Avidité et négligence
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Après le terrible incendie survenu au Constellation, dans la nuit de Nouvel-An, la Suisse a rendu hommage aux victimes et à leurs proches, ainsi qu’aux services de secours. Notre direct.
09.01.2026
Ce que les images «citoyennes» du Constellation apportent à l’enquête
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Le patron du bar aurait confirmé que l’issue de secours était verrouillée
Selon les informations de la RTS ( Suisse ), Jacques Moretti, co-gérant du Constellation, aurait reconnu durant son audience que la porte de secours située au sous-sol était verrouillée de l’intérieur la nuit du drame.

Le patron, arrivé sur les lieux après l’incendie, aurait lui même débloqué la porte de l’extérieur. Il aurait alors «trouvé plusieurs corps inanimés amoncelés devant la porte», écrivent nos confrères. Il aurait également affirmé ne pas savoir pourquoi cette issue était condamnée.
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Meurtre par dol retenu?
Cet élément pourrait s’avérer déterminant dans l’enquête. Si le Ministère public devait retenir que Jacques et Jessica Moretti portent une part de responsabilité, «il pourrait requalifier les infractions retenues à leur encontre», note le média.
Les co-gérants sont actuellement prévenus d’homicide par négligence, incendie par négligence, et lésions corporelles par négligence. Les procureurs pourraient décider de retenir le meurtre par dol éventuel s’ils estiment que les suspects étaient au courant du danger de garder la porte verrouillée.
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Une table ronde sur la sécurité à Crans-Montana?
La faîtière la plus active de Romandie soutient l’idée lancée par Jacqueline de Quattro. Elle estime nécessaire une coordination au niveau national.
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Ce que les images «citoyennes» du Constellation apportent à l’enquête
Les photos et vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux sont au cœur de la médiatisation du drame, mais aussi de l’enquête en cours
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Genève s’est tu pour les victimes de Crans-Montana
Pompiers, écoles, commerces et passants se sont recueillis en silence et en pensée avec le Valais.
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À Lausanne, les jeunes se sont recueillis à Montbenon

Sur l’esplanade de Montbenon, ce soir peu après 18h, plusieurs dizaines de personnes ont répondu à l’appel du Conseil des jeunes de la Ville de Lausanne. De tous âges, elles se sont rassemblées en silence ou en chuchotant, ont pris une bougie et l’ont tenue entre leurs mains. Tout simplement, face à face avec leurs amis rassemblés en petits groupes, la tête penchée sur le scintillement rouge.
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La commune de Crans-Montana présente ses excuses
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«Nous adressons nos excuses et notre pardon à toutes les familles qui sont dans le deuil et la peine», a déclaré vendredi la vice-présidente de la commune de Crans-Montana Nicole Bonvin Clivaz, interrogée par la RTS peu après la cérémonie en hommage aux victimes. La vice-présidente reconnaît des erreurs et manquements que l’enquête devra clarifier. Une démission du Conseil communal n’est cependant pas envisagée.
«Vraiment, on adresse nos excuses et notre pardon à toutes ces familles qui sont dans le deuil et la peine. On a envie de les soutenir du mieux qu’on peut. […] On fera tout pour que ça ne se reproduise plus», a-t-elle ajouté.
Il y a trois jours, lors de la conférence de presse du Conseil communal de Crans-Montana, de telles excuses n’avaient pas été présentées, une attitude qui avait suscité de nombreuses critiques.
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Maladresse
«Aujourd’hui, on a besoin de les formuler. Dans le feu de l’action, on est maladroit», a expliqué Nicole Bonvin Clivaz. «Ça n’est pas commun de vivre une situation pareille. Il nous a vraiment fallu beaucoup de courage pour l’affronter. Et on en aura encore besoin».
Mme Bonvin Clivaz reconnaît une responsabilité de la commune notamment pour l’absence de contrôle de l’établissement depuis 2019. «On a une responsabilité vis-à-vis de ce manque. L’enquête nous dira pourquoi il y a eu ces manquements. Aujourd’hui, on n’a pas les vraies réponses», concède Nicole Bonvin Clivaz.
Le Conseil communal n’entend pas démissionner: «La question ne se pose pas du tout, au contraire. On travaille d’arrache-pied», insiste sa vice-présidente, qui dit toutefois comprendre que la Commune soit pointée du doigt.
«On a tous les jours au Conseil communal des mails d’insultes. Mais ça se comprend, c’est normal. On va corriger. On a fait faux, maintenant on va faire juste», conclut Nicole Bonvin Clivaz.
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Le Jet d’eau de Genève illuminé aux couleurs du Valais
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Ce vendredi soir, le Jet d’eau de Genève a été illuminé de rouge et blanc, les couleurs du Valais, en hommage aux victimes du drame de Crans-Montana.
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Un concert à Genève le jeudi 15 janvier en hommage aux victimes
Un concert gratuit en hommage aux victimes et en soutien aux proches, au personnel de secours et aux soignants aura lieu jeudi soir à 20 h 30 à Genève au Victoria Hall. Cette initiative émane de l’Orchestre de Chambre de Genève, de l’Orchestre de la Suisse romande, de la Haute École de musique de Genève, de l’Association Genevoise des Chœurs d’Oratorio et du Concours de Genève.
Il s’agit d’offrir un moment de recueillement musical, selon l’Orchestre de Chambre de Genève. Le chef valaisan Anthony Fournier sera au pupitre pour diriger l’Adagietto de la Symphonie n°5 de Gustav Mahler et le Requiem de Gabriel Fauré. Parmi les musiciens et les choristes, tous volontaires, figurent la soprano Chelsea Zurflüh et le baryton Stephan MacLeod.
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À Lutry, des rubans découpés dans la voile d’un bateau soufflent au vent
Des dizaines de rubans blancs flottant dans le vent déchaîné. À Lutry, ils ont été accrochés ces derniers jours au grillage du terrain de foot – celui du FC Lutry, dont sept jeunes joueurs ont été emportés et cinq luttent pour leur vie à l’hôpital. Vendredi dès 15h, plusieurs personnes sont venues suspendre elles aussi un bout de tissu, après y avoir griffonné leurs mots au feutre, mis à disposition à la buvette du Club.
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«Que le vent emporte leurs noms», indique un message suspendu à la grille en hommage aux disparus. «Chaque ruban est un lien. Ensemble ils expriment notre souvenir, notre solidarité et ce qui nous unit.»
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Au milieu des bouquets de fleurs, les pensées et les dessins sont battus par la tempête qui déchaîne aussi le lac, dans la lumière douce de cette journée de deuil national. Sur l’un des rubans, deux mots, «Mes amours» accompagne les prénoms des disparus. «On prie pour vous» s’envole vers les blessés.
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À Genève, les services du feu ont participé à la minute de silence
Comme le reste de la Suisse, Genève a rendu vendredi un hommage silencieux aux victimes du drame de Crans-Montana. La population s’est immobilisée à 14h00 pour une minute de recueillement dans de nombreux lieux publics, comme la gare ou l’aéroport.
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Sur les trottoirs, de nombreux passants ont cessé leurs activités. Les pompiers du Service d’incendie et de secours étaient alignés devant la caserne du Vieux-Billard avec leurs véhicules. Quelques dizaines de personnes étaient rassemblées près de la cathédrale où une cérémonie interreligieuse avait été organisée jeudi soir. Le jet d’eau devait être illuminé dans la soirée aux couleurs valaisannes
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Ignazio Cassis salue la solidarité européenne
«Je tiens à remercier, au nom de la Confédération, les nombreux pays qui ont proposé une aide immédiate et ont accueilli les blessés dans différents hôpitaux à un moment décisif pour leur survie. L’action de l’Union européenne et des pays mobilisés a été concrète et essentielle.»
«La Suisse possède des règles strictes en matière de sécurité et elles doivent être appliquées. Tout doit être entrepris pour établir la vérité et éviter qu’un tel drame se produise à nouveau.»
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Le père du patron du Constellation sort du silence
Interrogé en Corse par nos confrères du «Figaro», Jean Matthieu Moretti, le père de Jacques Moretti, se dit écœuré de la manière dont la presse traite sa famille. «En quoi le passé de mon fils, des erreurs de jeunesse qu’il a payées jusqu’au dernier centime, ont-elles un lien avec les quarante morts?», s’interroge-t-il. Il décrit un «travailleur acharné» qui a tout construit de ses mains.
Ému, il raconte s’être rendu à Crans-Montana après l’incendie pour épauler Jacques et son entourage. «C’est la première fois de ma vie que j’ai vu Jacques pleurer», confie-t-il avec pudeur.
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La commissaire européenne à la gestion de crise s’adresse à la presse
Mobilisée dès les premières heures de la tragédie, la commissaire européenne chargée de la gestion de crise, Hadja Lahbib, s’est adressée à la presse à l’issue de la cérémonie, retenant de cette dernière les interventions de trois jeunes, touchés directement par le drame, «surtout les valeurs de solidarité qu’ils ont exprimées. Elle s’est manifestée dès les premières minutes: 24 pays ont proposé leur aide. Une mobilisation, sans précédent, forte et immédiate.»
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Jessica Moretti s’excuse face à la presse
La co-gérante du Constellation a brisé le silence. Dans des propos recueillis par la RTS à la sortie de son audition par la justice valaisanne mardi matin, Jessica Moretti a déclaré: «Mes pensées constantes vont vers les victimes.»
«C’est une tragédie inimaginable, cela s’est passé dans notre établissement, et je veux m’excuser», a-t-elle ajouté. Contrairement à Jacques Moretti, qui a été placé en détention à l’issue de l’audition, Jessica Moretti est, elle, ressortie libre.
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Cent personnes ont manifesté leur solidarité au Mont-sur-Lausanne
«Nous avons la chance de ne pas être touchés directement par ce drame. Mais pour nous, ça a du sens de participer à ce deuil national; pour faire corps et laisser sortir les émotions. Nous sommes aussi des parents et pensons très forts à ces autres parents qui ont vu la pire crainte qu’on peut avoir se matérialiser.»
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En ce vendredi après-midi, alors que le soleil perce timidement les nuages, trois habitants du Mont-sur-Lausanne expliquent la raison de leur présence à la retransmission de la cérémonie d’hommage aux victimes de Crans-Montana organisée dans l’église du village.
Un couple venu avec leur fille ayant l’âge de certaines victimes explique, lui, qu’il ne voulait pas vivre cette minute de silence tout seul dans son salon. «Nous apprécions donc l’initiative de la Commune. Mais c’est quand même triste qu’il faille un drame comme celui-ci pour réunir la collectivité.»
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Une heure plus tôt, devant une assemblée composée d’une centaine de personnes, la syndique Laurence Achtari Muller, très émue, accueillait ses concitoyens. «Votre présence témoigne de l’importance de ce moment et de la solidarité qui nous unit. Nombre de ces jeunes venaient de notre région. Ils auraient pu être nos enfants, nos élèves, nos voisins. Cette proximité rend la douleur encore plus vive pour beaucoup d’entre nous.»
Après la cérémonie, les personnes qui le souhaitaient ont pu se retrouver pour un moment de partage et signer un livre qui sera ensuite remis au Conseil d’Etat valaisan. La Commune de près de 10’000 habitants a été impliquée dans la catastrophe par le décès d’une étudiante de l’école internationale ISL située sur son territoire et compte des blessés parmi ses concitoyens.
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La cérémonie est terminée
La cérémonie s’est terminée. Une rose blanche à la main, les invités défilent en silence vers l’extérieur de la salle.



Les membres du Conseil d’État vaudois à Martigny
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Guy Parmelin: le pays forme «une seule et même famille d’affligés»
Les présidents de la Confédération Guy Parmelin et du gouvernement valaisan Mathias Reynard ont rendu hommage vendredi à Martigny aux jeunes et à leurs proches dont le destin a basculé «lors d’une nuit d’horreur», le jour de l’An à Crans-Montana. Ils ont aussi remercié les secouristes, soignants et autres pays qui ont aidé la Suisse face à ce drame.
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«La mémoire de cette épouvantable nuit éclaire les visages des 156 victimes, leurs jours heureux, leur insouciance», a dit Guy Parmelin lors de la cérémonie d’hommage à Martigny. Notre pays est «consterné» face à cette tragédie, a-t-il relevé. Et d’ajouter: la Suisse «s’incline devant la mémoire de celles et de ceux qui ne sont plus, elle est au chevet de celles et de ceux qui s’apprêtent à entamer un long chemin de reconstruction».
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En ce jour de deuil national, la Suisse tout entière forme «une seule et même famille d’affligés», a continué le président de la Confédération. Il a évoqué «un jour de mémoire que nous devons aux disparus et aux blessés», mais aussi un «jour d’amour» pour les familles, proches et amis, ainsi que pour toutes les personnes qui ont pris part «au drame national de Crans-Montana».
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«Tirer les enseignements»
Guy Parmelin a aussi parlé d’un «jour d’anticipation» pour les autorités qui devront «impérieusement tirer tous les enseignements» de cette tragédie et garantir la sécurité dans les établissements publics. Le Vaudois a aussi mentionné la justice qui, «sans retard ni complaisance», devra dévoiler «les manquements au grand jour et les sanctionner». C’est «une responsabilité morale en plus d’être un devoir d’Etat», a-t-il affirmé.
Seconde personnalité politique à prendre la parole à Martigny, le président du gouvernement valaisan, Mathias Reynard, a aussi évoqué «ce moment de fête et d’amitié qui s’est transformé en cauchemar». Des sanglots dans la voix, il s’est adressé aux proches des victimes, affirmant qu’il n’y avait pas eu «un seul instant» sans que ces personnes soient «dans nos pensées».
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Il a ajouté que «des jeunes ont perdu la vie, sans que rien dans tout cela ne soit de leur faute». Et de continuer: «Alors nous, comme adultes, nous comme responsables politiques, la moindre des choses que l’on puisse faire, c’est de présenter des excuses au nom de toute la communauté», a-t-il dit.
Mathias Reynard a aussi remercié, en allemand, anglais et italien, les pays qui ont «tendu la main» pour aider la Suisse à faire face à ce drame. Il a particulièrement remercié les présidents français Emmanuel Macron et italien Sergio Mattarella, présents à Martigny, dont les pays ont aussi été «durement touchés» par la tragédie.
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Le Saviésan a, lui aussi, évoqué l’enquête en cours, relevant que la justice devait être «rendue avec rigueur et indépendance». Selon lui, «établir la vérité est un devoir envers les victimes, envers les familles, envers la société tout entière».
Mathias Reynard a conclu en citant Albert Camus qui, «au milieu de l’hiver», disait avoir trouvé «un invincible été». Il a dit souhaiter que chaque personne touchée par le drame puisse trouver cette «force intérieure et silencieuse».
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Le témoignage poignant de Guy Parmelin aux victimes
«Impensable, indicible, invisible». Voici les mots choisis par le président de la Confédération dans son hommage lors de la journée de deuil national.
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Des musiques et des mots
À Martigny, la cérémonie dédiée aux victimes touche à sa fin. Un à un, les invités sortent en déposant une rose blanche devant l’un des mémoriaux disposés dans la salle.
Au piano, Loris Mittaz accompagne la sortie des invités avec ses compositions. Le musicien originaire de Chermignon, village situé sur la commune de Crans-Montana, s’est joint aux autres artistes qui ont distillé notes et mots tout au long de la cérémonie: la pianiste classique de Monthey Beatrice Berrut, la comédienne, la comédienne et metteuse en scène Olivia Seigne et le jeune violoncelliste vaudois Lyam Chenaux.
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Après la cérémonie, un mouvement s’opère à Crans-Montana, on se rend en silence vers le lieu du drame devant le Constellation et son autel dressé pour se recueillir encore.
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Forte émotion pour Nicolas Féraud
Le président de la commune de Crans-Montana, bouleversé, lors de la cérémonie.
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Les Lausannois se sont déplacés en nombre
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur le parvis de la cathédrale pour la minute de silence nationale en hommage aux victimes de la catastrophe de Crans-Montana.
La cérémonie officielle était retransmise en direct dans la cathédrale où plus de mille personnes l’ont suivie.
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Le patron du Constellation, Jacques Moretti, placé en détention
Entendu ce jour à Sion, le co-gérant du bar incendié a été placé en détention en raison d’un potentiel «risque de fuite»
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La solidarité à travers tout le pays
Deux jeunes filles se prennent dans les bras. Elles tentent de se réconforter. Les larmes coulent.









À Sion aussi, l’heure est au recueillement
La capitale valaisanne proposait à sa population de se rassembler en silence dans la rue du Grand Pont.
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À quelques centaines de mètres de là, la presse attend la sortie d’audience du couple Moretti, gérants du bar Constellation.
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Une Cérémonie destinée à la jeunesse. Et les jeunes sont là, en nombre.
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Message d’espoir porté par la jeunesse
Trois jeunes présents au moment du drame, Marie, Aline et Solal, ont pris la parole à Martigny pour rendre hommage «à vous qui êtes partis trop tôt, à vos rêves interrompus, à vos voix que le silence a remplacées. Pour les familles, faisons en sorte que cette douleur ne soit pas vaine. N’attendons plus pour dire à nos proches qu’on les aime» et pour inviter à continuer d’avancer: «Tellement de choses à réparer, à reconstruire, à rêver autrement. Mais nous voyons aussi des jeunes qui se lèvent, qui refusent d’abandonner, qui se battent pour ce qui les fait vibrer.»
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Une gare de Lausanne figée par l’émotion et le recueillement
14h00, alors que les échos des sifflements des trains du réseau CFF résonnent encore, le grand hall de la gare de Lausanne s’est entièrement figé, à part quelques voyageurs pressés.
Beaucoup d’émotion visible sur les visages de pendulaires, debout, mais également du personnel des CFF présents sur place. Les files d’attentes aux guichets ou devant les magasins se sont interrompues tandis que plusieurs passants se sont rendus dans le hall pour marquer ce moment de recueillement avant de repartir peu à peu.
Des scènes marquantes, comme un jeune homme calmant son chien ou une jeune femme, debout avec une pancarte «Justice». Également quelques lignes sur les panneaux d’affichages et une image de deuil sur les écrans.
Hors de la gare, les conducteurs des TL ont pour leur part affiché un «deuil national solidarité» sur leurs véhicules.
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Silence de plomb à Crans-Montana
Dehors à Crans-Montana, devant les écrans, règne un silence de plomb, alors que la pianiste joue son morceau.
Malgré la neige et le froid, le public est au rendez-vous. Le conseiller d’État valaisan, Mathias Reynard, les larmes dans la voix, fait son discours. 156 destins ont basculé…
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Des larmes au Nyamuk, un café-restaurant de Plainpalais
Il est 14h au Nyamuk, un café-restaurant populaire du quartier de Plainpalais. Le brouhaha s’interrompt immédiatement, les discussions laissent place au silence. Et à quelques larmes. «On est si proches du Valais, on se sent tellement concerné», lâchent très émus, Deborah et Ernesto, les patrons des lieux.
Des clients se lèvent pour rendre hommage aux victimes et à leurs proches. Des amies se disent, elles, très sensibles à cette communion collective dans tout le pays: «On se sent tous un peu Valaisans; et encore plus aujourd’hui.»
Le jet d’eau se vêtira d’ailleurs, ce soir, des couleurs de ce canton frappé par la tragédie.
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La gare Cornavin à Genève a rendu hommage aux victimes
À la gare Cornavin, à Genève, des conducteurs de locomotives ont fait siffler leur train à 13h58. Sur les quais, sans annonce pour marquer l’hommage aux victimes de Crans-Montana, la frénésie des départs a continué, mêlée aux pensées dispersées des voyageurs et aux éclats de voix de quelques jeunes. La minute de silence a peu été suivie, même si quelques personnes fermaient les yeux, en signe de recueillement.
On entendait, à quelques centaines de mètres de là, les cloches de la Basilique Notre-Dame sonner.
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Une minute de silence sur la Place du Molard à Genève

Des centaines de personnes à la Cathédrale de Lausanne
C’est dans une cathédrale de Lausanne bondée, ses 975 places ayant rapidement trouvé preneurs, qu’une foule émue a assisté à la retransmission de l’hommage national, sur grands écrans. Parmi les personnes venues se recueillir, beaucoup de jeunes en larmes, des familles blotties, la Municipalité de Lausanne au grand complet et quelques moines tibétains du Mont-Pélerin venus communier. «C’est la moindre des choses.»
À l’extérieur, massées devant la porte en silence et plus loin sur le parvis, plusieurs centaines de personnes ont bravé le froid glacial au moment d’observer une minute de silence en hommage aux disparus de Crans-Montana. À quelques pas de là, les élèves du gymnase de la Cité, établissement lui aussi particulièrement touché par le drame, se sont recueillis dans la cour alors que les cloches sonnaient à la volée.
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Martigny et Crans-Montana pendant la minute de silence
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«Présenter des excuses de toute la communauté», rappelle Mathias Reynard
Avec une vive émotion, le président du gouvernement valaisan Mathias Reynard rend hommage aux «156 destins qui ont basculé. Aux 40 âmes, pour leur dire qu’on n’oubliera. Et pour ceux qui se battent encore. Réunis aussi pour les personnes blessées, pour celles et ceux qui luttent encore pour la vie à cet instant précis. Leur absence aujourd’hui à nos côtés est douloureuse. […] Face à cette insupportable impuissance, sentez autour de vous ces innombrables marques de soutien et de bienveillance, venues des quatre coins de la Suisse et bien au-delà.»
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«Si ce drame nous unit dans le deuil, il le fait aussi dans la responsabilité. Toute la lumière doit être faite sur les circonstances de cette tragédie et les responsabilités, y compris des autorités politiques. La justice doit être rendue, avec rigueur et indépendance. Établir la vérité, c’est un devoir envers les victimes, leurs familles, envers la société tout entière. Chaque victime est comme un enfant du Valais. L’enquête déterminera les responsabilités. Mais au-delà de cette procédure, nous avons toutes et tous une responsabilité morale face à ce drame. Des adolescents et des jeunes ont perdu la vie. Rien dans tout cela n’est de leur faute. Alors nous, comme adultes, comme responsables politiques, la moindre des choses que l’on puisse faire est de présenter des excuses de toute la communauté. C’est par cela aussi que nous serons dignes.»
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À Manor Genève, une sonnerie retentit, suivie d’une voix
Dans les allées de Manor Genève, une sonnerie retentit, suivie d’une voix invitant les clients et les employés à observer une minute de silence pour Crans Montana.
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Depuis ce matin déjà, les hauts parleurs ne diffusent aucune musique. Les badauds s’arrêtent au milieu des salades fraîches ou du rayon céréales, les mains jointes en signe de recueillement. Deux employés se tiennent bras dessous bras dessous. Lorsque la minute s’achèvent, ils se serrent dans les bras, sans un mot.
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Le drame de Crans-Montana a eu un écho international
À l’aéroport de Genève, le temps s’est également arrêté à 14h00 en hommage aux victimes de l’incendie. «En cette journée de deuil national, nous vous invitons à observer une minute de silence et de solidarité», annonçaient les haut-parleurs. Durant cette minute, «pour respecter le silence», seules les pensées aux victimes ont pris de la hauteur. Aucun décollage n’était prévu.
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Appel à la solidarité
Rita Famos, présidente de l’Eglise évangélique réformée suisse, invite à la solidarité dans la douleur dans un texte lu par la comédienne valaisanne Olivia Saigne: «Nous nous tenons ici, non pas pour expliquer ce que personne ne peut comprendre, mais pour être présentes et présents. Ensemble. Les unes avec les autres. Côte à côte. Les uns avec les autres. Partager le deuil, sans réponse. Se souvenir, sans mots. Unis en cela.»
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La Suisse s’est arrêtée pendant une minute
Cette journée de deuil a également été observée aux niveaux cantonal et local.
À Berne par exemple, les transports publics ont marqué un temps d’arrêt.
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Dans les gares du pays, la musique de fond a été coupée. Dans les trains, des annonces ont invité les passagers à se joindre au moment de recueillement.
Les deux grands aéroports de Genève et Zurich ainsi que l’aérodrome de Payerne (VD) ont cessé les décollages pendant la minute de silence à l’instigation de l’organe de surveillance aérienne Skyguide.
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09.01.2026