Sur les traces du castor, animal discret mais très précieux face aux épisodes de sécheresse
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Depuis une dizaine d’années, le castor est de retour dans les petits cours d’eau en Isère. La communauté de communes des Balcons du Dauphiné a déployé un plan de gestion de ce rongeur discret, mais très précieux en période de sécheresse.
C’est un transformateur de milieux naturels d’une efficacité exceptionnelle. Le castor joue un rôle déterminant dans la dynamique des cours d’eau. En Isère, cela fait une dizaine d’années que ce rongeur est revenu dans les petits cours d’eau.
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À Arandon-Passins, l’association de protection de la nature en Nord-Isère Lo Parvi suit de près le retour du plus gros rongeur d’Europe. Pour constater la présence de castor, tout commence par la recherche d’indices. Parmi les plus visibles : les arbres coupés.
« Comme il est strictement végétarien, le castor va avoir besoin de trouver des aliments disponibles, notamment en hiver. Et ce qu’il y a de disponible, ce sont notamment les arbres et les arbustes. Donc il va couper des branches ou des arbres pour se nourrir de l’écorce principalement, et des bourgeons », explique Samuel Quesada, le directeur de l’association.
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Une espèce protégée
Espèce protégée, le castor d’Europe fait l’objet d’un plan de gestion piloté par la communauté de communes des Balcons du Dauphiné et de l’association Lo Parvi, visant à favoriser la présence de l’animal. Des pièges photos permettent d’étudier les comportements de cet ingénieur des cours d’eau.
« Longtemps, on n’a pas vu de barrage en France parce qu’il était sur les grands cours d’eau, expose Raphaël Quesada, mais maintenant qu’il reconquiert les petits ruisseaux, il fait de plus en plus d’ouvrages et de barrages pour ralentir l’eau et avoir un niveau suffisant pour pouvoir à la fois cacher l’entrée de son terrier, se protéger des prédateurs et créer son jardin ».
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Un allié en or face au réchauffement climatique
Aujourd’hui, on recense une trentaine de familles de castors sur le secteur des Balcons du Dauphiné. Ces habitants discrets sont des alliés en or pour lutter contre le réchauffement climatique. Grâce à leurs barrages, les castors peuvent localement inonder des terres, améliorer la qualité de l’eau et diversifier ainsi les habitats aquatiques et terrestres.
« Mécaniquement quand le castor construit un barrage, le niveau d’eau va augmenter légèrement par rapport au niveau de la berge. Le cours d’eau déborde sur une partie de la prairie qui est remise en eau », explique Samuel Monnet, chef de projet biodiversité à la communauté de communes des Balcons du Dauphiné. « Donc, finalement, on donne aux milieux naturels les reins plus solides pour encaisser les effets du changement climatique. On va être sur quelque chose de très favorable pour les amphibiens et les libellules ».
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Parfois des problèmes de cohabitation
Cette remise en eau peut parfois poser un problème dans les champs et nécessiter une intervention. Les barrages créés par les castors peuvent par exemple inonder des chemins d’accès. Dans ce type de cas, pour dissuader le rongeur d’agrandir son habitat, une clôture électrique peut être installée. Elle permet à l’eau de s’écouler plus facilement. Ce qui favorise une cohabitation plus sereine avec les activités humaines.
« L’idée, c’est de trouver un compromis entre l’usage des parcelles et le fait de maintenir le castor sur site. Car si on embête trop le castor, il va se déplacer et va peut-être s’installer à un endroit avec des enjeux encore plus forts », souligne Blandine Parchoux, technicienne de l’environnement à l’Office français de la biodiversité. « Ce qui est difficile pour les gens, c’est d’accepter que parfois leur enjeu individuel va passer après l’intérêt général qu’est la recherche des nappes et ce n’est pas toujours facile à expliquer ».
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Le castor reste avant tout un allié. Avec ses ouvrages, il recrée naturellement des zones humides, gratuitement, tout au long de l’année. Presque disparus au XIXe siècle, on estime désormais à plus de 20 000 la population française de castors d’Europe, d’après l’OFB.
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