Mobilisation des lycéens et étudiants à Lyon : 11 000 participants, 9 interpellations et 5 blessés
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Ce mardi 13 octobre, la troisième manifestation lyonnaise des lycéens et de leurs soutiens s’est déroulée dans les rues de la capitale des Gaules. Un cortège composé de plusieurs milliers de personnes s’est élancé peu après 10h30 de la place Guichard en direction de Villeurbanne. Après un départ dans le calme, des incidents ont émaillé la manifestation. La préfecture a demandé la dispersion des participants.
À Lyon, les manifestants ont envahi la place Guichard ce matin bien avant l’heure du rendez-vous. Devant la Bourse du Travail, plusieurs centaines de jeunes étaient présents dans l’attente du départ du cortège. Peu après 10h30, ils se sont mis en marche, en direction de Villeurbanne, via le 6e arrondissement. Une assemblée générale inter-lycées était prévue dans un centre culturel à l’issue de la manifestation. La manifestation, qui a débuté dans le calme, a été émaillée d’incidents en milieu de parcours. Le bilan.
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5 personnes blessées
« Un cortège d’environ 11 000 personnes a suivi sans encombre le parcours défini par les organisateurs, en restant accompagné à distance par les forces de sécurité intérieure », a fait savoir la préfecture du Rhône ce mardi après-midi. Des incidents ont eu lieu dès la fin de matinée. « En milieu de parcours, un groupe de plusieurs centaines d’individus hostiles mêlé au cortège s’en est pris au mobilier urbain, aux commerces ainsi qu’aux forces de l’ordre qui ont essuyé plusieurs jets de projectiles. Plusieurs individus ont également attaqué une station essence », est-il ajouté. Par mesure de sécurité, le préfet a décidé d’appeler à la dispersion du cortège.
« Neuf interpellations ont été réalisées aujourd’hui notamment pour des tirs de mortiers, des incendies de poubelles, la détention de projectiles ou d’armes prohibées. Cinq personnes ont été blessées, dont quatre policiers et gendarmes », a indiqué la préfecture du Rhône dans son communiqué.
« Au total, depuis le début des mobilisations le 29 septembre dernier, 234 interpellations ont été décomptées au sein du département. 66 blessés sont à déplorer, dont 7 personnels de l’éducation nationale et 54 membres des forces de l’ordre », a également précisé le représentant de l’État..
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Paroles de manifestants
Les lycéens et les étudiants ont sorti les traditionnelles pancartes. « Nos études valent plus que vos économies », « Arrêtez de tout interdire, je n’arrive plus à tout désobéir », « Lycéens unis pour l’avenir du pays », « Ce n’est pas comme ça qu’on remontera au PISA », « La France est soumise pas la jeunesse »… Les participants rivalisent de slogans.
« C’est important que toutes les revendications soient écoutées par le gouvernement et que la grande majorité d’entre elles soient prises en compte », explique Elora, étudiante à l’université Lyon 2 et membre du syndicat Unef. « On est obligés d’être dans la rue pour demander plus d’argent. Ce n’est pas seulement Parcoursup, on ne peut pas s’arrêter à une seule revendication ».
Les jeunes affirment attendre plus que des mesures symboliques. Un peu plus loin, Kahlil, un lycéen venu d’Oullins pour manifester, confirme : « Ça fait bien trop longtemps qu’on n’a pas le sentiment d’être écoutés avec ce président et ce gouvernement. Je ne pense que des mesures symboliques suffisent (…). Le mouvement est vraiment alimenté par des revendications concrètes : Parcoursup pour commencer. Mais le système éducatif n’est vraiment plus approprié aux temps modernes. On a les pires résultats d’Europe et on a le plus d’heures de cours! ».
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Des perturbations avant la manifestation
Dans un nouveau bilan intervenu peu avant 11h, la préfecture indiquait que 11 établissements avaient été impactés depuis ce matin et que « 7 interpellations ont été réalisées notamment pour tirs de mortiers, incendies de poubelles, détention d’armes prohibées ».
Avant la manifestation prévue en milieu de matinée, plusieurs établissements étaient perturbés. Ils étaient au nombre de sept selon la préfecture ce mardi matin dans l’agglomération lyonnaise et le Rhône. Ainsi, quatre lycées ont connu des rassemblements en début de matinée. Il s’agit des lycées Ampère (2e), Branly (5e), Blaise-Pascal (Charbonnière-les-Bains) et Fitzgerald (Saint-Romain en Gal). Du côté de l’enseignement supérieur, Sciences Po Lyon, mais aussi l’ENS et l’INSA ont rejoint le mouvement. Des étudiants de l’École Nationale de Musique de Villeurbanne ont fait savoir ce mardi matin qu’ils menaient actuellement un blocus de leur établissement. Enfin, les universités Lyon 2 et Lyon 3 restent fermées ce mardi, avec des cours en distanciel.
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Le parcours annoncé du cortège
Mardi dernier, les jeunes étaient 20 000 dans la rue selon la préfecture, 25 000 selon les syndicats. Ce mardi 13 octobre, pour cette nouvelle manifestation déclarée, le cortège lyonnais s’est élancé de la place Guichard, dans le 3e arrondissement à partir de 10 h. Les jeunes doivent prendre la direction du Centre Culturel et de Vie Associative, situé sur le cours Emile Zola, à Villeurbanne. Dans le cadre de cette manifestation, le préfet a pris un arrêté autorisant les forces de l’ordre à utiliser la captation d’images par drone.
La manifestation est soutenue par plusieurs organisations syndicales de l’Education nationale. La vague de mobilisations lycéennes a gagné aussi les écoles d’ingénieurs de la région lyonnaise, d’ordinaire peu enclines aux revendications. La veille de cette manifestation, le préfet du Rhône en a appelé « à la responsabilité citoyenne de chacun pour que les revendications soient exprimées dans un cadre légal, déclaré et démocratique ».
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Acte V : la mobilisation ne faiblit pas
À une semaine des vacances scolaires, les lycéens ne désarment pas. Ils ont appelé à une nouvelle journée nationale de grève et de manifestations, alors que le gouvernement espère une décélération du mouvement. Ce mardi 13 octobre, ils entendent faire de cette journée une nouvelle démonstration de leur détermination face à des annonces gouvernementales estimées insuffisantes. Démarré mi-septembre en région parisienne, le mouvement lycéen s’est étendu partout en France pour demander plus de moyens et protester contre la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés ou des emplois du temps trop chargés. À l’appel de cet acte V, l’Union syndicale des lycéens exige toujours la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.
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Article rédigé avec les éléments du reportage de A.Laurent et B.Millaud, Ici Rhône-Alpes.