« C’est dégueulasse » : mobilisés contre le début des travaux de l’A412 en Haute-Savoie, les opposants dénoncent « un passage en force »
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Les premiers travaux de déboisement ont débuté sur le tracé de l’autoroute A412 après la signature de l’autorisation environnementale. D’ici 2029, ce tronçon doit faciliter l’accès à Thonon-les-Bains et au Chablais. Mais sur le terrain, les opposants tentent toujours de retarder les engins dans l’attente de nouveaux recours.
Les arbres tombent les uns après les autres. Le chantier de l’A412, dite autoroute du Chablais, a démarré le 1er septembre avec les premiers travaux de déboisement sur plusieurs sites, notamment à Perrignier (Haute-Savoie). Un crève-cœur pour les opposants au projet, défenseurs de la nature, tenus à distance des engins de chantier.
« Il n’y a pas besoin de mots. C’est dégueulasse », s’indigne Anne Granget, agricultrice et membre du collectif Stop A412, des sanglots dans la voix. « Qu’est-ce qu’on en a à foutre de leur béton ? On veut juste vivre, bouffer, respirer. C’est honteux. »
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« Un scénario proche de l’A69 »
Depuis lundi, les opposants à l’A412 tentent par tous les moyens de retarder les travaux préparatoires, d’occuper ces bois placés sous haute surveillance, certains essayant de barrer le passage aux engins de chantier. Les associations dénoncent l’artificialisation de « 180 hectares d’espaces naturels et agricoles, dont 55 ha de zones humides et 70 ha de prairies d’AOP Reblochon. »
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« Si on commence à couper ces arbres, il y a une zone humide juste derrière, donc l’écosystème va péricliter. Ce n’est pas juste trois arbres, c’est tout un système », défend Frédéric Greffet, membre du même collectif d’opposants, qui prône « la désobéissance civile non violente ». Au total, 76 hectares doivent être déboisés. Six fermes sont directement menacées.
« C’est clairement un passage en force pour lancer les travaux, faire le maximum de dégâts possibles en attendant que la justice se prononce. On est sur un scénario proche de celui de l’A69 » entre Toulouse et Castres, estime la présidente de France nature environnement en Haute-Savoie (FNE 74), Anne Lassman-Trappier. « L’Etat et le concessionnaire se comportent comme des voyous parce qu’ils lancent les travaux sans respecter les délais de recours qui sont de deux mois. »
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Mise en service annoncée en 2029
L’A412 est un tronçon de 16,5 km censé raccourcir de 20 minutes le trajet entre Machilly et Thonon-les-Bains en désengorgeant les routes départementales. Un chantier à 340 millions d’euros porté par l’État et majoritairement soutenu depuis des années par les élus et acteurs économiques du Chablais.
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Amedea, la société concessionnaire, s’attendait à des intrusions. Au moins six opposants ont été interpellés cette semaine. « Dès lors que ces contestations nous empêchent et font de l’entrave à la réalisation du projet, il y a pour nous un objectif de déposer plainte, notamment pour des cas de dégradations qui ont eu lieu récemment », souligne Philippe Le Sénéchal, directeur opérationnel d’Amedea, filiale du groupe Eiffage.
Mais la plupart des engins de chantier sont bien en action après plus de deux ans d’études techniques, et le calendrier reste inchangé. « Tous ces travaux préparatoires, qui vont durer à peu près six mois, consistent à libérer les emprises pour permettre au chantier de démarrer, au printemps 2027, par les travaux de terrassement et les travaux de génie civil. (Les travaux) vont s’étaler quasiment jusqu’à la fin de l’année 2028 », ajoute Philippe Le Sénéchal.
La mise en service de l’A412 est toujours prévue en janvier 2029. Les associations environnementales s’apprêtent à déposer de nouveaux recours, notamment contre l’autorisation environnementale.
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