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Kamala Harris devient la première vice-présidente de l’histoire des Etats-Unis

La colistière de Joe Biden entre dans l’Histoire des États-Unis en devenant la première femme noire et d’origine indienne à accéder à la vice-présidence du pays
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ÉTATS-UNIS  : “Cette élection signifie tellement plus que Joe Biden ou moi. Il s’agit de l’âme de l’Amérique et de notre volonté de nous battre pour elle”. Dès sa première réaction partagée sur Twitter après l’annonce de la victoire du ticket démocrate à la présidentielle, Kamala Harris a pris soin de souligner le caractère historique de cette élection.

Mais n’en déplaise à la future ex-sénatrice, la colistière de Joe Biden entre de fait dans l’Histoire des États-Unis en devenant la première femme noire et d’origine indienne à accéder à la vice-présidence du pays. Tout un symbole après une campagne fortement marquée par les tensions raciales. 

À 56 ans, la sénatrice de Californie et désormais vice-présidente-élue, née dans ce grand état de la côte ouest d’un père économiste jamaïcain et d’une mère indienne spécialiste du cancer du sein, aura incarné l’atout jeunesse du ticket démocrate, marquant les esprits par son dynamisme.

Masquée contre le coronavirus et respectant les distances de précaution comme Joe Biden, elle a mené une campagne plus active que le septuagénaire, dansant au rythme des fanfares ou rencontrant les clients de cafés… en extérieur, pandémie oblige.

Elle a aussi rencontré à Milwaukee la famille de Jacob Blake, un homme noir grièvement blessé par la police, en pleine vague de colère historique contre le racisme aux États-Unis.

Une pionnière américaine

Bien avant cette victoire emblématique, Kamala Harris accumulait déjà les titres de pionnière. 

Après deux mandats de procureure à San Francisco (2004-2011), elle avait été élue, deux fois, procureure générale de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de l’État le plus peuplé du pays.

Puis en janvier 2017, elle avait prêté serment au Sénat à Washington, s’inscrivant comme la première femme originaire d’Asie du Sud et seulement la deuxième sénatrice noire dans l’histoire.

Alors que Joe Biden a clairement laissé entendre qu’il ne viserait pas un second mandat en raison de son âge avancé, il ne restera en 2024 plus qu’une marche à Kamala Harris pour faire voler en éclat un ultime plafond de verre.

Trois choses à savoir sur Kamala Harris,  vice-présidence américaine

Kamala Harris
Elle est la deuxième femme noire à avoir rejoint le Sénat américain. Kamala Harris, 56 ans, est la colistière de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine de 2020. S’il est élu, elle deviendra la première vice-présidente de l’histoire des Etats-Unis. Portrait.

En août dernier, médias et personnalités publiques semblaient être unanimes, après l’annonce de la nomination de Kamala Harris comme colistière du candidat démocrate Joe Biden à l’élection présidentielle américaine de du 3 novembre. Pour ceux-là, il s’agit d’un choix révolutionnaire, jamais vu aux États-Unis.

En mars, l’ancien vice-président de Barack Obama avait fait part de sa décision de choisir une femme comme bras droit dans la dernière ligne droite de la campagne. Un choix équivoque, dans des États-Unis post-#MeToo, et alors que la victoire de Joe Biden à la primaire démocrate a déprimé nombre d’électrices démocrates, car il est accusé d’agression sexuelle par une ancienne collaboratrice.

La nomination de Kamala Harris avait été acclamée de toutes parts chez les démocrates : Hillary Clinton avait parlé d’un « choix historique », Bernie Sanders d’une femme capable de « réformer la santé », tandis que de son côté, Barack Obama l’avait reconnue « plus que prête pour le job ». Et chez les stars américaines, de Sarah Paulson à John Legend en passant par Charlize Theron, tous ont eux aussi avaient applaudi la décision de Joe Biden.

Mais qu’est-ce qui rend Kamala Harris si unique face aux autres prétendantes à ce poste ? Retour sur trois éléments qui font sa singularité.

Première femme noire et indienne à postuler comme vice-présidente aux États-Unis

Fille d’un père d’origine jamaïcaine et d’une mère indienne, Kamala Harris est la première femme noire et indienne de l’histoire des États-Unis à être colistière pour une élection présidentielle.

Elle est la troisième femme, par ailleurs, à représenter l’un des deux plus grands partis américains à cette fonction, après Geraldine Ferraro en 1984, et Sarah Palin en 2008.

Un choix aussi progressiste que prudent, et qui fait écho à deux événements politiques majeurs ayant eu lieu aux États-Unis ces dernières années.

D’abord, la défaite d’Hillary Clinton lors de la présidentielle de 2016 contre Donald Trump, alors que beaucoup la pensaient gagnante. Cette élection représentait un espoir immense pour l’égalité entre les hommes et les femmes, notamment en politique.

Deuxième événement : les élections de mi-mandat en 2018, qui ont montré une véritable avancée politique, en plaçant au pouvoir un nombre historique de nouvelles élues, dont issues de minorités, à l’image d’Alexandria Ocasio-Cortez ou encore, Ilhan Omar.

Outre son genre, Kamala Harris a aussi été choisie pour ses origines. Avec les manifestations anti-racistes qui ont frappé les États-Unis après l’assassinat de George Floyd, l’opinion publique avait intimé à Joe Biden de choisir une femme soit, mais de préférence noire, dans l’optique qu’une « alliée » de Black Lives Matter sensibilise le gouvernement aux inégalités raciales.

Enfin, la candidature de Kamala Harris permettait, dans un objectif progressiste encore une fois, de rajeunir la campagne de Joe Biden, de 22 ans son aîné. S’il remporte les élections, il serait le plus vieux président de l’Histoire des États-Unis, à 77 ans. Son âge lui faisant perdre des électeurs, inquiets qu’il soit trop rigide, trop traditionnel, Kamala Harris vient donner un coup de frais à sa campagne. Et se pose comme intérimaire de choix si Biden vient à être malade ou diminué pendant son mandat.

En un mot, elle fait gagner à Biden une grande partie de l’électorat de gauche, bien qu’elle s’estime elle-même « centriste ».

Kamala Harris, ancienne critique des politiques conservatrices

Et c’est sûrement pour cette raison que Joe Biden l’a choisie, en dépit du fait qu’elle l’a souvent critiqué par le passé et semblait avoir de nombreuses convictions divergentes. Même si elle était proche du fils de Biden, Beau, mort en 2015 à 45 ans, elle fut aussi l’une des grandes rivales du candidat démocrate, notamment au début des primaires.

L’administration de Donald Trump dit d’elle qu’elle aurait même qualifié Joe Biden de « raciste » lors des primaires en 2019. Une allégation fausse, bien que la candidate en lice pour la vice-présidence ait en effet été ferme lors des débats officiels avec Biden.

Elle lui a en effet reproché de s’être opposé dans le passé aux politiques de transport des enfants afro-américains vers les quartiers où la population est essentiellement blanche, dans le but de favoriser leur insertion dans les écoles reconnues.

Biden - Harris oath senate
Joe Biden et Kamala Harris, à la cérémonie où elle est devenue sénatrice, en 2017

« Cette petite fille, qui a réussi grâce à ces politiques d’intégration, c’est moi », lui avait-elle lancé, pour lui montrer qu’en n’étant pas favorable au « busing » comme on l’appelle, Joe Biden participait à la ségrégation des personnes noires et blanches à l’école. Une occasion pour elle de faire une énième démonstration de son style oratoire particulièrement incisif, qui n’a rien à envier à celui d' »AOC ».

Face à ces critiques frontales de Kamala Harris envers les politiques de Joe Biden ces dernières années, le candidat républicain à sa propre succession avait dit ne « pas comprendre » comment Joe Biden pouvait tolérer et nommer une femme qui lui « a manqué de respect ». Donald Trump avait par ailleurs affirmé que Kamala Harris était « opportuniste, « méchante et vicieuse«  et qu’elle serait de la « gauche radicale ».

Une ancienne procureure
Même si sa nomination est historique, Kamala Harris n’a pas toujours été la candidate progressiste qu’on vante, se montrant souvent très consensuelle lors de ses décisions judiciaires en tant que procureure. Lui sont reprochés notamment ses choix en matière de « petits délits », qui ont porté préjudice aux minorités, les noirs-américains représentant la majorité de la population carcérale aux États-Unis.

Effectivement, contrairement à celles à qui on la compare au Sénat, Kamala Harris a la différence d’être née de deux parents ayant étudié dans de prestigieuses universités américaines, ce qui aurait facilité son insertion dans le monde politique. Son père enseigne à Stanford, université privée d’où sont issus 20 prix Nobel et où Internet est né, tandis que sa mère est une chercheuse reconnue, spécialisée sur le cancer.

Reste qu’à chacune de ses nominations et élections, elle fut parmi les premières femmes non-blanches en poste. Un exploit qu’il faut remarquer, bien qu' »historiquement, le choix d’un colistier a peu d’impact sur une élection », avait rappelé l’ancien porte-parole du parti républicain, Doug Heye.

Présidentielle américaine : la campagne sans faute de Kamala Harris

Depuis sa désignation sur le « ticket » démocrate, la candidate à la vice-présidence s’est pliée à la discipline de l’équipe Biden, tout en cultivant une image de femme jeune et branchée.La candidate démocrate à la vice-présidence américaine Kamala Harris, le 28 octobre à Phoenix, Arizona.

La candidate démocrate à la vice-présidence américaine Kamala Harris, le 28 octobre à Phoenix,

Si Joe Biden mène une campagne résolument axée sur les électeurs blancs, Kamala Harris est la préposée aux minorités. Le tandem s’est réparti la carte électorale. A lui les Etats de la vieille industrie et des cols-bleus. A elle les régions où la mobilisation des jeunes et des minorités – Noirs, Latinos – peut faire la différence.

Nevada, Arizona, Texas. Dans ses étapes, la candidate à la vice-présidence aime à se faire précéder d’une fanfare, sur le modèle de celles des sociétés étudiantes dans les universités noires − comme Howard University, où elle a étudié à Washington. Percussions, cuivres : l’occasion d’esquisser quelques mouvements en rythme. Message : Kamala est jeune. Elle a 56 ans depuis le 20 octobre, soit vingt et un de moins que Joe Biden, dix-huit de moins que Donald Trump et cinq ans de moins que Mike Pence, l’actuel vice-président.

Se plier à la discipline Biden

Depuis sa désignation sur le « ticket » démocrate, mi-août, la sénatrice de Californie a effectué ce qui ressemble à un parcours sans faute. Si elle a fait parler de ses tenues, ça n’a pas été à propos de « pant suits », les tailleurs-pantalons d’Hillary Clinton dont la presse a analysé la symbolique pendant des années, mais de chaussures de sport. Des Converse All-Star qui lui permettent de dévaler avec décontraction les marches de l’avion. Les clips sont relayés sur Instagram par sa sœur, la juriste Maya Harris, ancienne conseillère d’Hillary Clinton et épouse du directeur juridique d’Uber, Tony West, et par sa nièce Meena Harris, juriste elle aussi, fondatrice de l’association Phenomenal Woman et ancienne cadre de haut rang chez Facebook. Huit millions de vues le 9 septembre pour la première descente d’avion de la « candidate-aux-Converse » à Milwaukee (Wisconsin). Message : Kamala est cool.

Un sans-faute, surtout, côté politique. Ceux qui craignaient de la voir rattrapée par son ambition, et empiéter sur les prérogatives du candidat à la Maison Blanche, ont été rassurés. En montant à bord de la campagne Biden, elle a laissé de côté une partie de son entourage – famille et conseillers californiens qui n’avaient pas fait des miracles pendant les primaires − pour se plier à la discipline de l’équipe Biden, en vertu du rôle de « deuxième violon », dévolu au vice-président, a fortiori au candidat au poste.

Pendant son débat du 7 octobre à Salt Lake City contre Mike Pence, Kamala Harris n’a pas cherché à faire d’étincelles. Elle s’est contentée de marquer le point dès qu’elle le pouvait auprès de la catégorie de l’électorat qui semble avoir déserté Donald Trump : les femmes. « M. le vice-président : j’ai la parole », a-t-elle répété à chaque fois − il y en eut seize − que l’intéressé l’interrompait. Le débat était à peine terminé que l’équipe Biden mettait en vente un tee-shirt « I’m speaking ».

Insinuations

Même profil bas lors de la confirmation de la juge Amy Coney Barrett, nommée pour la Cour suprême à quelques semaines du scrutin du 3 novembre. L’ancienne procureure n’est pas venue en personne au Sénat pour l’audition, et elle a retenu ses flèches, à la déception de la base qui espérait la voir tailler en pièces la juriste catholique fondamentaliste. Kamala Harris reste dans les annales progressistes pour avoir demandé au prétendant à la Cour suprême Brett Kavanaugh s’il pouvait citer une législation réglementant le corps masculin. Il s’agissait du droit des femmes à disposer de leur corps. Il a bafouillé.

De fanfare « black » en Caroline du Nord en table ronde avec les petits commerçants latinos de l’Arizona, la candidate a soigneusement évité de tirer la couverture à elle. Elle serait passée pratiquement inaperçue si les républicains n’en avaient fait leur cible privilégiée. Kamala Harris est la première femme noire candidate à la vice-présidence (noire par son père, originaire de la Jamaïque) ; elle est aussi la première candidate d’origine indienne (par sa mère, une chercheuse venue faire ses études à Berkeley). Elle a essuyé son lot d’insinuations et de rumeurs, comparables à celles qui mettaient en cause la citoyenneté de Barack Obama. Elle répond rarement directement mais cite souvent le nom de l’hôpital où elle est née : le Kaiser Hospital à Oakland, dans la baie de San Francisco. Avant d’évoquer les manifestations pour la liberté d’expression à Berkeley, qu’elle a suivies « dans sa poussette ».

Kamala Harris est diplômée de relations internationales, de sciences économiques et de droit. Elle a été la première femme procureure de San Francisco, la première femme à occuper le poste d’attorney général en Californie. De 2011 à 2017, elle a dirigé le plus important département de la justice des Etats-Unis, derrière le ministère fédéral à Washington. Elle y a engagé des poursuites contre les plus grandes banques, refusé leur offre d’indemnisation pour obtenir plus (« J’espère que vous savez ce que vous faites », s’inquiéta à ce propos le gouverneur Jerry Brown).

« Danger » gauchiste

En campagne, elle se trouve obligée d’endurer les quolibets sur son prénom. L’élu de Géorgie David Perdue, pourtant l’un ses collèges au Sénat, a fait mine de buter sur la prononciation en introduisant Donald Trump lors d’un meeting à Macon. Bien mal lui en a pris : les démocrates ont envoyé 2 millions de dollars (1,7 million d’euros) à son rival Jon Ossoff. La candidate a répondu avec patience : « Kamala se prononce comme “Comma” [virgule en anglais], plus “la”. Compliqué ? »

La Californienne arbore systématiquement un visage jubilatoire, qui tranche avec la lourdeur du moment − et lui sert aussi à adoucir l’image de « Top Cop » [flic en chef] héritée de son passé de procureure. Pis, elle a l’air de prendre plaisir à faire campagne. La chroniqueuse Peggy Noonan, du Wall Street Journal, arbitre, à droite, des élégances éditoriales, s’est offusquée de ses pas de danse « embarrassants », notamment le 19 octobre en Floride, un jour de pluie. Sur l’estrade, Kamala s’est permis de swinguer − sous son parapluie − sur le morceau Work That, de Mary J. Blige. Un signe de « légèreté », a réprouvé la journaliste. De « frivolité ». La twittosphère lui a rapidement fait comprendre à quel point sa chronique trahissait son âge (70 ans) et la monoculture d’un milieu qui se raidit au spectacle de la « joie noire ». Le clip, vite baptisé Singing in the Rain, a été vu par plus de 2 millions de personnes.

Donald Trump, bien sûr, n’a pas été le dernier à alimenter le tir. Après avoir moqué son nom, il s’en est pris à son rire : « Vous avez vu cette interview ? Elle n’arrêtait pas de rire. Je me suis dit : “Elle aussi elle a un problème” », a-t-il lancé lors d’un meeting à Allentown, en Pennsylvanie. Ce qui faisait rire ce jour-là Kamala Harris, c’était la question d’une journaliste de l’émission vedette du dimanche soir, 60 Minutes, qui l’invitait en quelque sorte à évaluer elle-même le « danger » gauchiste qu’elle représente : « Une perspective socialiste » ou « une perspective progressiste » ? « C’est la perspective d’une femme qui a grandi comme une enfant noire en Amérique, qui a été procureure, dont la mère est arrivée d’Inde à l’âge de 19 ans, et qui aime le hip-hop. »

Prudente

Le président candidat essaie d’imprimer dans les esprits l’image d’une Kamala Harris installée dans le bureau Ovale. Sous-entendu : Joe Biden ne tiendra pas quatre ans. Une femme − et une femme de couleur − pourrait lui succéder. « Il ne faut pas laisser passer ça. » Mardi 27 octobre, dans le Michigan, il est allé jusqu’à évoquer l’hypothèse d’une disparition violente de Joe Biden, à peine l’investiture terminée. « Trois semaines et Joe est abattu. Kamala, tu es prête ? », a-t-il dépeint, avant d’assurer : « Kamala ne sera pas votre première présidente. On ne va pas avoir un président socialiste. Encore moins une femme présidente socialiste. » L’intéressée s’est gardée de monter sur le ring, et même de polémiquer. « Se traiter de tous les noms n’a rien de nouveau pour quiconque s’est trouvé, enfant, dans une cour de récréation », a-t-elle balayé.

Si la campagne a confirmé son sens politique, elle n’a pas pour l’instant permis de répondre à la question : « Qui est la vraie Kamala Harris ? », selon le titre de la série de podcasts que le San Francisco Chronicle vient de lui consacrer. Progressiste ? Centriste ? Pragmatique ? Carriériste ?

Selon le quotidien, il faut remonter aux débuts de sa carrière, en avril 2004, quand la jeune procureure, tout juste élue à San Francisco avec l’appui des syndicats de police qui avaient apprécié sa campagne musclée, a buté sur un événement qui a bouleversé la ville : l’assassinat d’un jeune policier de 29 ans par un gangster. Opposée à la peine capitale, elle n’a pas réclamé l’exécution du criminel.

Les policiers ne lui ont jamais pardonné bien qu’elle ait mis ensuite beaucoup d’eau dans son vin : procureure de l’Etat, elle a refusé de se saisir de la bavure ayant coûté la vie au jeune Mario Woods, 26 ans, abattu de vingt et une balles, dont dix-neuf dans le dos, en 2015, à San Francisco, au motif qu’elle ne voulait pas empiéter sur les prérogatives des procureurs locaux choisis par les électeurs. Elle ne s’est prononcée que très tard, en 2018, en faveur de la légalisation de la marijuana.

Prudente comme on l’est quand on est aux avant-postes du « plafond de verre ». Kamala Harris a été élue au Sénat le soir de la victoire de Donald Trump, en 2016. Elle a modifié son discours et appelé à la lutte. C’est là, souligne le quotidien, qu’elle a « pris un grand virage à gauche » et s’est rangée au premier rang de la « résistance ».

Corine Lesnes

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