Les forêts aux essences inadaptées résistent mal à la sécheresse, malgré des sols retenant l’eau
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Dans un focus spécifique sur l’eau, l’édition 2026 de l’Inventaire forestier national révèle que la mortalité des arbres a paradoxalement été plus importante dans les forêts ayant un réservoir utile important. Les espèces y seraient moins adaptées.
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Les points à retenir
- La mortalité des arbres a été multipliée par 2,5 entre 2005-2013 et 2016-2024.
- L’épicéa, le châtaignier et le frêne sont les essences les plus affectées par la mortalité.
- Les forêts sur sols à fort réservoir d’eau utile ont vu leur mortalité tripler en une décennie.
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n contre-intuitive, les forêts situées sur des sols dont les réserves d’eau sont plus importantes ont connu une mortalité des arbres plus élevée. C’est ce que révèle l’édition 2026 de l’Inventaire forestier national (1) dévoilé mercredi 7 octobre par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), qui ne tient pas compte de la sécheresse de cette année.
De manière globale, la mortalité des arbres a été multipliée par 2,5 entre la décennie 2005-2013 et la décennie 2016-2024, révèle l’inventaire. Les différentes essences et régions ne sont pas touchées de la même façon. L’épicéa, le châtaignier et le frêne sont les essences les plus affectées. Seuls le douglas, le pin maritime et le chêne vert sont relativement épargnés. Géographiquement, c’est le Nord-Est de l’Hexagone qui est le plus affecté par la mortalité.
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« Les arbres sont affaiblis par la succession des sécheresses et des températures élevées, ce qui les rend plus vulnérables », indique le document. Ce à quoi s’ajoutent les insectes xylophages, tels que les scolytes, favorisés par ces conditions climatiques, ainsi que des maladies fongiques..
Rôle capital des sols mais aussi des essences
Le réservoir utile, défini comme la capacité des sols à retenir l’eau, joue « un rôle capital » dans le développement et la résistance des forêts au changement climatique, rappelle l’IGN. La production biologique à l’hectare des forêts est en moyenne deux fois plus élevée si elle est située sur un sol à réservoir utile supérieur à 110 mm (6,1 m3/ha/an) que sur un sol à réservoir utile inférieur à 30 mm (2,9 m3/ha/an), détaille la publication.
« Si les précipitations deviennent trop faibles, le réservoir utile n’est plus alimenté et les arbres peuvent connaître un « stress hydrique » conduisant à un arrêt de croissance, voire un dépérissement », indique l’IGN. Pourtant, de façon a priori paradoxale, les forêts sur des sols à réservoir utile supérieur à 110 mm ont connu une hausse plus forte de la mortalité (x 3) que celles sur les sols à réservoir utile inférieur à 30 mm (x 2) entre les deux dernières décennies.
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Ce qui explique que la carte de la mortalité des arbres, qui touche comme on l’a vu de façon plus significative le Nord-Est de la France, ne se superpose pas avec celle du réservoir utile médian, qui, quant à elle, place en orange-rouge le quart sud-est de la France..
« Une hypothèse explicative est que les forêts sur bon réservoir utile sont généralement constituées d’espèces moins adaptées au manque d’eau et ont moins résisté aux sécheresses de la dernière décennie que les autres », décrypte la synthèse de l’inventaire. Ce qui démontre toute l’importance de disposer des bonnes essences pour adapter la forêt au changement climatique, dans un équilibre fragile avec le climat et les potentialités du sol.
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https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-48625-inventaire-forestier-national-2026.pdf
Laurent Radisson, journaliste intégré, Rédacteur en Chef . Reproduction établissant un lien préformaté [48625] / utilisation du flux d’actualité.
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