Tribune de la députée Marie POCHON – Pour le droit à l’emploi pour tous
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Crest, le 26 janvier 2026
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“Nul n’est inemployable”. C’est la conviction qui a fondé l’expérimentation Territoires Zéro
Chômeur de Longue Durée qui œuvre depuis 10 ans pour l’accès à l’emploi des personnes
qui, partout en France, en sont les plus éloignées.
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Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner une proposition de loi visant à étendre
et pérenniser l’expérimentation TZCLD, dans un contexte où 2,2 millions de personnes
étaient inscrites à France Travail depuis plus d’un an à l’automne 2024 , ce qu’on appelle le
chômage de longue durée – il est urgent de soutenir cette généralisation du dispositif qui
expérimente le droit à l’emploi pour tous.
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Le chômage de longue durée est non seulement une injustice pour toutes les personnes
concernées mais plus largement un véritable fléau pour la cohésion de notre société tant la
privation d’emploi est aujourd’hui facteur d’exclusion et constitue une remise en cause de
notre pacte républicain.
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Pourtant la privation durable d’emploi n’est pas une fatalité. L’expérimentation “Territoire
zéro chômeur de longue durée”, une aventure collective d’une multitude d’acteurs locaux,
d’élus, d’habitants, d’associations, de structures de l’insertion, d’acteurs économiques, dont
nous soutenons aujourd’hui la généralisation permet, partout en France, d’offrir un emploi
aux personnes volontaires qui en sont privées en partant de leurs compétences et leurs
aspirations. Les entreprises à but d’emploi, qui sont nées dans tant de territoires depuis 4
ans, ont permis l’embauche de 3500 personnes et à 5600 autres de retrouver un emploi.
Dans la Drôme, grâce à la CCVD, l’Entreprise à But d’Emploi de Livron a, en deux ans et
demi, permis l’embauche de 74 salariés dont 67 issus de la privation d’emploi qui ont
retrouvé ici un travail. Ils et elles ont 48 ans en moyenne, plus de 60% sont des femmes, un
peu plus de 30% sont des travailleurs en situation de handicap. Pour chaque personne
recrutée ici, remettre le pied à l’emploi, au-delà du salaire, c’est retrouver de la dignité, du
sens à la vie, déployer de nouvelles compétences, partager ses propres compétences avec
d’autres, sortir de son isolement. Toutes ces choses là, il est difficile d’en estimer la valeur.
« Avant j’étais en galère, maintenant j’ai trouvé les rames. Et je ne suis pas seul ».
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Ce témoignage d’un salarié d’une entreprise à but d’emploi illustre combien la garantie à
l’emploi permet à des personnes en situation d’exclusion, qui ne peuvent accéder à l’emploi
marchand, de retrouver une dignité et un sentiment d’utilité par le travail et une stabilité
professionnelle par un contrat à durée indéterminée. La garantie à l’emploi leur permet
d’accéder à un logement et de se projeter dans l’avenir en accédant par exemple au crédit
bancaire.
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Le droit à l’emploi porte une nouvelle vision de la société fondée sur la démarchandisation
du travail, en créant des emplois de qualité à partir des besoins essentiels des territoires et
de mobiliser des personnes disponibles et volontaires pour exercer ces activités, sans sélection à l’embauche.
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Les créatrices de la ferme GonneGirls, Claire Wills Diquet et Gaëlle Bonnieux. Gonneville-en-Auge, Calvados, Normandie, France, 6 mars 2023.
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Le droit à l’emploi offre un levier d’action pour réussir la transition écologique de notre
économie. En effet, de nombreux besoins exprimés par la transition écologique ne sont
aujourd’hui pas, ou insuffisamment, pourvus par l’emploi marchand et couverts par les
entreprises à but d’emploi. C’est le cas par exemple des activités d’économie circulaire
(réparation et revalorisation d’objets, collecte et tri des déchets), de l’entretien des espaces
verts ou encore du maraîchage local. Au total, plus d’un tiers des emplois développés dans
le cadre de l’expérimentation territoires zéro chômeur de longue durée s’exercent sur des
activités en lien avec la transition écologique.
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Le droit à l’emploi nous permet d’envisager une autre relation au travail, où, au même titre
que l’assurance maladie ou l’accès aux minimas sociaux, on garantit à chacun l’accès à un
emploi utile et digne. Dans un contexte social difficile, cette garantie emploi, faisant de l’Etat
un employeur en dernier ressort, peut permettre de promouvoir une société de l’entraide, du
collectif en considérant l’emploi comme un “commun”.
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Enfin, le droit à l’emploi permet d’être fidèle à la promesse républicaine du préambule de la
Constitution du 27 octobre 1946 proclamant le “droit pour chacun à obtenir un emploi”. C’est
ce nouveau contrat social que nous défendons pour répondre aux défis écologiques
et sociaux de notre époque.
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Au sein de la communauté de communes Dieulefit Bourdeaux, qui était prête à lancer son
EBE également, après plusieurs années de travail avec l’ensemble des acteurs-ices du
territoire, le Département de la Drôme a refusé d’apporter sa contribution financière au
dispositif, condition sine qua non pour que l’Etat intervienne et finance l’expérimentation.
Alors, face aux discours méprisants contre les “assistés” qui n’ont “qu’à travailler”, tout en
coupant les voies d’accès à l’emploi, ce mardi, quand je défendrai ce texte en hémicycle, je
penserai fort à elles et eux. Pour le droit à l’emploi, pour la dignité de chacun-e dans nos
campagnes. On continue !
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Marie Pochon