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Un patient de l’hôpital Jabal Amel constate les destructions d’un bombardement israélien à Tyr, le 3 juin 2026.

les bombardements israéliens au Liban, des habitants appellent à déclarer la cité antique « ville ouverte » et démilitarisée

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Hélène Sallon (Tyr [Liban], envoyée spéciale)

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Des habitants de la ville portuaire appellent à ce qu’elle « ne soit pas utilisée à des fins militaires », sans présence de groupes armés, dont le Hezbollah.

Des soldats de l’armée libanaise sont postés à l’entrée du quartier chrétien de Tyr (Sour), alanguis à l’intérieur de leur blindé. Un policier surveille les allées et venues sur le vieux port. En cet après-midi printanier, mercredi 3 juin, pêcheurs et habitants tuent le temps. Après plusieurs jours de bombardements israéliens, intenses et dévastateurs, le calme est revenu dans la cité portuaire du sud du Liban. Le déploiement militaire est destiné à rassurer les habitants après que l’armée israélienne a menacé, la veille, d’ordonner l’évacuation du quartier chrétien, alléguant de la présence d’armes et de combattants du Hezbollah.

Moins d’une heure après l’avertissement, l’armée libanaise s’est déployée dans la vieille ville. Le président de l’Union des municipalités de Tyr, Hassan Dbouk, a fait le tour du quartier, assurant que la situation était sous contrôle. Des soldats et des agents du renseignement ont fouillé les hôtels et des maisons à la recherche d’armes. Ils n’ont rien trouvé. « Il n’y a pas de combattants et d’armes du Hezbollah dans la vieille ville. Les Israéliens sont des menteurs », peste Camille Doro, un chrétien de 57 ans, propriétaire d’un café sur le vieux port. Attablé avec trois amis musulmans, il loue le vivre-ensemble qui règne dans la vieille ville.

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« Nos amis musulmans travaillent avec nous et on boit l’apéro ensemble. Ils ne sont affiliés à personne, certainement pas au Hezbollah, poursuit l’aubergiste. Quand est survenu l’avertissement israélien, les jeunes du quartier n’ont laissé personne entrer. »

« Moi-même, je suis musulman, si je vois un étranger entrer, je le dénonce », dit son ami, Haïtham Istanbuli, un pêcheur de 49 ans qui vit dans le quartier musulman mitoyen. Les deux quartiers de la vieille ville ont jusque-là été exclus des ordres d’évacuation diffusés par l’armé israélienne pour la ville de Tyr. Ces derniers se sont multipliés depuis l’intensification des opérations israéliennes, le 24 mai, qui se sont accompagnées de bombardements massifs sur la ville.

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La menace israélienne a néanmoins provoqué une vague de départs parmi les habitants et les milliers de déplacés des villages à majorité chiite du Liban sud installés dans la vieille ville. « Il y avait des déplacés dans trois ou quatre hôtels. Ils sont partis. Beaucoup de ceux qui louaient des appartements sont partis. Le déploiement de l’armée nous rassure, car il y a beaucoup de gens qu’on ne connaît pas qui entrent et sortent du quartier », explique Nour, une habitante chrétienne de la vieille ville âgée de 21 ans, qui ne souhaite pas donner son nom de famille. Le propriétaire d’un hôtel qui a requis l’anonymat explique que certains établissements ont demandé aux familles de partir ; certaines ont fui de leur plein gré. Des propriétaires d’appartement en ont expulsé d’autres.

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 Près de la corniche de Tyr (Liban), où des déplacés ont trouvé refuge, le 3 juin 2026.  

.Le déploiement de l’armée à Tyr était réclamé par les signataires d’une pétition, diffusée le 29 mai, qui appellent le gouvernement libanais à déclarer la cité antique « ville ouverte » et démilitarisée. Le texte, signé par 250 habitants, réunit des activistes politiques, des militants de la société civile, des intellectuels… « Nous ne sommes pas tous du même bord politique. Il y a des gens connus pour être des opposants au Hezbollah ou au duo chiite [que le Hezbollah forme avec son allié Amal, dont le leader, Nabih Berri, est le président de la Chambre des députés], d’autres qui le sont moins, des gens qui sont issus de la société civile et pensent qu’il y a une nécessité d’agir, mais aussi des habitants qui ne sont pas politisés, y compris ceux qui préfèrent rester neutres comme les minorités – chrétienne et sunnite – de la ville », explique Naji Abou Khalil, l’un des signataires et initiateurs de la pétition.

« La municipalité dit qu’il n’y a pas d’armes à Tyr. Nous demandons que cet état de non-présence d’armes soit reconnu publiquement par le gouvernement et que la ville ne soit pas utilisée par des groupes armés à des fins militaires. A cette fin, le gouvernement doit déployer l’armée à Tyr », poursuit le signataire du texte. L’accueil réservé à la pétition dans la ville a dépassé les attentes. Elle a inspiré une pétition similaire d’habitants de la ville de Nabatiyé, qui a recueilli près de 400 signatures. « On sent qu’il y a une soif de dire “ça suffit”, que cette guerre sans fin va probablement s’achever par la destruction totale et le déplacement forcé de l’ensemble de la population », poursuit-il.

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« Il n’y a plus de ligne rouge »

Ce sentiment a été conforté par la poursuite des attaques israéliennes, notamment un bombardement proche de l’hôpital Jabal-Amel, le 1er juin, qui a blessé 39 personnes parmi les soignants. « Nous entrons dans une logique similaire à celle à l’œuvre à Gaza, où il n’y a plus de ligne rouge. Il y a une volonté de la part des Israéliens de rendre Tyr invivable. Cela requiert une approche différente de celle adoptée par le gouvernement jusqu’à présent pour asseoir son contrôle progressivement dans le sud du pays », dit Naji Abou Khalil.

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Les signataires disent avoir fait l’objet de pressions importantes de la part de gens proches du Hezbollah ou de la résistance à Israël. Des attaques coordonnées ont été menées sur les réseaux sociaux contre des activistes qui ont diffusé l’appel. Un communiqué signé par un groupe appelé « La Jeunesse de Tyr » (Chabab Sour) les a aussi accusés d’« adopter le récit sioniste ». Ces pressions n’ont abouti qu’au retrait d’une dizaine de signataires uniquement.

Le leader du groupe Chabab Sour, Hassan Karaouni, un directeur de supermarché de 34 ans et ancien candidat indépendant aux municipales, justifie ces critiques. « Pourquoi demander à désarmer Tyr, alors qu’il n’y a pas d’armes ? Tout cela, ce sont des mensonges d’Israël pour diviser les habitants de la ville. Ces gens n’ont pas conscience que nous sommes dans une situation plus dangereuse que lors des dernières guerres, en 1982 ou en 2006, parce que les Etats-Unis et les pays du Golfe soutiennent Israël », dit Hassan Karaouni. A ses yeux, l’heure n’est pas aux critiques.

« A Tyr, nous sommes des gens pacifiques, mais 80 % d’entre nous soutiennent la résistance car personne d’autre ne peut protéger notre terre. On aimerait avoir une armée forte et que les armes de la résistance soient placées sous son contrôle, mais ce n’est pas le cas. On ne va pas désarmer la résistance alors que les Israéliens occupent nos terres », poursuit le militant politique.

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.Les signataires de la pétition ne souscrivent pas à cet argumentaire. « On atteint les limites de ce que peut proposer aujourd’hui le Hezbollah pour protéger le Liban sud. Le Hezbollah comme protecteur du Sud n’est pas une thèse crédible », explique Naji Abou Khalil. Pour les signataires de la pétition, il ne s’agit pas d’alimenter la polarisation politique au sein de la société libanaise, mais de proposer une solution pour sauver Tyr et Nabatiyé, des centres offrant services économiques et humanitaires, voués à être au cœur de la reconstruction du Sud, une fois la guerre terminée.

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Hélène Sallon Tyr [Liban], envoyée spéciale)

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Commentaire : Avant, pendant et après, un exploit militaire de plus pour l’armée israélienne, en plein négociations de paix entre l’Etat hébreu et le pays du Cèdre, sous l’égide du gangster de Washington. Regardez-les bien dans les yeux, aucun ne croit à la mission affichée et aucun n’est même digne de confiance, à commencer par les deux personnalités aux extrêmes, les ambassadeurs des Etats-Unis dans la région. A gauche, celui en Israël, Mike Huckabee, un homme d’affaires, chrétien évangéliste, néosioniste et illuminé, qui hérisse les poils même du monde MAGA (pour sa propension à défendre Israël au détriment de son propre pays, les USA, hallucinant, à voir son interview avec Tucker Carlson). A droite, celui en poste au Liban, Michel Issa, un homme d’affaires aussi, danseur du ventre (sens figuré), parachuté diplomate car il jouait au golf avec Trump et il était libanais (véridique), mais bon, plus maintenant, il a jeté sa nationalité libanaise à la poubelle depuis, en contrepartie de sa nomination.
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Hier matin, la famille Karam s’est levée tôt avec une peur au ventre. Pour y remédier, chacun avait pris une manouché, avec quelques rondelles de tomates et du concombre, des olives et quelques feuilles de menthe, le zaatar a cette réputation populaire de renforcer la mémoire. En effet, ce n’était pas cette peur à laquelle vous avez pensé, celle-ci était d’une autre dimension, c’était celle des examens. Oui ça peut paraitre ridicule, mais bon, elle avait pris le dessus sur une autre angoisse collective existentielle, celle partagée par tous les Libanais depuis deux ans et demi, d’être abattus gratuitement par les terroristes de l’armée de l’air israélienne, spécialement par cette bande de racailles criminelles qui jouent avec la vie des gens via des drones, comme des lâches, depuis leurs bunkers de Tel-Aviv.
Hélas, on ne peut pas changer la nature humaine, les Libanais continuent à résister et à vivre en dépit de la guerre imposée par le quatuor USA-Israël-Hezbollah-Iran, les Israéliens eux sont déterminés à tuer toute forme de vie au Sud-Liban, pour étendre le cadastre du Grand Israël de Yahvé sous le camouflage bidon de lutter contre le Hezbollah, blablabla et patati et patata.
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James voulait conduire sa fille Theodosia âgée d’une vingtaine de printemps pour passer ses examens de fin d’année à l’Université libanaise du côté de Saïda. Ils étaient accompagnés du jeune frère, Tony. Le père de famille était confiant et rassuré par cet énième cessez-le-feu annoncé par le bouffon de la Maison Blanche, Donald Trump, ainsi que par les deux belligérants, le Hezbollah et Israël. Il a oublié un laps de temps que la famille avait la malchance d’être originaire de Qlaïa un village situé à 5 kilomètres de la frontière maudite, avec Israël. Pire encore, il a cru qu’un exemplaire des Évangiles dans le véhicule suffirait à éloigner le mauvais sort, ce destin tragique qui les attendait sur la route du retour. Il était loin de se douter que les vautours de Tsahal rodaient déjà dans le ciel, ils cherchaient des carcasses et non des proies, car ces animaux ne sont même pas des prédateurs, mais des charognards.
Curieusement, enfin pas tant que ça !, la chaine d’infos MTV Lebanon, qui a eu le culot de transmettre en direct un discours du fugitif PM israélien Benjamin Netanyahou, pourtant recherché par la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre et contre l’humanité commis à Gaza, n’a pas jugé utile de trop s’attarder sur cette tragédie, peut-être parce que celle-ci contredit la propagande israélienne.
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Du trac pour un simple examen universitaire à la traque de cette famille comme des bêtes sauvages par les psychopathes d’Israël, il y a un fossé que nulle négociation de paix ne pourra jamais combler. On négocie avec des ennemis, pas avec les néonazies des Temps modernes. Pourvu que les c*réti*ns d’Orient et d’Occident qui trouvent encore et toujours des justifications à l’invasion barbare israélienne du Liban, puissent enfin comprendre, Israël est un pays viscéralement raciste puisqu’il est prêt à tout pour protéger la population israélienne quel qu’en soit le prix à payer par les populations du Moyen-Orient, qu’elles soient arabes ou perses, sunnites ou chiites, musulmanes ou chrétiennes.
Ce qui est arrivé à cette famille hier est arrivé des dizaines de fois à d’autres familles libanaises chrétiennes et des milliers de fois à des familles libanaises musulmanes chiites et des dizaines de milliers de fois à des familles palestiniennes musulmanes sunnites depuis le 7 octobre 2023, dans l’indifférence générale abjecte, nauséabonde et écoeurante d’un monde qui a encore la prétention de se considérer comme civilisé et humaniste, ou même pire, croyant, chrétien, juif ou musulman.
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Depuis le début de cet énième épisode de déchainement terroriste d’Israël, commencé le 2 mars dernier, le Liban a perdu 3 433 personnes, 10 500 personnes ont été blessés, des civils dans l’écrasante majorité des cas. Plus d’un millions de Libanais sont déplacés de force sur ordres de l’armée israélienne. 123 villages libanais ont été vidés de leurs habitants et livrés à la destruction des avions, des mineurs et des bulldozers israéliens. Les dégâts et pertes économiques s’élèvent à une vingtaine de milliards de dollars. Côté israélien, on compte une dizaine de morts et quelques dizaines de blessés, une majorité de militaires tués et blessés sur le territoire libanais occupé. Pour les déplacés et les dégâts matériels en Israël, comparés à celle du Liban, elles sont ridicules. Quant au prix payé par les Palestiniens de Gaza, toute comparaison est indécente moralement : 73 000 morts, dont 21 500 enfants, 183 000 blessés dont 46 500 enfants et 2 millions de déplacés. « Les dommages matériels causés par le conflit sont estimés à 35,2 milliards de dollars et les pertes économiques à 22,7 milliards de dollars, ce qui porte le total des effets estimés du conflit sur les biens matériels à 57,9 milliards de dollars. Les besoins en matière de reconstruction et de redressement sont estimés à environ 71,4 milliards de dollars. », selon un rapport de l’ONU publié en avril dernier. Elle est là toute la dimension criminelle et suprémaciste abjecte de l’État Hébreu que le monde occidental s’obstine toujours à ne pas voir.
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Israel s’offre le luxe comme aucun pays du monde et dans l’histoire de commettre ses crimes en direct, en toute impunité et en toute fierté, grâce à l’immunité politique et juridique, ainsi qu’au soutien militaire et commercial, accordés par les leaders occidentaux, mais aussi à cause de la complicité des leaders des pays orientaux, qui ont le pouvoir de peser sur le cours des événements mais qui préfèrent ne rien faire.
Alors qu’ils soient couverts de honte ces dirigeants d’Arabie saoudite, d’Egypte et de Turquie, des leaders sans principes, et ceux de l’Union européenne également, qui rabâchent les oreilles du monde entier avec le droit international, les droits de l’homme et les valeurs européennes quand il s’agit du dossier Russie vs Ukraine, qui sont aux abonnés absents sur le dossier Israël vs Palestine, et qui se contentent du minimum syndical quand on passe au dossier Israël vs Liban. Quant aux Etats-Unis, il n’y a rien à attendre d’un pays dirigé aujourd’hui par un bouffon et qui a toujours été un soutien politico-militaire inconditionnel d’Israël sous tous les présidents, un soutien qui se traduit par des dizaines de vétos à l’ONU (ou des sanctions contre ceux qui osent pointer du doigt les crimes d’Israël, comme l’Italienne Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, ou le Français Nicolas Guillou, le juge de la Cour pénale internationale qui a émis les mandats d’arrêt contre Netanyahou-Galant) et l’équivalent de 340 milliards $ d’aides depuis 1948 (38 milliards sous le gentil Obama).
On avait Les Bronzés font du ski, on a maintenant Les Tartuffes font de la politique. Le premier est une fiction comique de 1h30, le second est une tragédie réelle sans fin aux conséquences dramatiques pour le monde. Quelle époque misérable !
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