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Byung-chul Han, philosophe : «Dans nos sociétés, chacun pratique le culte divin du moi»

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Figure mondiale de la philosophie, Byung-chul Han a accordé à «Libération» un rare entretien à l’occasion de la sortie de deux essais. Il confirme sa place dans le paysage philosophique : celle d’un penseur sensible au chevet de notre modernité.

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Lucas Bretonnier
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La plume de Byung-chul Han est comme un sismographe : ses mouvements retranscrivent les vibrations du monde. Il attend donc la nuit pour travailler, quand cessent les bruits parasites. «Je vis à rebrousse-poil. Quand les gens travaillent, je dors. Quand ils dorment, je travaille», s’amuse cet homme de 67 ans, allure d’artiste ou de chef Sioux, chevelure noire, catogan, regard perçant. Depuis vingt ans, il refuse les entretiens audiovisuels ; accepte parfois de parler aux journaux. Il a fallu insister pour le convaincre de répondre à nos questions, ajouter quelques décibels au brouhaha du monde.

Mais justement, quand Byung-chul Han s’exprime (ici, par mail, traduit par Olivier Mannoni), il ne fait pas de bruit, il crée du silence. Ses phrases courtes, rythmées, profondes, creusent l’étymologie, produisent des eurêka à chaque page et propulsent le lecteur hors de lui-même, le laissant flotter dans ses pensées. Byung-chul Han laboure ainsi, de livre en livre, des sillons de spiritualité devenus rares dans la jungle consumériste. Il circonscrit une sorte de «ZAD intellectuelle», sa Ziad («zone intellectuelle à défendre»).

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Son dernier essai paru, en avril, Parler de Dieu. Dialogue avec Simone Weil (Actes Sud) poursuit cette voie. L’hommage à la philosophe française (1909-1943) aux accents presque mystiques est aussi une façon, pour lui, de travailler ses thèmes de prédilection : les dérives du marché, le numérique abrutissant, le temps, la «vie bonne»… Il fait la part belle à la «décréation» et à la contemplation, notions chères à l’auteure de la Pesanteur et la Grâce (1947).

Han publie plus vite qu’il ne répond aux journalistes, il sort déjà un nouvel ouvrage en cette rentrée, Contre la société de la peur (PUF, 3 septembre), description de l’engrenage liant nos maux intimes et notre environnement politique. Ou comment la peur ronge les liens. «La montée de l’angoisse et du ressentiment pousse la société tout entière dans un état d’abrutissement et de brutalité. Et elle menace, au bout du compte, la démocratie […]. La peur et la démocratie sont incompatibles […]. Dans le climat de la peur, l’identique se prolonge et le conformisme se répand. La peur ferme les accès à l’autre.» Un texte dans la droite ligne de la Société de la fatigue (2014), la Société de transparence (2017) ou encore la Fin des choses (2022) – sublime déploration de notre monde spectral, du nuage de datas qui nous enveloppe comme un épiderme.

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Ce rapport charnel à la pensée vient peut-être de son histoire personnelle : né en Corée du Sud en 1959, Byung-chul Han a étudié la métallurgie. A la fin de son cursus, il fait croire à ses parents qu’il va achever sa formation en Allemagne. Il part, en réalité, pour étudier la philosophie. Arrivé à Aix-la-Chapelle, le dépaysement est violent. Il évoque cette période dans une interview donnée en 2021 dans Philosophie Magazine, rare journal auquel il se confie de temps à autre.

Il y parle de renaissance : «L’Allemagne – l’Europe même, pourrais-je dire – m’a fourni un nouveau corps, une nouvelle âme, un nouveau poumon, une nouvelle peau, un nouveau cœur… J’ai subi une transplantation totale. Je suis né une seconde fois.» Il étudiera l’allemand avec ténacité pour se lancer dans la théologie et la philosophie et soutenir une thèse sur Martin Heidegger en 1994. Il enseigne ensuite à Bâle, puis à l’université des Arts de Berlin. Influencé, entre autres, par Walter Benjamin ou Jean Baudrillard, il porte un regard lumineux sur les stigmates de l’époque. De l’acier à la philo, d’une matière grise à l’autre, Byung-chul Han était peut-être le seul philosophe à pouvoir si bien embrasser notre modernité.

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Pas étonnant qu’il soit traduit dans près de trente langues. Ce penseur aussi mystérieux que prolixe, aujourd’hui allemand et coréen, est une star en Italie et en Espagne, où il a vendu deux millions de livres sur un total de près de dix millions ! Un succès rare, voire inédit, pour un philosophe allergique aux plateaux télé.

Son prénom, «Byung-chul», signifie «lumière claire». «Alors, je tente d’éclairer le monde», nous dit-il. Admirateur de Jean-Sébastien Bach, qu’il joue au piano tous les matins, ce philosophe poète cultive aussi son jardin. La musique, la nature et l’écriture, triptyque monacal pour celui dont les sentences ressemblent parfois à celles d’un oracle. «S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu», écrivait Emil Cioran. C’est peut-être aussi le cas de Byung-chul Han. Voici ses dernières variations.

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Son prénom, «Byung-chul», signifie «lumière claire». «Alors, je tente d’éclairer le monde», nous dit-il. Ici, à Berlin.
Son prénom, «Byung-chul», signifie «lumière claire». «Alors, je tente d’éclairer le monde», nous dit-il. Ici, à Berlin.  Ici au cimetière St. Matthäus-Kirchhof, le 10 juillet 2026.
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Vous vous exprimez peu dans les médias, et encore moins sur l’actualité. Ne vous inspire-t-elle aucune réflexion ?

Mes livres apportent des réponses aux événements actuels. Ils saisissent notre temps en pensées. Michel Foucault a dit que le philosophe est un journaliste dans la mesure où il traite de son époque. Dans ce sens, je suis un journaliste.

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Vous avez étudié la métallurgie en Corée du Sud pour finalement devenir un philosophe de langue allemande : comment cette transition s’est-elle opérée ?

J’ai fait des études techniques parce que je me suis intéressé à la technologie depuis mon enfance. A un moment donné, vers la fin de mes études de métallurgie, je me suis cependant interrogé sur ce qu’est la vraie vie. Ma réponse a été la suivante : la vraie vie est une vie qui réfléchit à elle-même. Je me suis dit que cette vraie vie n’était possible que dans la philosophie. Je suis venu en Allemagne parce que j’éprouvais une grande affinité intellectuelle avec ce pays, notamment à cause de Jean-Sébastien Bach et du romantisme allemand. Ma pensée est peut-être un fruit exotique. L’écorce et la chair sont allemandes et romantiques. Mais le noyau est d’Extrême-Orient.

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Vous travaillez la nuit ? Pouvez-vous nous décrire le processus et vos horaires ?

Je vis à rebrousse-poil. Quand les gens travaillent, je dors. Quand ils dorment, je travaille. Je me lève en fin d’après-midi. Et j’aime bien jardiner. Je suis jardinier. J’ai écrit un livre sur le jardin, Un voyage dans les jardins. Eloge de la Terre (Actes Sud, 2023). Et surtout j’aime jouer du piano. J’aime Bach, Schumann… Quand je réfléchis, je suis dans l’élément de la musique. Quand j’écris, j’ai toujours des mélodies dans la tête. C’est pour cela que mes livres ont une sonorité. Le jardinage et le piano. Je fais un usage très intensif de mes mains. Je suis persuadé que le bonheur vient par la main. La pensée elle-même est un artisanat.

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Après la Société de la fatigue (Circé, 2014) et la Société de transparence (PUF, 2017), vous publiez Contre la société de la peur (PUF, 3 septembre 2026). Ce «contre» est-il une preuve de l’urgence à agir ? Il est beaucoup question d’espoir dans cet ouvrage…

On m’a souvent reproché d’être très pessimiste. Je ne le suis pas . Un pessimiste croit que tout va mal se passer ; un optimiste est convaincu que tout va bien se passer. Le pessimisme et l’optimisme sont tous deux aveugles. Penser n’est ni optimiste ni pessimiste. Penser, c’est espérer. C’est en pensant comme on espère, que l’on commence à voir. Cela éclaire le monde. La pensée a une tonalité : elle résonne comme de la musique. C’est en cela que la pensée se distingue de l’intelligence artificielle. L’intelligence artificielle n’a pas de son. Le son naît du silence. L’intelligence artificielle est incapable de silence.

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Il y a quelque temps, Simone Weil a «pris place en vous», écrivez-vous. Comment ça ?

Je suis tombé tout à fait par hasard sur le livre la Pesanteur et la Grâce de Simone Weil. Jusque-là, je ne la connaissais que de nom. Le titre, la Pesanteur et la Grâce, a exercé sur moi un effet presque magique. Je me suis littéralement approprié ce livre. J’y ai trouvé des réflexions qui m’ont très profondément touché et bouleversé. Depuis, Simone Weil accompagne ma réflexion. Ma rencontre avec elle a eu lieu à une époque où je ressentais moi aussi une énergie plus puissante que moi, cette force qui l’avait mise à genoux en 1937 dans la petite chapelle Santa Maria degli Angeli d’Assise. Dans mon cas, ce fut l’Igreja da Graça de Lisbonne. A l’époque, j’étais très réceptif au mot «grâce».

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Comment résumer la portée de la pensée de Simone Weil pour notre époque ? Qu’y a-t-il d’essentiel dans son œuvre ?

La pensée la plus précieuse de Simone Weil, c’est la «décréation». Elle signifie un abandon radical du moi. Mais l’effacement du moi n’est pas une destruction, c’est l’accession à une réalité supérieure. J’apprécie tout particulièrement ce mot de Simone Weil : «La beauté d’un paysage au moment où personne ne le voit, absolument personne…» Nous avons entièrement perdu cette réalité supérieure. Elle suppose que nous nous transcendions nous-mêmes. Nous vivons aujourd’hui dans une société d’authenticité, une société de performance dans laquelle tout ne tourne plus qu’autour de notre ego. Chacun pratique le culte divin du moi, un culte dans lequel on est le prêtre de soi-même. Chacun recherche la performance de soi. Chacun se donne en performance. La dépression est précisément due à l’échec du sujet face à la contrainte permanente d’être un soi.

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Vos livres élargissent le champ de ce qui échappe au marché : «Par-delà l’immanence de la production et de la consommation», écrivez-vous. Est-ce un point commun avec l’œuvre de Weil ?

L’immanence de la consommation et de la production rend toute expérience de la transcendance impossible. Pour Simone Weil, manger et observer constituent deux formes de l’existence humaine. Manger signifie incorporer et s’approprier, produire et consommer. Son sujet, c’est le soi vorace. Totalement absorbés par le manger, nous perdons la faculté de séjourner dans le monde en observant. Ce qui nous échappe, c’est précisément la spiritualité.

Plutôt que d’observer, nous ne voulons plus que manger et consommer. Même notre perception est aujourd’hui devenue très vorace. Seule l’âme qui jeûne peut observer. Elle met en marche une autophagie de l’âme qui anéantit sa partie basse et vorace. Simone Weil dit que seule cette autophagie de l’âme nous sauve et nous mène à Dieu. L’âme qui ne fait plus que manger sans observer perd sa capacité contemplative. Au lieu d’une autophagie, elle développe une adiposité. La partie de l’âme chargée du manger s’hypertrophie et engraisse.

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Vous écrivez : «Il faut retrouver le pacte originel entre l’esprit et le monde dans la civilisation même où nous vivons» – par opposition à ceux qui nous disent de quitter la civilisation pour le sauvage. Cela résume votre pensée ?

Oui. Dans mon livre la Société de la fatigue, déjà, j’établis un lien entre la dépression et l’absence de monde. La dépression est un état dans lequel nous n’avons plus de relation avec le monde. Le sujet dépressif s’en débarrasse et s’enferme à l’intérieur de lui-même, il se retrouve vide et dépourvu de monde. Nous perdons le rapport vivant au monde, et plus généralement le rapport avec l’autre. De nos jours, les énergies libidineuses se détournent de plus en plus de l’autre pour se diriger vers le moi, ce qui affaiblit radicalement le lien que nous avons avec l’autre. Sans monde, sans présence de l’autre, le moi s’appauvrit.

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Vous écrivez : «Posséder, c’est souiller.» Cela évoque le «non-vouloir saisir» (NVS) de Roland Barthes ? Cela s’applique-t-il aussi aux êtres ? A l’amour ?

La possession est une forme du «manger». Aujourd’hui, l’autre est dégradé au rang d’objet qui satisfait mes besoins ou dans lequel je me reflète. Le verbe modal du moi, c’est «pouvoir». L’éros, au contraire, est une relation à l’autre, celle-ci ne peut pas être convertie en capacité. La capacité nous rend aveugle aux autres. Le burn-out et la dépression sont les ravages que laisse derrière elle la capacité destructrice.

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«La douleur nous donne un moyen d’accès à la réalité…» dites-vous. Pourquoi pas les plaisirs ?

Ce qui me cause de la douleur, c’est quand je me heurte à la résistance de la réalité. Dans la douleur, je la ressens comme ce qui est autre et se dérobe à l’incorporation. Ce qui me cause du plaisir, en revanche, je ne l’éprouve pas comme ce qui est autre.

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Le numérique serait, à vous lire, aussi dangereux que le «nœud mécanique» dont parle Simone Weil pour décrire le travail à l’usine. A ce point là ?

Dans les deux cas, nous courons le risque de devenir les esclaves de la production de nous-mêmes. Ce n’est pas nous qui utilisons les médias numériques. Ce sont eux qui se servent de nous.

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Byung-chul Han Han au cimetière St.-Matthäus-Kirchhof, à Berlin, le 26 juillet 2026.
Byung-chul Han Han au cimetière St.-Matthäus-Kirchhof, à Berlin, le 26 juillet 2026.
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A ce titre, quel danger majeur nous fait courir l’IA ?

Un chapitre est consacré à l’IA dans mon livre la Fin des choses. J’ai surtout souligné le fait que l’intelligence artificielle ne peut pas penser. Le mot «intelligence» remonte au verbe latin interlegere, qui signifie «faire la distinction entre». L’intelligence artificielle fait la distinction entre des possibilités déjà existantes. Elle ne peut donc pas dépasser le donné. Il s’agit, en fin de compte, d’une calculatrice.

La pensée, en revanche, est une expression de la vie. Elle produit ce qui n’a jamais existé. La première image de pensée est la chair de poule. La pensée suppose la douleur, la joie, l’étonnement et l’espoir. Le danger de l’intelligence artificielle est de voir l’homme cesser de penser et se contenter de calculer.

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Le culte du nombre et de l’audience n’est-il pas en train de changer la notion même de «valeur», qui n’est plus comprise comme qualité, mais comme quantité ?

Nous perdons le telos («la finalité») qui nous permet de nous orienter. Nous n’avons plus ni idéaux ni valeurs à atteindre. La vie n’est plus que quantifiée. Elle est exprimée en chiffres. Nous mesurons nos pas, notre pouls, les calories que nous absorbons, etc. La vie n’a plus qu’à être efficace et à bien fonctionner. Nous n’avons plus aucune idée de ce qu’est la vie bonne. Nous vivons donc sur le mode de la survie. La vie bonne laisse la place à la longévité.

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Etes-vous conservateur, nostalgique ?

Je ne suis ni conservateur ni progressiste, ni de droite ni de gauche. Je pense tout droit. Je peux donc prendre des positions qui paraissent d’extrême gauche ou d’extrême droite. Mon prénom, Byung-chul, signifie «lumière claire». Alors, je tente d’éclairer le monde. La lumière claire n’est ni de gauche ni de droite. Elle n’est pas mélancolique non plus.

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Vos livres semblent se suivre pour créer un seul et même bloc de réflexion. Comment finissez-vous un livre ?

Mes livres ne se terminent jamais de manière abrupte. Comme les chansons romantiques, ils ont une belle conclusion. J’écris mes livres comme un compositeur. Certains disent qu’ils sont souvent des répétitions et me le reprochent. Mais ce ne sont pas des répétitions, ce sont des variations. Je prends comme point de repère les Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach. Si vous écoutez bien, en lisant mes livres, vous y découvrirez des sarabandes avec une belle conclusion. Je fais même en sorte que ce soit le cas pour chaque chapitre. Ces conclusions ont un caractère musical. Il faut donc tendre l’oreille. (…)

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Lucas Bretonnier ce 27 aout 2026 à suivre sur Libé

Propos traduits par Olivier Mannoni.

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