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Riss, dix ans après l’attentat contre « Charlie Hebdo » : « Le plaisir du dessin est plus fort que la peur ! »

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Alors qu’approchent les 10 ans de l’attentat contre le journal satirique, le 7 janvier 2015, un livre-hommage aux huit membres de la rédaction assassinés ce jour-là, « Charlie liberté. Le journal de leur vie », paraît le 5 décembre. Entretien avec son maître d’œuvre.

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Jean Birnbaum

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Riss, directeur de « Charlie Hebdo », à Paris, en mars 2024.  Riss, directeur de « Charlie Hebdo », à Paris, en mars 2024.

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Pour marquer les 10 ans de l’attentat contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, le journal satirique publie un livre qui rend hommage aux huit membres de l’équipe assassinés ce jour-là. Charlie liberté. Le journal de leur vie (Les Echappés, 224 pages, 29,90 euros, en librairie le 5 décembre) est un livre bouleversant par sa fragilité, son dépouillement même, puisqu’il se contente pour l’essentiel de donner à voir les images des dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski, et à lire les textes de la psychanalyste Elsa Cayat, du correcteur Mustapha Ourrad et de l’économiste Bernard Maris. On y découvre, par exemple, les dessins de jeunesse de Cabu (une publicité pour les stylos Météore, des caricatures réalisées à 15 ans…), de Charb (un portrait de famille, un fanzine de collège…) ou d’Honoré (des contributions à l’Almanach Vermot). A ces disparus que Philippe Lançon, dans Le Lambeau (Gallimard, 2018), appelait « les dépossédés », le livre restitue, à même les pages, une solidarité qui prend sa source dans les joies de l’enfance. Entretien avec Riss, directeur de Charlie Hebdo.

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« Il est impossible d’écrire quoi que ce soit » à propos de l’attentat contre « Charlie Hebdo », écriviez-vous dans votre livre « Une minute quarante-neuf secondes » (Actes Sud, 2019). Est-ce la raison pour laquelle l’album-hommage « Charlie liberté » laisse si peu de place au texte et privilégie les dessins ?

On se sent toujours un peu illégitime pour évoquer les disparus, c’est très inconfortable, les années passent, on a peur de l’oubli. Or, ils méritent mieux que d’être commémorés comme les victimes d’un attentat, c’étaient surtout des artistes, et leur vie d’artistes ou d’intellectuels a commencé tôt, avant Charlie, et elle a irradié au-delà de Charlie. Je voulais montrer leur talent, leur sensibilité artistique, ce qu’ils ont créé. Et puis, j’aime bien donner directement la matière au lecteur, je préfère qu’il découvre par lui-même, qu’il se fasse son propre récit.

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Vous avez souvent affirmé votre refus de voir « Charlie » devenir un musée. Alors, ce livre, si ce n’est pas un musée à vos yeux, qu’est-ce que c’est ?

Je voulais faire comprendre tout ce qu’on a perdu. Chacun d’entre eux était un petit monde, avait une sensibilité unique, et c’est cela qui a été détruit. Plus les années passent, plus le temps est figé, comme s’il s’était arrêté le 7 janvier 2015. Je m’en aperçois quand je fais des rencontres avec des lycéens, à l’époque ils avaient 5 ans, pour eux c’est un événement qui appartient à l’histoire. Et ça nous fait bizarre, pour nous c’est encore un événement d’actu, un événement vécu.

L’idée est de montrer que les disparus de Charlie sont encore très vivants, que leur œuvre est pleine d’énergie, et donc de transmettre aux jeunes ce goût pour la créativité, l’humour, leur donner envie de faire pareil. On a continué à faire Charlie et on a envie que ça continue. Alors, un musée, oui, parce qu’un musée donne envie, c’est un lieu de transmission plutôt que d’hommage ou de commémoration. Quand on commémore le 11-Novembre, on n’a pas envie de vivre ce que les poilus ont vécu. Ce livre n’est pas un monument aux morts, c’est un monument à la vie, à leur vie.

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Vous évoquez les lycéens. On a tous déjà entendu des jeunes affirmer que « Charlie » suscite un rejet dans la nouvelle génération. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas d’accord avec ça, c’est un cliché. On rencontre beaucoup de jeunes qui nous comprennent et nous encouragent. Quand on va dans les facs avec l’association Génération Charlie, les amphis sont pleins, il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec nous, mais la discussion est cordiale, ça se passe très bien. C’est vrai qu’on rencontre parfois des jeunes qui n’ont jamais lu Charlie, qui ne connaissent que les polémiques, ce qui circule sur les réseaux sociaux…

Récemment, un de nos journalistes est parti en reportage, il a essayé de joindre une militante associative de gauche qui a d’abord refusé de le voir. Elle a finalement accepté et, quand elle a vu le papier publié, ce n’était pas du tout ce qu’elle imaginait, elle a trouvé ça super. Je me souviens aussi d’une jeune femme voilée, dans une fac, qui est venue nous voir, à la fin, en disant : « Ah tiens, je pensais pas que c’était ça Charlie. » Ce qu’elle avait entendu était plus subtil que ce qu’elle attendait, elle pensait qu’on était dans une radicalité bornée, alors qu’on discute toujours avec ceux qui ne sont pas d’accord avec nous.

Par ailleurs, notre journal est mis en avant par les médias et les politiques, lui qui s’est construit dans la marginalité apparaît désormais comme une institution, ça nous fait bizarre, mais c’est normal qu’on s’attire une certaine hostilité, cela permet de se donner une image « subversive »… De toute façon, vous savez, on n’a jamais cherché à convaincre tout le monde. Cavanna le disait déjà quand il expliquait le concept de départ de Hara Kiri : il doit bien y avoir 30 000 ou 40 000 personnes qui comprendront ce qu’on fera, pour les autres tant pis !

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« La caricature est un témoin de la démocratie », disait Tignous. Mais l’humour grinçant, un peu vachard, des dessins de presse façon « Charlie » n’est-il pas menacé d’extinction ?

Il ne faut pas se faire d’illusion, le style Charlie a toujours été marginal, il n’a jamais été à la mode ! Si des gens comme Cavanna ont créé leur propre journal, c’est que, déjà à l’époque, ils n’arrivaient pas à placer leurs dessins ailleurs. Hara-Kiri et Charlie ont dû lutter en permanence pour exister. Aujourd’hui, beaucoup de journaux ont pris conscience de la puissance subversive de la caricature, donc certains disent que c’est ringard, mais, en réalité, ils ont la trouille, car un dessin, ça peut vite susciter des réactions qu’on ne contrôle pas.

La tradition du dessin anticlérical, dont Charlie est l’héritier, s’est construite au XIXe siècle, en écho à l’esprit des Lumières et à la critique des religions incarnée par Voltaire, notamment. Ce qui donne l’impression que le dessin satirique antireligieux est moribond, aujourd’hui, c’est le fait que les intellectuels aient tourné le dos à cette tradition. Quel intellectuel français s’est attelé, ces dernières années, à démonter les dogmes des trois grandes religions monothéistes ? Le vrai sujet, ce n’est pas la désuétude du genre satirique mais la désertion en rase campagne des intellectuels face au retour du religieux.

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Voilà pourquoi il y a une nécessité plus grande que jamais de faire du dessin satirique. En 2022, on a publié des caricatures du Guide suprême iranien [Ali Khamenei], on a eu d’innombrables réactions d’Iraniens enthousiastes, certains ont même déposé des gerbes de fleurs rue Nicolas-Appert, là où a eu lieu l’attentat contre Charlie, juste à côté de celles qui venaient d’être déposées pour la commémoration.

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Quatre unes de « Charlie Hebdo » signées Cabu. Extrait de « Charlie liberté ». Quatre unes de « Charlie Hebdo » signées Cabu. Extrait de « Charlie liberté ». 

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« Si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sûreté », disait le philosophe Walter Benjamin. De ce point de vue, pensez-vous que les disparus de « Charlie » sont en sécurité ?

Depuis dix ans, j’entends des discours très pessimistes, genre : « Tout est foutu, les libertés se rétractent…  », mais je ne partage pas ce défaitisme. La politique, ça commence par la propagande, il faut donner l’impression qu’on est le plus fort, mais on ne doit pas se laisser intimider, laisser croire que les gens qui sont anti-Charlie, ou anti-Paty, sont les plus nombreux. Moi je ne crois pas. Charlie est toujours là, il y a toujours des gens qui ont envie de faire Charlie, des gens qui attendent Charlie, qui nous demandent de continuer. Les terroristes n’ont pas réussi à nous faire taire, à effacer le désir de lire des choses comme celles qu’on écrit ou dessine.

En fait, je pense que nous avons gagné. Bien sûr, c’est un combat qui ne s’arrête jamais. J’ai vu dans un documentaire animalier que les bélugas se relaient à la surface pour que la banquise ne se referme pas, ils font bouger l’eau afin que le petit trou où la glace est ouverte ne se referme pas, donc pour pouvoir respirer. Voilà, j’ai l’impression qu’on fait un peu ça, dans notre petit journal, on se relaie pour empêcher notre trou dans la banquise, notre petit espace de liberté, de se refermer.

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Le livre « Charlie liberté » paraît en plein procès de l’assassinat de Samuel Paty. Ce qui frappe, en écoutant les témoignages, c’est la solitude qui fut celle du professeur. Est-elle comparable à celle que « Charlie » a endurée ?

Oui, il a été très seul, peu soutenu, et notre hantise à nous, c’est aussi de nous retrouver seuls, de nouveau. Car, dans son histoire, le journal a toujours lutté contre la solitude. Au début des années 1990, à cause de dessins sur la Vierge, le pape… Charlie était harcelé judiciairement par l’Agrif [Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne], une association de catholiques intégristes qui multipliait les procès. Le directeur de l’époque, Philippe Val, était ulcéré que ça intéresse si peu les autres journaux ! Ça a été la même chose en 2007, au moment du procès des caricatures de Mahomet. Pour beaucoup, c’était notre problème (« ils sont dans leur vieille rengaine anticléricale », etc.). On est habitués maintenant, on est capables de le supporter, ce sentiment de solitude et d’abandon.

Aux jeunes qui arrivent à Charlie, je dis souvent : « Un jour, vous serez seuls à défendre le journal, faut vous préparer. » D’ailleurs, même nos lecteurs ont l’impression d’être seuls ! Ils nous disent « Moi, dans mon village, je suis seul à vous lire. » Mais en nous lisant, ils prennent conscience qu’il y a d’autres gens, parfois dans le village d’à côté, qui lisent Charlie. Donc notre journal est un relais, il dit à ses lecteurs : « En réalité vous n’êtes pas seuls, beaucoup pensent comme vous. » Au fond, je suis même convaincu que les gens sont majoritairement proches de Charlie. Mais souvent ils ont peur. On connaît de nombreuses personnes qui voient les choses comme nous, simplement elles craignent d’être emmerdées, par exemple dans leur carrière. Nous, on est indépendants et, dix ans après, on peut encore dire ce qu’on veut !

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Dans « Charlie liberté », on découvre les premiers croquis des jeunes Cabu, Charb ou Tignous. Ils sont d’autant plus bouleversants qu’ils rendent palpable le lien profond entre la joie de dessiner et l’esprit d’enfance. Le 7 janvier 2015, ce lien n’a-t-il pas été rompu ?

Quelqu’un comme Cabu voulait transmettre le goût du dessin aux enfants, il dessinait dans l’émission « Récré A2 », et c’est sûr que le fait qu’on assassine quelqu’un comme lui, ça donne l’impression que quelque chose de l’enfance a été détruit. Mais, encore une fois, je veux rester optimiste. Chaque génération redécouvre ce plaisir enfantin de dessiner. Certes, les jeunes ne se rendent peut-être pas compte de la puissance subversive de leurs dessins, mais c’est justement cette insouciance de l’enfance qui nous empêche de sombrer dans le pessimisme.

En octobre, on est allés à Strasbourg pour bâtir un numéro de Charlie avec des lycéens. On leur a demandé ce qu’ils voulaient comme papiers, quels dessins ils feraient, et hop ils avaient plein d’idées, ils s’amusaient, le journal s’est très vite rempli ! On a vraiment l’impression qu’ils n’ont pas été atteints par tout ça. De même pour les jeunes dessinateurs qui sont arrivés récemment à Charlie, ils n’ont aucune frilosité. Le plaisir du dessin est plus fort que la peur ! Il y a une jouissance immédiate, vous ne vous occupez pas de savoir si ça va plaire ou pas. Ce journal, c’était un lieu où on venait pour prendre du plaisir à se marrer, à dessiner. Et ça l’est encore. Ce n’est pas toujours confortable à cause des conditions de sécurité, mais c’est toujours un plaisir.

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Un dessin de Tignous pour « Fluide glacial ». Extrait de « Charlie liberté ».  Un dessin de Tignous pour « Fluide glacial ». Extrait de « Charlie liberté ». 

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Dans son livre « Spectres de Marx » (Galilée, 1995 ; rééd. Seuil, 2024), le philosophe Jacques Derrida affirmait que tout combat pour une justice à venir impliquait de se confronter aux fantômes du passé, d’apprendre à vivre dans la compagnie des revenants. Avez-vous appris à vivre avec eux, vous ?

Je dis souvent que j’essaie de faire un journal pour eux, dans lequel ils se retrouveraient, qui ne leur ferait pas honte. Vous parlez de « spectres », et, pour moi qui les ai côtoyés pendant vingt-cinq ans, ils sont toujours là, je les entends toujours parler, avec l’équipe du journal nous faisons sans cesse des allers-retours entre eux et nous. Depuis dix ans, j’essaie d’être un intermédiaire entre eux et les jeunes. On ne peut pas comprendre ce qu’on fait si on n’a plus ces disparus à l’esprit.

Ainsi, Charlie reste fidèle à l’optimisme de Cabu. Son combat, c’était d’être le plus libre possible. On sait très bien qu’à un moment donné il y a des limites, un cadre démocratique, un espace politique qui a des règles. Le but n’est pas de publier tout et n’importe quoi, c’est de publier tout ce qui peut faire douter les gens, les amener à réfléchir, à se poser des questions, à ne pas se laisser enfermer dans des idéologies, bref à ne pas se faire baiser par l’air du temps.

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Vous étiez particulièrement proche de Charb. Selon vous, que dirait-il de ce livre ?

Mon but était de donner envie à des jeunes, de leur montrer comment un dessinateur évolue, progresse. J’ai mis dans le livre des dessins de jeunesse que ses parents m’ont donnés, des choses qu’il aurait peut-être voulu garder pour lui. Un jour, Charb m’avait dit qu’il n’aimait pas qu’on republie ses premiers dessins, il ne les trouvait pas terribles… Donc il m’aurait sans doute engueulé.

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Extrait de « Charlie liberté ».  Extrait de « Charlie liberté ».

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Repères
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1970 Création de Charlie Hebdo par François Cavanna et le professeur Choron, après l’interdiction d’Hara-Kiri.

1981 Dépôt de bilan et ­cessation de parution.

1992 Le titre est relancé, avec Philippe Val et Gébé à sa tête.

2006 Charlie Hebdo publie des caricatures de Mahomet parues précédemment dans le journal danois Jyllands-Posten.

2008 Création de la maison d’édition Les Echappés.

2009 Riss et Charb sont ­codirecteurs de la rédaction.

2011 Incendie criminel de la rédaction de Charlie Hebdo.

7 janvier 2015 Les frères Kouachi attaquent le journal, dans le 11e arrondissement de Paris, tuant douze personnes (huit membres de la rédaction : Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Tignous et Wolinski ; ainsi que Frédéric Boisseau, de la maintenance, les policiers Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet, et Michel Renaud, ­invité à la conférence de rédaction) et en blessant onze, dont quatre grièvement.

8 janvier Amedy Coulibaly tue Clarissa Jean-Philippe, policière municipale à Montrouge (Hauts-de-Seine).

9 janvier Les frères Kouachi sont abattus par le GIGN au terme d’un siège. Amedy Coulibaly tue quatre personnes lors de la prise d’otage de ­l’Hyper Cacher, porte de Vincennes, dans le 20e arrondissement de Paris, avant d’être abattu par la police.

10 et 11 janvier Marches ­républicaines, à Paris et ailleurs en France.

14 janvier Parution du ­« numéro des survivants » de Charlie Hebdo.

Septembre 2020 Procès des attentats de janvier 2015.

Septembre 2024 Procès de Peter Cherif, impliqué dans l’attentat contre Charlie Hebdo.

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Jean Birnbaum à suivre sur Le Monde

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