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Battues au renard : pas simples à stopper

Cette photo de renard a été prise en Charente par Philippe Giret. Autrefois chasseur, il a décidé de troquer son fusil pour un appareil photo. Ses images illustrent le livre « Mes voisins », sorti il y a un an aux éditions Mons.

Cette photo de renard a été prise en Charente par Philippe Giret. Autrefois chasseur, il a décidé de troquer son fusil pour un appareil photo. Ses images illustrent le livre « Mes voisins », sorti il y a un an aux éditions Mons.

La nouvelle maire de La Crèche refuse les battues au renard. Et elle ne comprend pas que l’État passe outre son avis, elle veut faire bouger les lignes.

« On m’explique qu’on a toujours fait comme ça. Je suis désolée, ce n’est pas un argument !… » Quand, nouvellement élue maire de La Crèche, Lætitia Hamot a reçu les premières demandes pour organiser des battues au renard sur le territoire de sa commune, elle a d’abord donné son accord… mécaniquement. Sur les conseils de ses services qui lui ont appris qu’on a toujours fait ainsi, elle a porté sa signature dans le sillage de ses prédécesseurs.

Mais cela l’a vite dérangée, elle qui appartient à cette nouvelle génération d’élus conscients non seulement des enjeux environnementaux mais surtout prêts à assumer leur responsabilité pour le futur.

Après avoir donné un avis favorable à deux premières demandes de battues, elle s’est accordé le temps de la réflexion pour les suivantes : « Notre commission pour la transition écologique a longuement travaillé sur cette question du renard et de sa chasse. » Retenant que le renard n’est pas aussi nuisible que certains l’affirment (« Il est au contraire un véritable auxiliaire des agriculteurs car il est un prédateur naturel des campagnols, ennemis des cultures », avance-t-elle notamment), Lætitia Hamot a donc donné cette fois un avis défavorable aux deux autres battues demandées par les chasseurs. Et là, surprise : « On n’a pas tenu compte de mon avis ! », s’insurge-t-elle.

La préfecture ayant le dernier mot, elle a en effet autorisé ces deux battues. « À quoi sert de demander son avis au maire si c’est pour ne pas en tenir compte ? !» Au-delà des esclandres tentés par les chasseurs eux-mêmes (« Ils sont venus puis ont téléphoné à la mairie pour bien nous faire comprendre, avec véhémence, qu’ils passeraient outre notre refus »), Lætitia Hamot a été contactée par la secrétaire générale de la préfecture en personne : « J’ai compris que ses services avaient été décontenancés par mon refus. J’en ai déduit que, étonnamment, aucun maire avant moi n’a jamais refusé ces battues, qu’on a fait comme on a toujours fait, au nom de la tradition, sans se poser de question… La secrétaire générale nous a proposé de nous expliquer comment ça se passe mais j’ai été catégorique : une rencontre, d’accord, mais pas pour qu’on nous explique ! Pour qu’on échange sur les moyens à notre disposition pour faire évoluer les choses ! À commencer par faire sortir le renard de la liste des animaux soi-disant nuisibles… »

Lætitia Hamot : « Nous allons faire du lobby contre le lobby de la chasse. »

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