Jean Ziegler est décédé à l’âge de 92 ans
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Le sociologue et ex-conseiller national, figure de la gauche helvétique, est décédé ce mercredi à Genève. Il était atteint de la maladie de Parkinson.

La Suisse vient de perdre un de ses intellectuels de premier rang avec le départ de Jean Ziegler. Selon la RTS, le sociologue et ancien conseiller national est décédé ce mercredi «des suites de la maladie de Parkinson». Il avait 92 ans.
«Figure intellectuelle marquante de la gauche suisse et critique infatigable de la mondialisation libérale, il a marqué la vie politique et académique pendant plus d’un demi-siècle», résument nos confrères.
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Il y a deux ans, Jean Ziegler avait encore publié un livre. «Où est l’espoir?» était un plaidoyer pour la résistance face aux crises mondiales et aux désastres contemporains que sont les guerres, les famines, les inégalités. L’homme était un «opposant au capitalisme néolibéral de nos démocraties qu’il a toujours jugées comme étant la source de tous les malheurs du monde«, rappelle la RTS. Ironie de l’histoire pour cet homme de gauche, son grand-papa a fondé l’UDC au début du XXe siècle.
Jean Ziegler est mort dans son sommeil, confie à la «Tribune de Genève» son fils, l’écrivain et dramaturge Dominique Ziegler, qui l’a veillé jusqu’au bout dans l’EMS où il vivait. Il a été entouré de ses proches, dont sa compagne Erika Deuber Ziegler, ses enfants et petits-enfants. «Il a eu une belle vie, il est parti de façon paisible», souligne Dominique Ziegler, ému.
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Il garde le «souvenir lumineux d’un très bon père, très aimant, pas autoritaire. Il m’a fait connaître le monde de manière exceptionnelle, que ce soit l’Afrique ou l’Amérique latine. Enfant et adolescent, j’ai rencontré le Front Polisario dans le désert, au Burkina Faso, il m’a fait découvrir le processus révolutionnaire, j’ai recontré les paysans du Bénin.»
Dominique Ziegler salue ce «vrai défenseur des opprimés, très proche des gens, plein de compassion pour leurs souffrances. C’est un intellectuel qui, en politique, a mis tout son talent pour décrypter les mécanismes d’oppression et fournir des outils de défense. Il était toujours plein d’espoir, notre famille était très solidaire.»
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Jean Ziegler, qui a été rapporteur spécial auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation dans le monde de 2000 à 2008, a en particulier dénoncé le «scandale» de la faim dans le monde créée par l’homme, principale cause de mort sur la planète.
Celui qui a rencontré Che Guevara à Genève en 1964 a été nommé en 1972 professeur de sociologie à l’Université de Genève, poste qu’il a eu jusqu’en 2002.
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- Sociologie de la nouvelle Afrique, Gallimard, 1964.
- Sociologie et contestation, essai sur la société mythique, Gallimard, 1969.
- Le Pouvoir africain, Seuil, 1973, nouvelle édition revue et augmentée, 1979.
- Les vivants et la mort ; Essai de sociologie, Seuil, 1973. Nouvelle édition revue et augmentée 1978.
- Une Suisse au-dessus de tout soupçon, en collaboration avec Délia Castelnuovo-Frigessi, Heinz Hollenstein, Rudolph H. Strahm, 1976. Nouvelle édition 1983.
- Main basse sur l’Afrique, 1978. Nouvelle édition 1980.
- Retournez les fusils ! Manuel de sociologie d’opposition, Seuil, 1980. Nouvelles éditions revues et augmentées en 1991 puis en 2014.
- Contre l’ordre du monde, les Rebelles, Seuil, 1983.
- Vive le pouvoir ! Ou les délices de la raison d’état, Seuil, 1985.
- La Victoire des vaincus, oppression et résistance culturelle, Seuil, 1988.
- La Suisse lave plus blanc, Seuil, 1990.
- Le Bonheur d’être Suisse, Seuil et Fayard, 1994.
- L’Or du Maniema, Seuil, 1996.
- La Suisse, l’or et les morts, Seuil, 1997 ; édition de poche, 2009.
- Les Rebelles contre l’ordre du monde, L’Histoire immédiate, 1997.
- Les Seigneurs du crime : les nouvelles mafias contre la démocratie, Seuil, 1998.
- Le Livre noir du capitalisme, coauteur, éditions Le Temps des cerises, 1998.
- La Faim dans le monde expliquée à mon fils, Le Seuil, 1999 (Réédité en 2011).
- Les Nouveaux Maîtres du monde et ceux qui leur résistent, Paris, Éditions Fayard, 2002.
- Le Droit à l’alimentation, Paris, Éditions Fayard, 2003.
- L’Empire de la honte, Paris, Éditions Fayard, , 324 p..
- La Haine de l’Occident, Paris, Albin Michel, . Prix littéraire des droits de l’homme
- Destruction massive. Géopolitique de la faim, Paris, éditions du Seuil, , 347 p.
- Un nouveau monde en marche, éd. Yves Michel, 2012, de Laurent Muratet et Étienne Godinot. Collectif avec entre autres Akhenaton, Christophe André, Stéphane Hessel (préface), Jean-Marie Pelt, Pierre Rabhi, Matthieu Ricard.
- Retournez les fusils! Choisir son camp, (nouvelle édition), éd. Seuil, 2014, 294 p.
- Discours sur la dette (Présentation du texte de Thomas Sankara), coll. « « Quoi de neuf ? », éd. Elytis, 2014 (, éd. L’Esprit du temps, 2017.
- Chemins d’espérance, Ces combats gagnés, parfois perdus mais que nous remporterons ensemble, éd. Seuil, 2016, 263 p
- Le Capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin), éd. Seuil, 2018, 128 p.
- Le Socialisme arabe (commentaire d’un discours de G.A. Nasser), éd. Le Bord de l’eau, coll. « Quoi de neuf ? », 2019, 104 p.
- Lesbos, la honte de l’Europe, éd. Seuil, 2020, 144 p.
- Où est l’espoir ?, éditions du Seuil, 2024, 208 p.

