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Alors que les températures continuent de grimper dans le monde, les conséquences sur la santé sont de plus en plus meurtrières. Près de 3 millions de personnes sont mortes des conséquences des effets de la chaleur due au changement climatique entre 2016 et 2023, selon un rapport publié ce mercredi 28 octobre dans la revue médicale The Lancet.

Ce bilan pousse les scientifiques à réclamer la reconnaissance du réchauffement de la planète comme une « urgence sanitaire mondiale » auprès de gouvernements qui ne réagissent pas assez vite.

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Le constat est d’autant plus inquiétant que la mortalité liée à la chaleur continue de progresser. En 2023, elle a atteint un record de 710 000 décès dans le monde – un chiffre supérieur à la mortalité du paludisme ou du VIH par exemple.

Pour mesurer l’impact des vagues de chaleur de plus en plus nombreuses et intenses, les scientifiques ont comparé les décès recensés avec celles qui auraient eu lieu sans réchauffement climatique. Leurs travaux montrent que les températures élevées, déjà dangereuses pour la santé, deviennent bel et bien plus meurtrières à mesure que la planète se réchauffe.

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Des pertes de plus de 1 000 milliards de dollars par an

« Dix ans après l’Accord de Paris, nos conclusions sont sans ambiguïté : les effets néfastes du changement climatique sur la santé progressent plus vite que la réponse mondiale à ces effets », a alerté Marina Romanello, directrice exécutive du projet, lors de la présentation du rapport. Et les mesures prises pour protéger les populations sont insuffisantes selon ces chercheurs.

Pour inverser cette tendance, les scientifiques demandent aux États de considérer le changement climatique comme une urgence sanitaire mondiale, afin de coordonner leurs politiques et de financer l’adaptation des systèmes de santé. L’idée serait de mettre en place une réponse internationale comparable, dans son organisation, à celle déployée lors des pandémies par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), mais pensée sur le long terme.

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Car les effets du réchauffement ne se limitent pas aux décès. La chaleur rend aussi certaines activités professionnelles plus difficiles, réduit la productivité et pèse lourdement sur les économies. Ces trois dernières années, les pertes liées à ce phénomène ont dépassé 1 000 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale.

Des efforts « trop lents, trop modestes »

Certaines mesures commencent pourtant à porter leurs fruits. Depuis 2016, 56 pays ont adapté leur système de santé aux risques climatiques, tandis que des dispositifs d’alerte permettent de mieux anticiper les événements météorologiques extrêmes.

La réduction de la pollution atmosphérique liée aux énergies fossiles aurait également permis d’éviter quelque 323 000 décès dans au moins 77 pays. Et les investissements dans les énergies propres ont atteint 2 100 milliards de dollars en 2025, soit deux fois plus que ceux consacrés aux combustibles fossiles.

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Mais ces avancées restent limitées face à l’ampleur du problème. Les énergies fossiles représentent toujours 80 % de l’énergie mondiale et la pollution atmosphérique qui leur est associée provoque encore 2,73 millions de morts chaque année.

Les inégalités se retrouvent jusque dans les moyens consacrés à la recherche. Malgré une multiplication par sept des financements de la recherche médicale sur le climat, 84 % des fonds bénéficient aux chercheurs des pays riches, alors que les pays les moins développés sont parmi les plus exposés.

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Des efforts « trop lents, trop modestes », qui « ne profitent pas à ceux qui en ont le plus besoin », regrette Marina Romanello qui souhaite profiter de la COP31 le mois prochain pour alerter les gouvernements.

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