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Lors des récréations, pendant la pause du midi ou durant le cours de sport, les enfants passent un grand nombre d’heures dehors. Pourtant, les cours d’école minéralisées ne sont pas adaptées à une activité physique en extérieur lors des fortes chaleurs. Dans un contexte de changement climatique où les vagues de chaleur deviennent de plus en plus intenses et précoces – comme celle qui a commencé le vendredi 23 mai – planter des arbres pour rafraîchir ces espaces est indispensable. Mais choisir les bonnes essences demande plus de réflexion qu’on ne le pense.

Un arbre a un pouvoir rafraîchissant exceptionnel : l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) estime que la plantation d’arbres réduit de 3 à 5 degrés la température dans une cour de récréation (en fonction de la densité du feuillage, du nombre d’arbres plantés…). En plein soleil, la température mesurée est 7 °C plus faible sous les arbres à 13 heures, évalue de son côté l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).

Encore faut-il choisir les bonnes essences. Pour des espaces destinés aux enfants, les chercheurs recommandent des arbres apportant beaucoup d’ombre, résistants à la sécheresse et aux fortes chaleurs, peu allergènes (les aulnes, bouleaux, noisetier, cyprès ont, par exemple, des pollens très allergisants). Il faut aussi prendre en compte la dangerosité des espèces (risques d’ingestion, épines…). Sans parler des racines qui ne doivent pas soulever le bitume au risque d’accidents lors d’un jeu ou d’une course-poursuite entre enfants. Catherine Lenne, biologiste à l’Université Clermont-Auvergne de Clermont-Ferrand et autrice du livre Vous avez-dit biz’arbres ? (Belin) avance des pistes pour Le HuffPost.

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Le HuffPost. Pourquoi planter des arbres dans les écoles est-il nécessaire aujourd’hui ?

Catherine Lenne. Je vais poser la question autrement : pourquoi y avait-il des arbres dans les écoles, et pourquoi les a-t-on presque tous enlevés ? Dans les anciennes écoles, on plantait souvent un marronnier ou un tilleul dans la cour de récréation pour faire de l’ombre. Les établissements qui en possèdent encore aujourd’hui doivent tout mettre en œuvre pour les préserver. Encore plus avec le dérèglement climatique et des épisodes de chaleur qui arrivent de plus en plus tôt, parfois avant même les vacances d’été, rafraîchir les cours de récréation devient impératif.

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Pourquoi les arbres, malgré tous leurs avantages, ont-ils disparu des cours de récréation ?

Jusqu’à récemment, la cour d’école devait répondre à une logique de « risque zéro ». Un arbre, avec ses branches sur lesquelles les élèves pouvaient grimper ou ses racines susceptibles de faire trébucher, était perçu comme un danger. On a aussi véhiculé l’idée que la nature était synonyme de saleté : au pied d’un arbre, il y a de la terre, de la boue, et donc des enfants qui se salissent. Aujourd’hui, pourtant, on prend conscience qu’une cour d’école dépourvue d’arbres devient tout simplement invivable.

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Les cours d’école minéralisées ne sont pas adaptées aux fortes chaleurs. (Photo d’illustration)

Les cours d’école minéralisées ne sont pas adaptées aux fortes chaleurs.
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Quelles essences d’arbres planter pour rafraîchir les cours d’école ?

D’abord, il faudrait des essences qui poussent rapidement, car un arbre prend des années à se développer (par exemple, l’if commun pousse de 10 à 30 cm par an contrairement à l’eucalyptus qui prend 1 à 2 mètres par année, NDLR). Ensuite, il faut des arbres avec des feuilles larges qui font des ombres denses, contrairement au bouleau ou au frêne, dont l’ombre est plus légère. Troisième point, il faut des arbres qui puissent résister aux fortes chaleurs et aux sécheresses actuelles et futures.

Il faut également adapter les essences à la région dans laquelle elles sont plantées. Dans les régions méditerranéennes, par exemple, on peut privilégier le mûrier ou le platane, qui offrent une ombre large, poussent relativement vite et résistent bien aux fortes chaleurs. Le paulownia, une espèce exotique, présente également l’avantage d’une croissance très rapide et d’un feuillage dense. Le choix des essences pour chaque école doit prendre en compte de nombreux autres critères : la nature du sol, l’ensoleillement, le niveau d’urbanisation, ou encore les besoins en eau.

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Y a-t-il des points de vigilance à prendre en compte lors de la plantation d’un arbre dans une cour ?

En ville surtout, il faut prendre en compte le développement du système racinaire : prévoir suffisamment d’espace, aménager des fosses de plantation larges. C’est indispensable à la fois pour des raisons de sécurité et pour éviter les conflits avec les réseaux souterrains, comme les installations de fibre optique alimentant les écoles. Oui, un arbre peut poser des désagréments, mais il faut cesser de le considérer comme un mobilier urbain. Il faut le penser comme un être vivant, qui grandit au fil du temps et remplit de mieux en mieux sa fonction de rafraîchissement.