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Pour une Hydrologie Régénérative 

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Extrait complémentaire de l’Effet castor de Ben Goldfarb : 
“Selon une étude dirigée par le Lands Council dans la région aride de l’Est de l’Etat de Washington, les barrages de castors sont capables de stocker 20 000 à 43 000 mètres cubes d’eau de surface et d’eau souterraine par structure. Si vous me permettez d’appliquer ces résultats au Sud-Ouest, je vous dirais qu’il faudrait environ 320 000 à 620 000 nouveaux barrages de castors – le travail d’environ 1 000 à 300 000 colonies – pour stocker le volume d’eau actuellement retenu dans le lac Mead*. Quand on connaît un peu l’abondance historique des castors en Amérique du Nord, il n’est pas excessif d’imaginer autant de rongeurs prospérer dans le vaste bassin du Colorado.”
*Sur 38 milliards m3, sa capacité en était réduite à 38% en 2022. Ce record est battu par la sécheresse 2026. Son niveau est tombé à 25%, faisant craindre une pénurie d’eau majeure dont dépendent 40 millions d’américains.

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https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260827-aux-etats-unis-le-lac-mead-miroir-am%C3%A9ricain-du-changement-climatique

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Aux Etats-Unis, le lac Mead, miroir américain du changement climatique

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 Sur les hauteurs du lac Mead, près de Las Vegas, la sécheresse pousse le plus grand réservoir des Etats-Unis à son plus bas historique, et dessine une gigantesque auréole blanche sur les montagnes environnantes

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 27/08/2026

Vue du lac Mead, dans l'Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
Vue du lac Mead, dans l’Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
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Le dépôt calcaire, laissé par l’eau disparue depuis un quart de siècle, atteint désormais 57 mètres, plus haut que l’Arc de Triomphe.

« C’est vraiment très impressionnant », confie à l’AFP Choune Osterero, une touriste française, selon qui les effets du changement climatique sur le lac « se voient à l’oeil nu ».

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Une carcasse de bateau échouée sur une rive du lac Mead, dans l'Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
.Une carcasse de bateau échouée sur une rive du lac Mead, dans l’Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
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Le recul des eaux fait émerger des carcasses de bateaux et d’animaux, mais aussi un malaise: depuis le début des années 2000, l’Ouest américain souffre d’une « méga-sécheresse » qui menace ses fondations mêmes.

Pour construire des villes comme Las Vegas, Los Angeles ou Phoenix dans cette région désertique, les Etats-Unis ont développé tout un système puisant dans le fleuve Colorado, qui serpente sur plus de 2.300 kilomètres, jusqu’au Mexique.

Il abreuve plus de 40 millions d’Américains dans sept Etats différents.

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États-Unis : le Lac Mead asséché
États-Unis : le Lac Mead asséché
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Cette architecture comprend notamment deux barrages massifs, qui ont donné naissance au Lac Mead et au Lac Powell.

Distants d’environ 500 kilomètres, ces deux réservoirs stockent l’eau du fleuve, issue de la fonte des neiges dans les montagnes Rocheuses, pour la redistribuer toute l’année, tout en produisant de l’électricité pour des centaines de milliers de foyers.

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Crise du fleuve Colorado

Vue du lac Mead, dans l'Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
Vue du lac Mead, dans l’Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
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Mais le réchauffement climatique aggrave la surexploitation, historique, du Colorado. Dès 1922, le traité supervisant son partage allouait plus d’eau qu’il n’y en avait dans la rivière.

Cette année, le fleuve est attaqué sur deux fronts, explique à l’AFP David Kreamer, professeur d’hydrologie à l’université de Las Vegas.

L’hiver anormalement sec a produit « l’une des plus faibles (années) en termes de manteau neigeux dans les montagnes Rocheuses ».

Les Etats-Unis viennent aussi de subir leur mois de juillet le plus chaud jamais enregistré. Résultat, « il y a plus d’évaporation que d’habitude, parce que le lac s’est réchauffé plus tôt ».

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Au plus bas depuis fin juillet, le lac Mead a battu son précédent record de 2022 et n’est plus qu’à 25% de sa capacité. Son voisin, le lac Powell, a également atteint son plus bas historique mi-août.

Les prochains mois inquiètent, car le niveau des deux réservoirs s’approche dangereusement du seuil au-delà duquel la production d’électricité serait affectée.

A plus long terme, le réchauffement planétaire augmente les chances de scénario catastrophe, celui d’un « deadpool »: le niveau critique à partir duquel l’eau ne franchirait plus le barrage Hoover et resterait coincée dans le Lac Mead, au lieu de continuer vers Los Angeles.

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Vue du barrage Hoover, sur le Colorado, qui a donné naissance au lac Mead, dans l'Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
Vue du barrage Hoover, sur le Colorado, qui a donné naissance au lac Mead, dans l’Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026 
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Aux Etats-Unis, « la majorité des légumes d’hiver sont cultivés en Californie, donc si les systèmes d’irrigation du sud de la Californie sont touchés, cela affecterait » tout le pays, rappelle M. Kreamer.

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« Pas notre problème »

Pour répondre à cette crise, l’administration Trump vient d’adopter un plan décennal imposant des restrictions massives à la Californie, à l’Arizona et au Nevada – jusqu’à 3,7 milliards de mètres cubes par an, soit l’équivalent de 1,5 million de piscines olympiques.

Il n’exige en revanche pas d’efforts majeurs du Colorado, de l’Utah, du Wyoming et du Nouveau-Mexique, les autres Etats dépendant du fleuve. Ce déséquilibre a poussé le Nevada à engager des poursuites judiciaires lundi.

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Bruce Nelson, dont la famille détient la marina du lac Mead depuis des années, dans l'Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
Bruce Nelson, dont la famille détient la marina du lac Mead depuis des années, dans l’Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
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Comme les autorités, les plaisanciers préfèrent pointer les Etats voisins du doigt.

« Las Vegas a fait un travail phénoménal pour préserver l’eau et ne pas en consommer, pour la recycler », souligne Bruce Nelson, dont la famille possède la marina du lac depuis 70 ans.

Depuis 20 ans, la ville a réduit sa consommation d’un tiers, en favorisant le recyclage des eaux usées et en restreignant l’arrosage des pelouses et la taille des piscines. A contrario, l’Utah voisin recycle très peu son eau.

« Des villes comme St. George (…) construisent des vagues artificielles de surf » en plein désert, s’indigne le quadragénaire. « Alors peut-être qu’elles devraient réfléchir à la façon dont elles économisent l’eau. »

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Brian Essex sur les rives asséchées du lac Mead, dans l'Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026
Brian Essex sur les rives asséchées du lac Mead, dans l’Etat du Nevada, aux Etats-Unis, le 21 août 2026 
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« Ce n’est vraiment pas notre problème », abonde Brian Essex sur son zodiac.

Ce fan de ski nautique dénonce la croissance immobilière effrénée de Phoenix, en Arizona, et l’appétit des agriculteurs californiens pour la luzerne, une plante lucrative et très gourmande en eau, qui nourrit le bétail plutôt que les humains.

« Qu’est-ce qu’on veut faire? », râle-t-il. « On veut construire des maisons ou on veut vendre de la luzerne? On ne peut pas faire les deux. »

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 27/08/2026

Photo de couverture
Charlène Descollonges, Pour une Hydrologie Régénérative 

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