La fin du rêve pour «Avatar: de feu et de cendres»?
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Ce troisième film de la franchise introduite par James Cameron en 2009, esthétiquement magnifique, peine cependant à convaincre au niveau scénaristique.
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16.12.2025

- Le troisième «Avatar» manque d’un scénario solide malgré des visuels époustouflants.
- Jake Sully et Neytiri affrontent nouvelles menaces humaines et une tribu hostile.
- Le film de plus de trois heures multiplie les scènes de combat.
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C’est sans aucun doute le film qui devrait sauver les salles obscures après une année difficile en termes de chiffre: «Avatar», troisième du nom, sous-titré «De feu et de cendres», réalisé, écrit et produit par James Cameron. Soit une escapade parfaite pour les fêtes de fin d’année, capable de nous transporter dans l’univers magnifique de la planète Pandora, afin de suivre la suite des aventures de Jake Sully, ex-marine et désormais figure des Na’vis. Presque tous les ingrédients sont là pour un nouveau succès. Il ne manque peut-être à l’appel qu’un scénario digne de ce nom.
La guerre sur Pandora
Pour rappel, «Avatar» est le projet d’une vie pour James Cameron. Une obsession que le réalisateur de «Terminator» s’est créée dans les années 90, inspirée par l’histoire de la colonisation de l’Amérique, du réchauffement climatique et de la destruction de l’environnement par les humains. L’histoire est écrite et prête à être mise en production plus ou moins au même moment que la sortie de «Titanic». Mais Cameron préfère attendre son heure, et mise sur une évolution technologique exponentielle des effets spéciaux afin d’accoucher de son bébé. Il avait raison. En 2009, «Avatar» est une prouesse technique et visuelle qui fait pâlir la concurrence, s’il en existe une.
Avançons à 2022. Cameron sortait, près de treize ans après le premier «Avatar», une suite: «La voie de l’eau». C’est peu dire que le film était attendu au tournant, après le succès inégalé du premier opus au box-office. Une décennie plus tard, le public était finalement au rendez-vous, égalisant presque les chiffres de son prédécesseur. Ambitieux, splendide, «La voie de l’eau» était un tour de force, même si des limites au niveau scénaristique étaient déjà visibles. Comment allait donc se présenter la suite?
Embrayant directement sur le film précédent, Jake Sully (Sam Worthington) et sa femme Neytiri (l’excellente Zoe Saldaña) sont en deuil après la mort de leur fils. Et voilà que les menaces humaines s’intensifient, notamment par le biais du vilain colonel Qualitch (Stephen Lang). Une bonne partie de l’intrigue évoque aussi l’avenir de l’humain Spider (Jack Champion), fils de Qualitch, adopté par la famille Sully. Lorsque le jeune homme parvient, contre toute attente, à respirer l’air normalement toxique de Pandora sans l’aide d’un masque, un dilemme vertigineux s’installe.
Si le reste des humains, limités dans leurs actions par des masques à oxygène, réussissent également à s’adapter, il n’y aura plus de limites à leurs ambitions coloniales. Et voilà qu’une tribu de Na’vis, celles des Cendres, s’allie à Qualitch pour éliminer les héros. Durant les trois heures dix-sept du film, les gentils Na’vis vont lutter encore et encore, scène de bataille après scène de bataille, pour repousser toutes ces menaces.
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«Avatar» perd son aplomb

Force est de constater qu’«Avatar: de feu et de cendres» pêche par cupidité et gourmandise. En plus de trois heures, il se déguste plus comme une prolongation du deuxième film que comme un troisième opus digne de ce nom. Le mythe de Pocahontas réimaginé par Cameron commence sérieusement à s’essouffler. La faute à une histoire qui n’avance finalement pas tellement, laissant plutôt la place à des heures de combats, tantôt aériens, tantôt aquatiques. Un mélange de boum-boum pas très original qui vient flatter la rétine, mais aussi alourdir les paupières.
Oui, Pandora est toujours aussi magnifique. La caméra oscille entre air, terre et mer avec virtuosité et facilité, alors que, soyons honnêtes, la réalisation technique d’un tel métrage relève du génie à l’état pur. James Cameron s’est complètement approprié le processus de performance capture, ces capteurs qui permettent d’insuffler à la réalité des plans la magie de l’imaginaire. Les paysages sont plus vrais que nature, et plus beaux que tout ce que nous propose notre bonne vieille Terre.
Reste un défaut, à noter. Comme pour les précédents «Avatar», l’image est tournée en 48 images par seconde, contre les 24 habituels au cinéma, afin de pousser le réalisme et la fluidité à leurs paroxysmes. Cela induit toutefois un effet «jeu vidéo» qui brise les efforts de rendre Pandora réelle. Et pour les yeux, ce n’est pas très agréable à endurer. Si l’on ajoute la 3D… qui reste heureusement facultative.
Mais nous disions plus haut que le film péchait par les lacunes de son scénario. Chaque retournement est en effet attendu, les moments de stress sentent le happy end, et après la mort du fils des héros dans le premier opus, qui procurait pour le coup un vrai effet de surprise émotionnel, tout paraît ici plutôt terne et plat. Peut-être par fatigue de la franchise.
La construction de l’univers, pourtant si aboutie dans les deux précédents «Avatar» avec une mythologie foisonnante et un bestiaire sans cesse renouvelé, ne livre ici pas grand-chose, si ce n’est une nouvelle tribu, qui produit quand même son effet. Mais où sont les nouveaux enjeux? Pourquoi ce troisième film a-t-il des airs de tampon?
James Cameron, chantage de fin
James Cameron n’a pour le moment pas confirmé ou infirmé la production d’«Avatar» 4 et 5. Bien entendu, en cas de succès fulgurant pour «De feu et de cendres», ces suites verront le jour. C’est donc à se demander si le réalisateur de «Titanic» n’a finalement pas décidé de créer un film compromis, tiraillé entre son refus de conclure ce qui serait une trilogie, et son envie d’ouvrir la suite de la franchise.
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En effet, c’est l’impression qui embaume la conclusion du film. C’était chouette, et techniquement très beau, mais rien de bien excitant nous traverse lorsque l’on réfléchit à l’avenir de la saga. Interviewé par nos soins, Cameron a lâché une appréciation lourde de sens: il y a eu «Avatar» en 2009, qui pouvait se suffire à lui-même, puis «Avatar» 2 et 3, pensés comme une seule grande histoire. Avant la prochaine, donc.
Le cadre est donc clair, et infusé d’un chantage assez malin: vous voulez apprécier l’œuvre dans son entièreté, en cinq volumes, comme il le demande? Eh bien commencez par aller au cinéma pour cet «Avatar», sinon vous ne saurez jamais le fin mot de l’histoire. Chiche? À vous de voir.
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