Pomas: « Tout a foutu le camp » avec la tornade, sauf la solidarité vigneronne qui aide à reconstruire
e soir, vendredi 18 septembre, les verres d’une centaine de convives se lèveront pour une bonne cause à Bram (Aude). À partir de 18 heures, le tiers-lieu du village organise une soirée de soutien à Sofi Bataillard et Julien Veyret, les vignerons du Plateau du Cascal à Pomas, dont la maison et le chai de vinification, où étaient déjà encuvés les deux tiers de leur récolte, ont été dévastés par la tornade du 24 août. L’intégralité des bénéfices du repas et de la buvette leur sera reversée.
Trois semaines après l’évènement, Sofi Bataillard raconte que son couple « vit toujours dans l’urgence » tout en étant « très soutenu. » La cagnotte en ligne lancée pour permettre aux vignerons de passer les premiers mois a déjà récolté près de 33 000 euros. L’argent aidera au remplacement du pressoir, « dont la cage, le chariot et la maie sont en vrac », des cuves en résines percées, des petites cuves inox pliées, du tapis de la sauterelle. Il servira aussi aux réparations des tracteurs pour lesquels « l’assurance a fait sauter l’évènement climatique », enrage Sofi Bataillard.
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Des vins à Alairac, d’autres à Brugairolles
Les vignerons se sont relevés les manches pour tout déblayer le week-end du 5 septembre, avec l’assistance d’une vingtaine de bénévoles recrutés par l’association Corbières Solidaires Grand Feu et la Confédération paysanne. Ils ont pu stocker leurs palettes dans l’ancienne cave d’un confrère à Alairac et font fermenter leurs vins « nettoyés, filtrés et exceptionnellement sulfités » dans un domaine à Brugairolles. « Les Douanes ont accepté de nous ouvrir de nouveaux entrepôts pour nous offrir de la souplesse. Nous avons beaucoup apprécié », rapporte Sofi Bataillard, qui a moins aimé le refus de son ancienne cave coopérative de réceptionner la récolte des deux hectares de cabernet-franc qui était encore sur pied lors du passage de la tornade. « Nous avons dû brader les raisins à 0,50 €/kg, leur coût de revient. »
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Pour éviter de sacrifier du temps sur la commercialisation au détriment des chantiers et de l’administratif, le couple prévoit d’ouvrir un site de vente en ligne le 24 septembre. « www.tornadaude.fr. Il sera possible d’y faire des précommandes livrées par palette dans cinq villes de France, à récupérer après les vacances de la Toussaint et avant le 11 novembre », annonce Sofi Bataillard, hébergée par des amis le temps de pouvoir regagner sa maison, située dans l’enceinte du château de Pomas. Ce dernier menace de s’effondrer, mais ne sera pas mis en sécurité avant le premier semestre 2027. « Nous devons refaire la toiture, mais attendons pour que l’assurance ne considère pas le logement habitable, alors que nous n’avons pas le droit d’y accéder. On a la tête qui fume », résume-t-elle.
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« Les pauvres, je ne sais pas comment ils font en ce moment », s’inquiète leur confrère Pierre Lacube, qui n’a lui-même pas été épargné par la tornade. Le viticulteur a perdu quatre de ses huit bâtiments, dont un poulailler et une ancienne cave de 160 m² où « le toit, la charpente, les poutres de 6 mètres de long, tout a foutu le camp ». Malgré ce lourd bilan, Pierre Lacube estime pourtant « avoir eu du bol. » Sa maison, située à l’extrémité du village, a tenu bon et sa récolte a pu être sauvée grâce à la mobilisation de 150 membres du Syndicat des Vignerons de l’Aude, venus dès le 30 août relever les piquets et évacuer les débris sur huit hectares pour permettre le passage de la machine à vendanger. Une « chance » que n’ont pas eue quatre autres propriétaires, dont les raisins ont été « aspirés » par la tornade sur « une vingtaine d’hectares au moins. »
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Pierre Lacube a convoyé ce 15 septembre sa dernière benne de cabernet sauvignon chez Anne de Joyeuse, à Limoux, et va désormais souffler quelques semaines avant d’entamer la réfection complète de son palissage. « Tous les piquets sont fichus, les galvanisés comme les cornières. J’en ai au moins pour 20 000 euros de matériel et un nombre incalculable d’heures de travail. Je m’attèlerai à ce chantier pendant la taille, ligne après ligne, avec l’aide de mon épouse et de mon salarié. » La tornade n’aura duré que quelques minutes, mais la reconstruction prendra des mois.



Le chai du domaine Plateau du Cascal après la tornade.

Les vignes de Pierre Lacube après la tempête.
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https://www.vitisphere.com/actualite-107354-on-a-la-tete-qui-fume-les-vignerons-de-pomas