La COP30 s’ouvre au Brésil : les 8 choses à savoir sur ce nouveau sommet international
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La COP30 se tient du 10 au 21 novembre au Brésil
La 30e conférence de l’ONU pour le climat – la COP30 – se tient pendant deux semaines dans la ville de Belém, capitale de l’État du Para, au Brésil. Les représentants de plus de 160 pays y sont attendus du 10 au 21 novembre. Ces grandes conférences internationales sont avant tout une enceinte de négociations, conduites par des ministres et diplomates, pour faire avancer la coopération dans la lutte contre le réchauffement climatique à l’échelle mondiale.
Ces sommets sont aussi un rendez-vous majeur de la société civile : associations, chercheurs, représentants des organisations de jeunesse, des entreprises… Au total, 50 000 personnes sont attendues. La COP a été cette année précédée d’un « segment de haut niveau » des chefs d’États et de gouvernement les 6 et 7 novembre. Il a rassemblé un peu moins de 60 dirigeants internationaux, dont le président français Emmanuel Macron.
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Une COP aux portes de l’Amazonie
C’était une volonté du président brésilien, Lula : organiser la COP en Amazonie. Mais le manque d’infrastructures a entraîné une flambée des prix. Malgré des dispositions prises par le Brésil, les difficultés logistiques dans une ville qui n’a jamais accueilli d’événements de cette ampleur compliquent l’accès à certaines délégations à l’événement, notamment celles des pays les moins riches.
Des demandes de délocalisations de la COP ont été faites par de nombreuses délégations mais Lula a tenu mordicus à son symbole, d’autant qu’il veut mettre particulièrement en avant cette question des forêts. Son projet majeur pour la COP est la création du « Tropical Forest Forever Fund (TFFF) », un fond pour financer la sauvegarde des forêts tropicales, dont l’efficacité potentielle interroge chercheurs et ONG.
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La COP30 marque les dix ans de l’accord de Paris
En 2015, à la COP21, 196 pays adoptaient l’accord de Paris. Parmi les objectifs clés : limiter le réchauffement sous la barre de 2 °C et poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 °C. Or dix ans plus tard, ce dernier objectif est déjà considéré comme hors d’atteinte par une partie du monde scientifique.
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), les trajectoires actuelles nous mènent vers un réchauffement de + 2,8°C à la fin du siècle. Des hausses températures aux conséquences désastreuses pour les écosystèmes et nos sociétés.
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De premiers signaux en demi-teinte
C’est l’un des mécanismes clés de l’accord de Paris. Tous les cinq ans, les pays doivent déposer des « feuilles de routes » détaillant leur action climatique pour les années à venir (les « CDN », dans le jargon). Les COP jouent ainsi un rôle d’accélérateur politique, pour pousser les pays à prendre des décisions de plus en plus ambitieuses.
Or à la date limite fixée par l’ONU pour déposer ces feuilles de routes, mi-février, seuls 13 pays étaient au rendez-vous. À la veille de la COP30, vendredi 7 novembre, 74 pays, couvrant 63 % des émissions mondiales ont déposé leur CDN. L’Union européenne s’est notamment accordée in extremis sur une « fourchette d’objectifs » le 5 novembre dernier. Si l’objectif reste ambitieux, les atermoiements des Européens risquent de remettre en cause leur crédibilité sur la scène internationale, selon plusieurs observateurs de ces négociations interrogés par La Croix.
La Chine elle, a aussi déposé une CDN pour 2035, prévoyant une baisse de 10 % des émissions par rapport à son pic d’émissions à venir. Un objectif jugé faible par une partie des experts. D’autres le rappellent : « Culturellement, la Chine fait partie des pays qui préfèrent fixer des objectifs qui peuvent être dépassés, quitte à être critiquée pour son manque d’ambition, plutôt que l’inverse », explique Marta Torres-Gunfaus, directrice du programme climat de l’Institut du développement durable et des relations internationales, dans La Croix. C’est aussi la première fois que le pays s’engage à une baisse stricte de ces émissions de gaz à effet de serre.
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Une COP de la « mise en œuvre »
En tant que pays hôte, le Brésil est chargé de conduire les négociations de manière impartiale. Si ces conférences climat souffrent parfois d’une présidence « faible » ou mal organisée, le président de la COP30, André Correa Dolago est cette fois un diplomate rompu aux négociations climatiques.
Les représentants du Brésil le répètent à l’envi : cette COP sera celle de la « mise en œuvre ». Et ce, alors que les plans climats des États ne mènent aujourd’hui qu’à une baisse de 5,5 % des émissions en 2035 par rapport à 2022, loin des 30 % qu’il faudrait pour espérer atteindre la neutralité carbone au milieu du siècle.
La présidence brésilienne propose ainsi un « agenda de l’action ». Il s’agirait de coalitions de pays, acteurs économiques et de la société civile qui, volontairement, se mettraient autour de la table pour avancer sur des sujets clés. Le Brésil souhaite par exemple obtenir des progrès sur les émissions de méthane, un gaz à effet de serre responsable d’un quart du réchauffement mondial, et qui sont pourtant considérées comme évitables. Mais là encore, l’efficacité réelle de ce type d’outils divise.
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Promesses de financement : les pays du Nord attendus au tournant
À la COP29 de Bakou, en 2024, la question des financements a été au cœur des négociations. Les pays du Nord s’étaient finalement engagés à financer la lutte contre le changement climatique à hauteur de 350 milliards de dollars par an dans les pays en développement à partir de 2035 et mobiliser 1 300 milliards d’investissements privés.
Pour les Européens, la question de la finance Nord-Sud ne doit donc pas être au cœur de cette nouvelle conférence climat. Mais au sein des pays du Sud, cet objectif lointain avait été jugé trop faible au regard des besoins. Certains pays comptent ainsi bien obtenir à Belém des engagements concrets supplémentaires.
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Les États-Unis n’enverront pas de représentants de haut niveau
Ce fut l’une des premières annonces de Donald Trump lors de son arrivée au pouvoir en 2025 : le retrait des États-Unis de l’accord de Paris. Celui-ci ne sera effectif qu’en 2026, si bien que l’administration américaine pourrait envoyer sa propre délégation à la COP. Elle a pour l’heure annoncé qu’elle n’enverra pas « de représentants de haut niveau » mais n’a pas confirmé si des diplomates seront présents. Auquel cas, ils pourraient compliquer les négociations, les décisions à la COP devant être prises au consensus.
Plus largement, le cas américain intervient dans un contexte international de plus en plus tendu. Les tensions géopolitiques et commerciales pèsent sur les négociations, de même que les tensions internes aux pays qui sont moins enclins qu’en 2015 à prendre des engagements ambitieux.
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Pétrole et polémiques
En 2023 à Dubaï, les États réunis à la COP s’étaient engagés à une sortie progressive des énergies fossiles. Et maintenant ? « Le compte n’y est pas, juge Romain Ioualalen de l’ONG Oil Change International. Les CDN intègrent de plus en plus l’augmentation des énergies renouvelables mais peu s’engagent à une sortie des énergies fossiles. On voit que la situation politique est difficile donc on ne s’attend pas à un accord grandiose sur le sujet. Mais on veut des signaux clairs sur le fait que les États veulent sortir de cette dépendance. »
À ce titre, la position du Brésil est ambiguë. Le pays est le 4e producteur de pétrole au monde et à quelques semaines de la COP un nouveau permis d’exploitation pétrolière à Petrobras, la compagnie nationale brésilienne, qui a ulcéré les ONG environnementales. Si la ministre de l’environnement Marina Da Silva a annoncé vouloir mettre le sujet à l’agenda, la forme que prendra la discussion reste encore floue.
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