Sélectionner une page
Le très fragile équilibre de la liberté d’expression

Dans une triste lumière d’automne, la tête de la statue de Marianne érigée place de la République, à Paris, chute lourdement sur le sol. Publié au lendemain de la décapitation de Samuel Paty, ce croquis du dessinateur israélien Michel Kichka illustre la profondeur de la blessure infligée à la République, attentat après attentat, par les pourfendeurs de l’« arme de dérision massive » qu’est la caricature : depuis l’attaque meurtrière contre Charlie Hebdo, il y a plus de cinq ans, la liberté d’expression est, en France, devenue l’emblème incontesté des valeurs démocratiques.

D’Emmanuel Macron à Eric Ciotti en passant par Jean-Luc Mélenchon, JoeyStarr, Sandrine Kiberlain ou Bernard Pivot, nombre de Français ont, après l’assassinat de Samuel Paty, célébré avec ferveur les vertus de ce principe philosophique. Le chef de l’Etat a promis, malgré les intimidations, de défendre coûte que coûte les caricatures. Cet attentat, a renchéri le comédien Omar Sy, a touché « dans le plus profond de ce que sont (…) les valeurs de notre pays ». « En ciblant un enseignant, l’assassin a voulu s’attaquer à la liberté d’expression, pierre angulaire de notre société », a affirmé Amnesty International.

Au nom de l’héritage de la philosophie des Lumières, les caricatures du Prophète, jadis réservées au cercle étroit des lecteurs de Charlie Hebdo, ont été affichées dans l’espace public au vu et au su de tous – y compris de ceux qui n’auraient pour rien au monde acheté l’hebdomadaire. Le maire de Béziers, Robert Ménard, a ainsi placardé dans sa ville, sous la mention « #liberté d’expression », l’image de Mahomet affirmant qu’il est « dur d’être aimé par des cons ». La région Occitanie a, de son côté, projeté sur la façade des hôtels de région de Toulouse et de Montpellier plusieurs « unes » de l’hebdomadaire.

Un concept vieux de plus de trois siècles

Cet élan en faveur de la défense de la liberté d’expression masque cependant nombre de fêlures, de différends et d’incompréhensions. Non qu’il y ait des héros et des traîtres, des courageux et des lâches, des résistants et des collabos : il y a, plus simplement, des désaccords sur les usages de ce principe, placé au cœur de la tradition libérale depuis plus de trois siècles. Comment le protéger face aux attentats islamistes ? Mais aussi, comment le conjuguer avec les autres libertés proclamées par la République ? Comment le réinventer sans le trahir dans un monde marqué par un puissant pluralisme religieux et une folle circulation des images ?

Pour répondre à ces interrogations, sans doute faut-il remonter loin, très loin – à une époque où la liberté d’expression n’était pas associée, loin s’en faut, aux caricatures de Mahomet. A partir du XVIIe siècle, ce principe philosophique apparaît dans les réflexions de « John Milton (1608-1674), souhaitant que la vérité et l’erreur puissent se livrer un combat loyal ; de Spinoza (1632-1677) pour qui la liberté de parler était non seulement conforme mais nécessaire à la sûreté de l’Etat ; de John Stuart Mill (1806-1873) qui voyait dans cette liberté la condition d’une enquête collective pour rechercher la vérité », résume le politiste Denis Ramond, en 2016, dans la revue Raisons politiques.

L’Europe qui voit naître la notion de liberté d’expression est en proie aux dissidences protestantes – et ce compagnonnage ne doit rien au hasard. « Pour les catholiques, la Réforme, et plus généralement la dissidence chrétienne, est difficile à penser : comment un chrétien qui a connaissance de la Révélation peut-il prétendre “réformer” sa croyance ? explique Monique Canto-Sperber, directrice de recherche au CNRS. La réponse à cette question est apportée, à la fin du XVIIe siècle, par le philosophe protestant Pierre Bayle : il est le premier à penser l’autonomie de la conscience religieuse, dont il déduit l’obligation morale de la tolérance. »

Pour la philosophe, qui publiera un ouvrage sur la liberté d’expression au printemps prochain, cette idée radicalement neuve constitue la « racine philosophique absolue de la liberté d’expression ». « Elle est l’un des acquis du libéralisme naissant, poursuit Monique Canto-Sperber. John Locke (1632-1704) avait déjà rattaché la défense de la tolérance aux besoins de la paix civile : le but de toute communauté, selon le philosophe anglais, est de protéger les intérêts civils des citoyens – non de leur dire comment assurer leur salut éternel. Avec Locke, la religion sort des finalités de l’ordre politique. »

Un droit « précieux »

Au terme d’un siècle de combat, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen consacre en 1789 ce principe défendu par les philosophes des Lumières. Le terme de liberté d’expression n’apparaît pas dans le texte, mais la « libre communication des pensées et des opinions » est désormais considérée comme l’un des droits les plus « précieux » de l’homme. « Avec cette Déclaration, la liberté de croyance religieuse, qui est un acquis philosophique et moral de la fin du XVIIe siècle, est étendue à toutes les opinions, constate Monique Canto-Sperber. Pour la première fois dans l’histoire, la liberté d’expression devient un droit fondamental de l’homme et du citoyen. »

Il faut cependant attendre encore un siècle et demi pour que le terme de « liberté d’expression » soit explicitement repris dans des textes sur les droits fondamentaux : la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et la Convention européenne des droits de l’homme de 1950. « Comme l’attestent les bases de données du vocabulaire français dressées à partir des millions de textes imprimés depuis 1730, “liberté d’expression” ne décolle dans le vocabulaire juridique et le langage courant qu’à l’issue de la seconde guerre mondiale », constatait François Héran, professeur au Collège de France, sur le site de La Vie des idées, fin octobre.

Si la liberté d’expression est aujourd’hui devenue une valeur incontournable des démocraties libérales occidentales, elle n’a cependant rien d’un absolu : en Europe, elle rencontre toujours des limites. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 proclame ainsi que tout citoyen peut « parler, écrire et imprimer librement », mais elle ajoute aussitôt : « sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». La Convention européenne des droits de l’homme souligne, elle aussi, que la liberté d’expression suppose des « devoirs et des responsabilités ».

Le principe de non-nuisance

Cette liberté est soigneusement encadrée par la loi parce qu’elle n’est pas inoffensive : lorsque les discours contiennent des injures, de la diffamation, des menaces ou des incitations à la violence, ils peuvent porter gravement préjudice à des individus ou des populations – voire à l’ordre public. Toute réflexion sur la liberté d’expression conduit donc à explorer la « vague et même paradoxale notion de tort », selon le mot du politiste Denis Ramond. « Quelle autre limite porter à la liberté d’expression sans réintroduire de la censure, du paternalisme ou des délits d’opinion ? », demande-t-il.

Encore faut-il cerner les contours de la notion de « tort ». Le philosophe britannique John Stuart Mill s’y attelle dès le XIXe siècle en définissant, dans De la liberté (1859), un principe de non-nuisance : chacun, écrit-il, doit avoir le droit de professer, en tant que conviction éthique, n’importe quelle doctrine, aussi immorale, fausse ou abjecte soit-elle, à condition qu’elle ne porte pas préjudice à autrui. « La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres contre sa propre volonté est d’empêcher que du mal soit fait à autrui », estime-t-il.

Dans ce vigoureux plaidoyer en faveur de la liberté d’expression, John Stuart Mill propose une définition minimaliste de la nuisance : seuls les propos incitant directement et manifestement à un « méfait » doivent être interdits. Pour illustrer sa doctrine, le philosophe prend l’exemple du vendeur de céréales : il faut, admet-il, infliger une « juste punition » à ceux qui proclament, au milieu d’une foule de « furieux attroupés devant la porte d’un marchand de blé », que les négociants en céréales affament les pauvres, mais il doit être parfaitement licite de proférer haut et fort cette même opinion dans la presse.

Punir les « discours de haine »

Pour tracer la frontière entre « les actes expressifs permis et punis », selon le philosophe Charles Girard, les héritiers de John Stuart Mill comme le philosophe Ruwen Ogien (1947-2017) défendent, aujourd’hui encore, cette conception minimaliste du préjudice. Tant que les paroles, les images et les actes n’infligent pas de dommages « concrets » à des individus, ils ne doivent pas être réprimés, expliquait-il dans une tribune au Monde en 2015. Peu importe que ces discours choquent ou scandalisent certains : la réprobation morale, le désaccord philosophique ou la blessure religieuse ne sauraient justifier des atteintes à la liberté d’expression.

Après la seconde guerre mondiale, les porte-parole de cette conception « millienne » du tort se font cependant de plus en plus rares. La Shoah et les persécutions antisémites qui l’ont précédée incitent nombre de démocraties européennes à redessiner les contours de la liberté d’expression. « Ce renouveau conceptuel survient lors de discussions sur le droit à l’expression des opinions qui appellent à la haine à l’égard d’un groupe, des injures raciales, puis sexuelles, du négationnisme et de l’apologie du terrorisme », précise la philosophe Monique Canto-Sperber.

Au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, les Etats européens, à partir des années 1970, restreignent peu à peu le territoire de la liberté d’expression. En 1972, la loi Pleven interdit la diffamation raciale ainsi que la provocation à la haine et à la violence à raison de l’ethnie, la nationalité, la race ou la religion. Une vingtaine d’années plus tard, la loi Gayssot sanctionne la contestation des crimes contre l’humanité. La plupart des démocraties européennes suivent le même chemin : l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, le Liechtenstein, le Portugal, l’Espagne, la République tchèque et la Slovaquie interdisent les discours négationnistes.

Pour Charles Girard, maître de conférences en philosophie à l’université Jean-Moulin Lyon-III, cette nouvelle donne engendre un « bouleversement dans la compréhension de la liberté
d’expression »
. « Jusqu’au début du vingtième siècle, la liberté d’expression était surtout un rempart contre les abus du pouvoir politique, l’Etat ayant le devoir de ne pas censurer les citoyens. Depuis, la relation à l’Etat s’est compliquée : il a aussi le devoir d’agir pour protéger la liberté d’expression des citoyens, menacée parfois par des acteurs privés. Il punit en outre désormais les “discours de haine” qui portent atteinte à la dignité des personnes. »

Une liberté d’expression plus attentive aux autres

Ces nouvelles règles ont éloigné les Etats européens de la conception maximaliste de la liberté d’expression défendue par John Stuart Mill. Dans les démocraties libérales, la loi ne se contente plus de réprimer les propos qui infligent des dommages « directs » à autrui : elle interdit également « les formes d’expression qui propagent, incitent à, promeuvent ou justifient la haine fondée sur l’intolérance », selon la formule de la Cour européenne des droits de l’homme. « Il n’est désormais plus possible d’exprimer publiquement certaines opinions, car elles tendent à être considérées en elles-mêmes comme des provocations à la haine », résume Monique Canto-Sperber.

Pour justifier ces restrictions, les démocraties ont été obligées de revisiter la notion de « tort » qui est indissociable de la liberté d’expression depuis des siècles. Le philosophe américain Jeremy Waldron a ainsi élargi le périmètre du préjudice en estimant que les discours de haine ne constituaient pas de simples désagréments mais une véritable atteinte à la citoyenneté. Parce qu’ils empêchent certains de postuler à des emplois ou de circuler où bon leur semble, ils remettent en cause, selon lui, « la faculté qu’ils ont de jouir de leurs droits avec la même assurance que n’importe qui », résumait en 2015 le philosophe Jean-Fabien Spitz dans La Vie des idées.

Dans ce climat nouveau, la liberté d’expression a été sommée de se montrer plus attentive « à la dignité des êtres humains et à leurs croyances mais aussi au respect mutuel qui doit constituer la base d’une société multiculturelle, résume Monique Canto-Sperber. Ces concepts qui ne jouaient guère de rôle dans l’argumentation de Mill occupent désormais une place centrale dans les débats sur les limites de la liberté d’expression. Les philosophes qui plaident en faveur de législations restrictives se défendent d’être des censeurs : ils
promeuvent ce que doit être, selon eux, la liberté d’expression dans une société décente. »

C’est d’ailleurs le principe de dignité, et non l’offense à Dieu, qu’invoquent aujourd’hui nombre de musulmans face aux caricatures de Mahomet. S’ils se tournent vers la justice, affirment ainsi dans Le Monde du 31 octobre le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, et l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, ce n’est pas au nom du droit au blasphème, mais « au nom du respect de la dignité humaine ». « Les religions, qui dénonçaient jadis l’intolérable affront à la toute-puissance de Dieu, ont sécularisé leur discours, observe le sociologue Philippe Portier. Lorsqu’elles mettent en avant le respect de la liberté de croyance, elles utilisent le vocabulaire libéral des droits de l’homme et de la raison commune. »

Une société pluraliste et multiethnique

Reste à trouver, jour après jour, un équilibre qui permet à la liberté d’expression de se
conjuguer harmonieusement avec le respect de la dignité humaine. « La frontière passe entre l’atteinte à la dignité des personnes, réprimée notamment dans le cas des propos racistes ou antisémites, et l’offense, permise pour permettre l’expression libre des désaccords dans une société pluraliste, précise Charles Girard, auteur de Délibérer entre égaux. Enquête sur l’idéal démocratique (Vrin, 2019). La blessure aux sentiments ne saurait justifier que l’on restreigne la liberté d’expression. Bien des opinions exprimées à propos de la politique, la religion ou la morale sont en effet vouées à heurter les uns ou les autres. »

Dans une société pluraliste où les images circulent à la vitesse de la lumière, cette distinction entre l’atteinte à la dignité et l’offense est cependant de plus en plus difficile à tracer. « En un siècle, l’espace public s’est complètement transformé, analyse Monique Canto-Sperber. Les concepts de la liberté d’expression ont été forgés dans un monde où la parole publique était peu distribuée et assez contrôlée : aux XVIIIe et XIXe siècles, elle était le privilège d’un cercle étroit de personnes éduquées qui s’exprimaient essentiellement dans les journaux et partageaient les mêmes normes de vérité et de décence : les autres n’avaient guère accès à l’expression publique. »

Cet entre-soi et cette homogénéité sociale ont désormais disparu. La France très majoritairement catholique du XIXe siècle a fait place à une société pluraliste et multiethnique qui ne partage pas toujours les mêmes références culturelles et religieuses. Les réseaux sociaux offrent à chacun la possibilité d’exprimer librement – et parfois vigoureusement – ses colères, ses blessures, ses états d’âme et ses indignations. Les flux d’informations mondiaux permettent aux caricatures religieuses de voyager en quelques secondes à l’autre bout de la planète, dans un monde qui ignore tout de l’environnement culturel et politique qui les a vues naître.

Faire attention au contexte

Dans un univers aussi confus, l’exercice de la liberté d’expression exige une once de doigté. William Marx, professeur au Collège de France, estime ainsi dans Le Monde du 2 novembre qu’il n’est pas « opportun » d’afficher les caricatures de Charlie sur les bâtiments officiels de la République. « Comme le comique et l’ironie, la caricature n’est compréhensible que dans le cadre d’une communauté qui en partage les codes symboliques et les attendus idéologiques. » En dehors de ce cadre, elle est « nécessairement déplacée, voire offensante et agressive » : elle doit donc être réservée aux musées, aux galeries, aux bibliothèques, aux journaux et aux livres.

Pour le philosophe Charles Girard, il faut en effet, dans les sociétés pluralistes, prêter attention au contexte de publication des images. L’affichage public, par le maire de Béziers, de la caricature du Prophète soupirant qu’il est « dur d’être aimé par des cons » modifie ainsi, selon lui, le sens originel du dessin. « C’est le même croquis mais ce n’est pas le même acte d’expression selon qu’il est diffusé dans les pages d’un journal satirique ou affiché dans toutes les rues par une municipalité. Le sens de ce qui est dit ou montré dépend du contexte. » L’hebdomadaire ne s’y est d’ailleurs pas trompé : il a immédiatement répliqué qu’il était dur d’être aimé par Robert Ménard

Si le fragile équilibre entre la liberté d’expression et le respect de la dignité est toujours difficile à atteindre, il l’est sans doute plus en France qu’ailleurs. Dans un pays où plus de 60 % des habitants se disent sans religion, ce qui le place dans le top 4 mondial des athées, il est en effet difficile de ne pas succomber à ce que le philosophe Jacob Rogozinski appelle, dans Le Monde du 9 novembre, « l’aveuglement des Lumières ». « Nous n’arrivons pas à concevoir que l’exercice de notre liberté d’expression puisse être perçu comme une offense. Nous ne parvenons pas à comprendre la colère des croyants parce que la plupart d’entre nous ont cessé de croire, ou du moins de partager ce mode particulier de croyance que l’on nomme une religion. »

Cultures irréconciliables

La culture française s’est en effet construite autour d’une relation « conflictuelle au religieux, analyse Philippe Portier, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études. Tocqueville disait qu’en France, la passion de la religion était “la première à s’allumer et la dernière à s’éteindre”. C’est vrai pour deux raisons. D’abord parce qu’en France, la religion a été étroitement associée à la monarchie : pour se défaire de la tyrannie, il a donc fallu se défaire du religieux. Ensuite parce que la religion dominante française, le catholicisme, a longtemps refusé la modernité : en 1864, dans le Syllabus, le pape Pie IX affirmait ainsi que “le pontife romain ne peut transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne” ».

Au nom de l’émancipation de l’esprit humain prôné par les philosophes des Lumières, la France a construit, sur les décombres de l’Ancien Régime, un Etat puissant qui aspire à incarner la raison et l’universel. « Cette histoire a engendré une culture dite de la “généralité publique” qui souhaite marginaliser et privatiser le religieux, poursuit le sociologue. Les Etats-Unis offrent un tout autre visage : le pluralisme religieux des immigrants, qui était, aux yeux des pères fondateurs, non une source d’inquiétude mais une garantie démocratique, a façonné au contraire une modernité qui s’accommode très bien des particularismes. »

Nulle surprise, au terme de cette longue histoire, que les caricatures de Mahomet suscitent, sur les deux rives de l’Atlantique, des cultures irréconciliables. En France, les revendications particularistes des communautés religieuses sont considérées comme une menace envers les libertés conquises de haute lutte, depuis le XIXe siècle, contre un catholicisme intransigeant et anti-moderne. Aux Etats-Unis, un pays dont le président prête serment sur la Bible, la mosaïque religieuse est si ancienne et la tolérance si ancrée que chacun veille à respecter les croyances religieuses de ses concitoyens – au prix, parfois, d’un affaiblissement de la liberté d’expression. Deux histoires, deux modèles et beaucoup d’incompréhensions.

Anne Chemin avec Le Monde

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *