Planète et Transition écologique
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Après la canicule, le gouvernement réduit le budget destiné à l’adaptation au réchauffement climatique
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Tout un symbole. Au lendemain de la vague de chaleur d’une précocité inédite qui a frappé une bonne partie de la France, les coupes budgétaires décidées par le gouvernement pour faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient se répercutent fortement sur la transition écologique. Elle n’est pas la seule – ni même la plus touchée, avec 275 millions d’euros de crédits annulés ou gelés –, mais alors que l’exécutif a été critiqué pour ne pas avoir suffisamment préparé le pays à la chaleur, la potion est amère pour les défenseurs de l’environnement.
« Après avoir fait la preuve de sa totale impréparation pendant les huit jours d’une canicule historique, voici les mesures d’adaptation au réchauffement climatique du gouvernement, s’est indignée Marine Tondelier, la numéro un des Ecologistes, sur le réseau social X. A ce niveau d’incompétence et d’obstination dans la mauvaise direction, c’est du climatonégationnisme. »
Ces choix interviennent quelques jours après une réunion interministérielle sur les canicules, jeudi 28 mai, lors de laquelle le premier ministre, Sébastien Lecornu, « a demandé aux ministres de faire des propositions pour renforcer les politiques d’adaptation au changement climatique », relate une source proche du dossier, qui y voit une « légère contradiction ».
Parmi les dispositifs les plus touchés, le fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires, dit « fonds vert ». Créé en 2023 et très apprécié des élus locaux, il permet de soutenir les collectivités territoriales dans leurs investissements au service de la transition écologique. Selon le site du ministère de la transition écologique, depuis trois ans, il a déjà apporté un soutien financier à plus de 25 000 projets.
Il fait aussi partie des programmes phares mis en avant par le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), présenté en mars 2025, qui vise à préparer une France à + 4 °C en 2100. En avril, le gouvernement avait encore annoncé que la priorité, en 2026, pour le fonds vert, était de « renforcer l’adaptation des territoires au changement climatique », l’un de ses trois piliers historiques.
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« Un très mauvais signal »
Malgré ce succès, ce fonds n’a cessé de voir son enveloppe diminuer ces dernières années : elle est passée de 2,4 milliards d’euros en 2024, à 837 millions pour 2026. Rebelote avec ces nouvelles coupes budgétaires : le mécanisme voit les autorisations d’engagement – c’est-à-dire le montant maximal des dépenses que l’Etat est autorisé à engager juridiquement – être rabotées de 162,5 millions, soit une baisse de près de 20 %.
Ces sommes, mises en réserve par ce biais, peuvent être débloquées en cours d’année en cas de besoin, ou bien annulées par la suite. Au ministère de la transition écologique, on tient à assurer de la pleine mobilisation de la ministre Monique Barbut pour que ce ne soit pas le cas. « La ministre va se battre pour préserver le plus possible le fonds vert, toujours avec l’idée, comme elle l’a promis, de flécher la moitié du fonds pour les politiques d’adaptation », affirme son entourage.
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Reste que, pour Emeline Notari, du Réseau Action Climat, « c’est un très mauvais signal ». « D’autant que ce gel budgétaire est induit par une crise géopolitique qui nous impacte dans le cadre de notre dépendance aux énergies fossiles », ajoute-t-elle. Même son de cloche chez François Thomazeau, expert à l’Institut de l’économie pour le climat, pour qui « il n’y a clairement pas de cap autre que celui de la gestion budgétaire ». « On ajoute des objectifs au fonds vert tout en lui retranchant des moyens », déplore-t-il. Si ce dernier rappelle que les collectivités peuvent puiser dans leurs fonds propres pour financer les actions en faveur de la transition écologique, il souligne le risque que les nouveaux maires, qui viennent de commencer leur mandat après les municipales de mars, reçoivent ce message « comme un désengagement ».
Jean-François Vigier, vice-président de l’Association des maires de France, lui, se dit « scandalisé ». « On est déjà compressé, fait remarquer M. Vigier, également maire UDI de Bures-sur-Yvette (Essonne). Sur l’écologie, on n’y arrive pas. Au meilleur de sa forme, le fonds vert était à 2,5 milliards d’euros, ce n’était déjà pas à l’échelle. Si en plus, en cours d’année, on rabote les budgets, on met en difficulté les collectivités qui avaient inclus la subvention du fonds vert dans leur budget. » Et de citer une étude de l’Institut de l’économie pour le climat, justement, qui, en 2024, chiffrait les besoins d’investissements des collectivités en faveur du climat à 19 milliards d’euros par an de 2024 à 2030, soit près de 11 milliards d’euros supplémentaires par an, pour respecter les objectifs bas carbone de la France. Un montant qui n’intègre pas le sujet de l’adaptation, plus difficile à chiffrer.
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D’autres programmes qui participent au financement de la transition écologique, comme France 2030, sont également touchés. C’est aussi le cas de la mission qui supporte l’Agence nationale de l’habitat, chargée de MaPrimeRénov’, qui voit près de 300 millions d’euros de ses autorisations d’engagement gelées. Ce qui fait craindre une nouvelle réduction de la principale aide publique à la rénovation énergétique des logements, qui a déjà connu bien des vicissitudes ces derniers mois. (…)
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