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«C’est la répression policière qui a participé à l’escalade de la violence» : pourquoi la mobilisation lycéenne s’embrase

Critiqué pour ses débordements, le mouvement de contestation s’appuie parfois sur des formes de violence que certains élèves rejettent. La plupart pointe l’escalade provoquée par la police et souligne que leurs revendications sont désormais entendues.

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Mobilisation lycéenne de 2026
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high school students holds a placard which reads as ‘Liberty, Equality, Schooling’

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 05/10/2026
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Il a suffi de quelques jours pour que le mouvement s’embrase. D’un côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pointe «une violence débridée» aux abords des lycées bloqués. Partout en France, selon un bilan de Beauvau, 5 060 personnes ont été interpellées depuis le début de la mobilisation lycéenne, tandis que 24 établissements ont été «incendiés ou saccagés» et 78 personnels de l’Education nationale ont été blessés, selon le ministère. De l’autre, les organisations lycéennes, les syndicats enseignants et les associations de parents d’élèves alertent sur l’usage disproportionné de la force par les policiers. Six enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN pour des violences commises à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Sevran (Seine-Saint-Denis), Argenteuil (Val-d’Oise), Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), Tours (Indre-et-Loire) et Lens (Pas-de-Calais) – où un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement ce lundi.
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A l’aube de «l’acte 3», promis par l’Union syndicale lycéenne ce mardi 6 octobre, la crainte que la violence monte d’un cran gagne du terrain. Estimant que «le devoir est d’aider et de protéger nos jeunes», Jean-Luc Mélenchon a ainsi proposé «de disposer des [personnes portant des] casques blancs ou des brassards blancs autour et dans les manifestations». Sur WhatsApp ou Signal, des groupes de parents d’élèves se structurent pour investir les parvis des lycées et faire tampon entre les adolescents et les forces de l’ordre.

Il faut dire que depuis une semaine, des vidéos d’une grande violence inondent les réseaux sociaux. A Belfort, deux lycéens de 15 et 17 ans ont été mis en examen pour violences aggravées après le passage à tabac d’un policier vendredi. Le plus âgé a porté plainte pour «tentative d’homicide volontaire» contre ce même policier, qui aurait tenté de le noyer dans une rivière au cours de l’arrestation. La veille, à Marseille, un adolescent de 15 ans, élève au lycée Colbert, a brûlé une femme au visage avec un spray aérosol et un briquet. Il a été déféré en vue de sa mise en examen par un juge d’instruction du chef d’«acte de barbarie».

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«Des violences politiques, économiques, symboliques»

Au lycée André-Argouges de Grenoble, où la mobilisation a dégénéré aux alentours de 8 h 30 jeudi dernier, des adolescents vêtus de noir ont escaladé un bâtiment pour s’introduire dans l’établissement et le dégrader. «Je suis à la limite d’accord avec le fait de tirer du mortier [d’artifice], de brûler des poubelles… Mais rentrer dans le lycée et tout casser alors qu’on demande justement plus de moyens et du matériel de meilleure qualité, je ne cautionne pas», commente Titouan, élève de première en sciences et technologies du design et des arts appliqués.

A l’en croire, deux blocs se font désormais face devant le lycée. «Depuis la semaine dernière, c’est tous les jours pareil : les bloqueurs manifestent leur mécontentement devant les grilles le matin puis des casseurs viennent, se servant du blocus comme prétexte pour tout casser», analyse-t-il. Selon lui, le groupe de jeunes serait composé d’adolescents «entre 14 et 17 ans», non scolarisés dans l’établissement. Même s’ils sont minoritaires, Titouan craint que ces derniers ne «donnent une mauvaise image des bloqueurs ou décrédibilisent la mobilisation».

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Le sociologue spécialiste des mouvements sociaux Patrick Vassort nuance : il n’y aurait pas «d’un côté les lycéens et de l’autre les casseurs décérébrés qui agiraient sans raison». Selon lui, la réalité est «plus complexe» que «ce fantasme du black bloc». «Oui, des lycéens vont devant d’autres établissements. C’est une manière d’être moins identifiable par les autorités et de montrer leur solidarité avec d’autres élèves», explique-t-il. Pour le sociologue et maître de conférences à l’université de Lille Eric Marlière, «il n’y a jamais de violence gratuite. Elle provient d’autres formes de violences : institutionnelles, politiques, économiques, symboliques…»

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La semaine dernière, Matignon affirmait que la contestation en cours était une «manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultragauche». Une affirmation jamais étayée. Qui sont donc les «casseurs» dénoncés par le gouvernement ? Les chiffres du ministère de la Justice font état de 87 % de mineurs parmi les personnes interpellées.

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Ce matin à Bordeaux.
Ce matin à Bordeaux
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Si elle «ne tolère pas» les actes violents, Pomme (le prénom a été modifié), élève en seconde au lycée Jean-Monnet de Saint-Etienne, reconnaît que cela reste parfois la dernière option pour se faire entendre : «Ce n’est qu’à partir du moment où on a parlé de tous les débordements qu’on a commencé à nous écouter !» Toujours est-il que ceux-ci ne doivent pas orienter le débat ailleurs et occulter les revendications, «légitimes», des lycéens, estime-t-elle. «On se démène pour mener des actions pacifiques depuis des jours. Pourquoi ne pas médiatiser ça plutôt qu’une poubelle qui brûle ?»

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«On se fait encercler comme des animaux sauvages»

Devant leur lycée d’Ile-de-France ce lundi 5 octobre, une dizaine de copains, élèves de première ou de terminale en filière générale ou professionnelle, promettent que demain «ça va être l’enfer». Engrené par les vidéos sur les réseaux sociaux, le petit groupe se chauffe. «Sur Snap, sur Telegram, ça s’organise et ça part dans tous les sens !» assure l’un d’eux. Difficile de savoir si leurs propos sont sérieux, mais l’un d’entre eux suggère d’apporter des feux d’artifice pour en tirer contre la police. Un autre dit vouloir ramener de l’essence. Quand ils parlent des interventions policières des derniers jours, le ton change : «Nous, on fait ça bien, on est gentils. Mais on se fait encercler comme des animaux sauvages, vous voulez qu’on fasse quoi ? Faut bien qu’on se défende.» Un autre raconte les lacrymos : «Je suis rentré chez moi, je voyais plus rien. Vous croyez que je vais pas réagir derrière ?»

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Ce qui frappe dans la mobilisation lycéenne, c’est la rapidité avec laquelle les tensions sont montées. «C’est la répression policière qui a participé à l’escalade de la violence», considère le sociologue Patrick Vassort. «Une grenade lacrymogène à bout portant dans le visage d’un lycéen [le 28 septembre à Saint-Ouen-l’Aumône], ça met le feu aux poudres. C’est évidemment toujours choquant de voir quelqu’un qui se fait frapper à terre. Mais contre la violence, la non-violence ne vaut rien.»

A Tours, le jeune homme blessé mercredi par un potentiel tir de lanceur de balles de défense a perdu l’usage de son œil droit. Ce lundi à Lens, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement. Plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l’homme, accusent le gouvernement de «réprimer» les lycéens avec une brutalité «disproportionnée». A Beauvau, Laurent Nuñez assure que les forces de l’ordre «ne répriment pas la jeunesse» mais «protègent» élèves et étudiants désireux de «porter pacifiquement leurs revendications».

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«Humiliation institutionnelle et injustice»

A la vue des policiers, Chris (le prénom a été modifié), élève de seconde au lycée Jean-Macé de Vitry sur Seine (Val-de-Marne) bouillonne. «Venez si vous avez les couilles !» lançait-il jeudi dernier, déçu que l’équipe qui patrouillait ne soit pas restée sur les lieux et n’ait pas envoyé de renfort. Prêt à en découdre, il disait vouloir à tout prix «les caillasser». Comment expliquer cette rage ? «C’est un ras-le-bol et les jeunes s’en prennent à tout ce qui représente l’Etat et l’institution. L’école et la police sont pour eux les lieux de la sanction, de l’humiliation institutionnelle et de l’injustice», analyse le sociologue Eric Marlière.

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A Rouen, Clermont-Ferrand ou Saint-Etienne, des proviseurs ont été agressés en marge des manifestations. «On condamne ces violences, bien sûr. Mais elles peuvent s’expliquer par le fait que les proviseurs et les enseignants sont les premières figures, les premiers représentants de l’Etat auxquels les jeunes sont confrontés au quotidien», indique Ryad Rani, le président de l’Union syndicale lycéenne. Et selon le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, elles sont commises «généralement par des personnes extérieures» aux lycées concernés.

La mobilisation lycéenne est-elle plus violente que les précédentes ? De l’avis du sociologue Patrick Vassort, pas nécessairement : «Toutes les manifestations ont toujours comporté une certaine violence. Les révoltes lycéennes et étudiantes de 1968, 1973 et 1986 ne l’étaient pas moins.»

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 05/10/2026
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 06/10/2026
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« Un même sentiment de malaise » : pourquoi la mobilisation lycéenne de 2026 rappelle celle des années 1990

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Le malaise actuel des lycéens, qui manifestent de manière inédite depuis deux semaines, s’ancre dans une crise du sens des études commencée en 1990.

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Lors des manifestations de 1990 et 1998, les lycéens dénonçaient déjà la vétusté de leurs locaux, le nombre d’élèves par classes ou le manque de surveillants. Photo by Ivan Lattay / AFP

Lors des manifestations de 1990 et 1998, les lycéens dénonçaient déjà la vétusté de leurs locaux, le nombre d’élèves par classes ou le manque de surveillants.
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• La mobilisation lycéenne actuelle, inédite depuis les années 1990, s’ancre dans une crise du sens des études.
• Comme dans les années 90, les lycéens dénoncent des conditions d’étude dégradées et une génération sans avenir.
• Pour les deux périodes, les réponses gouvernementales sont également jugées insuffisantes.

Bis repetita trente ans plus tard ? La mobilisation lycéenne de ce mardi 6 octobre est annoncée comme inédite depuis plusieurs décennies. Après deux semaines de blocus devant les établissements scolaires, l’Union syndicale lycéenne a promis un « acte III », ancrant le mouvement parmi les grandes manifestations lycéennes.

En dépit des fermetures d’établissements, les lycéens veulent remettre sur le devant de la scène leurs revendications, en partie occultées par les débats sur les violences qui ont émaillé les manifestations. Les étudiants dénoncent pêle-mêle la vétusté des bâtiments, le manque d’enseignants, les classes et les emplois du temps surchargés.

En une dizaine de jours, le mouvement parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil, dans le Val-de-Marne, a fait tache d’huile jusqu’à mobiliser 564 lycées vendredi 4 octobre, sur les 3 700 établissements du pays. Une mobilisation qui rappelle les précédents lycéens des automnes 1990 et 1998, qui avaient pris de court le monde politique. « Il y avait le même sentiment de malaise lycéen », confirme au HuffPost François Dubet, professeur émérite de sociologie à l’université de Bordeaux et spécialiste de la jeunesse et des mouvements sociaux.

Les trois mouvements ont en commun, à plusieurs décennies d’écart, d’avoir émergé de manière impromptue, non pas en opposition à une réforme annoncée comme en 2005 pour le CPE ou en 2018 sur le baccalauréat, mais à cause d’un ras-le-bol des lycéens sur leurs conditions d’étude.

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Les mêmes revendications

« Il n’y a pas de prétexte, d’objectif particulier. Le mouvement naît des profs absents, des salles insalubres, comme en 1990 », résume François Dubet sur la mobilisation de 2026. Les revendications actuelles vont de pair avec celles des aînés. Les étudiants de 1990 et 1998 dénonçaient déjà la vétusté de leurs locaux, le nombre d’élèves par classe ou le manque de surveillants, a retracé l’INA. À ces exigences, s’ajoutait, lors de la mobilisation de 1990, la question de l’insécurité dans les lycées après le viol d’une lycéenne au lycée Auguste-Blanqui à Saint-Ouen.

Comme les lycéens de 1990, les adolescents de 2026 partagent aussi l’impression d’appartenir à une génération sans avenir. Plusieurs pancartes ont fait référence, dans les blocus, à la plateforme Parcoursup, jugée trop stressante par de nombreux lycéens.

« Il y a un aspect existentiel, qui a débuté dans les années 1990 et qui s’est accentué depuis, notamment avec la crise économique. Les élèves sont convaincus qu’on ne s’en sort pas en dehors des diplômes, et en même temps que le jeu des diplômes ne paye plus. La culture scolaire n’est plus non plus perçue comme émancipatrice », explique le sociologue, auteur de L’hypocrisie scolaire : pour un collège enfin démocratique.

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Un rapport bien différent à la violence

Les mouvements s’amplifient ensuite, dans les années 1990, en réaction au manque de considération des gouvernements. En 1990 comme en 1998, les premières réponses apportées par Lionel Jospin et par Claude Allègre sont jugées insuffisantes par rapport aux nombreuses revendications des lycéens, rappelle l’INA.

« Il y a une incompréhension politique face aux revendications, qui sont multiples, parfois floues, un sentiment qu’on retrouve en partie aujourd’hui. Le ministre, quel qu’il soit, ne peut pas garantir dès le lendemain des classes refaites, des emplois du temps revus. C’est un casse-tête », souligne François Dubet. 100 000 lycéens sont dans la rue le 5 novembre 1990, puis 200 000 le 12 novembre, selon les organisateurs. Huit ans plus tard, jusqu’à 500 000 élèves manifestent le 15 octobre 1998.

Mais, « dans les années 1990, il n’y avait pas autant de violences du côté des jeunes – l’aspect blocus par exemple – tout comme la police n’était pas aussi brutale », affirme le sociologue sur la comparaison entre les deux générations.

Dans les pages du Monde, le politologue Robi Morder a aussi souligné « l’envoi systématique de la police et le nombre d’interpellations assez inédit pour un mouvement lycéen d’ampleur nationale ». Pour François Dubet, la répression policière risque bien d’alimenter la colère des lycéens, alors que les précédents mouvements avaient duré plusieurs semaines.

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Une situation qui s’est en partie dégradée depuis 1990

Depuis les revendications des années 1990, la situation des lycéens n’a par ailleurs pas tant évolué. « Sur le plan matériel, il est difficile d’affirmer si la situation des lycéens s’est détériorée depuis les années 1990, souligne le spécialiste. Il y a un plus grand nombre de classes plus petites, des lycées neufs, mais des emplois du temps plus lourds. » D’après Le Monde, l’enseignement secondaire public compte aujourd’hui moins de professeurs qu’en 2008, mais scolarise 250 000 élèves de plus.

« Ce qui s’est pour sûr détérioré, c’est le rapport aux études, au diplôme et le fait qu’on ne croit plus à l’égalité des chances. Les jeunes voient les inégalités », pointe François Dubet.

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Dans les années 1990, les mouvements lycéens avaient pris fin lorsque les gouvernements avaient annoncé des plans d’urgence débloquant chacun plusieurs milliards de francs – 4 milliards en 1990 et 4,5 milliards en 1998 selon l’INA -, des recrutements de personnels, une rénovation de bâtiments et la création d’instances de discussions entre lycéens et enseignants.

Les annonces du ministre de l’Éducation actuel Édouard Geffray se résument, jusqu’à présent, à une « grande plateforme de concertation », au retrait du projet d’instauration de droits d’entrée pour les BTS aux étudiants non boursiers et à la promesse d’échanges sur les revendications lycéennes. Pas sûr, au regard de l’histoire, que ces propositions suffisent donc à calmer la colère.

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À quoi faut-il s’attendre pour « l’acte III » de la mobilisation des lycéens ce mardi ?

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Les organisations étudiantes ont appelé à la manifestation ce mardi 6 octobre, rejointes par les syndicats de l’Éducation nationale et les forces politiques de gauche.

Les organisations étudiantes ont appelé à la manifestation ce 6 octobre 2026 pour « l’acte III » de la mobilisation, rejointes par les syndicats et les forces politiques de gauche. (Photo d’illustration à Paris)

Les organisations étudiantes ont appelé à la manifestation ce 6 octobre 2026 pour « l’acte III » de la mobilisation, rejointes par les syndicats et les forces politiques de gauche.
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C’est « l’acte III » du mouvement. Des dizaines de milliers de lycéens vont de nouveau manifester ce mardi 6 octobre partout en France pour des moyens et une place nouvelle pour la jeunesse, sous haute surveillance des autorités et du gouvernement qui ne parviennent pas à baisser la température après plusieurs jours de tensions, des dégradations et des cohortes de blessés.

Leur mobilisation sera rejointe par de nombreuses autres organisations syndicales et des forces politiques.

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Des manifestations un peu partout en France

Après « l’acte I » ce mardi 29 septembre au jour de la mobilisation nationale de la fonction publique, puis « l’acte II » le jeudi 1er octobre avec plus de 900 actions et blocages recensés dans le pays, « l’acte III » de ce mardi 6 octobre sera marqué par des manifestations plus classiques lancées à l’appel des organisations lycéennes.

L’Union syndicale lycéenne a appelé à un « acte III massif, prudent et déterminé dans tous les lycées du pays ». L’Union étudiante liste sur son site une trentaine de manifestations à travers le pays, dont à Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Rennes ou Lille.

Pour la manifestation dans la capitale, qui doit débuter à partir de 14 heures, entre 20 000 et 40 000 participants sont attendus.

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Des mouvements lycéens… mais pas que

L’appel à la manifestation lancé par les organisations lycéennes a été suivi par d’autres mouvements. Ils ont notamment reçu le soutien d’une intersyndicale de l’Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires) qui a appelé à « tous les personnels et étudiant·es à rejoindre massivement les actions organisées notamment le 6 octobre prochain y compris par la grève ».

« Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens. […]  Nous avons été scandalisés de ce que nous avons vu depuis dix jours et de cette répression inédite que le gouvernement a organisée », a déclaré de son côté sa responsable Sophie Binet. Alors que la confédération de l’énergie de la CGT était déjà en grève ce mardi, l’organisation syndicale appelle sur son site à « rejoindre les manifestations organisées partout en France ».

La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, classé à gauche, a également appelé les agriculteurs à faire « converger » les « colères » et à rejoindre la mobilisation des lycéens avec leurs tracteurs.

Au niveau politique, les principales forces de gauche (La France insoumise, le Parti socialiste, les Écologistes et le PCF) ont aussi appelé à rejoindre la mobilisation. Plusieurs personnalités, comme la députée écologiste Pouria Amirshahi ou le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon ont également insisté pour que les adultes protègent la mobilisation des plus jeunes, notamment en portant un « casque blanc ».

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Des blocages qui se poursuivent

En parallèle des manifestations, les mouvements de blocage de lycées ne devraient pas s’arrêter. À Paris, la préfecture a interdit les rassemblements devant une quarantaine de lycées via un arrêté. « Un peu plus de 200 lycées seront fermés et/ou en distanciel » en Île-de-France, a indiqué la région. À Nantes, les lycées privés de la métropole n’ouvriront pas leurs portes ce mardi, tandis que les établissements seront également fermés à Tours, à Toulouse, en Alsace et ailleurs.

Lundi, le nombre d’établissements perturbés – 589 – était en baisse au regard de la mobilisation de vendredi – « presque 800 » – selon le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray.

Les universités se joignent également toujours plus au mouvement. « On appelle à massivement bloquer tous les lieux d’études pour être en capacité de continuer à faire grandir la mobilisation et se retrouver avec une convergence des lycéens, lycéennes, étudiants, étudiantes, mais aussi des travailleurs et des travailleuses, d’autres secteurs qui commencent à nous appuyer », a expliqué Eloïse Lefebvre-Milon, de l’Union étudiante, qui recensait une trentaine de sites universitaires bloqués déjà lundi.

Le gouvernement toujours plus sous pression ? 12 jours sans conscience !

La mobilisation de ce mardi devrait continuer à mettre le gouvernement sous pression, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste disant ce lundi « craindre » un embrasement avec notamment le renfort d’étudiants.

Il existe une « génération qui a l’impression de ne pas suffisamment être prise en compte dans l’élaboration des décisions qui la concernent directement », a estimé ce lundi Édouard Geffray. Les revendications du mouvement lycéen doivent être portées « dans un cadre pacifique », a indiqué lundi soir Matignon, appelant à ce que la mobilisation de mardi permette de « renouer avec une contestation encadrée, légale et démocratique ».

« Des initiatives vont être prises pour associer les lycéens à un travail sur la vie scolaire », a par ailleurs indiqué Matignon, renvoyant vers de potentielles annonces du ministre de l’Éducation nationale, invité ce mardi matin sur franceinfo.

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https://www.huffingtonpost.fr/

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