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« Travailler ensemble, un territoire, une vision, une femme » : 40 ans au service du Diois, interview d’Isabelle Bizouard… (1 /2 )

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« On vivait dans cet état que Victor Hugo avait prévu, l’immense insomnie du monde » (Léon Blum, dans Esquisse d’une biographie de Jean Jaurès).

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Nous avons rencontré Mme Isabelle Bizouard, maire de la Ville de Die… En fin de son 3ème mandat. Elle quittera définitivement l’hôtel de ville après ce 22 mars 2026, deuxième tour de ces élections municipales. En ce moment même, toujours prise entre une multitude de dossiers et de programmes à finaliser. Entre une mobilisation qui la soutient au tribunal de Valence pour une plainte pour outrage qu’elle a déposée contre des propos de harcèlements violents sur les « réseaux asociaux », comme elle aime les appeler. Mais aussi les vœux, tant à la mairie de Die qu’à l’intercommunalité du Diois et ailleurs. Nous avons pris une heure dix pour évaluer 45 ans de vie de la cité Dioise et les dynamiques d’un pays Diois créatif. CV

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La première question, lors de ton intervention à l’Avant-poste devant des gens qui venaient en délégation des Alpes.  Vous avez fait un peu un récapitulatif de votre engagement. Pourquoi vous êtes, vous étiez  vous engagée initialement.  Je trouve que ce cheminement, cet investissement dans le territoire, cet amour pour le territoire … est une bonne base de démarrage.

Isabelle Bizouard : Oui ! Donc je suis née à Die. J’ai suivi des études de géographie. Parce que je voulais appliquer la géographie à ce territoire que j’aimais. Et du coup, tous mes travaux universitaires de l’époque ont porté sur le Diois. J’ai fait ensuite, un troisième cycle d’aménagement rural avec un stage au Syndicat d’Aménagement du Diois. En fait, ce territoire se dépeuplait et mes études ont correspondu à un moment où il y avait des élus qui se battaient pour ce territoire avec les premiers pas de l’aménagement rural, les premiers Contrats de Pays.  Et c’est vrai que, tout de suite, je me suis dit, voilà c’est là ma voie, c’est sur ce territoire que j’aime. Comment m’y engager parce que je pense, – et je crois puisque c’est un terme que j’avais employé à l’époque-, je crois qu’il a un avenir possible. En fait c’est nous qui sommes « alternatifs » de ne pas partir aller voir ailleurs et de rester ici en disant, « engageons-nous ici ». Ici, il y a de quoi faire et il y a un avenir en fait.  Aucune, aucune envie d’aller ni dans la concentration urbaine, ni dans la spécialisation, ni dans la spécialisation des thématiques de cette société qui raisonne en silo.  Voilà. Du coup, dès le départ j’ai dit ce slogan que j’ai utilisé lors de ma Campagne des cantonales, « Le Diois, j’y crois », c’était à la fois « je crois en ce territoire, il a un avenir » et « je crois aussi en ses habitants ». Ceux qui sont restés, qui n’en sont pas partis, ou qui viennent d’y arriver dans les années 80 finalement. Mai 68 était déjà passé par là !

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Les premiers engagements, ces premiers investissements, ce sont les années 80 ?

Isabelle Bizouard : Oui le premier engagement était dans les années 80. Mon premier travail ici, c’était en 1983. Donc, en fait, ces travaux universitaires que je commençais à préparer pour la Communauté, correspondaient à une connaissance de l’ensemble du Diois. Et c’était vraiment une connaissance pas que de Die, mais de tout ce territoire, bassin versant de la Drôme, avec un peu ses extrémités à Lus la Croix Haute et puis à la Motte Chalancon. Et jusqu’à Saillans, qui, à l’époque, était compris dans le territoire Diois. J’en avais quand même une connaissance sous différents aspects très approfondis. Et quand Marcel Bonniot, maire de Die, est venu me voir en 1983 pour me dire : « est-ce que tu veux être sur la liste des municipales », j’ai dit oui ! j’ai dit oui, en fait, parce que la chose publique m’intéressait, le territoire me passionnait et j’avais envie de donner du temps à ce territoire. Je dirais que ces temps où j’ai été conseillère municipale, puis adjointe ont été des années d’apprentissage. Parallèlement, j’avais du travail, j’ai toujours eu des contrats durée déterminée dans pratiquement toute ma vie professionnelle, dans les intercommunalités, soit à Die, dans le Diois, ou pas loin dans la vallée de la Drôme, à Dieulefit. Parallèlement, je menais une vie professionnelle de mission de développement local. Et ce développement local, je pense que c’est ça qui m’a toujours intéressée, c’est la définition de mes missions. Parce que franchement, je pense que c’est ça qui a conduit mon engagement, qui est toujours là : « Parce que le développement local, pour moi, c’est la capacité des acteurs locaux à travailler en collectif sur des projets à partir des ressources du territoire ». Mais c’est ça qui a été la base de mon engagement. Cela n’a rien à voir avec le développement du capitalisme déchaîné. 

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D’accord, c’est, c’était quand même une innovation à cette époque-là.  Parce que le Vercors n’était pas dans cette dynamique, ni le Royans, ni le Trièves ?

Isabelle Bizouard : Il y avait Charles Monge, il y avait Marcel Bonniot, il y avait le directeur du CFPPA, Mr Gérard (Livre Blanc du Diois), c’était un groupe de visionnaires. C’étaient des hommes à l’époque, mais qui avaient relevé le défi en se disant « il faut qu’on lance une dynamique ». Ils s’étaient saisis de ces outils de développement local alors que moi, chargée de mission, j’étais en période d’apprentissage sur le plan de l’engagement communal. Et parallèlement donc, mes études et une vie professionnelle consacrée à des missions sur le Diois, sur la vallée de la Drôme, sur le pays de Dieulefit.

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Aujourd’hui, on parle beaucoup de l’ensemble de la vallée.  Cette identification, cette identité était beaucoup plus prégnante que maintenant ! Ça a été un resserrement sur ce territoire, c’est une volonté de pas aller sur le reste du territoire. 

Isabelle Bizouard : Je pense que le Diois, donc le syndicat d’aménagement, comportait cinq cantons : Luc en Diois, Châtillon en Diois, La Motte Chalancon, Die et Saillans qui était à l’époque dans le territoire Diois, et c’était la volonté pouvoir travailler à taille humaine, si j’ose dire, et c’était déjà un vaste espace, peu peuplé, je pense que c’était vraiment une logique de démocratie proche, de démocratie, tout simplement. Oui c’était déjà une gageure quand même de réunir les élus de ce vaste territoire, c’était quand même déjà audacieux, de se dire, « on va arriver à travailler ensemble » alors que certains avaient une heure de route à faire pour venir afin qu’on se réunisse, qu’on réfléchisse et qu’on travaille. 

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La période du premier mandat comme conseillère municipale que tu as vécue était intéressante. C’était une ambiance avec le maire Marcel Bonniot, c’était une ambiance beaucoup plus apaisée ? Il y avait, je me rappelle quand même certains moments durs avec l’opposition.  Je ne sais pas si c’est à cette époque-là que c’était plus dur que  ces jours ? Il y avait le docteur DeRobert ou Le notaire Jacques Royer ?

Isabelle Bizouard : Ce n’était pas les mêmes que ces jours, je pense qu’il y avait moins de précipitation, d’urgence. Je pense aussi qu’il y avait quand même globalement beaucoup plus de respect par rapport aux élus, comme à d’autres personnes, beaucoup plus de respect par rapport à d’autres corps sociaux ou intermédiaires.  C’était il y a 40 ans ! Et la population s’était juste stabilisée. C’est à partir de 1975 que le phénomène de désertification s’est inversé. Et dans les années 1980, 15 ans, après la population s’était stabilisée, mais on était peu nombreux. En fait. Il y avait à peine 4000 habitants. Les outils n’étaient pas les mêmes.  Il y avait toujours le « Journal Du Diois » qui était quand même un lieu d’expression politique fort.  Après, il y avait, je pense aussi, des personnalités qui étaient reconnues hussards de la république qui avaient une véritable aura et qui avaient des personnalités fortes, équilibrées.  

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Le Diois a toujours été très politisé, en général.  Je crois qu’on peut reprendre depuis Mr Léon Archambaud (député radical-socialiste, né le 23 septembre 1880 à Poyols et décédé le 24 juin 1944 à Poyols). Est-ce que c’est pour toi un avantage ou ça peut être compliqué… Ainsi on se retrouve aujourd’hui dans une hyper polarisation ?

Isabelle Bizouard : Oui mais voilà c’est un avantage et c’est normal ! Je suis plutôt fière, mais à condition que les outils utilisés soient respectueux. Parce que c’est ça qui évolue aujourd’hui, c’est-à-dire que si nous ne sommes pas d’accord, on se le dit et on se dit pourquoi ! C’est argumenté. Éventuellement, on évolue, en fonction de l’avis de l’autre, ou pas, ça dépend, au regard de l’intérêt public, et puis on tranche. C’est aujourd’hui beaucoup plus compliqué parce qu’il y a d’abord tout ce qui est faux qui est véhiculé très vite et qui n’est pas remis en question. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, il y a une partie de la société en général, au-delà du Diois, qui ne remet pas en question les fake-news et c’est une très grosse inquiétude par rapport à la démocratie. Et en plus, avec les réseaux asociaux, les choses peuvent s’amalgamer très vite, et c’est vraiment un danger pour moi. Un danger réel ! Parce qu’on ne sait plus distinguer le vrai du faux, et lors de ce mandat, c’est ça qui m’a horrifiée !  Et certains utilisent et manipulent ces outils qui démultiplient leur pouvoir de nuisance, de mon point de vue.  Il y a toujours eu des manipulateurs, mais là, les outils démultiplient leur capacité de nuisance.

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Pour le changement de place de la mairie, par exemple, il y avait des longs textes de dénommés Valentin et Trémolet… dans le journal du Diois pour dire que « c’était la plus mauvaise idée qu’il puisse y avoir à l’époque ». Il s’avère qu’aujourd’hui, c’est une bonne chose, on peut espérer que ça fait l’unanimité, mais c’est cette façon de contester tout systématiquement, cela date aussi de cette période-là ?

Isabelle Bizouard :Tout à fait, d’ailleurs, quand j’ai présenté les vœux, j’ai dit « vous êtes ici dans la mairie, finalement, il faut bien vous dire qu’il n’y a que 20 ans, 25 ans qu’on est dans cette mairie ». Et je peux vous dire, qu’il y avait eu des contestations, ô combien. Et pourquoi pas ! Ça force à avoir une vision globale sur les sujets de manière à être sûr de tenir sur les détails quand, en fait, ils s’imbriquent dans un tout !   Ça peut donner de la force. Mais aujourd’hui c’est autre chose, il y a vraiment quelque chose de beaucoup de plus malsain et de plus inquiétant. 

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La Drôme…

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Qu’est-ce que vous diriez, sans parler spécialement du peu d’écart de voix (28 voix, NDLR), qu’il y a une contestation de la représentation ? Et vous l’avez dit en conseil municipal « on est légitime !». Pensez-vous qu’il y a une contestation de la légitimité ?

Isabelle Bizouard : Ah oui, je pense que maintenant, on ne reconnaît plus forcément une équipe qui vient d’être élue. Enfin nous, cette fois-ci, on a été contesté immédiatement. Sans pour autant qu’on soit attaqué sur les résultats, puisqu’il n’y a pas eu d’attaques sur les résultats qui étaient très rapprochés avec une autre liste, donc là-dessus, il n’y a pas eu d’attaque. Mais derrière il y en a eu pendant des mois, et des mois et des mois sur le fait qu’on n’était pas légitime parce qu’on ne représentait pas toute la population. Mais à partir du moment où on est élu, on est élu pour tous, voilà ! Oui, c’est quelque chose qui est général, les élections sont contestées un peu un peu partout. Ici, c’est un petit laboratoire de ce qui se passe au niveau national.

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Et en même temps, je me rappelle, c’est un livre de Jean Masseport, un auteur (1913-1973) qui avait écrit sur les élections dans le Diois : « Le comportement politique des Diois » en 1959. Il disait que le Diois se singularisait toujours en votant l’inverse de ce qui était voté au niveau national, alors on peut imaginer que le Diois va rester progressiste ? Cette élection, tu l’as gagnée à gauche avec une liste difficile. Est-ce que la composition de cette dernière mandature était, en même temps, peut-être indispensable pour gagner. Est-ce que cela a été compliqué ? C’est un préjudice, ça vous a minée ou est-ce que cela a été une richesse ? 

Isabelle Bizouard : Je pense que… c’est les deux à la fois. C’est une richesse et en même temps c’est difficile. Mais je ne sais pas si c’est lié, parce qu’en fait, on est à la fois porteur quand on est présent dans une liste, on est à la fois porteur de messages et de valeurs, mais en même temps, on est une personne, et les deux se croisent. Une liste, c’est à la fois une présentation de volonté politique ou plurielle, et c’est aussi des individus qui viennent avec ce qu’ils sont. Donc, il y a ce mélange-là en fait.  J’ai trouvé ça cette fois-ci !  J’avais deux objectifs en me présentant. Et c’est pourquoi j’ai proposé de repartir une dernière fois. Je me disais, c’est maintenant ou plus !  Parce que quand je me suis engagée jeune, je m’étais dit, mais c’est qui tous ces anciens ? Certes sages, mais qui sont encore là ! Place aux jeunes, donc aujourd’hui je me dis la même chose puisque j’ai atteint un certain âge et que du coup, je pense qu’il faut laisser la place. C’est une décision que j’ai prise quasiment en me présentant la première fois comme conseillère municipale en 1983. Et cette fois-ci, je m’étais dit que mes objectifs étaient de transmettre et faire du lien. Et je dois bien considérer quand même que ces objectifs ne sont pas forcément atteints. Parce que transmettre, je me suis rendue compte donc, qu’en revenant 12 ans après, 12 ans étaient passés par là, et que faire du lien, c’était un peu déjà le choix dans cette liste, avec ce que j’appelle des anciens et des nouveaux. Et en même temps, je n’ai pas vraiment envie de me lancer dans des définitions. Oui, mais voilà des personnes plus récemment dans le Diois et d’autres qui soit ils y sont nées, soit y sont depuis très longtemps ou plus longtemps. Je suis convaincue qu’on ne peut préparer l’avenir qu’en connaissant le passé. Et j’en suis toujours convaincue. Je me suis rendue compte que ça n’intéressait pas forcément tout le monde de connaître cette histoire. Ça n’intéressait pas forcément de connaître le passé, voire y compris les actions que j’avais réalisées. Dans les municipalités précédentes dont les miennes, bien-sûr. Parce qu’il y a la fois ce que j’avais réalisé et le savoir-faire avec. Ainsi que la connaissance profonde de ce territoire, même s’il a évolué, je le vois bien qu’il a évolué, j’en suis consciente et je le sais. Donc, je prends tout ça en compte dans ma réflexion, bien évidemment. Mais ça, c’est aussi un phénomène qu’on pourrait dire national et international, en fait. On est plus dans une société de l’immédiateté.  Et de l’action qu’on veut mener soi-même, éventuellement pour soi-même, d’ailleurs. Et vite ! Et pas dans le pourquoi et le comment ? Et ça, je l’ai constaté. Dans les vœux, que je suis en train de faire, dans différentes parties, que ce soient les vœux à la population, les vœux aux agents communaux, les vœux à l’intercommunalité, les vœux à l’hôpital, je parle un peu de ce parcours, en fait ! Parce que c’est quand même çà aussi qui m’a donné du recul. Je n’ai aucunement l’intention de dire que c’était mieux avant, je ne veux pas dire ça ! Parce que je pense que c’est différent. C’est tout ! Voilà pourquoi c’est différent et qu’il faut adapter. 

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Ancienne salle du Conseil Municipal, au Palais épiscopal.

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C’est intéressant parce que j’ai suivi cette mandature, j’ai suivi celles d’avant, et j’ai mémoire de celle où il y avait Mrs et Mme Pétrissan, Surle, Lucas, … Enfin toute une période. Ça semblait quand même beaucoup plus fraternel ou apaisé à cette période-là. Comment cela se passait-il ?

Isabelle Bizouard :  Je pense qu’il y a aussi un rapport à l’autorité qui est différent, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, il y a la structure des communes qui n’a pas changé et donc des responsabilités des élus et du maire qui n’ont pas changé. Et, face à ça, il y a mouvement qui parle de démocratie participative et de participation qui est beaucoup plus fort. Je pense qu’il y a une tension entre ces deux réalités puisque le système de notre armature démocratique n’a pas évolué par rapport à une société qui, elle, évolue, a d’autres demandes, souhaite travailler autrement et a des outils pour travailler autrement. Donc cette tension, oui, je l’ai vécue, c’est sûr !

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Est-ce que vous diriez que, et c’est quelque chose qu’on retrouve dans beaucoup d’analyses, les nouvelles populations qui viennent de la ville ont des demandes un peu déconnectées de ce que les populations rurales ou natives avaient ? Ou ce n’est pas ça ?

Isabelle Bizouard : On ne peut faire aucune généralité. En fait, tout est très nuancé. En fait, ce n’est pas simple, ce n’est pas simple du tout. Je pense qu’aujourd’hui, c’est plus une évolution des sociétés dans la société, qui touche des micro-cellules en quelque sorte, qui ne se parlent plus entre elles. Et où il peut y avoir, on peut être très étonné, en fait, de qui est où, et pourquoi ! Je pense vraiment que l’individualisme, quand même, touche tout le monde et je dirais qu’on a tout fait pour ça, si on réfléchit à tout ce qu’on a fait pendant ces 50 ans. Ce que je voulais rajouter, ce qui a énormément changé par rapport au premier mandat, et, je l’ai dit lors de mes vœux, c’est que les communes n’ont quasiment plus d’autonomie. Ça c’est majeur dans tout ce qui se passe aussi et dans les tensions qu’on peut connaître. Parce que, quand je dis « presque plus du tout d’autonomie », je le pense vraiment. C’est-à-dire que je pense qu’aujourd’hui, le pouvoir d’agir n’est plus dans les communes. Alors, ça m’attriste un peu, pour des raisons certes financières, entre autres, puisqu’on ne prélève plus la taxe d’habitation. On n’a quasiment plus d’autonomie fiscale. Puisqu’il n’y a plus rien pour l’économie, plus rien pour la taxe d’habitation, on a beaucoup moins de recettes et donc, on est beaucoup plus dépendant de la dotation de l’état qui décide pour nous et quand il va bien, cela va bien. Mais enfin, quand il ne va pas bien, c’est ce qui est quand même le cas, on en subit les conséquences. Donc, pour gérer ses finances, l’État a mis en place des systèmes soit d’appels à projet, soit de subventions conditionnées, qui, pour moi, uniformisent relativement ! Ce n’est plus nous qui décidons de ce qu’on veut faire, on décide de répondre à des appels à projet qui sont décidés par d’autres. C’est quand même assez différent, quand même avec la période dont on parlait au début des années 80, avec les contrats, où, en fait, il y avait une somme d’argent et où on décidait vraiment au niveau local ce qu’on voulait en faire, c’était vraiment ça ! Aujourd’hui, c’est pratiquement uniquement descendant. C’est quand même une grosse différence aussi et qui génère forcément des tensions, enfin à mon avis. ( … )

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Claude Veyret, (interview enregistrée, peut donc être sujette à des répétitions :  Verbatim).

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Nous n’avons pas fait relire cet article à Mme Bizouard

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Première partie (1/2, à suivre…)

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Le média citoyen des Dioises et des Diois
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