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One Health : les recherches scientifiques doivent orienter les politiques publiques en santé environnementale

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Alors que le sommet, organisé par la présidence française du G7, s’ouvre à Lyon, le 6 avril, un collectif de sociétés savantes médicales et scientifiques, de groupements de recherche publique demande une réorientation urgente des politiques publiques.

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Par un collectif de sociétés savantes médicales et scientifiques, groupements de recherche publique et associations de patients

Publié le 05/04/2026

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Nous voudrions croire que le One Health Summit qui se tient à Lyon les 6 et 7 avril marquera un tournant dans la politique environnementale française et européenne. L’approche One Health est présentée comme une «boussole pour des politiques publiques basées sur des données scientifiques validées», aurait comme objectif de «traduire les engagements politiques en actions concrètes».

Après ce sommet, c’est certain, nous repenserons au fiasco de la loi Duplomb avec incrédulité. Comment une majorité de parlementaires a-t-elle pu voter une loi portant à ce point atteinte à la santé environnementale, malgré les alertes que les scientifiques leur avaient adressées ? Comment cette loi a-t-elle pu être promulguée par le président de la République, celui-là même qui organise le sommet One Health, contre la volonté de deux millions de citoyens (dis) qualifiés de «robots» par la ministre de l’Agriculture ?

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Après ce sommet, c’est certain, nous resterons incrédules devant les reculs environnementaux que l’on constate depuis deux ans : modification de l’indicateur d’usage des pesticides pour donner l’illusion d’un succès du plan Ecophyto, menaces sur l’indépendance de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), moratoire sur la politique de l’eau, remise en cause de l’Agence Bio.

A cette longue liste nationale s’ajoute, au plan européen, la proposition «Omnibus X» de la Commission européenne, qui pourrait aboutir à des autorisations illimitées des produits phytosanitaires commercialisés. Oui, tout cela nous semblera relever d’un vieux monde, refusant les faits établis par la science pour préserver certains intérêts économiques, quelles qu’en soient les conséquences sur la biodiversité et la santé humaine.

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Dès la fin de ce sommet, nous ne doutons pas que son organisateur fixera un cap clair en faveur d’une agriculture produisant une alimentation saine et rémunérant correctement ceux qui la pratiquent, sans les empoisonner. Il pourra s’appuyer sur l’expertise de l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Intae), qui vient de démontrer qu’il est techniquement et économiquement possible de se passer de pesticides, avec un rendement identique voire supérieur à celui de l’agriculture conventionnelle.

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Nous, sociétés savantes médicales et scientifiques…

En soutien à l’agroécologie, il pourra imposer le respect de la loi pour l’utilisation d’aliments bio dans les restaurations collectives et généraliser le dispositif des «ordonnances vertes», qui permettent aux femmes enceintes d’accéder à une alimentation moins contaminée. Informé de l’ampleur de la contamination des milieux (sols, nappes phréatiques, rivières, océans, nuages, air), il s’empressera de signer un décret interdisant l’usage de pesticides sur les zones de captage d’eau potable et à proximité des écoles et des habitations.

Constatant la large contamination environnementale et humaine par les perturbateurs endocriniens issus d’usages industriels et agricoles, contribuant à la survenue de cancers, à la baisse de la fertilité et à l’obésité entre autres, il fera de la France la première de cordée de l’Union européenne qui mobilisera tous les leviers réglementaires et sanitaires pour protéger la santé humaine et environnementale.

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Alerté par le classement de la France sur les plus hautes marches du podium de l’incidence des cancers, et par la lecture du rapport de l’Anses sur la contamination des Françaises et des Français par le cadmium, métal lourd cancérigène, il exigera que la teneur en cadmium des engrais soit abaissée avec la plus grande célérité.

Nous, sociétés savantes médicales et scientifiques, groupements de recherche publique et associations de patients répondrons toujours présents pour produire la connaissance et la diffuser.

Nous attendons maintenant que les résultats des recherches scientifiques soient réellement pris en compte, aboutissant à une réorientation significative – et urgente – des politiques publiques. Si les enjeux de santé planétaire sont pris au sérieux, les pistes que nous avons évoquées permettront à la dernière année du quinquennat d’être, enfin, celle de la santé environnementale !

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Premiers signataires :

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Emmanuel Raffoux Président et Pierre Sujobert Membre du conseil d’administration de la Société française d’hématologie Gérard Socié Président du conseil scientifique de l’Institut national du cancer Judith Favier Présidente de la Société française d’endocrinologie Luc Mouthon Président de la Société nationale française de médecine interne (SNFMI) Pierre Souvet Président de l’Association santé environnement France (Asef) Servane Mouton Présidente de l’association Neuro environnement réseau francophone (Nerf) Aurore Perrot Président de l’Intergroupe francophone du myélome Pierrick Bedouch Président de l’Association nationale des enseignants de pharmacie clinique (Anepc) Maï Panchal Directrice générale de la Fondation vaincre Alzheimer Fleur Breteau, Fondatrice du Collectif cancer colère Pierre-Michel Périnaud Président de l’association Alerte médicale sur les pesticides et perturbateurs endocriniens (AMLP) Guy Bouquet Président de l’association Ensemble leucémie lymphomes espoir (Ellye) Magali Leo Coordinatrice d’Action patients Martine Le Friant Présidente du Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle et environnementale dans le Vaucluse (Giscope 84) Olivier Hérault Président de la French Society of Tumor Microenvironment (FSTM) Irène Pico-Philippe Présidente de l’Association française des polyarthritiques et des rhumatismes inflammatoires chroniques Frédéric Mazurier Président du Club hématopoïèse et oncogenèse Emmanuelle Huet-Mignaton Présidente de l’Association méningiomes dus à l’acétate de cyprotérone, aide aux victimes et prise en compte des autres molécules (Amaeva) Corinne Devos Présidente de l’AFA Crohn RCH France Delphine Lafarge, Présidente de l’Association france spondylarthrites…

Liste complète des signataires ici.

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Liste des signataires de la tribune One Health Summit

Emmanuel Raffoux, Président, et Pierre Sujobert, membre du conseil d’administration de la Société Française d’Hématologie

Gérard Socié, Président du Conseil Scientifique de l’Institut National du Cancer

Judith Favier, Présidente de la Société Française d’Endocrinologie

Luc Mouthon, Président de la Société Nationale Française de Médecine Interne (SNFMI)

Pierre Souvet, Président de l’Association Santé Environnement France (ASEF)

Servane Mouton, Présidente de l’association Neuro Environnement Réseau Francophone (NERF)

Aurore Perrot, Président de l’Intergroupe Francophone du myélome

Pierrick Bedouch, Président de l’Association Nationale des Enseignants de Pharmacie Clinique (ANEPC)

Maï Panchal, Directrice générale de la Fondation Vaincre Alzheimer

Fleur Breteau, fondatrice du collectif Cancer Colère

Pierre Michel Périnaud, Président de l’association Alerte Médicale sur Les Pesticides et perturbateurs endocriniens (AMLP)

Guy Bouquet, Président de l’association Ensemble Leucémie Lymphomes Espoir (ELLYE)

Magali Leo, Coordinatrice d’Action Patients

Martine Le Friant, présidente du Groupement d’Intérêt Scientifique sur les Cancers d’Origine Professionnelle et Environnementale dans le Vaucluse (GISCOPE 84)

Olivier Hérault, Président de la FSTM « French Society of Tumor Microenvironment »

Irène PICO-PHILIPPE, Présidente de l’Association Française des Polyarthritiques et des rhumatismes inflammatoires chroniques

Frédéric Mazurier, Président du Club Hématopoïèse et Oncogenèse

Emmanuelle Huet-Mignaton, Présidente de l’Association Méningiomes dus à l’Acétate de cyprotérone, aide aux Victimes Et prise en compte des Autres molécules (AMAEVA)

Corinne Devos, Présidente de l’AFA Crohn RCH France

Delphine Lafarge, Présidente de l’Association France Spondylarthrites

Muriel Fartoukh, Présidente de la Société de Réanimation de Langue Française

Olivier Kosmider, Président du Groupe des biologistes moléculaires des hémopathies malignes (GBMHM)

Sonia BURREL présidente de la Société Française de Microbiologie

Marie LECRONIER, secrétaire du Groupe REAGIR (Réanimation Globale, Innovante, Réduisant la production de gaz à effet de serre) de la Société de Réanimation de Langue Française

Nathalie Mesny, présidente de Renaloo

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