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Auvergne-Rhône-Alpes

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« C’est à la fois l’historien et le résistant qui entre au Panthéon » : Marc Bloch, un symbole fort qui résonne aujourd’hui 

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« C’est à la fois l’historien et le résistant qui entre au Panthéon » : Marc Bloch, un symbole fort qui résonne aujourd’hui

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Marc Bloch, historien et résistant
Marc Bloch, historien et résistant
Sylvie Cozzolino
23/06/2026

Marc Bloch entrera au Panthéon le 23 juin prochain, un peu plus de 82 ans après son exécution par les nazis. Il est le premier historien à rejoindre la crypte des Grandes figures de la nation. Retour sur l’histoire cet homme au parcours atypique et inspirant.

Que penserait le lucide Marc Bloch en voyant l’état de notre monde ? Le retour de la guerre en Europe ? L’apogée des fake news ? Lui, le professeur d’histoire ancienne de la Sorbonne, lui, le fin connaisseur du monde gaulois et romain ? Lui dont la vie a été dictée par la raison et le sens du devoir ? Il prendrait ses responsabilités, à n’en pas douter.

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Héroïsme de la raison et héroïsme d’action

Marc Bloch est né à Lyon mais il est alsacien de souche. Mobilisé dans l’infanterie pendant la première guerre mondiale, il est décoré pour ses faits de guerre. Après le conflit, il entame sa carrière d’historien, écrit, enseigne. Dans son livre  » l’étrange défaite », il analyse la bataille de France en 1940. Victime des lois antisémites de Vichy, Marc Bloch devra s’éloigner de l’enseignement. Mais il ne renonce pas. C’est ainsi qu’il arrive à Lyon en 1943, alors que la répression sévit.

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Il désarçonne les cadres de la résistance qui le prennent pour un boulet. Stéphane Nivet , Historien et auteur de « Marc Bloch, un historien dans la résistance »

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Stéphane Nivet, historien et auteur du livre « Marc Bloch, un historien dans la résistance ».
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C’est Franc-Tireur que Marc Bloch choisit pour faire ses armes dans la résistance. Le mouvement, ancré à gauche est né à Lyon. Marc Bloch a alors 56 ans. Un « vieux » pour ces jeunes résistants dont la moyenne d’âge avoisine les trente ans.

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Le journal du mouvement de résistance Franc-Tireur
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Il doit faire ses preuves. Au fil des semaines, l’universitaire trouve sa place au sein du mouvement. Il rédige des articles pour le journal sous le pseudonyme de Narbonne. Et il gravit les échelons dans la hiérarchie jusqu’à devenir un personnage principal de la résistance à Lyon en 1944. Déjà, il réfléchit à l’organisation de la société française d’après-guerre et notamment au système éducatif.

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Marc Bloch ne fait pas sauter des trains, il organise la résistance

Alors que la plupart des Etats-majors sont repliés à Paris, Marc Bloch reste à Lyon malgré une répression intense. Les coups de filets de la Gestapo sont sanglants. Lyon grouille de collabos, pullule d’indics. L’air y est malsain. Le 8 mars 1944 au matin, le résistant marche d’un pas vif sur le pont de la Boucle, aujourd’hui le pont Wilson.

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La prison Montluc à Lyon où Marc Bloch a été interné en juin 1944.
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C’est ce moment que choisit la Gestapo pour lui tomber dessus. Il est arrêté dans un cadre global de vagues d’arrestations. Il est interné à la prison Montluc, torturé, sauvagement, à l’école de santé, avenue Berthelot. Soixante-six résistants ont été arrêtés dans la même période. Une hécatombe. Le 16 juin 1944, Mac Bloch est emmené à St-Didier- de- Formans dans l’Ain. Il est le plus âgé. Aujourd’hui, son nom figure sur un monument, en bord de route départementale, avec ceux des vingt-neuf résistants fusillés avec lui ce triste jour.

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Le monument aux morts à St-Didier-de-Formans, dans l’Ain, sur lequel figure le nom de Marc Bloch
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Convoquer au Panthéon un historien qui a produit une analyse lumineuse sur la guerre nous oblige à regarder le monde dans lequel nous vivons. Stéphane Nivet , Historien et auteur de « Marc Bloch, un historien dans la résistance »

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Marc Bloch, sous sa double casquette d’historien et de résistant regardait le monde, la société, les groupes sociaux. Il a analysé, sans fard, la défaite de la France en 1940. C’est un symbole de la relation à la vérité qui entre au Panthéon. « Il a regardé son moment et nous devrions le faire également » conclut Stéphane Nivet. Avec le retour de la guerre en Europe et la désinformation rampante, la démocratie est menacée. Ces paroles, Marc Bloch auraient pu aussi les prononcer.

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Sylvie Cozzolino à Lyon
23/06/2026

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