Die : Une conférence sur l’histoire de la pédocriminalité, ce 28 mars à 10 h salle Beaumier….
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Anne-Claude Ambroise-Rendu : une historienne engagée de la médiatisation, la pédo-criminalité
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Anne-Claude Ambroise-Rendu est professeure d’histoire contemporaine à l’Université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines, directrice-adjointe de l’Institut d’études culturelles et internationales, et directrice du Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC – Univ. Paris-Saclay, UVSQ). L’enseignante-chercheuse étudie l’évolution des représentations des faits divers, de la pédo-criminalité et de l’écologie dans l’opinion publique via la manière dont ils ont été relayés et interprétés par les médias.
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Après avoir envisagé une vie au plus près de la nature et décroché un brevet de technicienne agricole en 1979, Anne-Claude Ambroise-Rendu bifurque vers l’histoire. Elle obtient une maîtrise sur les sociétés rurales à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 1985. Après avoir passé son agrégation et la décennie suivante dans l’enseignement secondaire, elle renoue avec sa passion pour la recherche. Elle entame une thèse centrée sur les faits divers dans la presse française de la fin du XIXe siècle, qu’elle soutient en 1997. « Malgré le plaisir de la pédagogie, j’aspirais à davantage et ai eu très envie de me replonger dans le plaisir intellectuel intense que procure la recherche. » À travers l’étude des sociabilités dans un arrondissement de la Dordogne entre 1870 et 1929, elle explore comment les médias ont façonné les représentations sociales de l’époque. « Personne ne s’était encore intéressé aux imaginaires véhiculés par les faits divers dans la presse locale, remplaçant alors les réseaux traditionnels de sociabilité. » Pour y parvenir, elle s’attarde sur le pouvoir du langage dans la transmission d’informations, s’appuyant sur les théories de figures comme Roland Barthes et Michel Foucault.
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Décrypter l’évolution des perceptions sur la pédo-criminalité
Entre 1998 et 2013, Anne-Claude Ambroise-Rendu occupe le poste de maîtresse de conférences à l’Université de Nanterre. Elle explore l’histoire des sensibilités, notant particulièrement l’importance des faits divers comme vecteurs d’émotions. En intégrant le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC) en 2004, elle approfondit son travail sur les médias et se spécialise sur la pédo-criminalité. Elle obtient son habilitation à diriger des recherches sur ce thème en 2010. Puisant dans les archives judiciaires, les discours sociaux et médicaux, ainsi que dans le cinéma et la littérature, elle étudie comment et pourquoi le rythme des dénonciations influence les opinions publiques et modifie la tolérance sociétale. Et la presse, qui réverbère cette opinion, participe de cette évolution.
Ces travaux attirent l’attention du corps médical, du champ judiciaire et des associations pour la protection de l’enfance. Mais aussi des radios, comme Europe1 ou France Culture, qui invitent Anne-Claude Ambroise-Rendu lors de reportages sur d’importantes affaires de pédo-criminalité. « J’ai à cœur de faire prendre conscience que la pédo-criminalité n’est pas un phénomène récent, car elle est aussi ancienne que le patriarcat. Il est par ailleurs essentiel de comprendre que la simple répression ne résout pas le problème. En revanche, définir les valeurs de la société dans laquelle nous voulons évoluer est une démarche bien plus constructive. »
Anne-Claude Ambroise-Rendu enrichit également le débat public grâce à ses ouvrages (Crimes et délits : histoire de la violence de la Belle Époque à nos jours, 2006 ; Histoire de la pédophilie, XIXe-XXIe siècle, 2014…).
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Interdisciplinarité et rayonnement au CHCSC
En 2020, elle prend la direction du CHCSC, l’un des plus grands laboratoires d’histoire culturelle en France. Il est une composante de l’Institut d’étude culturelle et internationale (IECI), dont elle assure la direction-adjointe depuis cette même année. Il s’intéresse à l’histoire des objets, des représentions, des médias, du patrimoine culturel et naturel, et à leur circulation internationale. On y trouve des historiennes et historiens mais aussi des littéraires ou encore des civilisationnistes. « L’un des piliers de ma vision pour le laboratoire est de favoriser cette interdisciplinarité car le dialogue est indispensable pour nourrir la réflexion et la créativité. » Souhaitant rayonner au-delà du milieu scientifique et enrichir le tissu social, l’enseignante-chercheuse s’engage aussi auprès du grand public. Elle le fait notamment par le biais de partenariats, comme ceux noués avec le centre de recherche du château de Versailles, le musée de la ville de Saint-Quentin en Yvelines et les archives départementales.
Dans le cadre de l’évaluation du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) prévue en juin 2024, Anne-Claude Ambroise-Rendu fédère ses équipes pour dégager des perspectives stimulantes pour l’avenir. Parmi elles, la participation active aux travaux de la Graduate School Humanités – sciences du patrimoine de l’Université Paris-Saclay, au développement du laboratoire réflexif sur des programmes de recherche dédiés à l’avenir du patrimoine, et au projet de recherche Science(s) et culture(s) : sociétés de la connaissance et médiation des savoirs.
La passion de l’enseignement
Au fil de sa carrière, Anne-Claude Ambroise-Rendu s’est dévouée à la transmission du savoir. Du secondaire à l’université, elle a enseigné à tous les niveaux. « L’enseignement a toujours été une source de plaisir pour moi. J’adopte une approche pédagogique combinant bienveillance et exigence, favorisant ainsi l’autonomie des étudiantes et étudiants. » Elle enseigne l’histoire de la médiatisation, de la justice et du crime, mais aussi des préoccupations environnementales. Outre ses cours, elle apprécie grandement la supervision de doctorantes et doctorants, une responsabilité qui lui offre un enrichissement intellectuel continu. « Je les encourage vivement à s’engager dans la recherche par passion et désir sincère de contribuer à la science. Étant donné que les opportunités de carrière y sont limitées, il est essentiel de les préparer à faire face aux éventuelles désillusions par rapport à leurs ambitions. »
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Anne-Claude Ambroise-Rendu (c)UVSQ
https://news.universite-paris-saclay.fr/
Association Les Chouettes
« Les Chouettes – Solidarité femmes du Diois » est une association féministe du Diois et de la vallée de la Drôme qui soutient les femmes victimes de violences et œuvre pour l’égalité femme-homme.
Composée de bénévoles notre association fait parfois appel à des professionnel·les prestataires. Elle accompagne des femmes victimes (des hommes victimes) et leurs enfants, pour une meilleur prise en charge médicale, psychologique, sociale et auprès de la gendarmerie : écoute bienveillante, confidentielle et sans jugement, information et orientation vers des professionnel·les de la Drôme.
Tout au long de l’année nous proposons aux femmes accompagnées des moments de détente en petit groupe pour se ressourcer : des ateliers de relaxation (sophrologie, snoezelen, équithérapie), des balades ou séjours sur plusieurs jours, ainsi que des groupes de parole. Nous organisons également des actions de sensibilisation pour le grand public : formations de personnes vigie, stages d’auto-défense, etc.
Pour nous joindre :
Téléphone : 07 49 62 02 95
Email : chouettes@autistici.org
Pour nous rencontrer : Activités
L’association « Les Chouettes » est membre de la Fédération Nationale Solidarité Femmes, un réseau de 81 associations qui partout en France accueillent, accompagnent et hébergent les femmes victimes de violences et leurs enfants.
Solidarité Femmes, c’est aussi le 3919 – Violences Femmes Infos, numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnel·les.