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70% de la population mondiale vit désormais sous une dictature

Démocratie
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La guerre menée par la Russie en Ukraine en serait le parfait exemple. Considéré comme un dictateur ou un « autocrate » par les Occidentaux, Vladimir Poutine a ravivé le spectre d’un monde sous dictature. Un constat que fait le Varieties of Democracy Institute (V-Dem) depuis des années, détaille Phys.org. L’institut affilié à l’université suédoise de Göteborg explique que désormais, plus de 70% de la population mondiale vit sous dictature.

« Le jour même où nous avons conclu le rapport sur la démocratie de cette année, le président Poutine a ordonné l’invasion de l’Ukraine. Cette guerre est menée par le même homme qui, il y a vingt ans, a déclenché la troisième guerre ‘d’autocratisastion’ dans le monde », établit Staffan I. Lindberg, président du V-Dem.

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Retour à trente ans en arrière

Pour l’institut suédois, cette invasion à grande échelle n’est pas une surprise. Depuis vingt ans, il alerte sur le déclin démocratique dans le monde. Les autocrates continuent leurs expansions et ne se soucient même plus de ce que les autres pensent. Dans ses dernières conclusions, le V-Dem alerte sur des chiffres de plus en plus sombres. Le niveau démocratique est retombé à un niveau similaire à celui de 1989, donc sans aucun progrès depuis plus de trente ans.

L’institut précise : « Les chiffres étaient les plus élevés en 2012 quand il y avait 42 démocraties libérales dans le monde. En d’autres termes […] des Etats régis par la primauté du droits et les droits fondamentaux de la personne. » Sauf qu’une dizaine d’années plus tard, il y en avait déjà huit de moins.

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L’Europe de plus en plus touchée

Pour le V-Dem, le constat est clair : aujourd’hui, seuls 13% de personnes vivent dans une démocratie comme elle est définie en Suède. Ces démocraties en déclin sont le fait d’hommes le plus généralement, qui mettent à mal les organisations ou le système judiciaire, précise l’institut suédois. La désinformation et les coups d’Etat sont monnaie courante.

Quels sont les pays les plus touchés ? Ceux de la région Pacifique, mais également ceux de l’Europe de l’Est, l’Asie centrale, l’Amérique latine et les Caraïbes, note le V-Dem. « Les dictatures sont en hausse partout dans le monde », détaillent les analystes. En Europe plus précisément, le V-Dem a qualifié la Hongrie de première dictature, et lors des dix dernières années, 20% des Etats membres ont été autocratisés.

Le V-Dem Institute, qui a mené cette étude, alerte depuis plus de vingt ans sur le fait que les démocraties sont en danger. L’invasion en Ukraine en est le dernier exemple.

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Qu’est-ce qu’un régime totalitaire ?

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Démocraties en danger : 70% de la population mondiale vit désormais sous une dictature
Hitler instaure une politique totalitaire et antisémite en Allemagne sous le nom de Troisième Reich. 

Un régime autoritaire n’est pas forcément totalitaire. Un régime totalitaire n’est pas forcément fasciste. Comment distinguer ces différents systèmes politiques ? Qu’est-ce qui caractérise le totalitarisme ?

« Le totalitarisme est une idéologie visant à établir un régime politique dont le but est de transformer en profondeur non seulement la société mais aussi l’individu en employant tous les moyens possibles pour atteindre ce but », définit Marie-Anne Matard-Bonucci, historienne spécialiste du fascisme, professeure à l’Université Paris 8, membre de l’Institut français de géopolitique et présidente de la revue de l’association Alarmé qui Lutte contre l’Antisémitisme et le Racisme par la Mobilisation de l’Enseignement et de la recherche. Concrètement, à quoi reconnaît-on un régime totalitaire ? Qu’est-ce qui le différencie d’une dictature ou d’un autre régime autoritaire ?

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La volonté de désigner un ennemi commun

« Les dictatures “classiques” visent à assurer le pouvoir d’un homme, d’un parti ou d’une catégorie sociale, précise Marie-Anne Matard-Bonucci. Les régimes totalitaires sont donc des dictatures mais qui ont pour projet le changement total de la société et la transformation de l’Homme ». Pour ce faire, les régimes mettent en oeuvre différentes stratégies, à commencer par la « mise en place d’un état fort, le plus souvent lié à un parti unique, énumère l’historienne. Le système propagandiste est par ailleurs très développé et un régime de terreur instauré pour pouvoir assurer les transformations qui veulent être réalisées ».

Pour mobiliser les foules et convaincre de la pertinence de leur politique, les leaders totalitaires désignent continuellement un « ennemi commun ». « C’est l’une des caractéristiques du totalitarisme : se définir pour [une idéologie] mais également contre un certain nombre d’ennemis réels ou fantasmés. D’où la nécessité de mettre en place un appareil de terreur », poursuit Marie-Anne Matard-Bonucci. La mise en place du régime de la terreur conduit, au fil du temps, à la disparition des opposants qui sont traqués et éliminés. Le totalitarisme désigne donc toujours de nouvelles catégories d’opposants afin de relancer la dynamique totalitaire.

« Le totalitarisme se construit autour de rituels de masse destinés à souder la communauté et à l’exalter autour d’une idée, explique Marie-Anne Matard-Bonucci. C’est une forme de religion politique, qui a un besoin permanent de mouvement » pour entretenir l’enthousiasme du peuple et son adhésion au projet politique.

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Un état seul contre tous

D’un point de vue économique, le régime totalitaire se caractérise par un « grand interventionnisme de l’État », complète Marie-Anne Matard-Bonucci. Par ailleurs, la politique totalitaire conduit progressivement à un isolement du pays dans les relations avec le reste du monde.

« Par exemple, la Chine a été un régime totalitaire sous Mao qui a produit des millions de mort et a exercé une répression terrible, illustre l’historienne. Mais aujourd’hui, la Chine n’est plus totalitaire. C’est une dictature mais le pays est partie prenante de la mondialisation et ne coupe pas ses relations avec les démocraties libérales ».

Au cours de l’Histoire, « les politistes s’accordent pour considérer qu’il y a eu au moins deux régimes totalitaires : l’Allemagne nationale socialiste et l’URSS de Staline », souligne Marie-Anne Matard-Bonucci. Le fascisme italien, lui, fait débat. « Il y a bien eu le développement d’une idéologie totalitaire, poursuit la spécialiste, mais il y a débat sur le fait de savoir jusqu’où est allée la réalisation du projet totalitaire ». Car outre les critères cités précédemment, c’est le degré de répression qui détermine où commence le totalitarisme

L’extrême droite au Pouvoir en  France demain

Nous sommes le 25 juin 2025.
Cela fait déjà un an que l’extrême droite est au pouvoir en France. Il est 7h du matin et Justine, jeune enseignante en histoire dans un collège de Clermont-Ferrand, se réveille. Mécaniquement, elle allume la radio et par réflexe elle cherche France Inter, France Culture ou France Info mais elle ne trouve que Cnews Inter, Cnews Culture et Cnews Info.
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Malgré 6 mois de grève, le gouvernement a fait adopter son projet de privatisation de l’audiovisuel public. Et Vincent Bolloré a tout racheté. Sur Cnews Inter, justement, un éditorialiste appelle à une manifestation devant le Conseil constitutionnel pour protester contre son refus d’entériner l’interdiction du voile et de la kippa dans l’espace public voulue par le gouvernement de Jordan Bardella. Puis, dans le journal de 7h, un journaliste qui suit l’armée russe semble se réjouir de voir les troupes de Poutine se rapprocher de Kyiv. Les autorités ukrainiennes se lamentent une fois de plus que la France et la Hongrie continuent de bloquer le paquet européen d’aide militaire et financière à la résistance. Le ministre des affaires étrangères Thierry Mariani appelle solennellement la Pologne et les Pays Baltes à ne pas soutenir Kyiv pour « ne pas ajouter la guerre à la guerre » .
Trump, arrivé au pouvoir en novembre en 2024, a lui aussi mis fin au soutien militaire américain. Une décision qui a été saluée par Jordan Bardella lors de sa première visite triomphale à la Maison Blanche en mars. Le Premier Ministre français a aussi levé les sanctions contre le pétrole et le gaz russe, comme il s’y était engagé. Ce cadeau à Poutine l’a aidé à financer massivement sa machine de guerre, plus puissante que jamais. Les Pays Baltes et la Pologne se préparent à une invasion russe. À 7h30, Justine prend un petit déjeuner avec son mari, Léo. L’ambiance est lourde.
Pour Léo, la période est particulièrement anxiogène et douloureuse comme pour les 3,5 millions de citoyens français ayant une binationalité : ils ne peuvent plus occuper d’emplois publics et de postes dans l’administration. Il aurait dû être plus vigilant : le RN avait clairement annoncé ses intentions dans une loi constitutionnelle déposée en janvier 2024. Lui le franco-chilien dont les parents ont fui la dictature de Pinochet n’aurait jamais imaginé vivre cela. Lui l’amoureux de la France qui a accroché une photo géante de Badinter à l’Assemblée Nationale dans leur salon, on le soupçonne aujourd’hui de « double allégeance
»… À 8h, Justine emmène sa fille de 7 ans à l’école. Depuis l’expulsion de trois camarades de classe de sa fille dont les parents étaient sans papiers, l’ambiance y est terriblement déprimante. Justine voudrait encore se battre, mais elle a fait tellement de manif pour rien l’année passée qu’elle commence à désespérer. Elle achète le journal La Montagne et constate une fois de plus avec angoisse ce que génère la libération de la parole raciste, xénophobe, sexiste et homophobe permise par l’arrivée de l’extrême-droite aux pouvoirs: les violences contre les minorités ont explosé à Clermont-Ferrand, comme partout dans le pays. À 9h, Justine prend les transports en commun pour se rendre à son collège. Dans la rue, on étouffe. Littéralement. Il fait 40 degrés. Une canicule historique s’abat sur la France, et ce ne sera pas la dernière. Le changement climatique s’accélère.
Mais face au combat du siècle, le gouvernement RN a appliqué son programme anti-écologique sans faiblir : sortie du Pacte vert européen, refus d’appliquer la loi sur la restauration de la nature pour protéger la biodiversité, mise à l’arrêt tout nouveau projet éolien et solaire, augmentation effrénée de l’usage de pesticides et de produits phytosanitaires… À 9h30, dans la salle des professeurs, l’ingérence permanente de Marion Maréchal, la ministre de l’Éducation nationale, sur les programmes est sur toutes les lèvres. Tous ses collègues, des professeurs d’économie à ceux de SVT, sont abasourdis par les nouvelles consignes qui tombent chaque jour. La réécriture en cours de l’histoire de France est insupportable et Justine se demande combien de temps elle pourra continuer à enseigner sans avoir l’impression de se trahir. À l’heure du déjeuner, Justine entame une conversation avec son collègue Alioune.
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Il vient d’être papa pour la première fois, mais il est inquiet : son fils sera-t-il un jour français ? À cause de la suppression du droit du sol et du cauchemar juridique et administratif qui l’accompagne, chaque enfant doit désormais prouver sa filiation française par le sang. Il est 18h et Justine reçoit un message d’une amie : alors que le gouvernement organise depuis des mois la « chasse aux exilés et aux étrangers » dans le pays, toutes les subventions publiques de son association d’aide aux exilés ont été coupées. Elle doit fermer ses portes.
Depuis son accession au pouvoir, le RN a méthodiquement laminé le tissu associatif français qui œuvre pour la solidarité : retrait des financements publics à destination des associations hostiles aux principes du RN, dissolution d’association, réduction de la liberté d’association… Sur le chemin de retour du collège, Justine s’inquiète de la présence de plus en plus importante de sans-abris.
En un an d’exercice au pouvoir, le RN n’a rien fait pour améliorer la vie des plus précaires et des plus vulnérables. Au contraire, loin des promesses de campagne, il a multiplié les cadeaux aux riches, aux grandes entreprises et aux possédants. Mais ce qui l’angoisse le plus, c’est que le nouveau quotidien qu’elle éprouve est de plus en plus difficile à raconter. Le matraquage des médias de Bolloré porte ses fruits et ses voisins la prennent pour une gauchiste enragée. Avec ses 300 députés, le RN engrange des millions de financements publics et est devenu le parti politique le plus puissant du pays. De loin.
 Dans le même temps, il a assuré sa mainmise sur le pouvoir avec le contrôle des services de renseignement et de la police. Il ne lui reste plus qu’à remporter l’élection présidentielle pour défaire complètement notre État de droit démocratique, « marcher sur le Conseil constitutionnel » et démonter la construction européenne. Cette perspective vous angoisse, vous aussi !

MCD , GEO et APPIS

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