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François Marie Béranger, né le à Amilly (Loiret) et mort le à Sauve (Gard), est un auteur-compositeur-interprète libertaire français, qui connaît une forte notoriété dans les années 1970.

Il se fait connaître au début des années 1970 lors du renouveau de la chanson française, imprégnée de folk, portée par des thèmes contestataires, aux côtés notamment de Dick Annegarn, Catherine Ribeiro, Mama Béa, de l’occitan Joan-Pau Verdier.

Des chansons comme Tranche de vie, L’alternative, Rachel, Participe présent l’imposent comme une des voix militantes de cette époque. Il participe à la musique du film de Gébé et Jacques Doillon, L’An 01 dans lequel il fait d’ailleurs une apparition.

Peu de temps avant sa mort, François Béranger enregistre un album consacré au répertoire du chanteur québécois Félix Leclerc.

Département 26

Voici c’que m’a raconté Pierre-Albert d’Espenel.
Quarante trois ans aux fraises et pas toutes ses dents.
Un beau soir de l’automne assis sur un banc.
Devant sa maison de pierre dans un village désert.

Les brebis font des agneaux, les chèvres des chevreaux.
Moi, je voudrais bien aussi faire mon propre troupeau.
Me voilà d’retour maintenant. D’retour après quinze ans.
Mes deux valises en carton remplies de solitude.

Pour celle que j’attends un jour j’ai travaillé des jours
a reconstruire une maison avec tout c’qui faut dedans
un chauffage, de l’eau chaude, un frigo, une radio.
J’y vais une fois d’temps en temps je m’assied et j’attends.

En même temps qu’je rebâtissais j’ai écrit aux journaux
au chasseurs pour être précis avec ma photo
Un jour une m’a répondu que ça m’intéressait.
Elle est venue d’sa Bretagne jusque dans nos montagne.

C’est Frédérique, l’épicier qui l’a montée d’la vallée
dans sa camionnette rouillée le jour de sa tournée.
Quand j’ai été la chercher, on s’est bien regardé.
On n’a pas su quoi se dire. Elle aurait pas dû venir.

J’lui ai montré la maison, les parents, l’horizon.
Et puis on a essayé un peu de se causer.
Je me souviens qu’elle m’a dit qu’on était bien gentils
mais qu’elle savait pas pourquoi elle ne resterait pas.

Pour celle que j’attends un jour j’ai écrit aux journaux
en y joignant ma photo et tout ce qu’il leur faut.
Un jour, elle me répondra et ça l’intéressera.
Un jour, une me répondra et même elle restera.

Voilà c’que m’a raconté Pierre-Albert d’Espenel.
Quarante trois ans aux fraises et pas toutes ses dents.
Un beau soir de l’automne assis sur un banc.
Devant sa maison de pierre sur un village désert.

MCD

 

 

 

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