« C’est notre dernier recours » : face à la sécheresse, ces pêcheurs déplacent les poissons pour leur donner une chance de survivre
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Dans le massif des Bauges, en Savoie, les chaleurs caniculaires de l’été conjuguées au manque de précipitation ont conduit à l’assèchement de nombreux cours d’eau. Face à ce phénomène, des pêcheurs écument ruisseaux et rivières pour capturer les poissons pris au piège afin de les relâcher dans des endroits plus sûrs.
Les pieds plongés dans quelques centimètres d’eau, épuisette en main, quatre pêcheurs de l’association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique (APPMA) du Haut-Chéran tentent d’exfiltrer une à une, les truites du Nant-de-Glapigny, un cours d’eau, vers un endroit davantage propice à leur survie.
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Pour les capturer, Hugo Chouvelon utilise une technique de pêche électrique non létale qui permet de mettre en mouvement les poissons cachés dans le fond. « C’est ce qu’on appelle de la pêche de sauvegarde. Cela permet de remettre ces poissons dans une eau plus abondante, plus fraîche et plus oxygénée pour leur permettre de survivre. Si on les laisse là, ils risquent de mourir, c’est notre dernier recours », explique cet ingénieur, chargé de mission technique pour les APPMA du Haut-Chéran et de l’Albanais.
Le seau rempli, Hugo Chouvelon profite de les avoir sous la main pour mesurer les truites farios. De quoi collecter des informations précieuses pour mieux connaître les cours d’eau de la région « Cela permet de connaître les typologies de poissons que l’on a dans ces rivières, leurs âges, leurs nombres, leur environnement, explique le spécialiste. Nous transmettons ensuite ces données aux collectivités pour les aider à prendre les décisions les plus éclairées quant aux mesures de précautions à prendre rapidement ou bien pour préparer des aménagements futurs ».
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« Du jamais-vu »
À quelques kilomètres de là en aval, dans le Chéran, aucun poisson n’a survécu. Et pour cause, un tiers des affluents de la rivière sont aujourd’hui asséchés. Les pieds dans les cailloux, au milieu du lit de ce cours d’eau, Pascal Grillet, président de l’APPMA du Haut-Chéran, constate avec amertume les conséquences des fortes chaleurs de l’été.
« C’est du jamais-vu. Par rapport aux canicules de 2003 et 2022, les vagues de chaleur extrême que l’on connaît aujourd’hui démarrent plus tôt et sont plus intenses. Ces conditions fragilisent la biodiversité dans son ensemble, perturbent les activités de la rivière et ont même une incidence sur l’eau potable », déplore-t-il.
Une situation qui pourrait bien également toucher les humains. À Rumilly où coule le Chéran à petits flots, à cause des fortes chaleurs, les algues prolifèrent. Le maire a d’ores et déjà interdit la baignade pour prévenir tout risque d’intoxication dû aux cyanobactéries.
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