Sélectionner une page

Incendie de Die :  3 700 hectares parcourus…

Depuis plusieurs jours, un incendie historique ravage la végétation sur le secteur de Die, dans la Drôme. Dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 juillet, le sinistre a encore progressé.

.

« Je ne sais pas si on va y arriver » : malgré la lutte, la montagne toujours en feu à Die

Malgré l’engagement sur place de 570 sapeurs-pompiers et de quatre Canadair, l’impressionnant feu à Die a poursuivi sa progression sur un flanc du massif près de Die, jeudi 9 juillet. Trois hameaux ont dû être évacués.

.

 200 nouveaux hectares parcourus pendant la nuit…

Selon Franck Tournier, directeur départemental des services d’incendie et de secours de la Drôme, lors d’un point presse effectué à 6 h 50, vendredi 10 juillet : « L’incendie perd de sa virulence mais va se réactiver au fur et à mesure de la journée avec l’augmentation des températures. La surface parcourue est en légère augmentation avec 3 700 hectares. » Et de poursuivre : « Aucune évacuation n’a été réalisée après celle du camping de la Pinède mais d’autres pourraient intervenir, toujours en anticipation. »

.

Tenter de contenir le feu au sud de la Départementale 93…

La stratégie opérationnelle consiste désormais à tenter de contenir le feu « dans une enveloppe située au sud de la D93 et de traiter les foyers qui descendent vers la forêt de Justin qui donnent sur Die. »

Après 10 jours de lutte et de combat acharné, « tous les intervenants restent mobilisés pour trouver des résolutions rapides de cet incendie ».

.

Tristan Bonhoure pour le D.L.

.

Message de réseau entraide Diois
.
.
 Bonjour à toutes et à tous, L’entraide s’organise ! 
.
.
Nous sommes désormais plus de 800 personnes sur ce canal. C’est très encourageant de voir un tel élan de solidarité.
Pour que chacun·e puisse trouver plus facilement les informations utiles et que l’entraide soit la plus efficace possible, nous vous proposons de rejoindre un ou plusieurs canaux thématiques selon vos envies, vos disponibilités ou les ressources que vous pouvez partager.
.
 Les différents groupes :
– Entraide Incendie Groupe Diois : Groupe général
.
– Incendie Diois – Soin/Santé : Soin, santé et hébergement, accueil animaux d’élevage
.
– Incendie Diois- Actions directes : Ravitaillement matériel, bûcheronnage, élagages, créneaux de bénévolat
.
– Incendie Diois- Info officielles : Informations officielles vérifiées / points de situations (canal de diffusion uniquement)
.
– Incendie Diois – Photos/médias : ⁠⁠Photos / liens médias / presse / témoignages
.
.
 Nous cherchons également quelques personnes volontaires pour former une petite équipe de modération. L’objectif est simplement d’aider à faire circuler les bonnes informations, accueillir les nouveaux membres et faciliter l’organisation de l’entraide.
.
Si vous avez un peu de temps et envie de donner un coup de main, contactez  en privé afin qu’elle vous ajoute au canal dédié.
Merci à toutes et à tous pour votre énergie et votre solidarité.
Ensemble, faisons vivre l’entraide.
.
.
.
Cette nuit, le feu passe sur notre quartier…
.
Nous savions depuis des jours que ça arriverait : comment l’éviter, avec un incendie hors de contrôle ou plutôt, un déni climatique des puissants.. hors de contrôle, oui. Pas de canadairs, des pompiers dont on aurait presque l’impression qu’ils se battent à mains nues. Ils sont passés chez nous cet après-midi, lorsqu’ ils nous ont vu tronçonner, débiter, élaguer, débroussailler, démonter la terrasse en bois, arracher les plantes grimpantes : tuer tout ce que nous avions patiemment vu grandir, ce que nous avions choisi ou découvert par surprise, arrosé, bichonné. Tulipe sauvage, orchidées, thym, pourpier, mélisse, je perds mes mots, je perds les noms. Raser tout cela pour isoler notre maison du monde vivant qui brûle, en faire un bloc de béton inerte à inonder d’eau ou de produits chimiques, un linceul.
.
Nous le savions depuis que deux biches sont venues se réfugier dans notre jardin, fuyant le feu qui avançait sans fin. Elle nous ont regardés un court instant, ont grignoté du chèvrefeuille sauvage et se sont endormies à l’ombre, épuisées.
Nous le savions depuis qu’une merlette était tombée du ciel, raide morte sur notre terrasse en bois qu’elle a marquée d’une tache de sang noire. Intoxiquée par les fumées ? Épuisée à mort ? En hyperthermie ?
.
.
.
Les animaux le disaient : le feu est là.
Et quand la préfecture dit que l’état fait le job, eh bien nous sommes seuls, seules, nous et nos voisins, voisines, pour tenter de sauver ce qui peut l’être. Et nous sommes épuisés quand arrivent deux pompiers qui nous expliquent que nous ne sommes pas prioritaires pour les canadairs (ça, nous l’avions compris) mais pas non plus pour les moyens au sol. Que ce feu, avec trois petits véhicules aux capacités réduites, ils ne pouvaient même pas tenter de l’arrêter. On allait le laisser passer, et tenter de l’orienter pour épargner les maisons.
Le voisin retourne ses champs en urgence, il paraît que ça stoppe le feu.
.
Ah, et dernière consigne : avant de partir, arrosez votre maison.
Nous avons passé 48 heures à jouer les pompiers amateurs, dont deux seulement à dormir. Ce soir, nous tombons de sommeil et peinons à garder les yeux ouverts (depuis le jardin des amis qui nous accueillent sur l’autre rive de la rivière Drôme) sur le feu qui dévore Justin, aux portes de la ville de Die, et notre petit quartier ombragé, en lisière de forêt.
La fatigue est trop grande pour la colère, mais la colère viendra. Y seremos millones.
.
Il va falloir en semer, des alternatives, pour repousser le souvenir de ces derniers jours…
Mais vue la solidarité locale, tellement à des années lumière de la bêtise de nos dirigeants, tout est possible.
.
Alice Verstraeten
.
.

Et si le feu était un être ancien en quête de relation ?

.
Ce soir, je marche à Châtillon-en-Diois.
À l’ouest, je vois la fumée s’élever. Un immense incendie progresse à travers les montagnes de la Drôme. Le vent en porte l’odeur jusqu’à la vallée. Mon regard revient sans cesse vers l’horizon.
Le feu est devenu notre voisin grandissant.
Et tandis que je marche, je réalise que j’ai envie de parler du feu autrement.
.
Comme d’un être ancien. Un être digne de notre respect. Digne de notre attention. Un être avec lequel nous pourrions peut-être, une fois encore, entrer en conversation.
Depuis quelque temps déjà, je suis en cérémonie avec le feu.
Quelque part en moi, j’ai senti qu’il me fallait m’arrêter et me déclarer à nouveau apprentie du feu, en réponse à son intensité. Écouter. Laisser le feu m’enseigner encore.
J’apprends à m’asseoir auprès de lui. À poser une autre question.
Feu, de quoi as-tu besoin pour apaiser ton élan destructeur ?
.
Car je sais que la destruction n’est qu’un de tes nombreux visages.
Tu es aussi le feu de la création. Le feu de l’esprit. Le feu qui embrase l’imagination. Le feu qui accompagne les nouveaux commencements. Le même feu qui rassemble les êtres humains autour de la chaleur. Le feu qui transforme et qui initie.
.
Peut-être est-ce le moment d’invoquer l’alchimiste. De tenir nos peurs avec suffisamment de soin pour qu’elles se transforment en espérance active.
De continuer à déplacer les récits que nous nous racontons, en passant de la réaction à la relation, de la certitude à l’écoute.
Lorsque je regarde à nouveau vers l’ouest, je vois la fumée.
.
J’entends les gens parler du vent avec crainte.
J’entends les prières adressées à l’eau.
Et soudain, je vois combien ils sont intimement liés.
.
Le feu.
L’eau.
Le vent.
Chacun façonne l’autre. Chacun parle avec les autres. Une tresse vivante.
.
Peut-être ont-ils toujours été en conversation.
Peut-être nous invitent-ils à revenir dans cette conversation.
Et peut-être est-ce là le fil d’or.
.
En chemin, nous nous sommes éloignés de l’ancienne pratique de l’offrande.
Des offrandes aux eaux.
Des offrandes à la terre.
Des offrandes au vent.
Des offrandes aux êtres invisibles avec lesquels nous partageons ce monde vivant.
.
Et des offrandes au feu.
Combien de feux ai-je allumés sans les saluer ? Sans chanter ? Sans déposer quelques fleurs à leurs côtés ? Sans porter les cendres d’un ancien feu sacré vers un nouveau feu ?
Ces gestes ne sont pas des solutions.
Ils sont des gestes de relation.
.
Et tandis que je poursuis ma marche, une autre sensation commence à émerger.
Peut-être que l’invitation va encore plus loin.
Peut-être que la vie nous demande doucement de passer du fait de faire des offrandes… à celui de devenir une offrande.
Je ne sais pas encore ce que cela signifie.
.
Je sais seulement que, lorsque je demeure assise en silence auprès du feu, une réponse revient inlassablement.
« J’ai besoin de tes larmes. »
Car les larmes adoucissent le cœur. Elles apaisent l’âme. Elles nous ramènent à l’humilité d’être humains.
Peut-être est-ce là que commence toute véritable conversation.
Alors aujourd’hui, ici dans la Drôme, tandis que la fumée s’élève à l’ouest, je continue de marcher.
.
Je continue d’écouter.
Et je continue de demander :
Feu… de quoi as-tu besoin pour apaiser ton élan destructeur ?
Et je vous pose à vous, amie, ami, lectrice, lecteur, cette question :
Quelle est votre question au Feu ?
.
Azul Thomé, Mots et image
.

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *