Chasser le renard, ça ne sert à rien : c’est une étude franc-comtoise qui le dit

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Doubs

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Le renard a été classé pour trois ans comme « ESOD » par le gouvernement. Il est donc chassable et piégeable.
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Léa Giraudeau

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En Franche-Comté, le programme scientifique CARELI étudie depuis plusieurs années le classement du renard comme espèce « nuisible » par les autorités. Son résultat est clair : cela n’a pas d’impact sur les dégâts attribués à l’animal.

Le renard est-il un nuisible ? Alors que le gouvernement a renouvelé le statut de l’animal comme ESOD, espèce susceptible d’occasionner des dégâts, un programme se penche sur la question en Franche-Comté. Son nom : CARELI, une étude scientifique qui réunit autour de la table scientifiques, sociologues, protecteurs de l’environnement, agriculteurs et chasseurs. La réponse est assez claire : ce classement ne sert à rien. « Le statut ESOD n’a pas conduit à une réduction significative du nombre de renards ou à des différences dans les taux de dommages entre les zones », écrit dans l’étude.

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Pour arriver à cette conclusion, les participants ont collecté des données pendant plus de quatre ans. Ils ont suivi plus de 231 poulaillers, et compté les renards dans deux secteurs : un autour de Valdahon et un autre, plus en altitude, du côté de Mouthe. À chaque fois, le secteur était lui-même séparé en 2 zones : une partie où le renard était classé comme ESOD, donc chassable et piégeable, et une autre où ils étaient complètement protégés.

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Moins de la moitié des attaques attribuées à des renards

Résultats : il n’y a pas de différences notables entre les zones où le renard est protégé et là où il est chassé. Le nombre d’animaux est équivalent dans les deux cas, tout comme le nombre d’attaques de poulaillers. En quatre ans, 1 105 oiseaux ont été prédatés dans 109 des 231 poulaillers, avec une population moyenne permanente de volailles de 10 883. Dans moins de 50 % des cas, les dommages ont pu être attribués à la catégorie « renard » ou « renard probable ». Et là encore, dans la moitié des cas, la mort des volatiles aurait pu être évitée par des protections adaptées autour des poulaillers.

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« Quand un règlement n’atteint pas son objectif, il faut le changer »

« Une protection haute et basse de la clôture des parcours extérieurs permet de réduire de manière significative la prédation des renards. Une meilleure protection des volailles devrait résulter d’une sécurité accrue des abris et des parcours extérieurs, plutôt que de la gestion de la population de renards », conclut le programme CARELI. « Quand un règlement n’atteint pas l’objectif qu’il s’assigne, ça veut dire qu’il faut le changer », enfonce Patrick Giraudoux, professeur émérite d’écologie à l’université Marie et Louis Pasteur à Besançon, en charge de l’étude.

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« Dans le Doubs on réduit pas les dommages aux poulaillers grâce au statut ESOD » admet Thibaut Powolny, de la Fédération Départementale des Chasseurs du Doubs et membre du programme Careli. « Mais d’un autre côté on montre que le statut ESOD et les prélèvements qui en découlent n’ont pas d’impact sur la population de renards » ajoute-t-il. Alors est-ce qu’il faut arrêter la chasse au renard ? Pour lui la question n’est pas tranchée : « En 2026 les acteurs cynégétiques sont pointés du doigts sur des chasses dites de loisirs ou récréatives et on est en train de montrer que l’on a pas d’impact sur cette espèce là. Est-ce que pour autant on doit arrêter cette pratique ? Je ne sais pas »

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L’étude se penche aussi sur l’impact du renard sur les populations de lièvres, mais aussi de campagnols et de certains oiseaux, ainsi que sur la propagation de différentes maladies. Les relevés se terminent en fin d’année.

Radio France