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Municipales
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Les villes moyennes vont (un peu) mieux, et les maires n’y sont pas pour rien

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[Municipales 2026, 5/6] Grâce à un regain d’intérêt politique et à une image plus attractive, les villes moyennes vont plutôt mieux. Mais selon leurs dynamiques et les défis auxquelles elles sont confrontées sont variés.

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 Vincent Grimault
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« Les villes moyennes sont-elles condamnées ? » Cette question faisait la une d’Alternatives Economiques il y a exactement huit ans. Si la réponse était alors plutôt inquiétante, l’air est devenu, depuis, plus léger dans les rues de Nevers, Vesoul ou Bergerac. Non pas que ces villes seraient sauvées des difficultés démographiques et économiques qu’elles rencontraient. Mais à la faveur de certains événements et d’une attention renouvelée des pouvoirs publics, le mandat 2020-2026 a été plus positif que prévu.

Pourtant, ce dernier a commencé dans la grisaille. Les villes moyennes sortaient d’une décennie difficile, durant laquelle métropoles et campagnes alentour avaient connu meilleure fortune. Les centres-villes moyens avaient ainsi subi « une baisse de 6,5 % des prix médians de l’immobilier, une stagnation de la population et une croissance de 3 % de l’emploi, alors que pour les métropoles, l’augmentation avait été respectivement de 7 %, 5 % et 12 % », relevait France stratégie dans une étude de 2022.

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Puis le Covid est arrivé dans les premiers jours de 2020 et a amélioré l’image des villes moyennes, qui se sont retrouvées auréolées de nombreuses vertus : proximité, calme, qualité de vie… En plus de ce regain d’image, elles ont bénéficié d’un nouvel intérêt politique.

Dès 2018 en effet, le gouvernement avait mis sur pied le dispositif Action cœur de ville, visant à aider les centres-villes à lutter contre la désertification commerciale et la paupérisation des rues centrales. 244 communes ont ainsi reçu de l’argent de l’Etat (1,5 milliard d’euros au total depuis 2018), ce qui a permis notamment d’embaucher des chefs de projet et des « manageurs de centre-ville ». Mobilisant les autres acteurs (collectivités locales, bailleurs sociaux, Banque publique des territoires…), ils ont permis de collecter 11,5 milliards d’euros au total.

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Des « mesures BTP » parfois insuffisantes

Pour quel résultat ? « Les réalisations en matière de rénovation de l’habitat ancien en centre-ville sont notables », salue un rapport d’information de l’Assemblée nationale publié en 2025.

Sur la partie commerciale, les rapporteurs sont moins enthousiastes, mais les villes ayant bénéficié du dispositif ont réussi à davantage freiner la vacance que les villes similaires n’étant pas labellisées. Le programme est venu soutenir des acteurs locaux qui avaient déjà pris le taureau par les cornes : la ville d’Arras avait par exemple, dès 2012, entamé une politique en ce sens (mise en réseau des acteurs, préemption de locaux, communication…) et a observé une nette baisse de la part des stores baissés dans son centre.

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Quand les maires changent la ville

« Le programme Action cœur de ville a permis de mettre les gens autour de la table et d’éviter qu’ils ne travaillent chacun dans leur coin », se réjouit Achille Warnant, géographe et auteur d’une thèse sur l’action publique locale à Montluçon, Nevers et Vierzon.

Par ailleurs, « les élus se sont davantage intéressés à la qualité de vie de leurs habitants. Ils se sont moins focalisés sur l’attractivité ou la recherche de compétitivité économique », observe son confrère Josselin Tallec, qui a travaillé de son côté sur les politiques d’innovation à Albi, Alès, Fougères et Quimper.

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« Il ne faut pas oublier que le mandat 2020-2026 est arrivé juste après la mobilisation des gilets jaunes, qui a rappelé qu’il y avait des attentes locales très fortes », poursuit-il.

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Une vision optimiste que partage plutôt Achille Warnant, même s’il se montre prudent.

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« Il y a effectivement des nouvelles réflexions, comme celle de réaménager les entrées de ville, où la voiture et la grande surface règnent sans partage. Mais cela reste parfois des “mesures BTP” : on va faire des trottoirs, des pistes cyclables. Ce n’est pas inutile, mais il conviendrait aussi de soutenir davantage le tissu associatif, qui souffre énormément, et qui fait l’objet d’un large désintérêt », estime-t-il.

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La catégorie « villes moyennes » rassemble des territoires hétérogènes

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Ces considérations générales doivent cependant être complétées par une analyse plus détaillée, car la catégorie « villes moyennes » rassemble des territoires hétérogènes. Quels points communs entre Biarritz, ville ultra-­attractive confrontée à un marché immobilier très tendu, et Saint-Dizier, frappée par la désindustrialisation et une baisse régulière de sa population depuis 1975 ?

La première a mis en place l’encadrement des loyers (2024), quand la seconde accepte une stratégie de rétrécissement urbain (destruction des vieux logements sociaux notamment) pour mieux s’adapter aux besoins des habitants encore là.

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Hélas, « le programme Action cœur de ville repose sur une approche généraliste et les villes ne bénéficient pas d’un traitement différencié selon le type de difficultés qu’elles rencontrent », regrette le rapport parlementaire consacré au dispositif. Voilà un défaut à corriger pour que dans huit ans, Alter Eco puisse faire sa une sur la renaissance des villes moyennes.

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