C’est aussi la période que le “bloc central” par la voix de Gabriel Attal, a choisie pour s’attaquer au 1er mai, le seul jour férié obligatoirement chômé et payé, conquis de haute lutte, et jour férié dans la plupart des pays du monde. Sous couvert de défendre les boulangers et les fleuristes, cette loi ouvrirait une brèche pour banaliser le travail le 1er mai, au bénéfice de la grande distribution et des grandes enseignes. Le prétendu “volontariat” du salarié sur lequel se base cette loi est en réalité impossible à mettre en place ou à contrôler, on le constate déjà pour le travail du dimanche. Par ailleurs, le 1er mai a aussi une histoire. En 1891 des manifestations dans le Nord de la France pour demander des journées de 8h de travail sont réprimées par l’armée qui tire sur la foule faisant 9 morts dont 2 enfants. S’en prendre à cette journée chômée est donc aussi hautement symbolique, de la même manière que M. Bayrou proposait de ne plus garantir le caractère férié du 8 mai. Les salarié-es veulent des hausses de salaires, parallèles à l’inflation, non pas se voir supprimer le seul jour chômé garanti.
Mais le printemps, c’est cette semaine le vote final sur le PJL Simplification, un texte fourre-tout qui met fin à l’objectif de Zéro Artificialisation Nette ou aux ZFE, en plus de multiples attaques au droit de l’environnement, sur lequel nous serons amenés à voter cet après-midi. C’est aussi l’arrivée de la proposition de loi de Caroline Yadan, d’une extrême dangerosité. Sous couvert de lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme », ce texte entend faire entrer dans le droit commun l’idée d’antisémitisme “implicite” et d’un flou qui pourrait voir criminalisée la légitime critique de politiques gouvernementales israéliennes menant à des crimes de guerre, à l’invasion de pays, au massacre de civils. Plutôt qu’une loi d’affichage, nous appelons avec mon groupe à plutôt renforcer réellement les moyens de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Une pétition contre cette proposition de loi est disponible sur le site de l’Assemblée nationale et a déjà atteint plus de 600 000 signatures.
Derrière ces jolis rayons de soleil, il y a un accord objectif, sur quasi chaque texte (vous pouvez vérifier) à l’assemblée nationale entre ceux qui disent « ni RN-ni LFI » et le RN. Les Républicains, le Modem, Renaissance, et Horizons, cherchent systématiquement des alliances avec le RN pour faire passer chacun de ces textes dont je viens de vous parler. Et il y a du côté du RN, premier parti d’opposition selon leurs propres mots, une volonté claire dans le vote des textes d’être la béquille de la Macronie agonisante. Et en ces petits matins de printemps, tout cela assombrit beaucoup l’horizon.
En moins de trois semaines, les prix de l’énergie ont explosé : +50 % pour le gaz, +27 % pour le pétrole… et un litre d’essence à plus de 2€ partout en France.
Dans la Drôme, à Buis-les-Baronnies, Tulette ou Peyrus, cela se traduit concrètement par des aides à domicile, des artisans, des agriculteurs qui peinent à travailler; des familles qui renoncent à se déplacer, à se chauffer correctement, et un isolement qui s’aggrave dans nos territoires ruraux.
Pendant que beaucoup comptent chaque euro, certains continuent d’engranger des profits records. Le groupe Total Energies a ainsi réalisé plus d’1 milliard d’euros de superprofits en un seul mois en Europe.
Pourquoi ne pas taxer ces superprofits pour que les profiteurs de guerre aillent un peu moins bien mais que les gens, eux, aillent un peu mieux ?
Le courrier de la semaine : sauvons le site de Vencorex !
Avec les parlementaires de la Drôme et de l’Isère, nous avons interpellé, ce premier avril, le Ministre de l’Industrie sur la liquidation judiciaire de l’entreprise Vencorex. Le 24 mars, le projet de reprise a été rejeté par le tribunal des affaires économiques de Lyon.
Nous, parlementaires et élu-es, demandons au Ministre de se saisir pleinement de ce dossier. Trois leviers nous semblent devoir être mobilisés en priorité :
Le rachat des équipements en cours de cession, afin d’éviter leur disparition définitive et de préserver la possibilité d’une reprise industrielle future ;
L’accompagnement d’une reprise du foncier, dont les contraintes environnementales constituent une charge significative pour les liquidateurs ;
L’examen des voies de recours disponibles
Il faut agir maintenant avant que la situation ne devienne irrémédiable, et que ce site ne constitue un exemple supplémentaire d’une désindustrialisation que nous avions pourtant les moyens de prévenir !
L’audition de la semaine : quel avenir pour les modes d’élevage les plus vertueux ?
Le 24 mars, Ursula von der Leyen a signé un nouvel accord de libre-échange avec l’Australie, ouvrant les portes de l’Europe à 30 600 tonnes de viande bovine, 25 000 tonnes de viande ovine et caprine importées en Europe.
Un nouvel accord de libre-échange, et des conséquences que nous pouvons déjà prévoir : la qualité moindre des produits qui se retrouveront dans nos assiettes et celles de nos enfants, la concurrence déloyale qui va frapper de plein fouet les agriculteurs européens, et puis le nivellement par le bas qui s’en suivra, les appels éhontés à revoir la taille critique des exploitations françaises car elles ne seront pas assez compétitives, l’abaissement des normes environnementales, sanitaires et sociales pour notre agriculture, la suppression du principe de précaution, nouveau cheval de bataille du syndicat majoritaire, les coûts qu’il faudra compresser mais on le fera sur les prix de revient pour les producteurs et ils n’ont qu’à s’agrandir et faire du rendement, à un moment le marché c’est un joli cap, et tant pis pour les fermes familiales, tant pis pour la vitalité de nos villages, tant pis pour notre santé et celle de l’environnement, tant pis pour les agriculteurs qui mettent la clef sous la porte, il s’agirait de “tenir la cadence” et d’enfin s’adapter à la modernité.
Une belle modernité que celle qui fait de l’agriculture une variable d’ajustement de l’exportation de bagnoles, qui fragilise nos filières d’élevage, qui ne rémunère pas nos producteurs.
Sur les années 2021-2022-2023, les parts des importations en viandes bovines ont augmenté : 21% de la viande bovine consommée en France est aujourd’hui issue de l’importation. Foutue modernité, qui veut qu’on abandonne nos éleveurs vertueux ici, pour remplir les rayons de nos supermarchés de viande venue de l’autre bout du monde, ce qui, effectivement, élargira le choix des consommateurs européens. Ou le réduira, quand on n’aura tout simplement plus le choix.
Mardi, après la réunion de mon groupe politique à l’Assemblée nationale, j’interrogeais le gouvernement lors de la séance de Questions au Gouvernement sur les mesures qu’il compte prendre contre l’augmentation des prix des carburants et les entreprises qui profitent de cette crise (voir le combat de la semaine plus haut). Puis j’auditionnais en Commission des Affaires économiques l’interprofession du bétail et des viandes (voir l’audition de la semaine plus haut).
Mercredi, en Commission Développement Durable et Aménagement du Territoire, j’auditionnais le président-directeur général de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) cette agence essentielle à la transition écologique qui est menacée aujourd’hui d’une mise sous tutelle préfectorale, et donc de l’exécutif. Je rencontrais ensuite le CCFD-Terre Solidaire à l’occasion de la publication d’un rapport sur l’assèchement dramatique des marais de Hawizeh, dans le sud de l’Irak. Un écosystème unique, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, berceau de l’agriculture et de l’écriture, qui est aujourd’hui menacé de disparition à cause de l’exploitation pétrolière. Je me rendais ensuite à l’une des dernières réunions du groupe de travail sur la réforme du règlement de l’Assemblée nationale. Enfin, je rencontrais les Ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique au sujet du projet de loi d’urgence agricole qui sera prochainement examiné à l’Assemblée.
Une semaine dans la Drôme
Vendredi, je tenais ma permanence parlementaire à Montmeyranoù j’ai eu grand plaisir à vous rencontrer, pour échanger sur des problématiques spécifiques que vous rencontrez dans votre quotidien ou votre travail; ou sur des sujets politiques sur lesquels vous souhaiteriez mon soutien; puis je me rendais à Valence pour rencontrer la fédération du BTP Drôme-Ardèche. Les entreprises du BTP, ce sont 13 200 salariés dans la Drôme. C’est un secteur qui subit de plein fouet les difficultés liées au contexte international. Cette année également, avec l’installation des nouvelles équipes municipales, les appels d’offres et les marchés publics sont peu nombreux. Tout cela pèse sur l’économie de ce secteur. Nous avons pu parler de Ma Prime Rénov, ce dispositif incroyable mais malheureusement sous doté, qui a connu trop de réformes en peu de temps ce qui le fragilise. Aux côtés des entreprises du bâtiment et des travaux publics, je me bats pour un dispositif Ma Prime Rénov fort et ambitieux, mais également pour que les démarches administratives n’empêchent pas les plus petites entreprises à travailler tant leur rôle est essentiel dans la vitalité de nos territoires ruraux. Simplifier, cela ne veut pas dire détruire toutes les normes sociales et environnementales qu’il est de notre responsabilité de garantir pour l’avenir de nos enfants. Il y a des marges de manœuvres et c’est à cet endroit qu’il nous fait travailler ensemble pour garantir le développement économique sans l’opposer à l’environnement. J’ai été heureuse d’échanger avec eux et je me tiens aux côtés des entrepreneurs et salariés de ces entreprises !
Samedi, j’ai commencé une série de rencontres avec les nouveaux élu-es locaux afin de nous connaître et de préparer le travail commun que nous pourrons faire au service de notre territoire. J’ai d’abord échangé avec les élu-es du Royans à Saint-Jean-en-Royans , puis les élu-es du Vercors à la Chapelle-en-Vercors .