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Thomas Legrand

La France n’accueille plus d’artistes et de scientifiques gazaouis… par peur de la bollosphère…

Lauréate du programme Pause, mené par le Collège de France avec quatre ministères, la poétesse palestinienne Alaa Al-Qatrawi n’a toujours pas obtenu de visa. Le gouvernement préfère, par excès de précaution, renoncer à notre idéal humaniste.

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Conflit israélo-palestinien
La poétesse Alaa Al-Qatrawi, lauréate au programme Pause, mené par le Collège de France. 
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Thomas Legrand
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La trouille de l’extrême droite tétanise déjà beaucoup de responsables et de décideurs politiques, singulièrement au gouvernement. C’est à cause de cette peur panique qu’Alaa Al-Qatrawi, poétesse gazaouie de premier plan et lauréate au programme Pause, mené par le Collège de France, normalement avec le partenariat et quatre ministères français, n’a toujours pas de visa. Elle est toujours coincée à Gaza alors qu’elle a perdu ses quatre enfants dans un bombardement. Le programme Pause est – devrait-on dire «était» ? – destiné à faire venir en France les scientifiques et les artistes dont le dossier a été accepté, comme c’est le cas pour celui de Alaa Al-Qatrawi. Cette artiste de 35 ans «est reconnue dans l’ensemble du monde arabe pour la qualité de son œuvre et son travail majeur sur le grand poète Adonis», écrivent les intellectuels, universitaires et journalistes qui ont signé une tribune en sa faveur dans la Tribune dimanche, dimanche 7 juin.

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D’autres lauréats du programme Pause, bien qu’ayant un travail, un hébergement qui les attende en France, bien que pouvant être utile à la recherche scientifique française, restent bloqués à Gaza dans les conditions que l’on sait. Cette situation qui résulte d’une pusillanimité politique de la part des autorités française date de l’été 2025 et de l’affaire Nour Atallah. Cette étudiante palestinienne arrivée en France en juillet avait publié des messages antisémites sur les réseaux sociaux. Elle a quitté la France sous le coup d’une enquête pour apologie du terrorisme et apologie de crimes contre l’humanité. La jeune femme est désormais résidente au Qatar. L’affaire, un sacré raté à l’évidence, avait fait grand bruit. La presse réac et les polémistes des plateaux bollorisés en avaient profité pour décrédibiliser le programme Pause qualifié de «porte d’entrée du terrorisme».

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Question de morale humaniste

Depuis janvier, le gouvernement a demandé aux responsables de ce programme de cesser d’instruire des dossiers et plus aucun lauréat n’a pu venir en France. Parmi eux, des scientifiques, des chercheurs et Alla al-Qatrawi. Le gouvernement avait, après «l’affaire Atallah», prévu de mettre en place une procédure pour scanner le passé numérique des lauréats de Pause afin de minimiser la possibilité que des militants radicaux s’infiltrent dans le dispositif. Mais, cette méthode s’apparentant aux méthodes trumpistes de contrôle liberticide, peut conduire à bannir, par prévention, toutes formes de radicalités. De toute façon, ce dispositif de tri n’a jamais été mis en place par les autorités et la France s’est fermée comme une huître à la venue de réfugiés gazaouis depuis plusieurs mois.

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C’est une question de philosophie politique et de morale humaniste : un pays démocratique comme le nôtre, qui se targue d’avoir inventé les droits de l’homme, doit-il préférer laisser venir des artistes et des scientifiques reconnues par le Collège de France et qualifiées pour occuper une fonction dans notre système artistique et scientifique, quitte à prendre le risque de laisser passer un ou deux propagandistes antisémites, les démasquer, le condamner et les expulser promptement, ou préférer laisser croupir à Gaza l’ensemble des lauréats du programme Pause ? A cette question, l’extrême droite médiatique et politique a une réponse claire qui dit tout de la société de surveillance, de défiance et de racisme dans laquelle elle veut nous embarquer. A cette même question, le gouvernement qui choisit le blocage sans vraiment l’assumer, fait preuve de cette peur du scandale, et par là même, trahit la tradition de la France autant que l’idéal humaniste par lequel, par refus de l’extrême droite, il est au pouvoir. Alaa al-Qatrawi et tous les lauréats devraient pouvoir être accueillis en France. Notre pays n’a pas encore voté à l’extrême droite, il serait bon que ce gouvernement s’en souvienne.

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Thomas Legrand à suivre dans libération

09/06/2026

La poétesse Alaa Al-Qatrawi, lauréate au programme Pause, devait être accueillie par Ecologie au Quotidien en Janvier lors de ses 24èmes  Rencontres Citoyennes.

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