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« S’il y a un problème, tout le monde fait front » : pourquoi vit-on mieux ensemble dans le Cantal qu’ailleurs ?

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Élections municipales 2026

À moins de trois semaines des élections municipales, ICI et l’institut Odoxa continuent leur série de consultations pour comprendre les attentes des Français vis-à-vis de leur maire. Le cinquième et dernier volet, que nous vous dévoilons ce mercredi, porte sur le vivre-ensemble.

Six Français sur dix estiment que le vivre-ensemble fonctionne bien dans leur commune mais attendent de leur maire qu’il agisse pour plus de sécurité, notamment en luttant contre les incivilités . C’est ce que montre l’enquête menée par ICI et l’institut de sondage Odoxa auprès de 20.978 personnes, que nous dévoilons ce mercredi.

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Le village d’Albepierre-Bredons, dans le Cantal, département où 74,3 % des habitants jugent le vivre-ensemble positif selon l’enquête Odoxa pour ICI.
Le village d’Albepierre-Bredons, dans le Cantal, département où 74,3 % des habitants jugent le vivre-ensemble positif selon l’enquête Odoxa pour ICI.
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Selon une enquête Odoxa pour ICI (ex France Bleu), 60% des Français estiment que le vivre-ensemble fonctionne bien dans leur commune. Dans le Cantal, ce chiffre grimpe à 74,3%, plaçant le département au 3ème rang national. On a essayé de comprendre pourquoi.

Bien vivre ensemble, le Cantal sait faire. Mieux que la plupart des départements français, en tout cas. C’est ce que confirme une enquête Odoxa pour ICI (ex France Bleu), menée auprès de près de 21 000 Français. Selon le sondage, cinq Français sur dix estiment que le vivre ensemble fonctionne dans leur commune. Dans le Cantal, ils sont près de sept sur dix. Un fossé qui place le département auvergnat directement à la troisième place des villes où il fait bon vivre ensemble selon les habitants.

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Résultats de l'enquête Odoxa pour ICI sur le vivre-ensemble.
Résultats de l’enquête Odoxa pour ICI sur le vivre-ensemble. • © Capture d’écran de l’enquête Odoxa/ICI.
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Christian Montin, maire sans étiquette de Marcolès depuis 1995 et président de l’AMF du Cantal, ne cache pas sa fierté. L’édile qui brigue cette année un sixième mandat consécutif (une seule liste est en lice), n’est pas surpris. « Je ne suis jamais étonné des bonnes nouvelles pour notre département, sourit-t-il. J’ai toujours tendance à penser que ce département a plein d’atouts et plein de qualités. »

 

Le Cantal se classe 3e parmi les dix départements où les habitants jugent le plus positivement le vivre-ensemble. Une double performance, car le département décroche également la 3e place dans le classement des territoires où le sentiment de sécurité des personnes et des biens est le plus élevé.

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Résultats de l'enquête Odoxa/ICI sur le vivre-ensemble.
Résultats de l’enquête Odoxa/ICI sur le vivre-ensemble. • © Capture d’écran de l’enquête Odoxa/ICI de janvier 2026.
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La ruralité, un atout pour le lien social

L’enquête révèle une tendance de fond : plus les communes sont petites, plus le vivre-ensemble est perçu positivement. Dans les communes rurales, 67% des habitants estiment qu’il fonctionne bien, contre 59% en moyenne nationale, selon le sondage.

Le Cantal, territoire majoritairement rural, confirme donc cette tendance. Pierre, retraité installé depuis dix ans à Albepierre-Bredons, a sa propre explication :« La ruralité évite l’anonymat. On se connaît davantage ici qu’ailleurs. Chose qui est plus difficile dans les grandes villes. Ainsi, en se connaissant mieux, on arrive à mieux vivre ensemble et à s’entraider ». L’homme de 69 ans affirme vivre cette solidarité au quotidien. Il raconte : “Après un feu de cheminée, j’ai lancé un appel sur le groupe du comité des fêtes. Une douzaine de voisins se sont présentés pour un travail qui n’en nécessitait que cinq. C’était agréable de savoir que je peux compter sur les habitants de mon village et que s’il y a un problème tout le monde fait front”.

Le podium du vivre-ensemble n’est pas l’unique satisfecit du département dans cette enquête. Le Cantal se hisse également au 3e rang national où les habitants estiment la sécurité des personnes et des biens satisfaisante. Un classement qui va dans le sens du quotidien de Jean : « Je n’ai jamais vu ou vécu d’agressions physiques. Je suis plutôt serein quand je me balade, confie-t-il. On se compare forcément aux villes où il y a de gros problèmes que l’on ne vit qu’à travers les médias. Je pense qu’on est loin de cette réalité-là. »

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Le rôle clé du maire

L’enquête Odoxa établit par ailleurs un lien direct entre l’action municipale et la qualité du vivre-ensemble : là où les habitants jugent satisfaisante l’action du maire contre les incivilités, 70% estiment que le vivre-ensemble fonctionne bien. Là où elle est jugée insuffisante, 80% affirment qu’il fonctionne mal. Le Cantal se classe 4e national pour la satisfaction envers l’action des maires : 66% des sondés l’estiment à la hauteur.

Pour le président de l’AMF du Cantal, l’explication est simple : dans un département rural comme le Cantal, le maire est proche de ses administrés. Et cette proximité change tout : « Le maire qui fait le tour du village, qui croise les gens, qui sait s’arrêter, s’asseoir, discuter avec eux. Celui-là, on le voit davantage. Et les administrés l’apprécient.  Mais le maire qui n’est jamais là, qu’on ne voit pas, qui communique que par mail, les gens se demandent à quoi il sert. »

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Pour préserver cela, Christian Montin plaide pour une approche avant tout éducative et préventive : « Je suis beaucoup plus dans l’idée de l’éducation, de la prévention plutôt que d’incliner à sanctionner. Pour moi , le vivre-ensemble dans une commune comme Marcolès se construit dans les interstices du quotidien : les concours de belote, les festivals, les échanges à la sortie de l’école”.

Autre illustration du bien vivre ensemble, selon le maire : Marcolès est l’un des 15 villages sélectionnés pour participer au concours du Village préféré des Français. Pour l’édile, cette sélection n’est pas anodine : « C’est tout le village qui se mobilise pour soutenir notre candidature. C’est l’idée d’appartenance à quelque chose dont les habitants sont fiers ». Une preuve de plus, selon lui, que le vivre-ensemble est plus élevé dans le Cantal qu’ailleurs.

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Dans le détail, les Français sont plutôt positifs à propos de la propreté des rues (57% la jugent satisfaisante dans leur commune). La situation est cependant nettement plus dégradée dans les métropoles où une majorité d’habitants (51%) sont insatisfaits, le taux d’insatisfaction atteignant même 75% à Paris et dans les Bouches-du-Rhône.

Les Français sont par ailleurs globalement positifs concernant les relations sociales entre les habitants (56%), la solidarité (53%) et la sécurité (53 %) dans la commune. Mais là encore, sur ce point, les avis sont beaucoup plus négatifs dans les zones urbaines denses, comme les Bouches-du-Rhône (67% d’insatisfaction), le Vaucluse (59%), Paris (59%), la Loire-Atlantique (58%) ou le Rhône (56%). La sécurité est également jugée peu satisfaisante dans certains territoires ruraux comme l’Indre (59%), la Marne (58%), le Lot-et-Garonne (58%), le Puy-de-Dôme (55%) et le Doubs (54%).

Les Français sont plutôt satisfaits de la propreté des rues mais pas du tout des comportements routiers © Radio France – Odoxa/ICI

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Les incivilités les plus courantes

Les Français déplorent les incivilités qui nuisent au vivre-ensemble, la plus répandue étant le manque de respect du code de la route. C’est un problème pour six Français sur dix, et encore plus dans certaines régions comme le Centre-Val de Loire (68%), les Hauts-de-France (65%) et le Grand Est (64%).

Six Français sur dix se plaignent des mauvais comportement sur la route © Radio France – Odoxa/ICI
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Dans certains départements, qu’ils soient urbains ou ruraux, l’exaspération à ce sujet atteint des sommets. C’est le cas notamment dans les Bouches-du-Rhône (81%), le Jura, la Seine-Saint-Denis et le Rhône (78%).

Les 10 départements où les habitants jugent le plus les comportements routiers insatisfaisants © Radio France – Odoxa/ICI
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Au deuxième rang des incivilités les plus répandues pour les Français : le dépôt sauvage de déchets (46%). Ce sujet est particulièrement présent dans certains territoires, comme la Seine-Saint-Denis, les Bouches-du-Rhône et la Corse-du-Sud, où sept habitants sur dix sont confrontés à ce problème.

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Les Français insatisfaits par les dépôts sauvages dans leur commune © Radio France – Odoxa/ICI
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Les Français attendent de leur maire qu’il agisse contre les incivilités

Les Français sont plutôt satisfaits de l’action de leur maire sur la propreté (58%) et la sécurité (56%), mais en revanche, ils sont majoritairement insatisfaits de leur action contre les incivilités (50%) et les mauvais comportements routiers (57%). Dans les grandes villes, les habitants jugent leur maire beaucoup plus négativement sur tous ces sujets : seuls 51% sont satisfaits de l’action de leur maire en matière de propreté et 52% concernant la sécurité.

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Les Français jugent l’action des maires plutôt satisfaisantes, sauf en ce qui concerne les mauvais comportements routiers © Radio France – Odoxa/ICI
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Même chose pour la lutte contre les incivilités. Alors qu’en Bretagne, 57% des habitants jugent que leur maire en fait assez sur ce sujet, en Île-de-France, les citoyens sont insatisfaits à 53% (70% à Paris) et 59% en PACA (69% dans les Bouches-du-Rhône).

Or, le rôle des maires est déterminant pour améliorer le vivre-ensemble, selon les Français. Les territoires où leur action est la plus satisfaisante sont ceux où les habitants jugent qu’ils fonctionnent mieux. Ainsi, 70% des habitants jugent que le vivre-ensemble fonctionne bien dans les communes où l’action des maires est satisfaisante en matière de lutte contre les incivilités. À l’inverse, dans les communes où elle est insatisfaisante, 80% des habitants estiment qu’il fonctionne mal.

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. © Radio France – Odoxa/ICI
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À l’approche des municipales, les Français placent en tête des priorités : la sécurité et la lutte contre les incivilités (55%) et l’accès à la santé (55%). Ces sujets devancent nettement l’éducation, les mobilités, l’environnement ou la propreté. Dans les grandes villes, la sécurité et la lutte contre les incivilités sont plus nettement encore la priorité (64%). Même chose dans les régions Grand Est, Paca, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France.

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Les priorités des Français pour le prochain mandat de leur maire © Radio France – Odoxa/ICI
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Plus de lien pour améliorer le vivre-ensemble

Pour améliorer le vivre-ensemble, les Français souhaitent en priorité des solutions « citoyennes » comme sensibiliser les habitants à adopter de bons comportements (56%) ou renforcer les liens entre les générations et les différentes populations (48%). En parallèle, ils plébiscitent des solutions sécuritaires, comme le renforcement de la surveillance policière et de la vidéoprotection (45%).

Les solutions plébiscitées par les Français pour améliorer le vivre-ensemble © Radio France – Odoxa/ICI
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Près de trois Français sur quatre favorables à la vidéoprotection

La généralisation de la vidéoprotection fait d’ailleurs consensus. Près de trois quarts des Français y sont favorables. Les opinions sont plus partagées concernant l’armement des policiers municipaux (57%). C’est dans les villes moyennes (61%) et les métropoles (60%) que l’on trouve la plus forte part d’habitants favorables à cette mesure, ainsi que dans la moitié Est de la France (Grand Est, PACA et Bourgogne-Franche-Comté), alors qu’à l’inverse la Bretagne est la seule région où les habitants sont majoritairement contre (51%).

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Les Français sont majoritairement favorables à l’armement des policiers municipaux © Radio France – Odoxa/ICI
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Par ailleurs, huit Français sur six se disent prêts à donner de leur temps pour améliorer le vivre-ensemble dans leur commune. C’est dans les régions Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Hauts-de-France et Bretagne que l’on trouve les plus fortes parts d’habitants qui pourraient donner de leur temps pour améliorer le vivre-ensemble dans leur commune.

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78% des Français sont prêts à donner de leur temps pour améliorer le vivre ensemble dans leur commune © Radio France – Odoxa/ICI
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  • Méthodologie

Cette enquête a été réalisée par Internet via un questionnaire mis en ligne sur l’ensemble des pages des sites d’ICI (ici.fr et francebleu.fr) et de France 3 Régions, du 26 janvier au 11 février 2026. 20.978 Français âgés de 18 ans et plus ont répondu à la consultation nationale. Une pondération a été appliquée aux résultats afin que la structure de la population des personnes ayant participé à la consultation soit identique à celle de la population française en termes de sexe, d’âge, d’activité, de catégorie de commune et de région de résidence (les répondants pour la Corse ont été intégrés à l’ensemble PACA + Corse). Cette pondération permet d’assurer la représentativité nationale des opinions présentées dans ce rapport.

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MCD et Manale Makhchoun à suivre sur FR3

 

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