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Climat 

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Marche pour le climat : « On veut vivre, pas survivre »

Après un été éprouvant, rythmé par les vagues de chaleur et les incendies, et à quelques mois de l’échéance présidentielle, les mobilisations pour le climat ont rassemblé 100 000 personnes dans plus de 250 communes en France, selon les organisateurs. Reportage à Lyon et Paris.

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Lucie Delaporte et Estelle Levresse

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Paris, Lyon (Rhône).– « Qui peut encore vivre dignement dans les villes qu’on nous propose ? », interroge avec véhémence Karima, porte-parole du mouvement citoyen Pacte Lyon respirable. Place Jean-Macé, à Lyon, la foule était nombreuse : 10 000 personnes selon les organisateurs, sous un soleil de plomb pour la « marche climat » ce samedi 26 septembre.

À Lyon, ville dirigée par un exécutif écologiste, des dizaines d’associations, des intersyndicales et des partis de gauche et d’extrême gauche ont rejoint la mobilisation, avec un slogan phare : « On veut vivre, pas survivre. » Après un été marqué par plusieurs épisodes de chaleur intense et une sécheresse persistante, les organisateurs ont donné la parole à des personnes directement exposées aux effets du dérèglement climatique.

« Les responsables politiques sont là pour nous écouter et faire ce qu’on leur demande. On ne vote pas pour qu’ils puissent avoir leur petit siège ou faire leur petite vie. Ils sont là pour mettre en œuvre une ville respirable pour toutes et tous, poursuit Karima. Organisons-nous face à ce que nous subissons, face au fascisme, face au racisme, face à l’exclusion. »

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Marche pour le climat à Paris, 26 septembre 2026.
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« On les connaît, les solutions »

Dans la capitale rhodanienne comme dans plus de 250 communes de France, les cortèges ont défilé sous une même bannière conjuguant « le climat, le vivant, la paix et la justice sociale ». Léo, de l’intersyndicale Solidaires, réclame des mesures pour « la santé et la sécurité » ainsi qu’une taxation des plus gros pollueurs. La Coordination nationale des mineur·es isolé·es dénonce, elle, la fermeture par la métropole, passée à droite aux élections municipales de mars, de deux lieux d’hébergement d’urgence qui accueillaient cent deux jeunes.

La mobilisation entend aussi interpeller directement les responsables politiques. Militante d’Alternatiba venue de Villefranche-sur-Saône, Gaëlle Nourry-Gardien défend la nécessité de « changer le système, pas le climat ». « On est entrés en période de présidentielle. Tous les citoyens et toutes les organisations qui sont là sont légitimes à demander et à exiger des mesures concrètes, rapides. Ça fait des années qu’on les demande. On les connaît, les solutions », explique-t-elle à Mediapart, précisant que l’association mène campagne contre l’extrême droite.

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Parti de Jean-Macé, le cortège remonte l’avenue Jean-Jaurès, l’avenue de Saxe et le cours Lafayette dans une ambiance familiale avant de rejoindre les quais du Rhône. La présence policière est, selon plusieurs participants qui ont pris part aux deux rassemblements, bien différente de celle de la manifestation de la semaine précédente contre le « permis de tuer ».

Le lien entre urgence climatique et conditions de vie est très présent. Salomé Kara, 27 ans, militante de Locataires ensemble, résume : « La justice climatique doit être une justice sociale, parce que lutter contre la crise climatique, c’est aussi agir pour nos logements, nos quartiers et les conditions de vie de celles et ceux qui y habitent. »

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Si les manifestant·es se réjouissent surtout de se retrouver en nombre, plusieurs personnes interrogées par Mediapart placent peu d’espoir dans la prochaine échéance politique.

Gaëlle, mère de famille venue avec son mari, ses deux enfants, des amis et des collègues, n’en attend « pas grand-chose ». Cette habituée des marches pour le climat estime que « l’écologie devrait être un sujet central, parce qu’on n’a pas de deuxième planète et que c’est le futur de nos enfants, mais cela ne l’est pas, malheureusement ». 

Un peu plus loin, Babacar Ndiaye, étudiant de 20 ans, s’apprête à voter pour la première fois à une élection présidentielle, sans croire que le scrutin puisse réellement changer les choses. « Malheureusement, l’écologie n’a pas la place qu’elle mérite dans le débat public. Certains empires économiques parviennent à contrôler les débats de société. Les enjeux écologiques, économiques et sociaux, notamment la question de la répartition des richesses, sont pourtant centraux », estime-t-il.

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Dire son angoisse et sa colère

À Paris, visite du pape oblige, la marche climat a été réduite à un rassemblement statique place de la République. Moins dense qu’à la Concorde, la foule – quelques milliers de personnes, plutôt jeunes – n’en était pas moins déterminée à se faire entendre. « La planète vous la voulez bien cuite ou à point ? », brandit une jeune femme au milieu de pancartes dénonçant l’inaction d’Emmanuel Macron sur le climat ou la dette écologique laissée aux générations futures.

« C’est un peu dommage qu’on n’ait pas pu défiler dans Paris, cela aurait plus d’impact », regrette Angèle, 20 ans, étudiante en droit qui se réjouit néanmoins de voir sur la place « tous ces jeunes et mêmes des familles avec des enfants ». Se disant depuis longtemps intimement angoissée par le dérèglement climatique, elle trouve que la classe politique dans son ensemble n’a pas encore saisi l’urgence. « Cela reste trop souvent au second plan, même à gauche. Mais pour ma génération c’est vital. Moi j’essaie de changer mon comportement autant que possible : je ne prends plus l’avion, par exemple, mais l’échelle individuelle ne suffit pas. Pour contraindre les grandes entreprises polluantes, il faut des décisions politiques. »

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Venue avec elle, son amie Emma, 19 ans, avoue sa colère contre une classe politique qui n’a pas su éviter le désastre écologique en cours. « Quand j’étais à l’école primaire, on nous expliquait qu’il ne fallait surtout pas dépasser 1,5 °C de réchauffement climatique et là j’ai 19 ans et on les a déjà dépassés », s’étrangle-t-elle.

« Pas militantes, pas encartées », les deux amies assurent qu’il faut un « changement radical » et voteront à la prochaine élection sans se poser de question pour LFI, qu’elles estiment être le parti le plus cohérent sur l’écologie. « Parce que l’écologie sans lutte des classes c’est du jardinage », dit Angèle en riant.

Pierre, 61 ans, cadre, a toujours été « concerné par l’écologie, mais c’est vrai que ce qu’on a vécu cet été à Paris dans nos logements ç’a été affreux », raconte-t-il, évoquant sa voisine sous les toits qui faisait des crises de panique avec les chaleurs extrêmes. « À Paris, beaucoup de choses ont changé sur la voiture, la pollution de l’air. C’est quand même beaucoup mieux, donc on peut agir », assure celui qui se dit historiquement proche du Parti socialiste mais ne sait pas très bien pour qui il votera au printemps prochain.

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Laura et ses amies à la marche pour le climat à Paris, le 26 septembre 2026.
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Armée d’une petite pancarte « Climat, biodiversité = nos priorités », Laura, 29 ans, explique manifester aujourd’hui « pour la première fois ». « Cet été a été terrible. Il y a quatre ans, j’ai déjà vécu chez ma mère les incendies en Gironde. Ce sont des traumatismes. Là, j’ai vraiment senti qu’il fallait que je manifeste pas juste pour dire ma peine, mon angoisse, mais aussi ma colère », explique la jeune femme qui travaille dans une entreprise de réinsertion. Elle aussi attend que l’ère Macron avec son bilan « inexistant sur le climat » se termine. « Si je regarde les programmes, c’est celui de LFI qui est le plus ambitieux pour l’écologie », conclut la jeune femme alors que Jean-Luc Mélenchon vient d’arriver sur la place, flanqué de Mathilde Panot et Rima Hassan.

Après avoir discuté avec les militant·es d’Attac, et avant de rejoindre les militant·es de Vitry en lutte contre le nouvel incinérateur dans leur ville, l’insoumis, seul candidat à l’élection présidentielle aperçu par Mediapart à Paris (Marine Tondelier était à Arras, dans le Pas-de-Calais), s’arrête quelques instants pour expliquer sa présence. « Les vieilles plaques tectoniques sont en train de bouger : l’écologie politique a complètement refondé l’idéal de la gauche. Et là-dessus la droite n’a rien à proposer ! », assure celui qui reconnaît sa propre évolution sur le sujet.

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Sera-t-il possible d’inviter le climat à la table de la discussion budgétaire qui va s’ouvrir ? « Le gouvernement n’est prêt à aucune concession. Tout cela est une blague », balaie-t-il en comptant sur ses doigts les mois qui restent jusqu’à l’élection présidentielle. Il se félicite des mobilisations qui allient aujourd’hui l’écologie et le social et qui ont lieu un peu partout sur le territoire. « Comme en 1936, il y a eu cette énorme vague de mobilisation après la victoire du Front populaire », s’enflamme-t-il, même si à Paris, la marche pour le climat n’a rassemblé que quelques milliers de personnes. (…)

Lucie Delaporte et Estelle Levresse à suivre sur Mediapart

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Dans toute la France, des milliers de manifestants pour le climat : « J’aurais aimé qu’on soit plus nombreux, après l’été que l’on vient de passer»

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De Bordeaux à Paris, en passant par Rennes ou Die, 120 000 personnes, selon les organisateurs, ont pris part à 260 rassemblements « pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale ».

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Raphaëlle Besse Desmoulières, Benjamin Keltz (Rennes, correspondant) et Angela Bolis (Die [Drôme], envoyée spéciale)

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Marche pour le climat, la vie, la paix et la justice sociale à Dijon (Côte-d’Or), 26 septembre 2026.

« Votre Terre, vous la préférez bleue, saignante ou bien cuite ? », « Rejoignez le côté vert de la force », « Moins d’actionnaires, plus de Canadair », « Cuisson à l’étouffée »… Les canicules de cet été n’auront pas ôté le sens de la formule aux militants pour l’environnement qui ont défilé un peu partout en France, samedi 26 septembre. De Bordeaux à Paris, en passant par Rennes ou Die (Drôme), ils ont été des milliers – 120 000, selon les organisateurs – à se mobiliser « pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale ».

Plus de 260 rassemblements étaient annoncés à travers le pays. A Montpellier, la police a dénombré 2 000 personnes, 500 à Marseille. A Clermont-Ferrand, la marche a été interrompue par une voiture qui a forcé le cortège et fait quatre blessés légers. Dans la capitale, les manifestants se sont entassés sur une petite partie de la place de la République. En raison de la visite du pape, le défilé prévu s’est transformé en rassemblement statique en fin d’après-midi. La sono, peu audible au-delà des premiers rangs, laissait les discussions s’épancher sur ces mois de mai, juin, juillet et août, où les thermomètres se sont affolés alors que des forêts partaient en fumée.

Ancienne des Marches pour le climat, qui ont connu leur apogée à la fin des années 2010 avant de refluer, Elisabeth Le Coënt ne s’était plus mobilisée depuis un moment, mais cette fois, impossible de rester chez elle. Pendant la canicule de juin, son fils a eu un coup de fièvre à cause de la chaleur. « Il faut se rebouger », lance la directrice de production de 42 ans. Pourtant, elle se désespère de voir l’apathie qui règne autour d’elle. « Dans ma copropriété, les gens ont peur de faire une rénovation thermique, ils pensent que ça ne permettra pas de lutter contre la chaleur, voire que ce sera encore pire…, se désole-t-elle. Il y a tellement de désinformation. »

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Lors d’un rassemblement pour « le climat, le vivant, la paix et la justice sociale », à Paris, le 26 septembre 2026.

Si beaucoup étaient, comme elle, dans les précédentes manifestations pour le climat, d’autres les découvrent. Enveloppée dans une couverture de survie, Frédérique, qui a souhaité rester anonyme comme les autres personnes citées par leur prénom, est venue de Meudon (Hauts-de-Seine). « Je suis une mamie en colère. “Qui aurait pu prédire ?”, a déclaré le président de la République [Emmanuel Macron]. Mais ça fait cinquante ans qu’on le dit ! », s’exclame la retraitée de 72 ans. Celle qui affiche son vote pour l’écologiste René Dumont à la présidentielle de 1974 aimerait que « les gens réagissent, en particulier les jeunes ». C’est ce qu’a fait Marine, graphiste textile de 29 ans, pour qui c’est aussi une première. Mais elle se dit déçue. « Il n’y a pas autant de monde que j’espérais, soupire-t-elle. J’aurais aimé qu’on soit plus nombreux, après l’été que l’on vient de passer ! »

A Rennes, Joachim, 7 ans, marche dans le paisible mais dense cortège rassemblant quelque 5 000 manifestants. Grand sourire, il agite fièrement sa pancarte : « Egalité entre tous les êtres vivants, même les vers de terre ». Sa mère, Elise Robouant, 41 ans, affiche une mine plus grave. Habituée à participer aux mobilisations sociales, elle ressent « plus que jamais le besoin » de marcher pour le climat : « Il y a urgence. La succession de vagues caniculaires a provoqué chez moi une écoanxiété dont je ne suis pas vraiment sortie. »

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« Un plan Marshall pour le climat »

Traductrice en reconversion pour devenir institutrice, elle a été « choquée » par l’impact des vagues de chaleur en Bretagne : fermetures d’écoles, nuits tropicales éprouvantes, arrêts de certaines industries, menaces de coupure d’eau… « Ceux qui ont cru que la région était un refuge climatique se sont trompés. Le mythe est tombé. La Bretagne est moins bien préparée que d’autres territoires pour affronter les crises climatiques », insiste Elise Robouant.

A Die aussi, on se remet à peine des frayeurs de l’été. Environ 600 personnes ont défilé dans cette petite ville drômoise de 5 000 habitants. Sous un soleil encore plombant en ce début d’automne, la petite foule a déambulé au son d’une chorale et d’une fanfare, derrière deux tracteurs de la Confédération paysanne. Face aux manifestants, la montagne de Justin, roussie par les flammes, ravive le souvenir de l’incendie qui a ravagé plus de 4 500 hectares dans les monts du Diois en juillet, marquant fortement les esprits.

Ces événements ont servi de déclencheur pour Florian, ingénieur en rénovation énergétique de 29 ans : « Quand on voit les flammes descendre des montagnes quasiment jusque sur nos maisons, d’un coup, ça devient très concret, on est touchés dans sa chair. » Serge, menuisier de 58 ans, habitant d’un village voisin, a vécu une semaine dans les panaches de fumée, et trois mois avec des restrictions d’eau potable. « On voit les effets des sécheresses partout, sur l’eau, la végétation, les vignes, les feux… Aujourd’hui, on ne peut plus faire l’autruche et reporter la charge aux générations suivantes », estime-t-il.

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Lors d’un rassemblement pour « pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale », à Paris, le 26 septembre 2026.
Lors d’un rassemblement pour « le climat, le vivant, la paix et la justice sociale », à Montpellier (Hérault), le 26 septembre 2026.

Ils sont nombreux à penser que l’action du gouvernement n’est pas à la hauteur, alors que la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, doit remettre, le 30 septembre, au premier ministre, Sébastien Lecornu, ses propositions pour accélérer l’adaptation au changement climatique. Frédérique, la « mamie en colère » de la place de la République, n’en attend pas grand-chose. Pour elle, il faut changer d’échelle avec « un plan Marshall pour le climat ». François et Gaëlle, eux, Rennais de 67 ans et 64 ans, en veulent au chef de l’Etat, Emmanuel Macron. « En 2017, beaucoup pensaient que cet homme politique, jeune, incarnant un centre gauche technico-écolo, pourrait conduire les virages nécessaires à notre société… Il a échoué », déplorent-ils.

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« Un sentiment d’impuissance »

Quant à la présidentielle de 2027, elle ne soulève pas d’enthousiasme chez les personnes interrogées alors que certains candidats ont fait le déplacement. Jean-Luc Mélenchon était à Paris quand Marine Tondelier a défilé avec son nouveau-né à Arras.

« La présidentielle, je n’en attends pas grand-chose, glisse Marine, la graphiste textile croisée à Paris. Quelles promesses seront tenues ? Les changements ne viendront pas de là… » Elle ira tout de même voter, a priori, pour le chef de file de La France insoumise, car « c’est celui qui a le plus de chances d’accéder au second tour ».

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Sur la place de la République, les militants de l’« insoumis » ne ratent pas une occasion de glisser dans les mains des manifestants un tract à son nom. « C’est le seul qui a un programme écolo, juge Guilhem, Lyonnais de 47 ans, en week-end dans la capitale, qui se définit plutôt au centre. Le souci, c’est qu’il est très problématique par ailleurs… »

Et maintenant ? Comment continuer à se faire entendre quand les prix des carburants explosent et que les questions de pouvoir d’achat dominent tout ? Quelles suites donner au mouvement ? « Nos enfants tentent de nous convaincre qu’on peut encore agir en votant ou en manifestant, mais on éprouve un sentiment d’impuissance », souligne Donat, intermittente du spectacle de 49 ans, venue battre le pavé à Rennes avec Wendy, 47 ans. Les deux amies songent désormais à « muscler » leur engagement : « Défiler gentiment dans la rue, est-ce suffisant ? On doit trouver d’autres formes d’engagement. »

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Partout en France ce 26 septembre, nous nous sommes mobilisé-es pour la fin de l’inaction climatique, après un été cataclysmique auquel nous ne pouvons nous résigner.

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En un été, nous avons vécu les mois les plus chauds jamais mesurés, cinq épisodes caniculaires consécutifs avec 92 jours cumulés de vagues de chaleur, près de la moitié des cours d’eaux en situation d’assec, plus de 120 000 hectares brûlés dès la fin juillet, des océans surchauffés et 7000 ans de glaces de l’aiguille du midi qui ont fondu en quelques semaines.

Ce lundi 21 septembre, un départ de feu a été déclaré à Montclar-sur-Gervanne.

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J’entends ceux qui disent que nous nous adapterons, je vois que la Ministre de la transition écologique Monique Barbut a été invitée à préparer un plan d’adaptation de notre pays à +4°C. Je sais aussi qu’un tiers des agriculteurs sont en immense difficulté et sont à risque de mettre la clef sous la porte, que nous ne sommes qu’au début d’une crise sociale majeure entre la hausse des prix du carburant, et ceux de l’alimentation qui suivront, que nous ne verrons plus de notre vivant les forêts qui sont parties sous les flammes, comme les plus de 8100 personnes qui sont décédées dans notre pays, d’avoir eu trop chaud. D’avoir été, bien souvent, trop seules.

Il est urgent de sortir de nos dépendances aux fossiles. Il est urgent de tout faire, tout faire, pour atténuer les changements climatiques qui arrivent, comme il est urgent de s’adapter tant qu’on peut. Il en va non seulement du climat a venir, de l’état de la biodiversité, mais également de la vie digne d’une tres grand majorité de personnes. Cela restera toujours mon cap

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Ce samedi, j’étais à Paris, avec les collègues de mon groupe, pour redire tout cela à ceux qui nous entraînent dans le sens contraire.. et la bonne nouvelle, c’est qu’on était très nombreux-ses

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Marie Pochon, Députée de la 3e circonscription de la Drôme

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DrômePrès de 1 500 personnes défilent pour le climat et le vivant sur les boulevards à Valence

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Jérémie Lioux 
Le cortège a emprunté les boulevards et les rues piétonnes. Photo Jérémie Lioux
Le cortège a emprunté les boulevards et les rues piétonnes.
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Le mouvement citoyen 26 septembre.org, appuyé par de nombreuses associations de défense de l’environnement ainsi que le PCF, le PS, Les Écologistes et la Confédération paysanne, a organisé une marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale samedi 26 septembre.

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À Valence, le cortège composé de près 1 500 personnes a emprunté les rues piétonnes et les boulevards pour faire entendre sa voix. Certains d’entre eux avaient fait le déplacement en famille, avec enfants. À noter la présence du député PS Paul Christophle et de la conseillère régionale écologiste Maud Grard.

À noter que cette marche était un appel sur le plan national pour dénoncer l’inaction de l’État pendant les canicules de l’été et exiger des plans d’urgences à la suite des nombreux feux de forêt, dont celui qui a embrasé le Diois. Une lettre ouverte à destination d’Emmanuel Macron dans ce but a récolté plus de 55 700 signatures.

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Jérémie Lioux  pour le D.L.

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Samedi 26 septembre marchons partout en France pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale

La lettre

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Monsieur le Président de la République,

Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher.

Qui aurait pu prédire que plus de 7 300 personnes mourraient de la canicule cet été, sans que rien ne s’arrête ?

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Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?

Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions ?

Qui aurait pu prédire que des millions d’animaux d’élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d’abord, entassées sous des toits de tôle, et qu’il faudrait rouvrir les fosses d’enfouissement de 2003 ?

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Qui aurait pu prédire que d’innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu’aucun décompte ne soit seulement tenté ?

Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?

Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu’il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l’accès aux ressources énergétiques et minières ?

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Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit.

  • Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu’on en doute.
  • Le GIEC (Groupe d’expertes et d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) avait prédit, depuis 1990.
  • À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es.

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Nous nous sommes mobilisé·es

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.

Sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat, et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et des travailleuses pauvres de notre pays.

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Aux côtés des exilé·es et déplacé·es, notamment à cause des dérèglements climatiques et des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d’origine.

Contre les méga-bassines, pour que l’eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. À deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d’ajustement.

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Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous avez dit que nous exagérions, puis que nous étions des radicaux, puis des écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d’euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d’eau.

Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes.

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Nous exigeons un plan d’urgence

Parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales. Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des EHPAD où l’on ne meure pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu’on ne s’adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et les paysans sinistrés, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe.

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Nous exigeons un plan d’adaptation

Parce qu’aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l’ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée, des passoires thermiques et du parc social, pour que l’isolation cesse d’être un privilège. Des forêts protégées et restaurées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser.

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Nous exigeons un plan d’atténuation

Parce qu’on ne s’adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu’on continue d’alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance.

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Pour payer ces trois plans

Nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit.

  • Les superprofits des énergies fossiles, taxés dès la loi de finances 2027.
  • Les superprofits de l’armement, dont les carnets de commandes n’ont jamais été aussi pleins.
  • Un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d’euros par an.

Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d’autre que ce que ce pays réclame.

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Le samedi 26 septembre 2026

Partout en France, dans les métropoles et dans les bourgs de mille habitants, dans les centres-villes et dans les quartiers, nous serons dans la rue.

Marchons pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale.
Marchons pour la justice écologique et pour la justice sociale.
Marchons pour les vivantes et les vivants, humains et non humains.

Marchons pour qu’on suive enfin les scientifiques, et qu’un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation soit engagé sans attendre un été de plus.

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MCD
Le média citoyen des Dioises et des Diois
04 75 21 00 56

 

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