« C’est la jeunesse d’or, la jeunesse la plus importante, c’est la GenZ quoi. » Sur le campus de l’Université de Paris-Est Créteil (UPEC), Anna manifeste une pancarte « Jeunesse dorée » à la main. L’étudiante est très fière de faire partie de la Gen Z, et elle est loin d’être la seule. Sur les blocus lancés par les lycéens et rejoints par des étudiants, les jeunes n’hésitent pas à revendiquer leur appartenance à cette génération qui désigne les personnes nées entre la fin des années 90 et le début des années 2010. Un mouvement qui n’est pas sans rappeler le soulèvement de la même génération dans des pays du Sud, comme le Kenya, le Népal, le Maroc, le Pérou ou Madagascar.

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Le lien avec ces autres mobilisations est d’ailleurs affiché, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article. Bien que les revendications et les conditions dans lesquelles ont eu lieu ces différents soulèvements diffèrent, la jeunesse française exprime une solidarité avec celle des autres pays.

Au-delà des différences, Paolo Stuppia, spécialiste des mouvements sociaux de la jeunesse et co-auteur de « Géopolitique de la jeunesse : Engagement et (dé) mobilisations » (Éditions Cavalier bleu), identifie plusieurs éléments propres à la Gen Z.

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Une vision plus systémique

« Il y a cette idée de génération interconnectée mais aussi ultra-connectée où on a des choses qui se passent en temps réel et qu’on peut transmettre d’un bout à l’autre de la France comme d’un bout à l’autre de la planète, » analyse le sociologue. La connexion de cette génération fait aussi que les crises se vivent en temps réel, et qu’un blocage diffusé sur un réseau social va favoriser sa duplication. Outre son statut de génération ultra-connectée, la GenZ partage aussi un sens de l’humour et de nombreuses références.

Les différents mouvements de la jeunesse à travers le monde ont aussi en commun de ne pas s’arrêter aux revendications premières et matérielles mais d’avoir une vision plus systémique selon Paolo Stuppia. « À côté des revendications dans les manifestations, on retrouve aussi des raisonnements sur les autres crises qui touchent cette jeunesse, comme la baisse du pouvoir d’achat et les crises qui touchent le futur économique et donc l’entrée dans le marché du travail. Elle est aussi soumise à une crise environnementale qui contribue à alimenter ce sentiment d’horizon bouché. Il y a les crises géopolitiques, notamment la question de Gaza qui est remise, aussi en lien avec tout ce qui les touche. »

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Mais s’ils sont fiers de faire partie de la GenZ cela ne les empêche pas de faire référence à d’autres générations, notamment celle de mai 68. D’ailleurs le mouvement est parti de lycéens dont une partie n’appartient pas à la génération Z mais Alpha. Avec les blocus en France, des appels à manifester ont été lancés par la GenZ dans d’autres pays européens, comme la Belgique, l’Italie ou encore l’Allemagne.

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Émilie Garcia sur https://www.huffingtonpost.fr/