse effectuer des observations intéressantes sur les chimpanzés d’Afrique orientale.
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À l’été 1958, bien qu’elle ait dû auparavant repousser les avances amoureuses de Louis Leakey3, Jane Goodall est envoyée à Londres par son mentor pour étudier le comportement des primates du zoo de Londres sous la supervision de William Osman Hill4 et s’initier à l’anatomie comparée avec John Napier, qui a analysé les ossements du Proconsul5 découverts par Mary Leakey sur l’île de Rusinga au lac Victoria.
En février 1959, Louis Leakey obtient 3 000 dollars de la Wilkie Family Foundation pour financer le projet d’observation des chimpanzés. En raison de troubles au Congo, la mission est reportée et Jane Goodall en profite pour engager une étude sur les cercopithèques. Enfin, Jane Goodall se rend en juillet 1960 au cœur de ce qui est désormais le parc national tanzanien du Gombe Stream pour une mission initiale de trois mois. Cette mission constitue une première dans un milieu très masculin : pour satisfaire aux exigences de David Anstey, le garde-chasse du parc inquiet pour sa sécurité, Jane Goodall est accompagnée par sa mère et recrute un cuisinier de Kigoma, Dominic Bandora, avant d’installer son campement d’observation scientifique sur le site des torrents du Gombé en juillet 1960.
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Ceux de Gombé
Bientôt, les observations de Jane Goodall suscitent l’intérêt de la communauté scientifique : alors que les chimpanzés sont réputés végétariens6, elle découvre que ceux de Gombé chassent occasionnellement colobes, jeune guibes ou petits potamochères ; alors que la fabrication d’outils est considérée comme une activité spécifiquement humaine, elle observe un chimpanzé, « David Greybeard » (reconnaissable à sa pilosité faciale argentée), sélectionnant des branchettes et les émondant pour « pêcher » des termites. Recevant les observations de Jane Goodall sur « David Greybeard » et les autres chimpanzés du groupe, Louis Leakey, enthousiaste, lui répond « nous devons désormais redéfinir les termes “outil” et “homme”, ou accepter les chimpanzés comme des êtres humains ».
En octobre 1961, bien qu’elle soit dépourvue des diplômes nécessaires, Louis Leakey mobilise un règlement universitaire spécifique pour présenter la candidature de Jane Goodall à la préparation d’un doctorat en éthologie au Newnham College, de l’université de Cambridge, avec l’appui d’Osman Hill et de Napier comme référents. Cependant, suite à la présentation de son premier article lors d’une conférence scientifique portant sur les primates en avril 1962, le zoologue Solomon Zuckerman critique publiquement ses comptes rendus sur la consommation de viande par les chimpanzés car documentés selon lui par des « anecdotes ».
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En 1963, la National Geographic Society missionne le photographe animalier Hugo Van Lawick pour un reportage à Gombé. Ainsi, cette même année, Jane Goodall publie son premier article dans le magazine National Geographic : illustrant les résultats de ses travaux par des photographies en couleurs, elle y dévoile ses thèses sur les comportements des chimpanzés, mais aussi son quotidien de chercheuse, acquérant ainsi une visibilité mondiale. Par la suite, elle reçoit le prix Franklin Burr, de la National Geographic Society, pour sa contribution scientifique.
Toutefois, par ses initiatives et méthodes personnelles, Jane Goodall met les autorités de l’université de Cambridge dans l’embarras : donner aux chimpanzés des noms suggérant des personnalités transgresse un des standards de l’éthologie utilisant la numérotation des sujets pour parer à la suspicion d’un anthropomorphisme discrédité ; publier un premier ouvrage7 s’adressant au grand public pour diffuser ses thèses avant leur validation par les pairs, suscite l’irritation des sommités académiques. La pratique du nourrissage qu’elle utilise pour approcher les chimpanzés du site de Gombé est également suspectée d’augmenter l’incidence des attaques entre chimpanzés ou babouins et, selon certaines conditions environnementales, perturber les relations sociales au sein des groupes de primates8.
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Des « anecdotes » aux données
Malgré ces critiques méthodologiques, Jane Goodall poursuit ses observations sur le site de Gombé où elle séjourne avec Hugo van Lawick, son mari depuis mars 1964 : grâce à la caution scientifique de Leakey, elle obtient le soutien financier de la National Geographic Society pour créer en 1965 le centre de recherches du Gombe Stream, qui accueille désormais étudiants et chercheurs désireux de collaborer aux recherches sur les chimpanzés. Cette structure, dont elle conservera la direction scientifique jusqu’en 2003, lui permet de se consacrer davantage à la rédaction d’articles et aux recherches de financement.
Avec plusieurs articles publiés9, Jane Goodall soutient en février 1966 sa thèse de doctorat intitulée « Le comportement des chimpanzés vivant en liberté dans la réserve de Gombe Stream », s’appuyant désormais sur cinq années d’observation où les « anecdotes » acquièrent progressivement le statut de données. Reconnaissant l’originalité d’un ouvrage de vulgarisation dont le succès doit aussi aux photographies en couleurs d’Hugo van Lawick, François Bourlière la presse de publier « le rapport complet sur les résultats scientifiques de cette étude fondamentale », qui sera effectivement édité un an plus tard10.
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De 1968 à 1969, Jane Goodall entreprend une étude sur le comportement social de la hyène tachetée dans le cratère du Ngorongoro au Kenya. En 1972, elle lance un projet de recherche sur le comportement social du babouin olive avec l’assistance d’Anthony Collins, responsable scientifique de cette cohorte d’observations, toujours active à Gombé aujourd’hui. Parallèlement, elle entame une carrière académique : en 1972, elle est nommée professeure invitée au programme de développement humain du département de psychiatrie de l’université de Stanford et membre honoraire de l’Académie des sciences et des arts aux États-Unis, puis, en 1973, conférencière invitée au département de zoologie à l’université de Dar es Salaam.
À partir de 1974, Jane Goodall constate que la communauté de chimpanzés originellement observés, dénommée Kalaseka, se scinde : un sous-groupe, rebaptisé Kahama, formé de six mâles, trois femelles et leurs petits se rassemble au sud du territoire. Elle relate alors l’attaque par des mâles de femelles étrangères à leur groupe ainsi que l’infanticide et le cannibalisme de leurs petits11. Un conflit s’instaure entre les deux communautés sur une période de quatre ans au cours de laquelle tous les mâles Kahama sont tués. Les Kasakela en profitent pour étendre alors leur territoire, mais sont repoussés par deux autres communautés de chimpanzés. Ainsi, la guerre n’apparaît plus comme un comportement spécifique aux humains.
Grâce à ses notes de terrain particulièrement détaillées, Jane Goodall met également en évidence les liens étroits qui unissent les chimpanzés juvéniles à leurs mères, ainsi que des comportements intracommunautaires de compassion allant jusqu’à l’adoption de chimpanzés orphelins.
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Défendre les primates menacés d’extinction
Après avoir divorcé, Jane Goodall se remarie en 1975 avec Derek Bryceson12, directeur des parcs nationaux de Tanzanie. Préoccupée par les menaces d’extinction pesant sur les chimpanzés, Jane Goodall cherche à protéger leur habitat : pour ce faire, elle privilégie l’amélioration des conditions de vie des populations locales en les faisant participer aux projets afin que celles-ci partagent cet objectif de protection et coopèrent aux efforts de conservation. En 1977, Jane Goodall fonde, avec l’aide de la philanthrope américaine Geneviève di San Faustino, une organisation non gouvernementale pour promouvoir la conservation des espèces de primates en voie de disparition par la recherche, l’éducation et la protection légale de leur habitat avec le soutien des communautés locales, le Jane Goodall Institute, dont le financement pérennise le centre de recherches de Gombé. Aujourd’hui, Gombe Stream Research Center (GSRC) gère la plus longue cohorte d’observations de chimpanzés sauvages en milieu naturel, permettant d’établir des analyses territoriales et génétiques révélant certains impacts des changements environnementaux. Au cours de ses soixante années d’existence, le GSRC a accueilli 59 thèses et environ 250 chercheurs conduisant à plus de 300 publications.
En 1987, Jane Goodall est nommée professeure adjointe au département des études environnementales de l’université Tufts à Boston, puis au département d’anthropologie de l’université de Californie du Sud, et chercheuse associée au musée d’histoire naturelle de Cleveland en 1990. En 1991, elle est admise comme membre honoraire du Royal Anthropological Institute britannique, ce qui constitue une reconnaissance académique dans son propre pays de la validité de sa démarche scientifique. Enfin, de 1996 à 2002, elle devient professeure itinérante de la chaire Andrew Dickson White de l’université Cornell.
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À partir de la décennie 1990, Jane Goodall élargi son champ d’intervention à la défense des espèces protégées, de la biodiversité, du bien-être animal et plus largement des droits liés à l’environnement : ainsi, à l’initiative de douze adolescents, elle créé en 1991 Racines et bourgeons, programme d’éducation à l’environnement pour et par les jeunes, avec des groupes actifs dans plus de 75 pays pour encourager des programmes concrets apportant des changements bénéfiques pour les animaux sauvages, leur environnement et les communautés locales les côtoyant. En 1992, Jane Goodall fonde le Centre de réhabilitation des Chimpanzés de Tchimpounga dans le bassin du Congo, accueillant des chimpanzés orphelins victimes de braconnages et de commerces illégaux. Y sont menées des recherches comparatives entre chimpanzés et bonobos sur l’inhibition sociale et le partage alimentaire.
S’inspirant du protocole de la Grameen Bank, Jane Goodall lance en 1994 le projet Tacare d’accompagnement des communautés locales centrées sur le reboisement et l’éducation dans le bassin du lac Tanganyika : trente-trois villages abritant des pépinières d’arbres sont dotés de moyens pour prévenir ou contrôler l’érosion des sols promouvant les méthodes d’agriculture les plus adaptées, développant des programmes d’éducation et de soins en collaboration avec les administrations régionales, et aidant les femmes à obtenir des crédits. En 2002, Jane Goodall est nommée Messagère de la paix des Nations unies par Kofi Annan, le premier Secrétaire général africain, mission qui sera renouvelée par son successeur Ban Ki-moon. En 2006, elle fonde un sanctuaire pour chimpanzés rescapés, Chimp Eden, dans la réserve naturelle d’Umhloti située dans la province du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud. Deux fois par an, enseignants et étudiants de la Faculté des sciences vétérinaires de l’Université de Pretoria collaborent avec Chimp Eden pour réaliser les contrôles de santé nécessaires à ses protégés.
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Au total, Jane Goodall a publié près d’une trentaine d’ouvrages grand public et collaboré à plusieurs films documentaires. En 2019, National Geographic inaugure une exposition biographique itinérante, Becoming Jane: The Evolution of Dr. Jane Goodall qui restitue son parcours scientifique et social. En 2021, Jane Goodall livre son dernier témoignage dans un ouvrage intitulé Le livre de l’espoir13.
L’héritage laissé par Jane Goodall est exceptionnel à bien des égards, que ce soit au plan des sciences du comportement animal ou bien de la protection des espèces menacées et de leur environnement. En témoignent les nombreux prix et distinctions dont elle a été récipiendaire : parmi les plus prestigieux, citons le prix Tyler pour ses réalisations en matière d’environnement (1997), la distinction de Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique (2003), la Légion d’honneur française (2006) et la Médaille présidentielle de la liberté des États-Unis (2025).
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- 1. Les White Highlands désignent les terres agricoles du Kenya réservées pendant une soixantaine d’années à la colonisation européenne par l’administration britannique : voir W. T. W. Morgan, « The ‘White Highlands’ of Kenya », The Geographical Journal, vol. 129, no 2, juin 1963, p. 140-155.
- 2. Renommé Paranthropus boisei, cet hominidé a vécu en Afrique de l’Est durant le Pliocène et le Pléistocène inférieur, soit entre environ 2, 4 et 1, 2 million d’années avant le présent.
- 3. Virginia Morrel, Ancestral Passions. The Leakey Family and the Quest for Humankind’s Origins, Simon & Schuster, New York, 1995.
- 4. Autorité britannique de premier plan pour le xxe siècle en matière d’anatomie et de taxonomie des primates.
- 5. D’abord décrit par Arthur Hopwood en 1933, le Proconsul africanus est un quadrupède arboricole vivant en Afrique orientale durant le Miocène inférieur et moyen (soit entre 22 et 14 millions d’années avant le présent).
- 6. Voir par exemple Veknon Reynolds, « Écologie et comportement social des chimpanzés de la forêt de Budongo, Ouganda », Revue d’Écologie, 1964, no2, p. 155-166.
- 7. Jane Van Lawick-Goodall, My Friends the Wild Chimpanzees, Washington, The National Geographic Society, 1967.
- 8. R.W. Wrangham, « Artificial feeding of chimpanzees and baboons in their natural habitat », Animal Behaviour, 1974, vol. 22, p. 83-93.
- 9. Jane Goodall, « Nest building in free-ranging chimpanzees », Annals of the New York Academy of Sciences, 1962, vol. 102, p. 455-467; J. Goodall « Feeding behaviour of wild chimpanzees. A preliminary report », Symposia of the Zoological Society of London, 1963, vol. 10, p. 9-47 ; J. Goodall et Hugo van Lawick « My Life Among Wild Chimpanzees », National Geographic, vol. 124, no 2, 1963, p. 272-308. ; J.Goodall, « Tool-using and aimed throwing in a community of free-living chimpanzees », Nature, vol. 201, 1964, p. 1264-1266 ; J.Goodall, « Chimpanzees of the Gombe Stream Reserve », dans Irven DeVore (sous la dir. de), Primate behavior. Field Studies of Monkeys and Apes, Holt, Rinehart & Winston, New York, 1965, p. 425-473.
- 10. J. Van Lawick-Goodall, « The Behaviour of Free-living Chimpanzees in the Gombe Stream Reserve », Animal Behaviour Monographs, vol. 1, part 3, 1968, p. 161-311.
- 11. J. Goodall, “Infant Killing and Cannibalism in Free-Living Chimpanzees”, Folia Primatologica, vol. 28, no 4, 1977, p. 259-282.
- 12. Pilote de la Royal Air Force blessé durant la seconde guerre mondiale, Derek Bryceson émigre en 1946 en tant qu’agronome vers la Colonie du Kenya et s’installe en 1952 comme fermier au Tanganyka où il se lie d’amitié avec Julius Nyerere dont il deviendra l’un des ministres, jusqu’en 1972 où il renonce à tout mandat politique.
- 13. J. Goodall, avec Douglas Carlton Abrams, Le livre de l’espoir. Pour un nouveau contrat social, trad. Laurence Décreau, Paris, Flammarion, 2021.