L’ intervention lucide et responsable de Marie Pochon, députée de la Drôme sur les élections municipales
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En soutien aux 29 candidat·es de votre liste « Vivre Ensemble, un Diois pour grandir, agir, partager et protéger »,
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La liste citoyenne, écologiste et de gauche
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Marie Pochon
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Bonsoir à toutes et tous,
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Je suis très émue de vous voir toutes et tous réunies, aussi nombreuses et nombreux, encore une fois ce soir. C’est un des derniers soirs. Dans 2 jours, la campagne sera terminée, dans 4 jours, nous saurons quel sera l’avenir de Die.
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Ces dernières semaines n’ont pas été de tout repos, pour aucun d’entre vous. Je regarde Philippe, je regarde Olivier, Laura, Pascale, Etienne, Guillaume, Charlotte, et je ne peux toutes et tous vous citer, vous qui avez eu le courage de vous engager pour changer la vie, ici à Die. Car oui malgré toutes les bassesses de cette fin de campagne, malgré tout ce qu’on dit sur les “élus”, il en faut du courage et de la détermination, il en faut du sens de l’intérêt général et de la responsabilité, pour se montrer face à vous, ce soir, sur cette scène. A l’heure où on a tôt fait de se défier de celles et ceux qui nous représentent, à tous les échelons, je veux le dire ici : l’engagement est une denrée rare et infiniment précieuse.
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Ça compte pour l’engagement associatif, syndical, ça compte pour celles et ceux qui croient encore qu’en s’organisant collectivement, en s’engageant, en faisant de la politique, on peut changer la vie, on peut redonner de la dignité aux plus vulnérables, de la beauté aux choses, on peut, dans ces milliers de crises auxquels nous devons faire face aujourd’hui et qui poussent tant d’entre nous à être franchement désespérés, normaliser, de nouveau, l’espoir. Je veux les en remercier, parce que tout cela n’est pas anodin.
Et puis je regarde chacune et chacun d’entre vous, qui pour beaucoup vous êtes mobilisé-es pour la victoire, avez fait du porte-à-porte, parfois pour la première fois, avez distribué le programme, préparé les salles, convaincu un à un vos proches, vos voisins, que ce qui se jouait ce dimanche n’était pas anodin. Je mesure l’énergie qu’il a fallu déployer, sous les nuages de ce début d’année, pour faire vivre l’espérance, la vie meilleure, le vivre ensemble, tout tenir ensemble pour la commune que vous aimez tant.
Le plus bel auteur du monde disait : « Vous croyez que c’est ce que vous gardez qui vous fait riche. On vous l’a dit. Moi, je vous dis que c’est ce que vous donnez qui vous fait riche« . ( Jean Giono ) .
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S’engager pour que tout tienne ensemble, dans cette période, ça n’a rien, rien, d’anodin.
Car les enjeux ici à Die, comme ailleurs en France, sont immenses. Ici comme ailleurs, on galère. On galère pour se loger face aux loyers qui s’envolent, au manque de logements décents. Quand on ne galère pas à trouver un logement, on galère à trouver un boulot.
Quand on ne galère pas à trouver un boulot, on galère à se déplacer : on est obligés d’habiter plus loin, puisqu’on ne peut plus se loger où on veut. Il n’y a pas suffisamment de TER ni de bus, et de toute manière ils ne vont pas partout, pas aux bons horaires. Alors on dépend de la voiture, mais ça coûte cher, et tout le monde n’en a pas les moyens, surtout dans la période.
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Quand on ne galère pas pour se déplacer, on galère pour trouver un médecin. Il faut attendre des semaines, des mois parfois pour avoir un rendez-vous, quand il y a des praticiens – qui ne se ménagent pas et font tout leur possible pour être disponibles. On se donne les infos presque sous le manteau “hé, tu sais qu’il y a deux nouveaux dentistes à la maison médicale, tu veux un rendez-vous” ? La galère pour l’accès aux soins, pour se déplacer, ce sont de jolies économies pour l’Etat, mais ça a un coût, terrible, que nous payons ici : notre espérance de vie, amoindrie de 2 ans par rapport aux habitants des grandes villes. Ici, on sait bien ce que signifient les services publics, et plus encore, le vide que crée leur disparition !
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Marie pochon ce 11 mars 2026 salle polyvalente de Die
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Il y a les changements climatiques, les forêts qui dépérissent, les services publics qui sont sous-financés, les effondrements géopolitiques, l’inquiétude qui rampe, l’IA qui prend le pas sur l’humain qui manquait déjà avant, les virages sécuritaires, le repli sur soi, la crainte et la haine des autres. Vous me savez mobilisée sur les enjeux agricoles : j’observe avec effroi les 100 000 agriculteurs que nous avons perdu en 10 ans; la course à la “taille critique” des exploitations agricoles lancée par le Gouvernement pour être compétitifs dans nos rêves avec des fermes de plus de 500 hectares qui sont la moyenne en Argentine.
Et puis on galère pour vivre, tout simplement. 9 millions de français vivent désormais sous le seuil de pauvreté, c’est 22% ici. Plus d’un Diois sur cinq.
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Il n’y a rien de moins anodin que ce chiffre.
Il y a tout ça. Et il y a tout ce qui pourrait être autrement.
Il y a tout le travail que nous faisons, à Paris, bien évidemment, avec la gauche et les écologistes unis, pour porter la voix de vous toutes et tous, ; pour défendre le pastoralisme, la publication des doléances, le droit à la mobilité et à l’emploi, l’accès aux soins dans nos campagnes, l’agriculture paysanne et familiale, les droits des femmes, l’émancipation de chaque jeune; l’accueil inconditionnel, le Référendum d’Initiative Citoyenne. Je le fais avec la rage d’une fille de la campagne drômoise, d’une fille et petite fille d’agriculteurs, en pensant à tous ceux que j’ai connu ici ou là, écorchés par des vies imposées, face à ceux qui ont fait des grandes écoles, ceux capables de grands discours et de jolies théories, ceux qui n’ont jamais questionné leur place et leurs privilèges. Mais ce sera un débat pour plus tard, pour dans un an, où notre pays devra se choisir son destin.
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Et puis il y a tout ce que nous pouvons faire dès maintenant.
Ici, à Die, juste à côté de chez nous. Il y a l’accès aux droits et aux services, que l’on peut garantir, dès dimanche, il y a ce Centre de santé sexuelle qui pourra rouvrir ses portes, sans doute sous une autre forme, grâce au soutien de vos élus. Il y a la foncière et le fonds d’investissement local qui sera mis en place pour soutenir l’incroyable tissu associatif diois. Il y a la rénovation de l’école et de la salle polyvalente de Chabestan – quelle folie de vouloir les déplacer loin du centre-ville ! – il y a la rénovation des logements, la mobilisation de ceux qui sont vacants, et la régulation des usages touristiques, pour assurer à chacune, à chacun, qu’il soit du pays ou nouvellement arrivé, un logement digne. Il y a les hébergements d’urgence et la formation des élus face aux violences faites aux femmes ; la présence humaine et la médiation pour prévenir plutôt que souffrir de l’insécurité ; la renaturation des espaces urbains; le choix de nos mobilités ; la lutte contre la précarité énergétique; un plan alimentaire territorial ambitieux qui permette l’installation, la transmission et le maintien d’agriculteurs nombreux et une alimentation locale et saine dans l’offre de restauration collective. Il y a l’hôpital : où les élus que vous avez devant vous se mobiliseront pour maintenir l’hôpital de Die, faire avancer le projet, assurer les fonds de l’ARS. C’est tout simple dit comme ça, mais à force de déchirements, c’est ce simple fait qui est en jeu.
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Ce sont les seuls qui vous disent ce simple fait – même si c’est moins porteur que de promettre la lune. Et je veux ici vous alerter, fortement : le candidat en tête d’une autre liste écrit noir sur blanc dans son livre-programme, assumer de prendre le risque de voir l’hôpital public disparaître, et de le remplacer par un établissement privé. Chamarges, à tout prix – y compris celui de la privatisation de la santé. Je les sais engagés, je les sais déterminés, je les sais responsables pour tous s’il le faut, et je leur fais toute confiance pour, au milieu des fake news et des polémiques qui mettent en péril l’hôpital Diois, tenir ensemble sur l’essentiel.
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Tenir ensemble : c’est bien là l’enjeu du vote qui aura lieu ce dimanche.
Et juste avant de terminer, je voudrais avoir un mot là dessus. Ce qu’il s’est passé ces derniers jours à Die, en cette fin de campagne, est grave. J’ai entendu les rumeurs colportées sans aucune espèce de preuve, j’ai appris que la page facebook de la liste qui se présente devant vous avait été fermée du fait de signalements abusifs, j’ai appris que vous aviez été accusés de tous les maux.
Cela fait suite aux menaces, aux insultes sexistes, qui ont émaillé le dernier mandat. Je le dis avec solennité : ce sont des actes dangereux, et graves. Ces actes sont l’exact contraire de ce que doit être un débat démocratique serein, ou chacun peut assumer le contradictoire, avec des arguments concrets visant à informer le public. Ils abîment non pas les gens qu’ils cherchent à cibler, mais la légitimité du débat démocratique, de l’élection, et de la ville de Die. A ces gens qui trichent, manipulent, mentent et salissent : je veux leur dire qu’ils s’abîment eux-mêmes, et font du mal à cette commune qu’ils prétendent aimer.
Ce qui se joue dimanche est important. Vous avez le choix entre voir Die privatisée, vendue à la découpe à de riches investisseurs pour les uns, et l’immobilisme pour les autres, dont on mesure aujourd’hui à Die les conséquences ou bien, avec Vivre Ensemble, celui d’un programme à la fois moderne, ambitieux mais raisonnable, et responsable.
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Ce dimanche, nous aurons besoin de chacune et chacun d’entre vous.
Aimer sa commune, aimer Die, c’est vouloir pour elle la transition écologique, l’attention à nos aînés, à nos enfants; c’est s’y engager pour la dignité de la vie; pour la solidarité et la grandeur de la République en ce qu’elle nous permet de partager un horizon commun. Voter ce dimanche pour Philippe et tous les autres, c’est loin d’être anodin. Au delà de la ville et de la vie qui changera pour le mieux, c’est faire ce petit pied de nez au destin qui nous intime de regarder sauter les digues avec effroi sans bouger, en nous organisant collectivement pour vivre mieux.
Que vive Vivre ensemble à Die,
Que vivent tous ces gens derrière moi,
Que vivent vous tous aussi,
Que vive Die,
Que vive la République
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Marie Pochon, députée de la 3ème circonscription de la Drôme.