Règlement « OMNIBUS VII » sur la sécurité alimentaire européenne : la Commission choisit l’agrochimie contre la science
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Le projet de règlement “Omnibus VII” sur la sécurité des aliments de la Commission a fuité aujourd’hui… Et c’est avec une grande inquiétude que j’ai pris connaissance de son contenu. En quelques mots, la Commission européenne souhaite en finir avec la réautorisation périodique systématique de la grande majorité des pesticides, et ce non seulement pour les substances en cours d’évaluation ou de renouvellement, mais aussi celles déjà autorisées.
C’est un séisme. Concrètement, cela signifie que la fin de l’autorisation du glyphosate, pourtant prévue en 2033, serait repoussée… à l’infini.
En France, nous étions pourtant embarqués sur une toute autre voie suite au rendu du tribunal administratif dans l’affaire « Justice pour le vivant » de septembre dernier. Pour rappel, l’Etat français a été condamné à réévaluer la toxicité de très nombreux produits mis sur le marché français pour revoir l’impact sur la biodiversité… C’était un très grand pas vers une meilleure prise en compte de l’impact des pesticides sur la faune et la flore…
Au niveau européen aussi, nous étions sur une dynamique de progrès, notamment avec le Pacte vert et la stratégie de la ferme à la fourchette. Là, avec ce règlement OMNIBUS, le virage est à 360°. Avec ces propositions, la Commission européenne reprend mot pour mot des demandes de l’industrie agrochimique, notamment celles de Bayer et BASF, formulées dans leurs documents de lobbying officiel.
La trumpisation de la vie politique est belle et bien en marche. La science, et les décisions de justice qui invitent à ce que toute la science disponible soit prise en compte dans l’évaluation des pesticides, sont reléguées au second plan.
L’Europe est en train de choisir les multinationales de l’agrochimie plutôt que l’intérêt général, et ce sans aucune considération pour la science et la Justice. C’est vraiment très grave, et je nous invite à suivre de très près les évolutions sur ce dossier. Demain, si ce règlement passe, ce sont tous les agriculteurs, les citoyens, la biodiversité qui souffriront de ces affaiblissements dans l’évaluation (déjà vraiment très laxiste !) de la toxicité des pesticides.
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