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Elle serait une « menace grave pour l’ordre public français »… La dessinatrice italienne Elena Mistrello arrêtée à Toulouse et expulsée de France.

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Invitée au festival BD Colomiers, l’illustratrice de BD a été arrêtée à l’aéroport de Toulouse. Elle avait participé en juin 2023 aux commémorations des dix ans du meurtre de Clément Méric.

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Culture et savoir
Muriel Steinmetz
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Elena Mistrello, qui venait dédicacer sa BD sur les travailleurs migrants, « constate une dérive arbitraire croissante de la part des forces de police, qui peuvent décider sans explication de vous renvoyer chez vous simplement parce que vous êtes « indésirable » ». 

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La dessinatrice italienne de BD, Elena Mistrello, a été interpellée le week-end dernier à Toulouse à sa descente d’avion. Elle était invitée au festival BD Colomiers pour dédicacer les exemplaires de l’édition française de Syndrome Italie (Ed. Presque Lune), ouvrage primé en Italie, qui a trait aux travailleurs migrants.

Trois agents de la police nationale lui ont intimé l’ordre de quitter immédiatement le territoire français. En cas de refus, « ce sera pire pour vous », lui ont-ils dit, la menaçant de l’envoyer dans un centre de rétention administrative pour migrants. Ils ont fait part d’un signalement du ministère de l’Intérieur la qualifiant de « menace grave pour l’ordre public français ».

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Elle est remontée à bord de l’avion avec un procès-verbal de rapatriement. Elle y a découvert qu’elle était l’objet d’une « mesure d’interdiction d’entrée ». Elle s’est alors souvenue d’avoir participé, en juin 2023, aux journées d’assemblées, de concerts et de manifestations publiques organisées à Paris pour les dix ans du meurtre de Clément Méric, ce jeune antifasciste de 18 ans, tué en 2013 par trois extrémistes de droite.

Consciente que ce qu’elle écrit ne peut plaire à tout le monde, Elena Mistrello souligne « la gravité de ce qu’il s’est passé : si d’une part, je pense que la dérive autoritaire et répressive des États européens à l’encontre des militants et des activistes politiques est désormais évidente pour tous, d’autre part, je constate une dérive arbitraire croissante de la part des forces de police, qui peuvent décider sans explication de vous renvoyer chez vous simplement parce que vous êtes “indésirable”, créant ainsi un système de contrôle et de surveillance fondé non sur des faits, mais sur des opinions et des fréquentations ».

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Face à l’extrême droite, ne rien lâcher !

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C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite.

Face aux attaques incessantes des racistes et des porteurs de haine : soutenez-nous ! Ensemble, faisons entendre une autre voix dans ce débat public toujours plus nauséabond.

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Muriel Steinmetz à suivre sur L’Humanité

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