Le SMRD et Travaux sur rivières à Die
Compte-rendu de la réunion publique du 3 septembre 2020 par Gilbert DAVID, habitant de Die
Un public assez nombreux avec masque et distance sanitaire respectée. Ainsi il y avait 50 personnes de présentes plus 10 membres du Conseil Municipal et 5 intervenants (président et vice-président et deux chargés de mission du SMRD ainsi qu’un représentant du bureau d’études chargé des dossiers en question. La réunion a été animée par Nathalie Guénot de la mairie de Die.
La réunion débute à 18h un peu passée par la présentation du SMRD (Syndicat Mixte de la Rivière Drôme) par son président, le maire d’Allex. Il expose les buts, les compétences et les limites de cette entité.
-I- Ensuite un chargé de mission Fabrice Gonnet détaille une des deux interventions sur la commune de Die cet automne : Travaux sur la confluence Drôme-Meyrosse pour restaurer la continuité écologique dans ce secteur.
Ces travaux consistent à un effacement (suppression) d’un seuil (petit barrage) sous le pont SNCF sur la Meyrosse et du « pont cadre » (passage busé en deux parties) du chemin piétonnier rive droite de la Drôme au niveau de la Griotte. Travaux qui réemploient au maximum les matériaux sur place. Une passerelle en bois remplacera le pont cadre en béton.
Le but étant de reconnecter la Drôme à son affluent et ainsi de faciliter le transit des sédiments, galets … et de servir de refuge à la faune aquatique, tout en maintenant le passage des promeneurs.
Mon avis perso :
Si l’idée est louable et certains arguments tout à fait acceptables, mes questions sur le respect de l’avifaune (reproduction du cincle, présent sur le site, par exemple) ou l’utilisation du douglas pour le bois de la passerelle ont été balayées d’une façon assez méprisante par la personne du bureau d’études :
« On pourra écraser un peu d’avifaune il en reviendra bien plus après »
« On a planté des millions d’ha de douglas il faut bien l’utiliser »
Ce genre de réflexion est indigne de personnes responsables qui prônent œuvrer pour la biodiversité et le respect du vivant. Que l’on dise que les travaux nécessitent des dommages collatéraux mais qu’ils seront réduits au strict minimum, cela peut se comprendre. Parler d’ « écraser » m’a choqué par la désinvolture et la suffisance du personnage.
De même, quant à l’utilisation du douglas, quand on sait comment est exploité ce bois (coupes rases sur des dizaines d’ha, destruction des sols par des engins énormes de coupes, de débardage et d’arrachage des souches…) j’aurais souhaité entendre que le bois sera issu d’une forêt gérée durablement avec une sylviculture plus en accord avec la biodiversité proclamée lors de cette réunion. DOMMAGE !
-II- La deuxième intervention sur la rivière Drôme à Die est la gestion des atterrissements dans le secteur du Pont Rompu, action qui a valu une manifestation d’habitants de Die en mars dernier, lors du début des travaux et qui est à l’origine de cette réunion explicative. Cette intervention est présentée par Olivier Bielakoff, chargé de mission au SMRD. Le but est de « redynamiser » les matériaux (galets principalement) en les déstabilisants pour faciliter leur déplacement vers l’aval. La destruction des végétaux installés sur les bancs de graviers et «le décompactage » de ces derniers sont la solution retenue.
Le diaporama, après l’énoncé des techniques qui seront utilisées, présente différentes vues prises depuis le milieu du siècle dernier. On voit l’évolution des bancs de graviers qui se forment, se déplacent, se déforment, se reforment … au cours des années. La rivière bouge naturellement.
Ici on veut « traiter » la végétation pour protéger les ouvrages humains et précipiter le charriage des sédiments.
Ceci le plus tôt possible, soit maintenant.
Mon avis perso : ( Si j’ai bien compris) :
Le SMRD reconnaît que les crues peuvent faire naturellement le travail (on l’a vu sur les photos). On ne sait, cependant, ni quand, ni comment. L’humain n’aime pas l’incertitude.
Le SMRD reconnaît que la Drôme est suffisamment encaissée vers l’aval pour que le débordement ne soit pas à craindre. Où est donc le problème ?
Le SMRD dit une fois que les grosses crues sont rares et une autre fois qu’elles peuvent être deux fois plus nombreuses !!! Contradiction ??
Je ne suis pas du tout spécialiste de la rivière mais si les enjeux humains (comme il a été annoncé) sont plutôt rive droite et que l’on fait des travaux pour faciliter le passage de l’eau sur cette même rive, il me semble qu’il y a une incohérence.
CONCLUSION :
Je ne remets pas du tout en cause la nécessité de ces réunions publiques, au contraire, l’information des habitants est indispensable. Les chargés de mission SMRD ont fait un travail de présentation technique clair. Je souhaiterais, cependant, que ce soit plus en amont (les études, ici, se font depuis 2014) et qu’elles soient plus des concertations qu’une simple information sur des projets tout ficelés au moment du démarrage des travaux. J’ai eu le sentiment que l’on était mis devant un fait accompli. Je regrette particulièrement certaines interventions du représentant du bureau d’étude (dont j’ai oublié le nom). La suffisance du personnage m’a été désagréable (suis-je le seul ?).
Enfin, dans le milieu naturel, je suis toujours partisan du ERC :
Éviter les interventions inutiles ou impactantes, quand on peut faire autrement.
Réduire l’impact des travaux sur l’environnement naturel, tant que faire se peut, si on ne peut les éviter.
Compenser les dégâts occasionnés par d’autres actions favorables à la biodiversité à proximité. Là on pourrait m’objecter que ces travaux sont pour favoriser cette biodiversité. Je n’en suis pas persuadé surtout pour la deuxième intervention.
Gilbert DAVID, habitant de DIE
26150 Die