Extrême droite
Au RN, les « sans étiquette » ont vocation à parachever la stratégie de conquête municipale
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Partout en France, des listes « apartisanes » mais proches de l’extrême droite se forment dans la perspective du scrutin des 15 et 22 mars. Si certaines n’ont aucun lien avec le RN, d’autres sont soutenues par le parti de Jordan Bardella, officiellement ou de façon plus discrète. L’Extrême droite, ou, n’a pas le capacité de présenter une liste, ou le choix de s’insinuer dans le listes de Droite ou du Centre appelées « sans étiquette ». Elles ne trompent que les personnes désirant être trompées.
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A Die, dans la Drôme, deux listes sont infestées de complotistes de personnes d’ extrême Droite ( nous avons les noms, et plusieurs personnes nous ont demandé des noms… et dès que nous leur offrons par téléphone ou au café de réaliser leur demande ils disparaissent dans la nature. Dans le refus de savoir ! ). Il est de bon ton de le cacher ou d’être dans le déni de compter de tels compagnons de route ! Accompagnées par des gloseurs-médisants de tout poil ! Les fausses informations ( Fake-News couramment appelées ) , les mensonges pour être précis de « Unis pour Die », et de Alain Maurice de « Diois en avant ! », sur la ville de Die, le centre hospitalier, la vie du centre ville, etc… sont le lot subi par toutes et tous ! Créant discorde et violences, ces méthode de voyous, submergent les électrices et électeurs. Une révolution citoyenne, douce, juste, conviviale, joyeuse, apaisée s’impose. A inventer ensemble demain ? Après les élections visiblement. MCD
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Demander l’investiture du Rassemblement national (RN) pour tirer profit de sa force de frappe électorale ? Ou se lancer sans étiquette dans l’espoir d’attirer des électeurs, électrices, colistiers et colistières encore rebuté·es par son logo à la flamme ? Partout en France, le dilemme s’est encore posé pour des dizaines de candidat·es à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochain.
Comme à chaque fois pour ce scrutin, et chez toutes les sensibilités politiques, une très large partie des listes constituées dans les 35 000 communes n’afficheront aucune couleur partisane. Mais la question revêt cette année une importance particulière pour le RN, qui espère prouver à l’occasion de ces municipales sa prétendue normalisation dans le paysage politique, et acquérir une implantation locale qui lui a toujours fait défaut.
« Nous entendons peser comme jamais dans notre histoire sur le scrutin local », a annoncé Jordan Bardella le 12 janvier, lors de ses vœux à la presse. Le parti d’extrême droite revendique avoir constitué « un nombre inédit » de listes – 650 à ce stade –, soit « autour de 25 000 candidats », en y incluant les colistier·es.
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En parallèle de ces investitures officielles, le RN soutiendra de nombreuses autres candidatures dites « sans étiquette ». Parmi elles figurent certains poids lourds frontistes qui peuvent se passer du label du parti. Comme lors de sa campagne victorieuse de 2020, le maire de Perpignan (Pyrénées-Orientales) et vice-président du RN, Louis Aliot, se présentera ainsi à sa réélection en son nom. Tout comme la députée Laure Lavalette, grande favorite à Toulon (Var).
Eux font d’une pierre deux coups : leur présence régulière sur les plateaux de télévision les rend identifiables par l’électorat lepéniste, mais l’absence d’étiquette leur permet de prétendre qu’ils portent un projet apartisan. « Je suis un peu une étiquette déjà à moi toute seule », s’est d’ailleurs vantée Laure Lavalette sur Ici Provence le 6 janvier.
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Manque de candidats encartés
En revanche, dans les nombreuses communes de seulement quelques milliers d’habitant·es, les enjeux diffèrent. Des candidat·es peuvent partager les idées et le programme du RN sans y être encarté·es. Raison pour laquelle « les listes RN sont très rares » à cet échelon ultra-local, observe le sociologue Julian Mischi, qui travaille sur les petites villes rurales et dans les bourgs industriels, où le vote RN est majoritaire. « Le parti y a une très forte adhésion électorale sans que ça se traduise par des réseaux militants », explique l’auteur du livre Des élus en campagne (Presses de Sciences Po, 2025), en rappelant que le RN souffre d’un manque de personnel politique local.
À cette échelle, les liens de sociabilité entre les candidat·es et les habitant·es expliquent aussi que beaucoup ne jugent pas nécessaire de se revendiquer d’un parti. « Quand vous vous réclamez d’une étiquette nationale ça veut dire que vous avez besoin de ça pour mobiliser les électeurs. Mais quand vous les connaissez personnellement c’est inutile, note Pierre Martin, politologue à l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble (Isère). Il faut se rappeler que l’immense majorité des électeurs ne s’intéressent pas à la politique. Donc dans une petite commune, si vous voulez les mobiliser, il faut leur parler de leurs problématiques locales, pas d’histoires de droite ou de gauche. »
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« Dans une petite commune de 5 000 habitants, l’investiture c’est pas forcément une nécessité », confirme un candidat du nord de la France, qui se présente sans étiquette mais est encarté et soutenu par le RN. Pour « être clair avec les gens », il affiche néanmoins le logo à la flamme sur ses tracts. « Mais ça n’est pas un handicap, estime-t-il. J’ai pas de souci à appartenir à un parti qui représente plus d’un tiers des Français au premier tour de la prochaine présidentielle selon les sondages. » Auprès de Mediapart, ce candidat a malgré tout exigé l’anonymat.
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Moi je ne suis pas encore identifié, pas assez connu sur Amiens, donc on fait aussi campagne sur l’étiquette. : Damien Toumi, candidat RN à la mairie d’Amiens
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À Amiens (Somme), Damien Toumi a pour sa part jugé plus stratégique de demander l’investiture formelle du parti de Marine Le Pen. « Moi je ne suis pas encore identifié, pas assez connu sur Amiens, donc on fait aussi campagne sur l’étiquette », explique celui qui est aussi assistant parlementaire du député RN Jean-Philippe Tanguy.
Dans certains cas, le contrat tacite passé entre les candidat·es et les votant·es est moins clair. À Tourouvre-au-Perche (Orne), une commune de moins de 3 000 habitant·es, le candidat Jean-Édouard Gueugnon se définit volontiers comme « libéral, de droite patriote, d’inspiration gaulliste ». Il se fait toutefois bien plus discret sur ses fonctions de délégué départemental de l’Union des droites pour la République (UDR), le petit parti d’Éric Ciotti allié au RN.
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Avant de rallier l’UDR, cet ancien collaborateur d’une sénatrice Les Républicains (LR) fut un zemmouriste de la première heure : il avait cofondé en 2021 une association de financement de la campagne présidentielle du candidat d’extrême droite.
« Je n’ai pas d’investiture, je n’ai de comptes à rendre à personne », assure Jean-Édouard Gueugnon à Mediapart, ajoutant « n’avoir eu aucun échange avec l’UDR depuis plusieurs mois ». « Les sujets de politique nationale n’ont jamais été abordés [avec ses colistiers et ses colistières – ndlr] », insiste-t-il.
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Soutien officieux
À La Souterraine (Creuse), petite commune de 5 000 habitant·es, le maire socialiste Étienne Lejeune a eu la surprise de voir se monter une liste « citoyenne » menée par un membre de son conseil municipal, élu en 2020. Une liste qui se veut « sans étiquette », tout au plus « divers droite », mais dont beaucoup soupçonnent une proximité avec le RN local.
Sur les réseaux sociaux, le responsable lepéniste du canton a en effet été l’un des premiers à partager les posts Facebook de la liste, et certain·es accusent la déléguée départementale du RN, Camille Dos Santos, d’avoir participé à des réunions de préparation de cette même liste. L’intéressée, qui n’a pas répondu à Mediapart, a nié l’existence d’une candidature frontiste à La Souterraine. Elle évoque ses « prétendus déplacements et réunions » et accuse ses opposant·es de « placer une cible » dans son dos… sans démentir sa présence à ces réunions.
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Contactée par Mediapart, Valérie Vivès-Lamardelle, commerçante qui forme un binôme à la tête de la liste « citoyenne » de La Souterraine rejette, elle aussi, toute appartenance politique : « On est à droite, du centrisme jusqu’au RN, on ne demande pas les étiquettes. » Elle convient tout de même qu’elle a des contacts privilégiés avec la déléguée départementale du parti de Marine Le Pen.
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« On a rencontré Mme Dos Santos du RN, qui nous a expliqué comment on procédait dans les élections, comment faire les choses en conformité. Elle nous a expliqué comment on faisait campagne, les compétences d’une mairie, le budget, comment marche le conseil municipal… », liste-t-elle, ajoutant qu’une rencontre avec le député UDR de la Creuse Bartolomé Lenoir était aussi prévue.
Candidat à sa réélection, le socialiste Étienne Lejeune s’attache à « démasquer » cette liste « citoyenne » qui souhaite s’installer dans son fauteuil de maire. « Ils auraient eu beaucoup de mal à trouver une liste complète avec l’étiquette RN, analyse-t-il. Mais moi, sur une campagne, j’aurais eu beaucoup plus peur d’une liste étiquetée RN, avec la dynamique nationale… »
Questionnée sur les accusations de dissimulation de l’étiquetage politique, Valérie Vivès-Lamardelle rejette en bloc tout rapprochement avec l’extrême droite : « On pourrait faire la même chose, rétorque-t-elle. M. Lejeune il a dit qu’il voulait rassembler jusqu’aux communistes, on n’en a pas fait tout un pâté. »
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